‹ Traité pratique des maladies des ovaires et de leur traitementChapitre 36 sur 63 · MORT · texte numérisé non relu

MORT

INDICATIONS BIBLIOGHAPIIIQUES.

Mémoires de la Société de chirurgie.

Succès.

Mémoires de la Société de chirurgie.

Succès .

Gazette des hôpitaux, p. 12G, 1807.

Mort.

Gazette des hôpitaux, 1807.

Mort.

Clinique chirurgicale de Dolbeau.

Mort.

Communiquée par l'auteur.

Mort.

Mémoire de la Société de chirurgie.

Succès.

Mémoire Pcan.

Succès.

Gazette des hôpitaux, p. 565, 8 décembre 1866.

Succès .

Mémoires de la Société çle chirurgie.

Mort.

Gazette des hôpitaux, 8 décembre 1800.

Gazette des hôpitaux, n° 6, 1867.

Succès .

Mémoires de la Société de chirurgie.

Succès.

Mémoires de la Société de chirurgie.

Mort .

Communiquée par l'auteur.

Mort.

Mémoires de la Société de chirurgie.

Succès .

Mémoires de la Société de chirurgie.

Mort.

Non publiée.

Succès. Morls.

3 opérations pratiquées à Lyon par divers

7 opérations pratiquées à Strasbourg- par divers- . .

1 opération pratiquée à Reims

1 opération inachevée pratiquée à Angers (aux Sœm's

Saint-Charles, par MM. Farge et Dezanneau) . . .

1 opération pratiquée à Paris par M. Léon Labbé. .

Total

1 On lit dans le mémoire de M. Negroni [Aperçu sur Vovariotomie, 1800) que M. le professeur Nélaton, en janvier 1860, avait pratiqué 11 l'ois rovarioloinie et avait obtenu ^ succès; en mars 1867, M. Nélaton nous a dit avoir pratiqué 15 fois celte opération et compté 7 succès. Comme II. iNélalon ne ligure dans noire table statistique que pour # 5 opérations, dont 2 avec succès, c'est donc 10 opérations qui ont fourni 5 succès, qu'il faut ajouter au compte de ce chirurgien.

- Henseignemenl emprunté à M. Kœberlé. (Gaxelte des hôpitaux, n" 77, année 1800, p. 307.)

332 TRATTE PRATIQUI': DES MALADIES DES OVAIRES.

C'est donc 27 opéralions à ajouter aux 95 que nous avons relevées dans noire tableau, ce qui donne un total de 122 opéralions, et dont le résultai a été de 73 insuccès et de 49 succès.

Le procédé que nous avons suivi, pour construire notre tableau statistique, a été bien simple; nous avons compté les cas, et nous les avons rangés en deux colonnes, l'une pour les succès, l'autre pour les morts ou insuccès, et à l'aide d'une simple addition, nous avons tiré des conclusions... Mais ces conclusions sont-elles vraies, et peul-on conclure de nos chiffres que l'ovariolomie ne peut pas fournir des résultats meilleurs que ceux que nous avons trouvés? Non assurément, car en analysant les observations que nous avons passées en revue, nous avons pu nous convaincre que l'ovariolomie était appelée à de plus beaux succès : ceux qui ont été obtenus jusqu'à présent, quoique très-inférieurs à ceux obtenus par les chirurgiens d'Angleterre et d'Amérique, nous paraissent assez encourageants pour déterminer à pratiquer une opération qui n'a donné en France que 2 succès sur 5 opérations et dans une maladie, il ne faut pas le perdre de vue, qui tue fatalement 98 malades sur 100, et cela dans un délai très-court.

Sur les 122 ovariotomies que nous avons rassemblées,

y a eu des revers nombreux, c'est vrai, puisque nous comptons 73 insuccès; mais si on fait le dépouillement et l'examen de la plupart de ces observations, on remarque, qu'en dehors des accidents qui appartiennent à l'opération proprement dite, il y a beaucoup de cas malheureux qui sont imputables, bien moins à Topération qu'aux circonstances particulières dans lesquelles ont été pratiquées les opérations ; ces faits malheureux, qu'on serait mainte-

