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Rétinite parenchymateuse

Cette forme d'inflammation de la rétine, à côté des symptômes d'hyperhémie et de transsudation signalés pour la rétinite simple, présente encore ceux de l'altération du tissu rétinien lui-même [hyperplasie et sclérose).

Ces altérations, répandues sur toute la rétine [rétinite ^diffuse)^ débutent généralement dans les éléments cellulaires, dans les fibres radiées, qui, par la compression qu'elles exercent sur les éléments nerveux, amènent l'atrophie plus ou moins complète de ces derniers. Ce processus peut se localiser, tantôt vers les couches externes de la rétine et atteindre la choroïde, tantôt dans les couches internes. Dans ce dernier

RETINITE PARÈNCHYMATEUSE.

cas, il désorganise la membrane limitante et donne naissance à des excroissances condylomateuses {Iwanoff) qui proéminent dans le corps vitré et s'y vascularisent.

Cet état morbide s'accompagne de changement de structure des vaisseaux rétiniens, dont les parois s'épaississent par hypertrophie de leur membrane adventice.

Bien plus rarement, la rétinite paraît débuter dans les parois vasculaires et leur voisinage immédiat [rétinite périvasciilaire) ; elle se localise alors exclusivement à ces endroits, tandis que le reste du tissu cellulaire est à peine altéré et que les éléments nerveux sont entièrement conservés. Dans ces cas rares, l'examen anatomique a démontré une prolifération considérable dans les cellules de la membrane adventice des vaisseaux artériels, des veines et des capillaires, mais à des degrés différents [Iwanoff),

Diagnostic. — A l'ophtalmoscope, la rétinite diffuse présente les signes de l'hyperhémie veineuse et de l'œdème rétinien (défaut de transparence), que nous avons décrits à l'occasion de la rétinite simple. On y observe, en outre, des opacités blanchâtres ou jaunâtres (même verdâtres), sous forme de petits points isolés, ou bien de grandes taches régulières, des stries ou des bandelettes étroites.

Les vaisseaux sont en partie recouverts par ces plaques jaunâtres dans lesquelles on les voit plonger d'un côté et ressortir de l'autre; les gros vaisseaux sont entourés des deux côtés d'une ligne blanchâtre qui longe leurs parois.

Autour de la macula, les opacités rétiniennes se groupent d'une façon particulière. Elles y forment des lignes très fines, rarement des stries un peu larges, qui toutes rayonnent vers la fossette centrale ; cette figure étoilée peut aussi se composer d'un pointillé très fin. Parfois on constate la présence d'ecchymoses plus ou moins nombreuses, disséminées dans la rétine sous forme de petites taches rouges, de stries fines, ou même de plaques rouges irrégulières dans le voisinage immédiat des vaisseaux de cette membrane, et dont nous donnerons les détails caractéristiques dans le chapitre des hémorrhagies de la rétine.

Dans la rétïmie péri-vasculaire.^ les artères et leurs embranchements paraissent transformés en cordons blanchâtres, au milieu desquels on aperçoit une ligne rouge, fine; les veines

présentent dans leurs gros troncs un amincissement g-énéral et des irrégularités de calibre; à la périphérie seulement, quelques branches ont le même aspect que les artères. La rétine paraît opaque par places, et à ces endroits elle est couverte d'ecchymoses ponctuées.

Sur la papille du nerf optique, le ou les vaisseaux sont couverts, dès leur émergence, d'une masse proéminente, d'un blanc éclatant, avec des points et des stries rouges provenant des nouveaux vaisseaux, que l'on peut faire disparaître momentanément en comprimant le globe de l'œil [Nagel). Cette masse blanchâtre, assez nettement limitée, s'étend sur la rétine et accompagne les vaisseaux jusqu'à une certaine distance du nerf optique.

