‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 21 sur 146 · CORPS ÉTRANGERS DES AMYGDALES · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS DES AMYGDALES

Étiologie. — Dans le cours de l’inflammation chronique des amygdales, on constate souvent une altération et une augmentation de secrétion des follicules. Les cryptes peuvent alors s’obstruer par rétention de la sécrétion, qui devient assez épaisse pour atteindre la dureté d’un calcul. On a même trouvé des calculs aussi gros et plus gros qu'une cerise . Quelques médecins avaient pensé que les calculs des amygdales provenaient d’une affection goutteuse de la gorge, mais l’analyse des calculs tonsillaires a renversé cette supposition ; en effet, loin d’être composés d’urates, ils ne contiennent guère que des phosphates et des carbonates de chaux (1).

Symptômes. — Les symptômes de cette maladie ne sont pas habituellement très marqués. Les malades se plaignent d’un léger sentiment de picotement dans la gorge ; lorsque les concrétions sont nombreuses et volumineuses il peut y avoir de la dysphagie. De temps à autre de petits calculs se détachant des amygdales, donnent lieu à de la douleur et à un léger écoulement de sang.Les concrétions calcaires prédisposent bien souvent aux attaques d’esquinancie (2), et causent assez fréquemment l’ulcération de la paroi de la cavité qui les contient, entraînant aussi la formation d’abcès dans la substance de l’amygdale. Dans trois cas, j’ai vu la présence des calculs déterminer une suppuration prolongée et cette suppuration ne se tarir qu’après l’extraction de la substance irritante.

Anatomie pathologique. — L'analyse de ces corps tonsillàires faite par plusieurs auteurs a donné des résultats à peu près analogues, en ce qui concerne la composition de ces concrétions pathologiques. La proportion de leurs éléments chimiques varie à peine suivant la dureté à laquelle ils arrivent. Ainsi ils contiennent des phosphates et des carbonates de chaux, un peu de fer, de la soude et de la potasse, et lorsqu’ils sont mous une quantité considérable d’eau et de

(1) Desnos : Dict • de Mêd. et de Chir. prat., vol. II, p. 137. Paris, 1865.

(2) Il est infiniment probable que ce n’est pas tant le calcul qui prédispose .aux inflammations gutturales, mais plutôt le catarrhe chronique préexistant qui en est la cause et qui crée une opportunité morbide incessante (Note des Traducteurs).

GORl’S ÉTRANGERS DES AMYGDALES

mucus (1). Lorsque les cryptes sont remplis de matière grisâtre, demi - fluide, semblable à du mortier, l’examen miscrocopique révèle la présence de cellules épithéliales, de cholestérine, de corpuscules de pus, de bactéries, d’espèces de fongus et de masses moléculaires ou de parcelles de craie (2).

Diagnostic. — Pour reconnaître avec certitude la présence de concrétions ou de calculs dans les amygdales, il faut que le malade en rejette spontanément quelques morceaux, qu’on puisse les voir faire saillie à travers les interstices de la glande, ou les sentir avec le doigt ou avec la sonde pharyngienne (3).

Traitement. — La seule méthode applicable est d’enlever ces concrétions ou calculs avec la pince ; et s’il y a en même temps une hyperthrophie considérable des amygdales, il faudra extirper les glandes malades. Dans ce cas, le bistouri est quelquefois préférable au tonsillotome, car la lame de ce dernier instrument ne peut pas toujours enlever et couper entièrement la substance d’un gros calcul.

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