ES
| Fig. 105
L/emmétrope qui exainine l’hypermétrope devra faire usage d’accommodation, l’hypermétrope qui examine un œil hyperql | . métrope et qui ne dispose pas d’une forcé accommodative suff-
Ï sante, devra faire usage de verres convexes.
| Enfin, si l’œil examiné est myope, les rayons sortent de cet
| Il œil à l’état de convergence et l’hypermétrope se trouve dans fl les meilleures conditions pour observer un tel œil; l’emmé-
(| \ | | trope devra employer un’verre concave.
ARTICLE III Examen à l’image renversée
! La rétine de l’œil myope étant située en dehors du foyer Lil principal de l'appareil dioptrique visuel, les rayons qui en partent, convergent à leur sortie, et vont former une image réelle et renversée?en avant de l’œil, et d'autant plus rapprochée de la cornée que l’œil est plus myope. On peut donc
LITE a
voir, avec l’ophtalmoscope seul, une image réelle et renversée du fond de l’œil myope. (fig. 106).
Fig. 106
Le point où se forme cette image renversée correspond avec le punctum remotum du myope, c’est-à-dire qu’à cette distance, les rayons lumineux ont la divergence nécessaire pour aller se réunir sur la rétine après réfraction dans l’œil ; au delà de cette distance, les rayons se réunissent en avant de la rétine ; plus près de l'œil, ils se réunissent en arrière, à moins que l’accommodation n’intervienne.
L'image renversée qui se forme en avant de l’œil myope, est une image aérienne qui exige pour être vue de l'observateur un certain effort d'accommodation, comme il est nécessaire d'en faire d’ailleurs toutes les fois qu’un objet est vu de près.
Quoique l'examen de l’œil myope, à l’ophtalmoscope, nous donne déjà une image renversée, il est d'usage d'employer un verre convexe fort en avant de l’ophtalmoscope, afin de faire converger davantage les rayons qui sortent de l’œil et de renverser l’image plus près de la cornée.
En généralisant l'emploi de la loupe avec celui de l’ophtalmoscope, dans tous les cas d'examen du fond de l’œil, on obtient toujours une image renversée. En effet, nous savons
que l'œil myope examiné à l’ophtalmoscope seul, donne déjà une image renversée au punctum remotum de cet œil et | que l’adionction d’une lentille convexe sur le trajet des rayons
convergents, les fait converger davantage et les réunit en un
Fig. 107
| | (Moitessier)
| Images droites ou renversées obtenues avec des lentilles convexes ou concaves | foyer situé entre la lentille et le foyer principal. S'il s’agit d’un
œil emmétrope, les rayons sortant de l’œil à l’état de parallè- | lisme, ils convergeront en passant à travers la loupe et iront for-
h | mer un foyer réel et renversé au foyer principal de la lentille ; | | s’il s’agit d’un œil hypermétrope, les rayons, sortant divergents,
| | seront forcés de converger, en passant à travers la loupe, et | iront former une image réelle et renversée du fond de l’œil, | entre le foyer de la lentille et l’œil de l’observateur.
| Si nous supposons le cas où la loupe employée pour renverf
ser l’image est la même dans les trois examens, l’image du
fond de l’œil sera plus rapprochée de la cornée dans le cas de myopie, toujours au foyer de la loupe dans l’emmétropie, et à une distance variable entre ce foyer et l’œil de l’observateur dans l’hypermétropie. Ces renseignements nous permettent déjà d'établir approximativement si l’œil examiné est myope, emmétrope où hypermétrope.
Au point de vue de la grandeur des images ophtalmoscopiques, si on compare les images renversées obtenues avec la même lentille, placée à la même distance, on remarquera que l’image de l’œil myope est la plus petite des trois, et celle de l’hypermétrope la plus grande.
Si on compare les images droite et renversée obtenues chez l’hypermétrope, on constate que la première est plus grande que la seconde. Cette image droite peut être assez grande pour qu’on ne puisse voir la papille toute entière dans le cadre de la pupille.
La grandeur de l’image renversée est aussi en rapport avec le numéro du verre convexe employé, elle est proportionnelle à la distance focale de la lentille. Les lentilles les plus faibles produisent les plus forts grossissements.
