H. — ÉLÉMENT MOTEUR
437. L'élément moteur est le courant d'air expiré des poumons; ceux-ci remplissent par conséquent la fonction d'une soufflerie et la trachée celle du porte- vent.
342 , PHYSIOLOGIE. — PHARYia.
Ces cavités participent en outre à la phonation par leu résonnance (A33).
m. — TUTAU SONORE.
438. Le courant d'air qui détermine les vibrations primaires des lèvres vocales provoque aussi des vibrations secondaires de Tair contenu dans les poumons et dans les cavités pharyngées, de même que des parois molles et quelquefois aussi des parties osseuses de la cavité nasale. — Il s'ensuit que les ondes sonores^ primitivement petites, faibles, deviennent amples par l'addition des ondes secondaires; les sons, par cette résonnance, deviennent pleins, intenses.
D'autre part, Tintérieur des cavités pharyngées, présentant les saillies, les angles, les protubérances, les échancrures, etc. , les plus variés, fait éprouver aux ondes une réflexion, à chaque pas pour ainsi dire. Le courant d'air est brisé, détourné, rejeté en avant, en arrière, décote, etc., d'une manière différente, suivant la configuration momentanée de la cavité.
Quelques auteurs (Merkel) se sont appliqués à étudier les lois de la réflexion qu'éprouvent les ondes. « Produites par les lèvres vocales, elles chemineraient d'abord en arrière vers les poumons, d'où, renforcées par réflexion et par consonnance, elles reviennent, passent l'orifice glottique, et deviennent plus amples par la consonnance de l'air contenu dans les ventricules de Morgagni. L'épiglotte rejette les ondes sur la paroi postérieure du pharynx, en les faisant converger; de là elles se dirigent en haut et en avant vers le voile et puis vers la cavité buccale, où le palais les renvoie vers l'orifice buccal, qui est pour ainsi dire le foyer de toutes les ondes sonores. Si Torifice buccal est fermé, les ondes sonores sont rejetées dans la cavité pharyngo-nasale pour s'échapper par les narines. »
Ces données sont purement hypothétiques; au surplus, il n'est pas exact que les vibrations se propagent d'abord en arrière, pour revenir ensuite, renforcées, dans les cavités pharyngées ; elles se font simultanément dans les deux directions. Il est même probable que les vibrations commencent dans la cavité pharyngée^ puisque les lèvres vocales sont d^abord soulevées par le courant d'air.
i39. Nous savons que, pour les instruments de musique, le son est plus aigu, lorsque le tuyau sonore diminue de longueur (214) ou qu'il possède des trous latéraux (216) ; que la diminution de l'élasticité de ses parois diminue la tonalité, et que des parois rigides, par exemple de la clarinette, ne donnent du son primaire de Tanche que l'harmonique qui répond à leur son propre, de sorte que l'élévation du son n'est pas autant obtenue par les vibrations plus rapides de l'anche que plutôt par le renforcement de l'harmonique qui répond à leur son propre.
Il y a des points de ressemblance et d'autres de différence entre les tuyaux sonores des instruments et les cavités pharyngées. Celles-ci sont très-variables dans leur forme, leur contenu, le tuyau des parois, les dimensions des ouvertures, etc.; de là une très-grande variété dans leurs sons propres. Les parois molles n'ont pas la force de renforcer un harmonique du son vocal, au point que tous les autre harmoniques seraient étouffés et que la tonalité serai changée. Elles sont accordées, en outre, presque toujours, non pas au son fondamental produit par la glotte, mais bien à l'un de ses harmoniques.
Les cavités pharyngées présentent par conséquent le tuyau sonore de l'organe vocal. Mieux que toute autre partie, elles sont aptes à remplir cette fonction, parce que leurs parois contractiles peuvent à chaque instant devenir très-molles ou très-rigides, et représenter ainsi des réson-
3dd PHYSIOLOGIE. — PHARYNX.
Dateurs dont le son propre varie à volonté à chaque instant.
Aucun autre instrument de musique ne possède un tuyau sonore capable, comme celui de l'organe vocal, de modifier à rinfini ses conditions de renforcement pour tel ou tel harmonique : aussi la voU humaine est-elle d'autant plus en état de varier son timbre à l'infini, que les vibrations de l'anche elle-même peuvent subir des modifications marquées.
hhO. La cavité thoracique ne change pas de forme et de dimensions, comme les cavités pharyngées, pendant l'émission des sons d'une tonalité quelconque. Les bronches ne peuvent donc être assimilées à un tuyau, dans lequel la colonne d'air peut accommoder ses vibrations à celles de 'anche, pas plus que la caisse du violon ne peut accommoder ses vibrations à celles des cordes. Mais les harmoniques des sons glottiques sont renforcés par les sons propres de la cavité thoracique, variables suivant les régions (402, 433) ; les phénomènes se passent alors comme dans la caisse du violon ou dans un tuyau sonore dont le son propre correspond non plus au son fondamental, mais à l'un de ses harmoniques. Dans ce cas, l'harmonique est plus renforcé par la résonnance que le fondamental des autres harmoniques, et se détache, par conséquent, de l'ensemble avec une énergie particulière.
441. De même que les dimensions de la trachée n'ont aucune influence sur la tonalité, de même elles paraissent indifférentes au timbre de la voix, ou du moins exercent une influence inappréciable. Le timbre n'est pas intéressé dans l'élévation ou rabaissement du larynx ; la trachée remplit donc uniquement l'office du porte-vent.
