‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 46 sur 167 · Choroïdite disséminée (syphilitique · texte numérisé non relu

Choroïdite disséminée (syphilitique

A l'aide de l'ophtalmoscope on constate de petites taches blanchâtx'cs, qui siègent dans le voisinage du pôle postéx^ieur de l'œil ou à la périphéx^ie, tantôt isolées, tantôt x^éunies en gx^oupes assez sexn^és mais sépax^és par les box^ds de colox^ation foncée. Elles sont situées immédiatexuent dexn^ère la x^étine et fox^mées par des exsudats qui déplacent le pigment. A côté de ces petites taches blanchâtx^es on tx^ouve quelquefois des taches plus foncées ou rougeâtx^es.

La choroïdite disséminée se propage facilement vers la x^étine [chorio-rétinite syphilitique)^ qui pex^d alors sa tx^anspax^ence, en xTieme temps que ses vaisseaux deviennent hypex^hémiés et tox'tueux. Uxie complication, plus fi^équente encore et presque

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caractéristique de cette affection, est celle des opacités du corps vitré, sous forme de fine poussière, de filaments ou de membranes. Elles apparaissent subitement et obscurcissent le fond de l'œil, se dissipent parfois en peu de temps, et reparaissent périodiquement dans le cours de l'affection.

Les troubles visuels sont très considérables, et les malades se plaignent tantôt d'un brouillard général, tantôt d'un nuage flottant qui leur cache les objets par moments, ou d'apparitions lumineuses et colorées (photopsies et chromopsies).

D'autres fois l'examen nous fait découvrir l'existence d'un rétrécissement périphérique ou de défectuosités centrales (scotomes) du champ visuel. Dans l'étendue d'un scotome central la perception des couleurs s'affaiblit, et c'est la couleur verte qui est la première méconnue. Lorsque les exsudats siègent à l'endroit ou dans le voisinage de la macula, l'acuité de la vision centrale souffre plus particulièrement, et les objets paraissent aux malades déformés (métamorphopsie) ou plus petits (micropsie).

Marche et terminaison. — La marche de cette affection est chronique avec des exacerbations aiguës ; bien traitée dès le début, elle peut guérir sans laisser de traces ; mais elle conduit souvent, dans sa marche progressive ou par des rechutes fréquentes, à l'atrophie de la choroïde. Si la rétine a participé à la maladie, elle peut amener aussi l'atrophie de cette membrane, et même celle du nerf optique. Les opacités du corps vitré peuvent subsister même après la guérison de Taffection primitive.

Pronostic. — Il dépend de la période de la maladie et des altérations déjà produites; absolument mauvais en cas d'atrophie de la choroïde et de la rétine, il est peu favorable si les exsudations ont siégé longtemps à l'endroit de la macula, ou si le corps vitré est le siège d'opacités persistantes. Dans les cas récents, au contraire, le pronostic est tout à fait bon, car même lorsque les exsudats sont répandus sur tout le fond de l'œil, un traitement rationnel amène leur résorption complète et le retour de la vision à l'état normal. Les récidives sont fréquentes.

Etiologie. — Dans la majorité des cas, cette maladie est de

nature syphilitique. Elle survient souvent plus ou moins longtemps après l'apparition d'une iritis syphilitique. Je l'ai oIdservée aussi chez des enfants atteints de syphilis héréditaire avec ou sans kératite parenchymateuse.

Traitement, — En cas de diathèse, il faut commencer le traitement par des prescriptions antisyphilitiques (frictions ou injections sous-cutanées), continuer pendant deux à trois mois l'usage de petites doses de calomel à doses fractionnées ou de sublimé (1 centigr. par jour), Tiodure de potassium à la dose de 1 à 2 grammes par jour. Les injections sous-conjonctivales de sublimé ont été aussi employées avec des résultats satisfaisants. On combat l'hyperhémie par des applications de l'appareil de Heurteloup, des ventouses sèches, des sinapismes, etc.

La fréquence des récidives rend indispensable une surveillance attentive et prolongée des yeux. Selon l'état général du malade, il faut intervenir soit par un traitement tonique, soit par des dérivations sur le tube intestinal et sur la peau.

Des transpirations méthodiques à l'aide d'injections souscutanées de pilocarpine et un séjour prolongé dans une chambre obscurcie rendent souvent d'excellents services. Un repos absolu des yeux, l'usage de verres fumés et des ménagements scrupuleux de la force visuelle, même encore dans les premiers temps qui suivent la guérison, sont indispensebles pour éviter des hyperhémies nuisibles et des récidives.

Lorsqu'après la guérison de la maladie la force visuelle a subi une diminution qui paraît stationnaire, on obtient parfois une amélioration sensible par une série (10 à 12) d'injections de strychnine à la tempe.

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