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CHUTE DD CORDON OMBILICAL

petits et peu gélatineux; mais dans quelques cas il est accompagné d'une suppuration plus abondante, si le cordon est volumineux. Quelquefois il est traversé par des accidents graves, hémorrhagiquos on inflammatoires.

§ II. — Hémorrhagie ombilicale, ou oraphalorrkagie .

Underwaod, Villeneuve, Richard (de Nancy), Burns, P. Dubois. Gonld, Grandidier (de Cassel), Thore et Mansley, ont vu l'hémorrhagie se produire par le tubercule ombilical, et la mort en être la conséquence. Ce sont des cas assez races et qui méritent de fixer l'attention des médecins. Eu voici un exemple dû à Mansley :

Observation 1. — Un enfant mâle, né à terme, après un travail naturel, bien portant, et offrant tons les signes de la plus belle santé, fut d'abord atteint, quelques jours après sa naissance, de Yicterus neonatorum, pour lequel on administra de légers purgatifs. Un matin, la mère s'aperçut que les langes de l'enfant étaient tacbés de sang; le cordon était tombé spontanément, sans violence, le cinquième jour. Appelé immédiatement, M. Mansley trouva la circonférence de l'ombilic dans des conditions normales, mais le fond de l'hiatus était occupé par une substance putrilagineuse ressemblant à des débris de tissu cellulaire mélangés avec du sang; la partie ayant été lavée avec soin, on s'aperçut que des gouttelettes de sang suintaient par une petite ouverture. Celle-ci fut touchée plusieurs fois avec le nitrate d'argent; mais ce fut en vain, l'hémorrhagie new conlinua pas moins; la réapplication de la pierre infernale, la compression exercée par le pouce des heures entières, le cautère actuel, l'usage des poudres styptiques, rien ne put arrêter l'écoulement. La ligature, à laquelle on songea aussi, devenait impossible par suite de la profondeur de l'hiatus. L'enfant, épuisé, succomba au bout de quarante-huit heures.

Dans un cas très-curieux suivi de mort, rapporté par le docteur Allaire, l'hémorrhagie a eu lieu, non pas par le tubercule ombilical, mais par une ouverture située au-dessous et communiquant avec l'artère.

Observation il. — L'enfant, âgé de neuf jours, était d'une bonne santé. Le cordon ombilical tomba spontanément quatre jours après la naissance, et l'on eut soin de continuer l'emploi du petit bandage de corps. Appelé au moment de l'hémorrhagie, je crus un instant avoir triomphé de cette hémorrhagie en employant tour à tour charpie, amadou, couverts de compresses graduées, le tout soutenu par un bandage de corps. La suspension de l'écoulement sanguin n'étant toujours que momentanée, je dus essayer la compression latérale avec les doigts, que je continuai pendant une heure, à deux reprises; mais j'avais le chagrin de voir l'hémorrhagie revenir aussitôt que la compression était suspendue.

Le sang ae venait pas du tubercule ombilical; il sortait en nappe et sans saccades du fond d'un hiatus existant au-dessous et un peu à gauche de ce tubercul hiatus était visiblement contractile; il se fermait et se dilatait alternativement : d'où suspension et réapparition de l'hémorrhagie.

La ligure et les lèvres étaient d'une pâleur extrême, et je croyais à chaque instant voir mon petit garçon périr. En désespoir de cause, je dus me déterminera maintenir rapprochés deux plis de la peau, l'un inférieur, bien contigu à l'hiatus, l'autre supérieur, au moyen de deux aiguilles à coudre iw'm ayant pas d'autre sous la main), et je fis la suture entortillée. A l'instant même, l'écoulement de sang cessa, mais l'enfant succomba une heure et demie après l'application de la suture et cinq heures après l'accident. Il refusa d'abord faiblement le sein de la nourrice, nui bientôt ne put que lui instiller de son lait dans la bouche; poussa de temps en temps des des gémissements, eut quelques mouvements convulsifs; la respiration devint plus sonore, plus rare, suspirieuse; l'enfant était à l'agonie. Je n'omettrai pis de noter que pendant la première heure de l'accident l'enfant eut deux ou trois selles et urina deux fois.

Trente heures après la mort, je pratiquai une incision dans le lieu de l'hiatus d'où naissait L'hémorrhagie, en suivant la direction de la ligne blanche au côté gauche du tubercule ombilical. Là aucune extravasation n'existait. Je pus découvrir assez profondément, détachée et écartée de ce tubercule, une artère, dans le pertuis de laquelle je pus introduire un stylet. Évidemment c'est ce petit vaisseau qui a donné lieu cà l'hémorrhagie. Sans aucun doute, l'opération la plus rationnelle et la plus sûre eût été de découvrir incontinent ce petit moignon d'artère afin d'en pouvoir faire la ligature. Cependant je me fais celte question : La compression au moyen de la suture entortillée, faite tout de suite, eùt-elle été suffisante, soit pour, en arrêtant l'écoulement de sang au dehors, s'opposer à une extravasation sanguine interne, soit pour que la petite artère s'oblitérât?

L'hémorrhagie a presque toujours lieu après la chute du cordon, au bout de sept, neuf, onze et même treize jours après la naissance. Grandidier en a vu un exemple

au cinquante-troisième jour. Le sang coule en bavaut d'une manière intermittente, et nullement par saccades indiquant la nature d'un jet artériel.

Je représente (fig. 5), d'après Emile Dubois (1), la disposition la plus commune des parties dans les hémorrhagies consécutives à la chute du cordon, celle dans laquelle les vaisseaux ombilicaux viennent s'ouvrir dans une cavité ou dépression qui remplace le tubercule ombilical. Les parties sont vues par la face péritonéale : on y remarquera que les deux artères ombilicales, et la cavité dans laquelle elles viennent aboutir, présentent des rides transversales, indices de la rétraction déjà commençante de ces organes.

Dans une autopsie que j'ai faite sur un enfant de huit jours, tous les organes étaient exsangues, surtout les poumons et le corps thyroïde. — En examinant l'ombilic par le côté péritonéal, j'ai vu la veine non oblitérée vide et les deux artères ombilicales aboutissant à un cul-de-sac où se trouvait l'ouverture d'écoulement du sang. Dans ces artères se trouvaient de petits caillots de sang noir espacés les uns des autres.

Causes. — Dans quelques cas, cette hémorrhagie a lieu d'une manière traumatique par suite de l'arrachement du cordon ombilical trop court, ou sur lequel on a exercé des tractions trop violentes. Le chapitre suivant contient deux observations de ce

FiG. 5. — Hémorrhagie ombilicale après la chute du cordon (*)•

Elle s'est présentée plusieurs fois chez des enfants atteints de purpura, et, chose curieuse, deux nouveau-nés, préservés de la mort hémorrhagique par Jeunin et par P. Dubois, sont morts ultérieurement avec les signes d'un purpura trèsmanifeste. Dans d'autres circonstances, la cause de l'hémorrhagie reste inconnue;

lli E. Dubois, thèse inaugurale. Paris, 1819, et Bull, de thérapeutique, 1849, t. XXXVII, p. 310.

(*) B, ombilic présentant l'ouverture extérieure par laquelle s'est faite l'hémorrhagie ; A, veine ombilicale, ouverte dans une partie de son étendue et dans laquelle on a passe un stylet de dedans en dehors ; C, artère ombilicale gauche ; D, artère ombilicale droite ; E, portion de la vessie urinaire.

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