B. — Théorie de la voix.
&A2. Le son glottique, dont nous connaissons la théorie de production (319), en se propageant dans les cavités situées au-dessus et au-dessous du larynx, s'associe aux sons propres qu'il fait naître dans ces cavités. Cette combinaison des sons glottiques et des sons pharyngés et thoraciques constitue la voix sonore, La voix ckuchotée ou asonore est constituée par les sons pharyngés, non associés aux sons glottiques. La voix est articulée ou inarticulée^ suivant que les modifications des sons pharyngés sont volontaires ou involontaires.
443. Dans la production de la voix par l'organe vocal, chacune de ses parties joue un rôle déterminé.
La glotte fait office de l'anche et produit les sons glottiques; c'est elle qui détermine la tonalité du son.
Les cavités pharyngées sont le tuyau sonore, dont la variabilité de forme modifie d'une manière infinie le timbre du son glottique.
Enfin, les poumons et la trachée représentent la soufflerie et le porte-vent, qui déterminent l'intensité par la force du courant d'air; leurs sons propres renforcent les sons glottiques, comme le fait une caisse de résonnance, et influent par conséquent également sur le timbre.
Article IV. — Différences individuelles.
444. Les différences de la voix, selon l'âge, le son ou la conformation, ne sont véritablement appréciables que dans la voix sonore ; on les reconnaît bien dans la voix chuchotée, mais elles y sont beaucoup moins prononcées.
Nous avons déjà étudié les différences individuelles des
SODS glottiques (320 et suiv.) ; nous fixerons par conséquent maintenant notre attention sur des sons pharyngés et thoraciques associés aux sons glottiques, c'est-à-dire sur le timbre de la voix.
A. -- Age.
Mb. Le nouveau-né ne fait d'abord entendre que des vagissements formés par des sons glottiques criards, désagréables. L'articulation n'existe pas encore ; elle n'apparaît que quelques semaines plus tard, d'abord sous forme de voyelles, puis par la production de consonnes labiales : on sait que les mots papa, mama^ sont les premiers que l'enfant puisse faire entendre.
La grande élasticité des tissus, la mollesse des cartilages, les petites dimensions des cavités pharyngées , rendent le tuyau vocal apte à renforcer les harmoniques aigus; le timbre est clair, criard, flûte.
La parole se développe peu à peu dans les premières années; le timbre reste toujours clair jusqu'à l'ftge de la puberté, au point que la voix de la jeune fille diffère peu de la voix du jeune garçon.
ii6. Pendant la mue^ le timbre de la voix change nonseulement à cause des modifications subies par les lèvres vocales, qui se sont congestionnées (59, 322), mais aussi à cause du développement des cavités pharyngées, qui s'allongent, et sont par conséquent accordées à des sons propres plus graves. On sait que ces transformations ne s'opèrent que lentement.
L'intensité de la voix augmente également avec le développement des poumons.
&A7. Après la mue, la voix se développe de plus en plus avec Taccroissement de l'organe vocal, jusqu'à l'âge de vingt-deux ans à peu près chez les jeunes filles, de vingt-
dnq ans chez les garçons. A partir de cette époque, la voix se conserve, chez les adultes^ dans toute sou intégrité. Les cavités pharyngées et thoraciques ont acquis tout leur développement, et le timbre est celui de l'organe vocal dans la plénitude de sa fonction.
hiS. Dans la vieillesse ^ la voix devient chevrotante, si elle a été exposée à de longues fatigues pendant Tâge adulte ; dans tous les cas, son timbre est changé, non-seulement à cause des modifications des lèvres vocales, mais aussi par suite des altérations que subissent la mollesse et la flexibilité des parois pharyngées, des bronches et des vésicules pulmonaires. La voix perd sa douceur et son intensité ; le timbre devient sombré chez les femmes ; chez les hommes, lorsqu'ils ne peuvent plus parler qu'en voix de tête, le timbre est maigre, criard.
B. — Sexe.
Ai9. Les différences de dimensions qui existent dans le tuyau vocal et dans la cavité thoracique, entre la femme et l'homme, font que chez la première le timbre est plus doux, plus uniforme et plus mélodieux ; chez l'homme, il est plus plein et plus puissant. L'intensité est aussi plus grande chez l'homme que chez la femme, dont la voix est plus souple et plus agile.
Chez les castrats, le timbre de la voix se rapproche davantage de celui de la femme, mais il en diffère essentiellement; il est vide et dépourvu du charme que possède la voix féminine.
G. — Conformation.
A50. On peut presque dire qu*il existe autant de voix qu'il y a d'individus ; chacun possède un timbre particulier, qui permet de le reconnaître entre mille.
C'est aussi autant par le timbre que par Tétendue que Ton peut distinguer les divers types désignés sous les noms de basse, ténor, soprano, etc. (326). La voix de basse a plus de volume; elle a le timbre plus plein, plus puissant que celle du ténor, dont la voix est plus délicate, plus suave ; mais, chez ce dernier, il existe moins de différences entre les timbres des registres que chez la basse, dont le rostre supérieur, peu exercé en général, est faible et dépourvu de charme. Des différences analogues régnent entre la voix de contralto et de soprano. Le baryton et le mezzo-soprano ont des qualités intermédiaires.
L'intensité des harmoniques, surtout des plus élevés, est soumise à d'assez grandes variétés individuelles. Chez les voix mordantes et éclatantes, elle est plus grande que chez les voix douces et sombres.
Le timbre varie aussi quelquefois suivant que l'on parle ou que Ton chante : certains individus ont la parole rude et forte, tandis que leur voix est douce dans le chant.
Les gens du Midi emploient de préférence le timbre sombré.