L'aspect extérieur de l'œil est tout à fait normal; rarement le pourtour de la cornée est injecté; quelquefois l'iris est un peu paresseux dans ses mouvements, et après un certain temps la pupille paraît légèrement dilatée.

Les malades accusent d'abord la sensation d'un nuage gris devant l'œil malade, ou d'un brouillard autour des objets, qui s'épaissit lorsqu'ils font des efforts pour distinguer; ils sont facilement éblouis et se plaignent de voir des étincelles. La force visuelle centrale diminue considérablement, le champ visuel se rétrécit, ou peut présenter des lacunes (scotomes) dont la forme et l'emplacement varient. Cet affaiblissement de la vision est surtout remarquable lorsque l'éclairage diminue. Quant à la perception des couleurs, nous n'aurions qu'à reproduire les considérations présentées plus haut au sujet de la rétinite séreuse.

Parfois les objets paraissent plus petits (micropsie), ou plus grands (mégalopsie), ou déformés (métamorphopsie), phénomènes que l'on peut constater facilement en provoquant la diplopie, à l'aide d'un prisme placé devant l'œil avec sa base tournée en haut ou en bas. Le malade peut comparer ainsi les images séparées provenant des deux yeux.

Dans les degrés très prononcés de cette affection, l'affaiblissement de la vision peut aller jusqu'à la cécité complète.

En général, les malades ne ressentent pas de douleurs, tout au plus une sensation de pression dans le fond de l'orbite.

La marche de la rétinite parenchymateuse est habituellement très lente ; même lorsque les symptômes caractéristiques de

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cette affection s'établissent rapidement, la maladie devient après peu de temps presque stationnaire, avec des rémissions et des ag'g"ravations alternatives.

Ce n'est que lorsque le processus se présente avec peu d'intensité, que les exsudations sont insig-nifîantes et la maladie de courte durée, que l'on peut espérer une guérison complète ; encore les rechutes sont-elles fréquentes. Si la maladie a duré longtemps, avec des exsudais considérables, et qu'elle ait déjà provoqué des altérations consécutives des éléments nerveux, la guérison est toujours incomplète. La vision reste plus ou moins atteinte, suivant que le processus s'est localisé vers le centre ou vers la périphérie de la rétine. Enfin, la maladie se termine assez souvent par l'atrophie du tissu rétinien et l'abolition définitive de la vision.

Le pronostic^ toujours très grave, varie suivant les circonstances particulières, la cause et la durée de la maladie, l'intensité et l'extension du processus^ et sa localisation. Il s'aggrave avec l'âge du malade, avec les prog-rès des défectuosités du champ visuel, la disposition aux altérations vasculaires, et avec la probabilité d'une affection cérébrale analogue. Le nombre des récidives augmente la crainte de l'atrophie finale.

Etiologie, — La cause de cette affection, abstraction faite de l'influence d'une diathèse syphilitique et de l'albuminerie (voy. plus loin), est souvent inconnue; on en accuse l'hérédité, la dysménorrhée, l'effet subit d'un éclairage éblouissant, des efforts de vision exagérés, même les contusions du globe oculaire. La maladie peut aussi se propager sur la rétine en venant de la choroïde ; enfin, elle peut être en rapport avec des altérations athéromateuses du cerveau.

Traitement. — Repos complet des yeux, avec séjour prolong-é dans une chambre maintenue toujours dans le même degré d'obscurité. Nourriture réglée selon la constitution générale. L'hyperhémie considérable de la rétine et les congestions vers la tête exigent des déplétions sanguines locales répétées à l'aide d'application de ventouses scarifiées à la tempe, des compresses fraîches et de légères purgations. Contre les exsu-

dations, on prescrit l'usage interne du calomel, du sublimé et des préparations iodurées, des frictions de pommade mercurielle et iodée.

Même après Tamélioration de son état, le malade ne doit commencer que très lentement à exercer sa vision, éviter un jour trop vif, et continuer pendant long-temps les précautions minutieuses pour éviter les rechutes.

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