‹ Traité pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 80 sur 160 · INFLAMMATION DC CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DC CORPS VITRÉ

L'inflammation idiopathiquc du corps vitré a ctd lonpiemps contestée; elle n'est admise que depuis qnc l'on a eu l'occasion d'observer à l'ophtlialmoscope les changemenls produits par l'inlroduction d'un corps étranger dans l'humeur vilréo. Autour de ce corps, on observe d'abord une légère opacité qui s'épaissit et finit par soustraire le corps étranger à notre examen. En même temps, on voit se former sur d'autres points du corps vitré des opacités filamenteuses ou floconneuses. Si les circonstances permettent de suivre l'évolution des phénomènes ultérieurs, on voit l'opacité grisàti-c autour du corps étranger prendi'e une teinte jaunâtre qui se communique au voisinage et peut modifier l'aspect de la pupille .si elle siège directement derrière le crislallin.

D'autres fois, on a pu observer l'inflanmiation snppuralive du corps vilré après les ablations de staphylômes de la cornée ou après des extractions de la cataracte "à lambeau. Dans ces cas l'infiltralion purulente de l'huniCLir vitrée se fait avec une très-grande rapidité.

La marche de ces alléralions est assez variable. Tanlôl, il survient un développement ahondani de tissu cellulaire qui se vascnlarise et dont les vaisseaux communiquent avec ceux fies rneniijranes profondes de l'œil. Plus tard, ce tissu se ré- If'K^le, el en se réiractant peut produire un décollemeni de

^li^l MALADIES 1)1) COHl'S YITllIÏ.

la rctinp.. D'autres fois, comme par exemple dans les cas • d'enkystemenl d'un corps étranger, la foi-mation du tissu i cellulaire reste limitée à un endroit circonscrit.

Cependant, c'est surtout à la suite des affections de la choroïde que nous avons l'occasion d'observer l'altération du corps vitré, et la symptomatologie de l'intlammation siippurative est exactement celle de la clioroïdite suppurative (voyez i page 23^i). C'est aussi au chapitre traitant de cette affection i que nous renvoyons pour le traitement de l'inflammation du j corps vitré. i

OPACITÉS DU CORPS VITRÉ. i |

La forme de ces opacités est très-variable. 1" Tantôt, on voit ti au milieu du corps vitré, d'ailleurs tout à fait transparent, ' des corpuscules opaques nettement limités, avec des prolongements très-tins, et qui restent à peu près immobiles. Ces opacités, dont on ne voit généralement qu'un petit nom^flf ])re, siègent presque toujours dans le voisinage de la papille 'H du nerf optique. Elles se présentent à la suite de retmites, ou i dans des cas de staphvlômes postérieurs, ou même saiis* autres altérations de l'œil, chez des vieillards (Schiveigger).

2° D'autres fois, l'opacité du corps vitré a la forme duni voile léger très-fin ou pointillé qui s'étend devant le fond de ' l'œil. Celui-ci présente alors à l'ophtlialmosoope un aspect difl'us qui peut être confondu avec celui d'un œdème reti- nien.On rencontre celte opacité surtout dans les alleclions syphilitiques (rétinites et choroïdiles).

3" La forme la plus fréquente est celle des opacités mo-biles, filamenteuses, floconneuses on membraneuses. Elles • sont faciles à reconnaître à rophthalmoscope, lorsqu on taii exécuter à l'œil du malade des mouvements rapides. La lapidité avec laquelle ces opacités se déplacent, et 1 étendue dc leurs excursions peuvent nous renseigner sur le degré de u- .uiéfaction de l'humeur vitrée. On observe ces opacdes surloul à la suite de maladie des membranes profondes de i an (cycliles et clioroïdiles). Cependant, il n'y a pas de J-aison que ces opacités ne puissent aussi se former a la suite dalteia lions idiopalliiqnes de l'humeur vitrée.

Ul'ACITÈy UL COUPS ViTKÉ.

Les troubles visuels sont le résultat de l'ombre que toutes ces

i[iacilés projettent sur la rétine.