liant à môme d'éviter, n'en sont pas moins inscrits au nombre des revers et portés à la cliarge de l'opération, A coup sur, ces insuccès sont déplorables, ils peuvent intimider les esprits timorés, ou bien être mal interprétés et fournir des armes aux adversaires de l'ovariotomie. Si on peut, jusqu'à un certain point, comparer entre elles toutes les grandes amputations, il n'en est plus de même, pour les opérations d'ovariotomie, qui sont loin de se ressembler. En effet, notre relevé nous montre que les unes ont été d'une simplicité remarquable, tandis que les autres ont été entourées de complications et de difficultés très-grandes, de telle sorte, que ceux qui n'ont opéré que des cas simples, ont eu des résultats que n'ont pas obtenus ceux qui ont opéré des cas graves et désespérés ; et si en France, à Paris surtout, on n'a pas eu plus de succès, c'est que les cas qu'on a opérés étaient défavorables et compliqués. A cette heure encore, les malades ne se laissent opérer qu'à toute extrémité, après avoir épuisé toutes les ressources de la thérapeutique, et souvent contre l'avis de la grande majorité des médecins, qui éloignent les malades d'une opération qui les effraye, et qu'ils jugent avec des idées préconçues et sans l'avoir jamais étudiée. Pour un chirurgien qui conseille cette opération on trouve cinquante médecins qui la blâment, alors même qu'ils savent que les malades vont succomber... Et ce n'est que lorsque les malades sont arrivées au dernier terme de la maladie, et qu'elles reconnaissent qu'elles vont mourir, qu'elles sollicitent en dernier ressort une opération qui leur avait été conseillée dans un moment où elle avait plus de chances de succès. Les faits que nous avons examinés nous montrent que l'ovariotomie pratiquée en temps opportun, avant qu'il existe des complications

354 TlUITÉ rRATlQIIE DES MALADIES DES OVAIRES, graves, comme des adhérences, un aflaiblisemcnl et un dépérissemenL extrême, est une opération qui est bien moins grave que bien des opérations qu'on pratique lous les jours.

Quand on considère l'étendue du traumatisme, les organes sur lesquels il porte, et surtout la susceptibilité inflammatoire du péritoine, signalée et regardée comme excessive par tous les auteurs qui ont écrit sur les lésions de cette séreuse, on reste vraiment frappé d'étonneraent de voir que cette membrane incisée, dans toute l'étendue de l'abdomen, exposée pendant des heures entières au contact de l'air, déchirée, lavée, épongée, piquée, etc., ne devient pas le siège de la moindre inflammation, dans bien des cas. Or ce fait, qui s'observe presque toujours dans les ovariotomies simples, c'est-à-dire dans celles où les malades jouissent d'une bonne santé et où les kystes n'offrent aucune complication, ne tend-il pas à faire admettre que les nombreuses péritonites signalées dans nos observations tiennent moins peut-être au caractère de la lésion prise en elle-même, qu'aux circonstances fâcheuses dans lesquelles on opère, qu'au mode de pansement et aux soins consécutifs, etc. ? Car s'il en était autrement, comment expliquer que l'ovariotomie, constamment mortelle à Edimbourg jusqu'(;n 1862, fournit depuis cette époque, dans la même ville, les résultats les plus remarquables, entre les mains du même opérateur? Si, dans le relevé que nous avons fait pour les opérations pratiquées en France, nous avons trouvé tant d'insuccès, c'est que bon nombre de ces opérations ont été pratiquées dans des conditions déplorables, et en dehors, pour ainsi dire, de toutes chances sérieuses de réussite, et uniquement pour accéder aux supplications, pour obéir à la

volonté bien arrêtée de pauvres malades qui, malgré tout ce qu'on peut leur dire de défavorable, d'effrayanl, n'en persistent pas moins dans la résolution qu'elles ont prise d'être opérées.

Il ressort encore des observations que nous avons examinées que la commotion nerveuse, ou le choc, comme disent les Anglais, est un accident qui se rencontre le plus souvent à la suite des grands délabrements. Cette dépression du système nerveux, ce collapsus est d'autant plus sensible, que l'étal général des sujets, la conservation de ses forces et la durée de ses souffrances sont plus ou moins grandes. Chez les femmes qui ont été opérées dans de bonnes conditions, les accidents nerveux ont été plus rares, et nous avons noté qu'ils avaient augmenté en fréquence et en gravité, en raison de l'épuisement, des souffrances prolongées et de l'état de débilité des malades.

