BDPPCBATION DE LA PROSTATE
' Le Irailemenl généra] est celui de la prostatite aiguë, laquelle marque toujours le début de lu scène; quant au Irailemenl local, il realeru Rans grande efllracilé dans la pluparl des cas, c'est-à-dire quand l'abcès doit s'ouvrir par l'uréthre.
Si l'abcès vient à pointer du câté du rectum, on doit le ponctionner dès que la iluctuatton a ëtè nettement reconnue. On cberche alors sur la partie tuméfiée un point où l'on ne perçoive aucun battement artériel, et l'on y plonge la pointe d'un Irocart ou la lame d'un bistouri.
Si, par exception, on se trouvait obligé d'ouvrir l'abcès par le périnée, voici quel serait le manuel opératoire: Le inaliide étant couché en travers du Ut, les caitrses maintenues bien écartées, on prend un bistouri à lame longue et étroite, dont le tranchant esl lonmé en haut, et on le plonge dans l'épai^tseur du périnée, exactement sur la ligne moyenne, à quinze millimétrés de l'anus. On l'enfonce ainsi direclement jusqu'à quatre ou siï centimètres, profondeur h laquelle on rencontre le pus ; le doigt indicateur de la ■n^n gauche, introduit dans le rectum, sert de guide.
On a encore observé et décrit une variété d'abcès, d'origine blennorrhagique, plus grave que l'abcéR prostatique: c'est \' abcès pêrifiroitatique. Il se développe dans les tissus qui environnent immédiatement l.T glande prostale et non danscelle glande elle-même. Ces abcès s'ouvrent principalement j)ar le rectum ou kjMr le périnée et peuvent alors produire des décolleiDts considérables. Le pus fuse quelquefois très ùRotnu ■
1 10 COMPUCATIONS DE LA BLENNOIUUUGIE
loin de son poinl de départ ; on l'a vu venir se faire jour le long de la verge (Demarquay), au pli de l'aine, danB le voisinage de Tanus, passant alors à travers la fosse ÎBcliio-rectale.
Ces abcès doivent être ouverts de bonne heure: c'est le meilleur moyen de régulariser leur marche el d'éviter les graves désordres que leur pua peut produite dans ces régions.
INMOaaiUGIE ANALE. — OPHTBALMIB
lOm. — BHDBIATISUK BLENNORRHAGIQL'li
i; Irailemeni. — Balanu-posthiie. — Opli-
■n'batpip'Bi^iioIot^e; ubservatiousdu mulailes^
; le tnilemenl doit tire aussi éneiyique que le
t redoutable- — Rtiumalisiiie blcunorrliagique. —
.. nbriles. — Synovitei. — Ophtalmie bleniiorrbagique rhu-
natismole; elle est tout i fait diQéi'eiite de rophlbalmie
lorrhagique purulente^ palhi^niK. — Tiailemcnt.
mi»ÉÉ|%hiiiili;i
HmJéu Hanwn'lug'
Les complications de la blennorrhagie qu'il nous teste à pasfier en revue sont de deux ordres très différente: les unes, la blennorrhagie anale el l'opbthalmje blennorrhugique, naissent par transport et inoculation du muco-pus blennorrhagique sur la mu> queuse anale et la conjonctive ; les autres, affeclant les articulations, les bourses synoviales, les gaines tendineuses, semblent au contraire dépendre d'un élat général, analogue a l'artbntis, créé par l'inflammation de la muqueuse uréthrale.
Nous ne dirons qu'un mol de la blennorrhagie uin; un ne l'observe guère que chex les femmesoù,
lGIE ^M
ut se <i£«t^V
COMPLICATIONS DELA BLENNOBBHAGIE
consécutivement h une vaginite, elle peut s lopper par propagation; on soupçonne facilement encore les aulres causes qui peuvent lui donner naissance. Comme traitement, des lotions astringentes, une cautérisation légère et superficielle avec une solution de nitrate d'argent, du tannin en poudre, une pommade au ratanhia, sont les moyens communément employés.
Gomme complication d'un même genre, nous signalerons la balano-poslhite ; elle s'observe surtout chez les malades a'tteints de phimosis. Bien qu'elle puisse sembler, à première vue, ta compagne presque obligée de la blennorrhagie, elle ne se développe que rarement au contact du muco-pus urélhral.
Nous arrivons maintenant à la complication la plus redoutable de la blennorrhagie, mais, heureusement, la plus facile h éviter; nous voulons parler de Yophthalmie blennorrhagique.
Pour que celte inDammalion violente de la conjonctive se produise, une seule condition est nécessaire ; le dépôt du muco-pus blennorrhagique sur la muqueuse conjonctivale. 11 est donc indispensable de prémunir, par un avertissement salutaire, tout malade atteint de blennorrhagie contre le transport possible, par l'intermédiaire des mains, du muco-pus sur la conjonctive.