La distance, à laquelle la lentille est'placée en avant de l’œil, opère aussi des modifications dans la grandeur de l’image renversée, Pour l’œil emmétrope, il n’en résulte aucune différence, mais pour l’œil hypermétrope, l’image diminue au fur et à mesure qu’on éloigne de lui la lentille ; pour l’œil myope, l’image s'agrandit avec l'éloignement de la lentille.
ARTICLE IV
Détermination de la réfraction à l’aide de l'ophtalmoscope
Si on se place, avec un ophtalmoscope simple, sur le trajet des rayons lumineux, parallèles, qui sortent de l'œil emmétrope et que l’on se soit mis dans les conditions d’un œil emmétrope, on constate que l’image du fond de J’œil est
Fig. 109
Fig. 110 droite. Ceci exige de la part de l’observé un relâchement
complet de l’accommodation, effet qu’on obtient en le faisant regarder à l'infini. Pour l’observateur emmétrope, le repos de l’accommodation est aussi nécessaire et ne s'obtient qu'avec
un peu d'habitude, attendu qu’on est toujours porté à accommoder pour voir de près. Pour s'assurer que l’accommodation est réellement relâchée, que l’œil observé est emmétrope, il est nécessaire de placer un verre convexe + 0.50 D, en arrière du miroir et de recommencer l'examen, pour constater si l’image devient trouble. L'image droite se reconnaît aux mouvements imprimés au miroir : l’image d’un vaisseau du fond de l’œil est vue se déplaçant dans le même sens que le miroir.
Pour l'œil hypermétrope, l'examen est pratiqué dans les mêmes conditions de la part de l’observateur, il reçoit alors dans son œil des rayons divergents qu’il réunit facilement sur sa rétine, attendu que pour voir de près l’accommodationintervient tout naturellement. Le degré d’accommodation qu’il est obligé d'employer correspond au degré d’hypermétropie. Pour évaluer ce degré, l'observateur, placé très près de l’œil observé, fait passer en arrière de l’ophtalmoscope des verres convexes de plus en plus forts jusqu’à ce que l’image du fond de l’œil devienne indistincte. On obtient ainsi l’hypermétro-
pie totale.
nettement à l’image droite, en interposant un verre convexe, est un œil hypermétrope.
Les mouvements de latéralité, imprimés au miroir, en examinant un œil hypermétrope, démontrent un déplacement de l’image rétinienne dans le même sens.
Pour l’œi/ myope, nous avons vu que l’image du fond de l’œil, allait former un foyer réel et renversé au punctum remo- ‘ tum de cet œil. S'il s’agit d'une myopie de 1 D, le punctum remotum étant situé à 100 centimètres, l’image renversée du fond de l'œil ira se former à ce point. Les rayons conver-
gents qui sortent de cet œil et qui entrent dans celui de l’obser-
En résumé, tout œil dont le fond peut être vu
vateur, n’iront point former un foyer sur la rétine de ce dernier ; pour voir cette image droite et distincte, il faudra qu’il place un verre concave de 1 D en arrière du miroir. Si le punctum remotum du myope est à 50 centimètres, il faudra un verre concave — 2 D, et ainsi de suite. En résumé, le fond de l’œil d’un myope ne peut être observé à l’image droite par un emmétrope, avec le miroir isolé, qu’en y ajoutant le verre concave qui mesure le degré de myopie (fig. 104).
Pour évaluer la position exacte du punctum remotum, et partant le degré de myopie, l’observateur mesure la plus faible distance à laquelle il peut voir cette image renversée ; connaissant son propre punctum proximum et le retranchant du résultat obtenu, il restera le degré de myopie. Celui qui obtient une image renversée nette à la distance de 50 centimètres et dont le punctum proximum est à 25 centimètres aura affaire à une myopie de 4 D.
