Les maladies ne sont que des impressions transformées
8. Dans la première enfance, les lésions matérielles sont moins franchement
(1) Farr, Mémoire sur la mortalité infantile, lu à la Société de statistique de Londres.
(2) Voy. E. Bouchut, Hygiène de la première enfance. 0° édition, Paris, 1874.
APHORISMES. il
inflammatoires que dans la seconde enfance, et la suppuration des tissus y est inoins commune et de moins bonne nature.
U. La forme subaiguë et la forme chronique des maladies sont pins fréquentes chez l'enfant que chez l'adulte.
10. Dans la première enfance, il n'y a point de rapport absolu entre l'intensité des symptômes et la gravité des lésions matérielles.
11. La fièvre la plus vive, avec agitation, cris et mouvements spasmodiques, peut disparaître en vingt-quatre heures sans laisser de traces.
1:2. Les maladies de l'enfance se traduisent ordinairement, à l'extérieur, par un ensemble de caractères assez significatifs pour être reconnus de tous les médecins.
13. Dans la première enfance, la coloration jaune de la peau, des sclérotiques et de la partie inférieure de la langue, annonce toujours une maladie du foie.
14. La coloration rouge, subite, fugitive et intermittente du visage, accompagnée de fièvre, est un signe d'affection cérébrale aiguë.
15. La cyanose apyrétique indique une maladie du cœur ou la persistance du trou de Botal.
H». La cyanose accompagnée de fièvre et d'anesthésie est le signe de l'asphyxie croupale et bronchique.
17. La décoloration rapide et presque subite du visage et des lèvres, avecexcavation profonde des yeux, est toujours le signe d'une affection intestinale grave.
18. L'altération des traits par une paralysie successive des paupières, du nez ci des muscles du visage, avec ou sans strabisme, indique une affection du cerveau ou seulement du nerf facial.
19. L'altération des traits, par l'énorme disproportion de la face et du crâne, est le signe d'une hydrocéphale chronique.
-20. In jeune enfant atteint de fièvre, qui souffle du nez en poussant le ventre, est affecté de pneumonie aiguë.
21. La décrépitude du visage chez les jeunes enfants est le signe d'une affection tuberculeuse pulmonaire et d'une entérite chronique.
~lï. Le strabisme qui succède à la fièvre est le signe d'une méningo-encéphalite aiguë et sera sui\i de convulsions.
"2o. Le strabisme primitif, chez un enfant bien portant, est une paralysie musculaire simple.
24. La rougeur et le larmoiement des yeux, accompagnés de fièvre, indiquent la germination iVuiw rougeole.
•2~). L'enfant qu'effraye ou attire un objet imaginaire, qui veut le fuir on s'en emparer, est menacé d'une affection cérébrale.
26. I n jeune enfant qui porte sans cesse les mains dans sa bouche et mordille ses doigts a la dentition difficile.
-27. Les enfants qui ne peuvent se tenir debout à deux ans, et dont la fontanelle supérieure est ouverte, sont affectés de rachitisme.
-J(S. I n enfant qui a rapidement perdu son embonpoint, et dont les chairs sont pâles, molles, pendantes, a eu et peut-être a encore la diarrhée.
2\K Le cri faible d'un nom eau-né indique son peu de résistance vitale et sa mort imminente.
30. l n cri prolongé, très-fort et intermittent, est ordinairement le signe d'une hydrocéphalie aiguë.
31. Le cri voilé, rauque, indique la dernière période du croup.
32. Un très-gros ventre, fort disproportionné, observé chez un enfant d'un ou deux ans, indique le rachitisme ou l'entérite chronique.
33. La respiration expiratrice, gémissante et saccadée au moment du calme des jeunes enfants avant la fièvre, indique une pneumonie aiguë.
34. La respiration brusquement arrêtée à chaque effort par une sorte de spasme convulsif est le signe d'une pleurésie aiguë.
35. La respiration courte, incomplète et empêchée subitement, mêlée d'une longue inspiration toutes les huit ou dix inspirations, est le signe d'une péritonite aiguë.
36. La respiration courte, incomplète et suspicieuse, est le signe d'une méningoencéphalite simple ou granuleuse.
37. La respiration profonde et se faisant à de longs intervalles indique le délire (1).
38. La constriction latérale profonde de la base du thorax à chaque mouvement respiratoire, pendant la fièvre, est un signe de pneumonie aiguë.