J'ai observé différents modes assez curieux de contagion oculaire de la blennorrhagie; voici, parmi eux, trois faits extrêmement intéressants :
Une jeune fille était atteinte d'une urélhro-vagi-
OPHTBALMIE PURCLENTE itS
|jt«, et malbeureuseiimnl souffrait en inâme temps f une très lé(;ère conjonclivUe. Elle alla chez une mmère du voisinage quémander une rçcetle pour Ppiérir !on œil, et celle-ci lui conseilla, comme un mëde souverain, de se laver les paupières avec son rine. Ce qui fût dit fiU fait, et le lendemain une phthnimie blennorrhagique des plus violentes se léclarait. L'œil fut perdu.
Un riche Brésilien, atteint de blennorrhagie, se loionna dans sa cuvette l'organe malade, puis sortit, ibliant de jeter l'eau qui venait de lui servir. Eproumt à son retour le besoin de se laver le visage, il Sqnploya, par még.irde, celle même eau; quelques Mures après, une double ophthalmie purulente et téclaratl, cet homme est aujourd'hui aveugle.
n tout jeune homme, vivant dans sa famille, et poucieux de dissimuler une blennorrhagie, se Eer\'ait l'an mouchoir pour entourer la verge et empêcher i des taches révélatrices de souiller son linge, Un . ayant laissé son mouchnir sur un meuble, il f prend par oubli pour s'essuyer les yeux; le soir téme une ophthalmie purulente double éclatait; le talade a guéri, mais un des yeux fut presque totaletent perdu par une opacité occupant plus de la loîlié de la cornée.
Pour nous-mêmes médecins, quand nous exumilons un malade atteint de blennorrhagie, et dont les res du méat sont agglutinées, de telle sorte que a muco-pus se trouve accumulé en certaine quantité riëre cet oriSce, nous devons faire une grande tention à ce qu'en décollant le méat , ce pus ne
\H COMPLICATIONS DE U BLENNORRHACIE
nous saute au visage. Des accidents de ce genre sont arrivés, mais principalement en cherchant à soulever la paupière supérieure el à découvrir la cornée dans le cas d'oplhalmîe hlennorrhagique.
Pendant les premiers temps, une sensation de picotement analogue à celte que produirait la présence d'un corps étranger, annonce l'inflammation naissante de la conjonctive ; mais bientôt les symptômes s'aggravent et, en quelques [heures, l'affection oculaire peut avoir franchi tous ses degrés. L'œil est tuméfié, la paupière supérieure rouge el luisante tombe sur l'inférieure et le malade est incapable de la relever: elle parait allongée dans le sens vertical. Une humeur d'ahord Jaunilire et bientôt purulente s'accumule entre l'œil et les paupières et sort par leurs commissures; cette sécrétion est tellement Acre, qu'elle excorie la peau du visage.
Vient-on û relever la paupière supérieure, à la renverser; on découvre alors la cornée plus briltanteque de coutume, entourée d'un cercle plus épais d'un rouge vif formé par la conjonctive {kémosh\ loule la surface de cette membrane est elle-m^me d'un rouge intense, souvent granuleuse et partiellement couverle de pns concrète. La transparence de la cornée, étranglée pour ainsi dire par le kémosis, se I rouble par suite d'une infiltration inlra-lamellaire; parfois les couches BuperlicicUe« de cette membrane s'ulcèrent et sa face profonde vient faire hernie h travers l'orifice ulcéré. Dans d'autre.^ circonstances, la cornée se perfore complÈtemenl, la chambre anté* rieure se vide, el des lambeaux d'iris sortent i
OPHTHALMIE PDRDLENTE
l'o u vertu PC ; enfin on a vu la cornée se délacher complèlemeul, comme le ferait le verre d'une montre, et l'œil se flder.
Le traitement local de i'ophlhalmie purulente doit être aussi énergique que le mal est redoutable. Par des irrigations fréquentes faites avec des solutions très faibles d'acide pliénique ou d'acide salicilîque, on empêchera l'accumulatifin du pus derrière la paupière supérieure. On maintiendra sur les parties malades des comprespes d'eau glacée très fréquemment renoavelées pour qu'elles, n'aient pas le tempe de s'écbauDer, ou mieux encore un petit sachet en baudruche rempli de glace pilée. Le froid en permanence est, tn effet, un antiplogislique des plus puissants, et de plus il apaise rapidement les douleurs.
Mats ces moyens thérapeutiques, même accompapés d'applications répétées de sangsues aux tempes aux apophyses mastoïdes , restent trop souinefficaces; aussi est-il préférable d'en venir femblée & la cautérisation de la conjonctive avec le ■ayon de nitrate d'argent, et aux scarifications faites ■ le kémosis, qu'on devra même exciser s'il est lar trop volumineux.
Après chaque cautérisation, les paupières seront t]AVées avec de l'eau salée, pour neutraliser ce qui tourrail reslerde nitrate d'argent en excès; enfin, soir ■M matin, on in^tilli-ra dans l'œil quelques gouttes '•lin collyre au sulfate d'atropine.