La péritonite a également frappé de préférence les sujets débilités, et surtout les opérées dont les fonctions étaient depuis longtemps altérées par le développement des kystes, et notre statistique nous apprend que les opérations pratiquées dans de mauvaises conditions de santé, et principalement dans les hôpitaux, étaient souvent suivies de péritonite. Tout le monde sait d'ailleurs combien l'influence nosocomiale est énergique et funeste dans la pratique hospitalière; etl5 opéraiionsd'ovariotomie pratiquées dans les hôpitaux de Paris ont donné 15 insuccès; ce résultat n'est-il pas la meilleure preuve qu'on doit éviter de faire l'ovariotomie dans les hôpitaux? 11 est donc indispensable, pour réussir dans cette opération, d'attacher une grande importance aux circonslances accessoires, dont l'influence, peut-être trop oubliée, modifie si fatalement les résultats de l'ovariotomie. Quelques médecins,

336 TRAITl!; PRATIQUE DES MALADIES DES OVAIRES.

dirigés par des vues théoriques plutôt que par les faits, voyant les insuccès des chirurgiens français, ont pensé, que les succès de l'ovariotomie en Angleterre tenaient à une question de race et pas à autre chose. Il nous paraît difficile d'accepter celte manière de voir, et déjà dans un article publié dans la Revue médicale (p. 539, 1863), nous avons indiqué les raisons pour lesquelles l'ovariotomie avait mieux réussi jusqu'ici en Angleterre qu'en France, et nous avons montré que ces raisons étaient autre chose que la chair anglaise.

La première raison, c'est que les chirurgiens anglais, qui ne sont pas plus habiles opérateurs que nous, mais qui sont plus prudents et mieux avisés, choisissent les malades, et soumettent à l'ovariotomie tous les kystes simples et uniloculaires, et c'est ce que nous ne faisons pas, si ce n'est M. Kœberlé, qui, à Strasbourg, a suivi ces principes: aussi a-t-il obtenu de meilleurs résultats que les chirurgiens de Paris, qui, jusqu'à ce jour, ne se sont adressés qu'aux kystes anciens, multiloculaires et compliqués. Lorsque les chirurgiens anglais trouvent des kystes anciens multiloculaires, chez lesquels ils soupçonnent des adhérences nombreuses et fortes, solides et vasculaires, ils ne les opèrent pas ; ou si, trompés dans leur diagnostic, ils reconnaissent pendant l'opération les complications que nous venons d'indiquer, ils s'arrêtent et laissent l'opération inachevée, ce qui, dans ces cas, donne des résultats moins fâcheux, ainsi que le prouvent les statistiques, que lorsqu'on veut absolument continuer l'opération et enlever complètement le kyste.

La seconde raison, c'est qu'ils ont le soin de n'opérer que les malades dont les conditions générales de santé sont bonnes, qu'ils ne laissent pas vieillir les kystes, et

n'attendent pas pour opérer, comme nous l'avons fait jusqu'à présent, que les malades soient affaiblies, épuisées et dans un état de santé déplorable. 11 est évident que, se plaçant dans de telles conditions, ils doivent obtenir des succès plus nombreux que nos chirurgiens français, qui, encore peu expérimentés pour cette opération, n'ont pas assez tenu compte des indications et des contre-indications et ont fait des ovariotomies qu'ils n'auraient pas dû faire, ou qu'ils auraient dû discontinuer, lorsqu'ils reconnaissaient qu'elles n'étaient pas praticables. Si, en France, on a opéré beaucoup de kystes anciens, multiloculaires, adhérents, et alors que les malades sont dans des conditions déplorables de santé, c'est qu'il est difficile de trouver une occasion favorable de pratiquer une ovariotomie dans de bonnes conditions, les malades étant détournées de cette opération, non-seulement par l'immense majorité des médecins, mais encore par certains chirurgiens qui ne veulent pas faire celle opération. 11 en résulte que les malades ne se décident à cette opération et ne la sollicitent que lorsqu'elles sont convaincues, par le temps et par la maladie, que tous les remèdes qu'on leur a conseillés sont inutiles et qu'elles vont mourir... Alors, l'opération n'offre que peu de chances de succès, et les malades, tourmentées, se soumettent avec une grande inquiétude à une opération qui doit les tuer, ainsi que n'ont cessé de le leur dire ceux qui ne veulent pas de cette opération. Comme on le voit, les conditions morales et physiques des malades sont des plus mauvaises.

