‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 213 sur 244 · I . Enfin la galvanocausUque (974) peut être appliquée · texte numérisé non relu

I . Enfin la galvanocausUque (974) peut être appliquée

L'indication du traitement dépend de l'inQuence qu'exercent les troubles fonctionnels occasionnés parle polype soit sur l'existence et la santé du malade, soit sur ses occupations. L'asphyxie imminente exige d'une manière urgente la destruction du polype et rend quelquefois nécessaire la trachéotomie préalable* Une dyspnée prolongée exercerait une influence fâcheuse par l'insuffisance de la respiration. La destruction est plus nécessaire pour les papillomes, qui s'accroissent rapidement, que pour les fibromes -, elle l'est aussi davantage pour ceux des polypes pédicules qui peuvent occasionner Tocclusion de la glotte. Les troubles delà phonation ne commandent pas d'une manière absolue Textirpation, excepté chez les personnes qui font un usage professionnel de leur voix.

En ce qui concerne le choix du mode opératoire^ je donne, en thèse générale, la préférence à la destruction par les voies naturelles, dès qu'il est possible d'habituer le malade à l'introduction des instruments. Nul doute ne peut exister à ce sujet, lorsque le polype est situé dans la portion glottique ou sus-glottique. Les nombreuses observations déjà publiées, surtout celles de Bruns, qui occupent le premier rang, démontrent que ni le volume, ni la nature, ni le nombre tles polypes ne sont un obstacle àla réussite de l'opération. Quant au choix des instruments^ il sera déterminé par la natui*e du polype et par l'habitude prise par l'opérateur. Je donne la préférence aux instruments qui fonctionnent pai* une pédale à bascule ; je trouve que l'abaissement préoccupe moins

rattention que la traction ou la pression. Ou détruit le plus facilement de petits polypes, de la grandeur d'un grain de .chènevis, par la cautérisation . Des fibromes plus grands doivent être excisés ou écrasés, mais non arrachés. L'incision est l'opération la plus délicate ; si l'on ne réussit pas com-plétement à détacher le polype, on peut l'arracher ensuite ou l'abandonner à la flétrissure spontanée. 11 est moins difficile d^inciser de grands polypes pour les arracher par portions. On peut arracher aussi les papillomes friables et les polypes à pédicule mince. Enfin tous les polypes situés dans les régions indiquées, peuvent être détruits sur place par la galvanocaustique.

Lorsque le polype est sous-glottique, l'opération par les voies artificielles est indiquée en cas d'asphyxie imminente ; si par contre il est possible de préparer le malade et de l'habituer aux manipulations laryngoscopiques, la destruction peut être obtenue aussi bien par les voies naturelles que par les artificielles. (Vest alors surtout que la galvanocaustique thermique peut rendre de grands services, non-seulement par la destruction instantanée, mais aussi par son action électrolytique consécutive (983). J*ai communiqué à ce sujet à l'Académie des sciences (déc. 1869) l'histoire d'un polype sous-glotlique, qui avait produit des accès violents d'asphyxie et que je suis parvenu à détruire pai* deux cautérisations successives, à la distance de quelques jours l'une de l'autre. La dureté du polype s'opposait à l'arrachement.

Le choix de la voie par laquelle on doit opérer doit aussi tenir compte des résultats obtenus jusqu'à présent. Sans doute, l'extirpation radicale peut être plus complète et plus rapide par les voies artificielles que par les naturelles, ce qui n'empêche cependant pas le polype de répulluler, dans certains cas, sans parier des tumeurs cancroïdes qui récidivent, quel que soit le mode opératoire. L'opération par les voies ar-

MAMDL. — Larynx. AS

Taa PATHOLOGIE RT THÉRAPEITIQUE SPÉCIALES. — LABÏSX-

tiCdelles peut en outre exposer le malade â une périchoiidrite et caj-ie cousécutive, à la résoi-ption purulente et à la mort, laiulis qu'il n'existe pas un seul cas de mort connu à la suite de l'opération par les voies naturelles. Dans une discussion qui a eu lieu à la Société royale de médecine et de chirurgie de Londres, en novembre 1871, Durham a donné le résumé de 37 cas de thyrotomie ; 19 lois le succès a été complet pour la respiration et la voix, ce qui prouve que la section du thyroïde peut Être laite sans lésion des lèvres vocales : 7 fois la respiration seule a été rétablie ; h fois le soulagement n'a été que temporaire ; â fois le résultat nul; '1 fois le renseignement incomplet, et il y a eu 2 cas de mon par résorption pui'uleute. Malheureusement cette statistique est fautive, parce qu'on a rangé des tumeurs cancéreuses parmi les polypes extirpés. Morell-Mackenzie, dans une statistique de 93 cas de polypes opérés par les voies naturelles, fait connaître 76 pour 100 de rétablissement de la vois, ce qui donne un avantage sur la thyrotomie. Relativement au\ chances de récidive, sur 27 cas nou malins de Durham, la tumeur ne put être excisée dans un cas et ne le fut qu'iucomplélemeuL dans 2. La mort survint dans h avant qu'il y eût récidive; sur les 20 cas restant, la récidive se montra 3 foison 15 pour 100, tandis que sur les 93 extirpations par la bouche, elle ne se manifesta que 6 lois, soit 6,5 pour 100, Dans 3 cas seulement l'extirpation fut incocnpléte. Le docteur EIsberg, de New-York, m'écrit qu'il a exécuté 7 fois la laryngotomie, toute autre opération étant impossible ; ô de ces opérations ont été e-xécutées sans trachéotomie ; 3 de ces malades aiïectés de tumeurs malignes sont morts ; h vivent encore.

Eu résumé, je pense que, dans l'éutt actuel de la science, il faut donner la préférence au mode opératoire par la bouche, même si la destruction devwt être moins complète, parce

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