La chambre du malade sera fraîche et bien aérée, It d'épais rideaux arrêteront la clarté trop vive du
COMPLICATIONS DE LA BLENNORRflAGIE
jour. (In recommandera une diète presque absolue pendant les premières quaraiile-huil heures el, par l'usage fréquent d'uo laxatif, on régularisera dans lu suite les funcliuns digestives.
Si l'ophlhalmie est uniioculaire, on devra mettre tout en œuvre pour préserver l'œil sain ; un des procédés les plus simples est de le recouvrir d'une large rondelle de baudruche maiutenue, sur sa circouférence. par du collodion.
Malgré ce traitement si énergique, appliqué dans loule sa rigueur, on doit toujours être très réservé sur le pronostic, car il est rare qu'une ophthalmie blennorrhagique ne laisse pas à sa suite quelque trace indélébile de son passage, telles que des opacités cornéennes ou des granulations de la conjonctive.
Les complications de nature rhumatismale qui peuvent survenir dans 1« cours de lu blennorrhagie sont assez rares ; elles peuvent occuper toutes les articulations, mais elles se localisent de préférence dans le genou, le coude, le poignet, l'articulation lemporomaxillaire. L'aribrite blennorrhagique a pour principaux caraclères d'être unique, de se développer vers le quatrième septénaire de la blennorrhagie. ou plus lard encore, et de coïncider assez fréquemment avec un léger degré de cystite du col qui disparaît du reste, dès que l'inflammation articulaire s'acrenliie. La marche de l'arthrile blennorrhagique est lente, en général peu douloureuse et sans grand retentissement sur l'organisme; c'est ainsi qu'un fort épanchement peut se produire dans une arlicuialion.
RIICM.lTISllE
en passant presque inaper<,'u pour le malade. Ealin, la période de déclin de ces arihriles est très longue, et elles ont une grande tendance à laisser derrière elles des raideurs articulaires.
Les ^^nes tendineuses, les bourses synoviales el en particulier celle qui sépare le tendon d'AchiUe du calcaneum, peuvent aussi èlre atteintes sous l'influence de la blennorrhagie. La douleur de talon si persistante, que Ion observe parfois à la suite d'une simple chaudepisse, n'a pas d'autre cause que l'înflaninialion de la bourse synoniale sous-calcanéenne.
On aencore constaté chez quelques blennorrhagiens, ne variété d'ophthalinie entièrement dtlîérente, pour iii forme et le pronostic, de l'oplilhalmie purulente blennorrhagîque. Elle est caractérisée par des lésions de la membrane qui tapisse la chambre antérieure de l'œU, d'ùii les noms de descemclile, d'aguo-c/ipsiUiCe, tTiritii séreuse lilennorrhagîgue, sous lesquels l'ont désignée différents auteurs. Cette affection oculaire, géjpfrateEDent double, est le plus souvent bénigne.
Certaines périostites, myélites ou paraplégies, et anesi quelques cas de sciatique, de névralgie crurale, etc., ont également été mis sur le compte de lu blennorrb.'^ie : mais ces complications sont tellement :s qu'elles méritent seulement d'être signalées.
rres La
Im question palhogénîque, c'est-à-dire celle d'élucider comment ces manifestations rbumatismales se relient à la blennurrbagie, est une des plus obscures
Ita COMPLICATIONS DE LA BLENNORRHAGIE
de ia pathologie. Jusqu'ici on s'est cuntenié d'hyp* thèses, et H est bien probable qu'il en sera encore longtemps ainsi. 11 est évident,pour nous, qu'il n'e pas de virus blennorrhagique; sans cela, ces mai feslations spéciales seraient la règle an lie» d'ft l'exception ; car un virus, comme le virus syphilitique par exemple, délermine toujours et régulièrement, bien qu'A des degrés variables, le cycle dea acridenls qui caractérisent la maladie dont il est l'origine.
Il nous parait plus simple et plus logique i'st mettre que ces manirestations rhumatismales la blennorrhagie ne surviennent que chez des ma^fl lades naturellement prédisposés à l'arthritis, et q\u la blennorrhagie ne joue chez eux que le riile d'e: tant, de circonstance occasionnelle, permettant à 1( diathëse, jusque-là maintenue, de pouvoir si fesler extérieurement.
Le traitement des arthropathies d'origine blei norrhagique est des plus simples. L'articulation ma-" lade doit être immobilisée, mais le moins longtemps possible, et le membre correspondant placé dans la position qui lui serait la moins désavantageuse si une ankylose survenait, c'est-à-dire, étendu pour une arthrite du genou, fléchi pour celle du coude, à angle droit quand l'articulation libio-larsienne est prise. On appliquera successivement plusieurs vésicatoires sur l'arliculalion malade ; c'est là le procédé de traitement local le plus efficace. Le salicUale de soude n'a que peu d'effel contre le rhumatisme blennorrhagique. Enfin quand toute trace d'inflammation