Lorsque cette membrane est très-sensible (hyperesthésie ilc la rétine), et surtout lorsque le regard est dirigé vers un iiuid très-éclairé, l'œil aperçoit facilement, même à l'état normal, de petits corps opaques de toute espèce (globules isolés ou réunis en chapelet, filaments perlés, parcelles de ' ercles flexueux) qui ont r^çu le nom de scotomes mobiles ou (le mouclies volantes (myodesopsie). L'apparition de ces phénomènes tourmente beaucoup les malades. Les mouches Nolautes n'ont cependant aucune importance, lorsque la Inrce visuelle est normale et que l'ophthalmoscopc ne ilémontre pas la présence d'opacités réelles du corps vitré. Ces dernières influencent la vision d'une façon très-difl'é-

onte. Les opacités diffuses voilent toulle champ visuel d'une façon plus ou moins prononcée; les opacités floconneuses ou membraneuses, lorsqu'elles sont abondamment répandues dans le corps vitré, peuvent intercepter une si grande quantité de rayons lumineux qu'elles empêchent com|)létement la vision des petits objets. Les malades s'habituent alors à imprimer à leur œil un mouvement brusque pour débarrasser momentanément la partie centrale du champ visuel ; mais bientôt les opacités s'y replacent de nouveau et le champ visuel est de nouveau obscurci. Les malades répètent souvent ces mouvements (par exemple lorsqu'ils veulent lii-e), et ce symptôme est tout à- fait caractéristique pour l'affection qui nous occupe (de Graefe),

Les malades peuvent nous renseigner facilement sur tous les détails de ces opacités du corps vitré, en faisant usage de l'examen endoptique. Dans ce but, le malade regarde au travers d'une carte percée, sur une surface éclairée (nmr l)lanc, ciel couvert). Pour faciliter la perception, on peut placer devant l'œil malade un verre convexe assez fort.

La muse de ces opacités doit èti'e reclierchée surtout dans les affections de la choroïde ou de la rétine, qui produisent cette altération du corps vitré de dilférentes manières :

a. l'ar des Irouijles dénutrition ou par des iriitalions inllammab)ii'es;

b. Par des épanclu'nients de natni'e divei'se: séi'cux, [tiirulenls, mais sui'ioni lu'niorrbagiqucs.

Les ('p.'inchernenls sanguins peuvent aussi ri'snilcr d'une

3^1.6 Malawks du c<jiu's viruii.

lésion Irauiuallquo, d'un coup porlé sur l'œil, d un eflorl musculaire c.vtraordinaii'C (quinte de toux, vouiissenients^, ou enfin d'une congestion oculaire, à la suite de rinterru|)tiou suljilc d'un flux hénioirhoïdal ou meustruel. Le sang é|)anclié peut remplir une partie oula totalité du corps vitré; ildescead t au bout de quelque temps dans les parties déclives du coi-ps • vitré et disparait par l'ésorption. Longlenips on ajicrçoit en- • core à l'oplithalmoscope des opacités floconneuses d'autant i plus mobiles que le corps vitré s'est liquéfié davantage.

Le pronostic varie avec la nature et l'origine des opacités.-. Elles peuvent disparaître par résorption, lorsqu'elles sont de£ cause hémorrliagique, sans maladie choroïdienne sérieuse |tl alors que le corps vitré paraît c^' ailleurs sain. Mais le plus soù-t vent, les opacités du corps vitré lïei-sistenl ou ne disiiaraisse^ pas complètement. Il faut aussi se rappeler que, dans les de myopie, les opacités du cor|)S vitré précèdent souvent œl, décollement de la rétine, et que dans d'autres cas celui-ci sur- -' vient à la suite de la rétraction du tissu cellulaire nouvellement l'orme dans le corps vitre.

Traiternent. — Très-souvent le traitement sera celui de l'atTection choi'oïdienne ou rétinienne, à la 'suite de laquelle ces opacités du corps vitré ont paru. En cas d'épanchement provenant de troubles circulatoires généraux ou d'un traumatisme local, il peut être nécessaire d'appliquer la ventouse de Iteurteloup à la tempe, des compresses fraîches sur l'œil, des pédilnves, et de recommander un repos absolu. 11 laut naturellement tenir compte d'indications précises, comme le fiux hémorrhoïdal, les troubles menstruels, etc.

Pour favoriser la résorption des opacités, on emploie des laxatifs, le sublimé, l'iodure de potassium; des compresses chaudes et le bandeau compressif paraissent souvent agir favorablement. . ...

Dans un cas, de 6jw/"e a obtenu une améhoralion considérable de la force visuelle, en dilacérant et en déplaçant avec une aiguille dés opacités meml)raneuses du co) |is vitre.

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