PREFACE
Les maladies des voies respiratoires ont été depuis longtemps déjà le sujet de prédilection de mes études physiologiques et thérapeutiques. D'abord, dans un mémoire sur la structure des poumons (1846), j'ai examiné le terrain sur lequel se passent les phénomènes pathologiques. Ensuite j ai fixé mon attention sur la structure des tubercules (1854), combattant la spécificité des éléments, que Ton disait caractéristiques pour le tubercule, et signalant leur présence dans d'autres produits patho- If^ques; cette opinion, d abord vivement contestée, est adoptée actuellement par un grand nombre des pathologistes qui appellent aujourd'hui dégénérescence caséeuse te qui précédemment fut la tuberculisation.
Occupé plus tard de recherches sur l'altération de la voix chez les phthisiques, sur les divers modes respiratoires, sur la fatigue de la voix (18")5), d'expériences sur Tosmose pulmonaire (1860), j'ai saisi avec empressement
l'application du miroir laryngoscopique, qui donnait un nouvel essoraus travaux patliolofifiques eUhérapouli(|ucs des maladies du larynx. Je présente aujourd'hui le résultat de mes études et de mes nhsen'atinns cliniques, prises soit dans les hôpitaux, soit à loa clinique, fondée en 1860. Ces études el ces observations datent, comme on le voit, de nombreuses années, et je les ai fait connaître partiellement dans les journaux de médecine et dans mes coure à l'École pratique.
Partant du principe que toute maladie, toute affection. n"«st qu'un trouble fonctionnel, j"ai pensé que la pathologie devait être précédée de la physiologie ; or, celle-ci se fait actuellement sur le vivant à l'aide dularyngoscope, qui ne donnera des images compréhensibles que lorsqu'on connaîtra les éléments anatomiques du larynx. Le plan do mon ouvrage se trouvait ainsi logiquement tracé.
La pranihe partie est consacrée à I'anatomie. Sans doute tous les traités d'anatomie donnent des détails qui pourraient paraître sufQsants; cependant Tétude larpgoscopique a permis (l'en signaler d'autres, inaperçus jusqu'à présent, et qui ne sont pas sans importance pour la pathologie. J'ai insisté plus particulièrement sur la conformation descartilages aryténoi'des et de leurs surfaces articulaires, et sur la distribution des divers muscles intrinsèques, parce que ces connaissances sont indispensables pour comprendre et pour juger convenablement quelques états inflammatoires, les paralysies, les anky-
PRÉFACE. vil
Après avoir étudié le larynx sur le cadavre, la laryn-
GOScoPiE, exposée dans la deuxième partie ^ nous apprend
à connaître la forme, la couleur et la motilité desélénients constituants du larynx, de même que la configuration variable de Fensemble de ces éléments. Les instruments, leur maniement, l'attitude du malade, celle de l'observateur, les difficultés, etc., sont décrits surtout au point de vue pratique.
Ces connaissances mettent le lecteur en état de procéder aux RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES rctracécs dans la troisième partie , Les altérations de la voix, si multiples, si variées dans leurs nuances, si diverses par leurs causes, si différentes par le degré, ne sont comprises que lorsqu'on connaît dans tous leurs détails le mécanisme de la phonation, la production des divers registres, les modifications physiologiques volontaires de l'intensité, de la tonalité et du timbre de la voix. Plusieurs problèmes, restés obscurs jusqu'à présent, se trouvent expliqués et sont confrontés par l'étude des états pathologiques. Il en est de même pour les altérations de la respiration et la part moins importante que, dans la déglutition, prend le larynx.
Maître absolu du terrain sur lequel s'accomplissent les principales fonctions qui intéressent le larynx, à savoir la respiration, la phonation et la déglutition, nous entreprenons, dans la quatrième partie, la description de la
PATHOLOGIE Ct dc la THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALES. J'CXpOSC
d'abord les caractères généraux des maladies laryngées,
par exemple, les symptômes, la niarclie, le diagnostic, les termiuaisons, clc. J'ai été très-sobre, dans l'anatomie pathologique, des détails histologiqiies, fort discutables pour la plupart dans l'état actuel de la science.- La thérapeutique générale comprend la description fort détaillée des divers modes du traitement topique, de l'action physiologique et thérapeutique des médicaments, des indications, des résultats pratiques, etc.
La PATHOLOGiB et la thérapeutique spiïciales, que nous pouvons maintenant exposer dans la cinquième partie^ se trouvent débarrassées, par ces éludes préalables, de longs détails coticeniaut la physiologie pathologique; il nous sullira de rappeler jxir quelques mots les lois physiologiques précédemment établies. La description déjà donnée de la cautérisation, du badigeonnage, de la pulvérisation, etc., nous permettra également d'indiquer brièvement le mode de traitement. Je me suis appliqué à décrire aussi exactement que possible le diagnostic différentiel (pii dirige le traitement, et que seule l'application du laryngoscope rend exact dans un grand nombre de cs&. Par contre, je me suis abstenu de donner, pour les maladies dont ta connaissance n'a pas progressé par l'application du laryngoscope, des détails que l'on trouve dans tous" les traités ou dictionnaires de médecine.
Le rapport intime qui existe entre le larynx et le pharynx m'a paru un niolif sufTisant pour donner aussi quelques explications, quoique moins détaillées, sur ce