Pour diagnostiquer et évaluer l’aséigmatisme à l'aide de l’ophtalmoscope, ii n’y a qu’à appliquer à chaque méridien différent ce que nous venons de dire pour l’œil tout entier. Si la réfraction est plus forte dans un méridien que dans un autre, il se produit des différences dans le groupement des rayons lumineux qui sortent de l’œil, les uns convergent tandis que les autres divergent ou sont parallèles, il en résulte des alternatives d'images droites et renversées selon les méridiens affectés, et une déformation de l’image. En appréciant les détails du fond de l’œil on peut constater par exemple, que les vaisseaux horizontaux sont plus visibles que les verticaux ou vice versa, que la papille subit des modifications dans sa forme, que, de ronde elle devient ovalaire, cette dernière modification doit être contrôlée par l'examen à l’image renversée.
En observant la pupille à l’image renversée, on remarque comment elle se comporte, pendant qu’on fait exécuter des mouvements de va et vient à la lentille ; si la papille se déforme pendant ce mouvement, il y a de l’astigmatisme.
Ii existe un autre procédé pour déterminer les anomalies de la réfraction à l’aide de l’ophtalmoscope, c’est la ré/inoscopie (PARENT) la skiascopie (LEROY), ou la kératoscopie (CUIGNET).
Cette méthode consiste à éclairer la pupille avec l’ophtalmoscope et à observer la marche des ombres qui se dessinent dans la pupille, pendant qu’on fait exécuter des mouvements au miroir.
On se place en face du patient, à la distance d’un mètre, et on refléchit sur sa pupille, la lumière d’une lampe placée à sa gauche: on peut utiliser un miroir plan ou un miroir concave. Le plus souvent, la pupille n’apparaît rouge que dans une partie de son étendue, l’autre partie est une ombre qui se déplace dans le même sens ou en sens opposé au miroir. Avec un miroir plan, la marche de cette ombre est directe dans l’hypermétropie, et inverse dans la myopie, pourvu que le miroir soit placé au-delà du punctum remotum. Avec un miroir concave, on obtient un effet inverse. Supposons qu’on fasse usage d’un miroir concave. Si la pupille s’éclaire sans ombre, le sujet est myope d’une dioptrie. S'il se produit une ombre et qu’elle marche en sens opposé au miroir, il existe une myopie inférieure à une dioptrie, l'œil est emmétrope ou hypermétrope. Si elle est directe, la myopie excède 1 D. On reprend alors l’examen en plaçant une lentille convexe de 1 D. devant l’œil observé. Si toute ombre fait défaut, l'œil est emmétrope ; si l'ombre se déplace en sens inverse au miroir, il existe une hypermétropie ; si elle se déplace dans le même sens,
il existe une myopie inférieure à 1 D. 13
194 ASPECT DU FOND DE L'ill,
Lorsqu'il existe de l’astigmatisme, un méridien étant myope, et l’autre plus myope ou hypermétrope, il y aura absence d'ombre dans le sens du premier méridien, et dans la direction du second, on observera une ombre directe ou inverse.
L'absence d’astigmatisme se reconnaît à ce qu’un seul verre sphérique supprime l'ombre pour tous les méridiens.
Cette méthode offre une certaine valeur, elle a surtout son utilité chez les enfants dont les réponses ne sont pas toujours satisfaisantes.
ARTICLE V Aspect du fond de l'œil sain à l’ophtalmoscope
Pour obtenir une bonne vue d'ensemble du fond de l’œil, il faut que la cornée, l’humeur aqueuse, le cristallin et le corps vitré aient conservé leur transparence, et que la pupille soit suffisamment dilatée. L'examen à l’image renversée est celui qui nous fait voir une plus grande étendue du fond de l'œil à la fois, l'examen à l’image droite offre l'avantage de permettre l’étude de certains détails du fond de l’œil sous un grossissement plus fort.
La papille du nerf optique est la partie qui doit tout d’abord attirer l’attention. Pour l’observer, on fait prendre à l’œil une direction convenable, c’est-à-dire que pour examiner la papille de l’œil gauche, on ‘ait regarder le patient à sa droite, et à sa gauche pour l'œil droit. La papille affecte une forme arrondie plus ou moins régulière. Sa grandeur varie avec le mode d'exploration et la réfraction de l’œil observé. Son d/amètre réel est d'environ un millimètre et demi. Les /rzites de la papille sont : choroïdiennes à la périphérie et sclérales en