Après ces raisons, qui sont capitales, pour montrer pourquoi l'ovariolomie a eu plus de succès en Angleterre qu'en France, est-il possible d'invoquer la chair meilleure

338 TRAITÉ PRATIQUE DES MALADIES DES OVAIRES, des Anglais, et leurs statistiques nous apprennent que, dans les cas graves et compliqués, ainsi que nous le verrons plus loin, leurs résultats ne sont pas meilleurs que les nôtres. Nous sommes persuadé que le jour où l'ovariolomie sera franchement acceptée en France, et qu'on opérera dans des conditions convenables et dirigées par des indications bien établies, nos succès seront égaux à ceux des Anglais. Si on refusait encore de reconnaître que la question de race n'est que fort secondaire, nous irions en chercher la preuve chez les étrangers eux-mêmes, et nous rappellerions à nos contradicteurs, qu'à Edimbourg, par exemple, l'ovariotomie a été constamment mortelle jusqu'en 1862; que depuis cette époque, dans la môme ville, et avec la même race et le môme opérateur, elle a donné des résultats très-remarquables entre les mains de M. Keith: il a obtenu 78,05 de guérisons sur 100 cas. Nous dira-t-on pourquoi l'opération césarienne n'a jamais réussi à Paris, tandis que les succès se multiplient en province ? Est-ce affaire de race? Jusqu'en 1865, Baker Brown comptait à Londres autant d'insuccès que de guérisons; il modifie sa manière de sectionner le pédicule, qu'il coupe avec le fer rouge, et il n'a plus d'hémorrhagie; sur 32 cas traités ainsi, jusqu'en 1866, il obtient 29 guérisons ; Spencer Wells, de 1861 à 1862, sur 12 opérations compte 9 insuccès, et dès l'année suivante, - instruit par ses propres fautes, il compte 22 succès sur ^2 opérations ; aujourd'hui, sur 209 opérations qu'il a pratiquées, il compte 2 succès sur 5 opérations. Enfin M. Keith, sur ses 16 premiers cas, compte 6 morts, puis les 13 suivants lui donnent 3 morts, enfin les 12 dernières opérations ont été 12 succès.

Cette marche ascendante du progrès de rovariotomic

OVAIUOTOMIE. 339

entre les mains des mômes opérateurs, dans le môme pays, sur la même race, ne monlre-t-ellc pas comment peu à peu on est arrivé à de véritables et utiles perieclionncments? 11 en est déjà de même en France, et les dernières opérations offrent plus de succès que les premières, et prouvent que la question de race n'est pas tout, mais que l'expérience plus grande des opérateurs, que les procédés opératoires mieux perfectionnés, que le diagnostic mieux fait, que les indications de l'opération mieux posées, que les soins consécutifs mieux administrés, etc., sont les principales causes des succès de l'ovariotomie, et un jour viendra, que notre race, jugée aujourd'hui si mauvaise pour l'ovariotomie, donnera d'aussi beaux résultats que la race anglaise; il nous suffira de nous placer dans toutes les conditions réclamées pour que l'opération réussisse, et alors il sera prouvé que la tolérance de la race anglo-saxonne pour les atteintes du bistouri n'est pas plus grande que pour la race française.

Dans le but de montrer que les résultats fournis par l'ovariotomie ne sont pas plus défavorables que ceux que donnent les grandes opérations, nous allons d'abord rappeler plusieurs statistiques de chirurgiens étrangers, puis ensuite celles de quelques grandes opérations ; cette manière de faire nous permettra de comparer entre eux les résultats fournis par l'ovariotomie, et ceux que donnent les grandes opérations dont la pratique est généralement admise.

Nous emprunterons la plupart de ces statistiques à la thèse de M. llerréra Vegas, où elles ont été transcrites avec soin. Elles établissent que non-seulement l'ovanotomiea conquis sa place parmi les grandes opérations de la chirurgie, mais encore que cette opération est moins

meurtrière que la plupart des grandes opérations que nous pratiquons tous les jours, et que si à son début, les revers ont été nombreux, ils deviennent plus rares et s'éloignent de plus en plus.

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