39. L'aplatissement latéral permanent du thorax, avec un chapelet de nodosités chondro-costales, est un signe de rachitisme.
40. A aucune époque de la vie, le cœur n'est aussi impressionnable et aussi mobile que dans l'enfance.
41. Les impressions morales précipitent autant les mouvements du cœur que l'état fébrile.
42. La fréquence des mouvements du cœur occasionnée par la fièvre est toujours accompagnée d'une augmentation de la température profonde du corps, et c'est là ce qui la distingue de l'accélération qui est due à une cause morale.
43. La fièvre se manifeste par l'accélération du pouls et une élévation de 2 a 5 degrés dans la température du corps des enfants.
44. La fièvre présente ou passée laisse toujours sur la langue des enfants un piqueté rouge qui est dû à l'érection des papilles, langue v Meuse, et qui reste comme la dernière trace de ce mouvement organique.
45. Un enfant triste et abattu, maussade, pleurant facilement, cherchant un endroit pour se reposer et dormir, mordant ses lèvres, remuant sa tète, agitant ses membres soulevés eux-mêmes par de petites secousses, et ayant la peau chaude, est un enfant qui a la fièvre.
40. Les frissons sont extrêmement rares chez les enfants à la mamelle. • 47. La pâleur et un refroidissement général cutané remplacent le frisson avec tremblement, dans la fièvre intermittente des enfants du premier âge.
48. La sueur abondante n'existe pas chez les jeunes enfants atteints de fièvre intermittente ; elle est tout au plus remplacée par de la moiteur.
49. La fièvre présente toujours de notables rémittences dans les maladies aiguës de jeunes enfants.
50. Dans les maladies chroniques du premier âge, la fièvre est presque toujours intermittente.
5 1 . Une forte fièvre agit sur la sécrétion de l'urine, diminue sa quantité, concentre ses éléments dans une petite masse d'eau, et la rend bientôt irritante pour les voies excrétoires.
52. Une très-forte fièvre tarit habituellement la sécrétion des larmes.
53. La température profonde du corps, mesurée dans l'aisselle, s'élève de 1 à 5 degrés dans les maladies aiguës fébriles des enfants, sous l'influence exclusive de la fièvre et non pas de chaque maladie en particulier, exactement comme cela s'observe chez l'adulte.
(1) Hippocratc, Pronostic, § V (Œuvres complètes, trad. Littré, Paris, 18i0, t. II. p. 123.
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54. La calorification est en rapport avec la force de constitution des nouveau-nés.
55. La calorification entretenue par des aliments et la couvée se perd si facilement chez des nouveau-nés faibles et débiles, que la mort par refroidissement en est la conséquence.
56. La calorification, toujours très-amoindrie dans le sclérème ou endurcissement du tissu cellulaire des nouveau-nés, tombe à 2:2 et 26 degrés centigrades.
57. L"œil n'est qu'une expansion du cerveau dans laquelle on peut souvent apercevoir, au moyen de l'ophthalmoscope, des lésions qui indiquent celles qui se produisent dans l'organe de la pensée.
58. Découvrir au fond de J'œil, sur le nerf optique, la rétine et la choroïde, ce qui se passe dans le système cérébro-spinal, tel est le but de la Cérébroscopie(i).
59. Toutes les fois que des troubles nerveux, paralytiques, convulsifs ou autres, s'accompagnent de lésions de la papille, de la rétine ou de la choroïde, on peut être sûr qu'ils sont sous la dépendance d'une lésion du cerveau, des méninges, ou de la moelle épinière.
00. Tout obstacle intra-crànien de nature à empêcher le sang veineux de la rétine d'entrer dans le sinus caverneux, détermine sur cette membrane des troubles de circulation, de sécrétion et de nutrition indispensables à connaître pour le diagnostic des maladies de l'encéphale.
01. Dans certaines maladies du cerveau et de la moelle, le grand sympathique exerce sur la circulation de la rétine une influence qui se traduit par des lésions très-évidentes et faciles à constater au mo^en de l'ophthalmoscope.
(1) Voy. E. Bouchut, Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopie. Paris, [865, un vol. in-8 avec figures, et un atlas de 24 figures chroniolithographiées par l'auteur. — Atlas d'ophthalmoscopie médicale et de cérébroscopie. Paris, 1876, in-4.
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