‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 65 sur 244 · PROPRIÉTÉS VITALES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS VITALES

222. Les éléments organiques qui composent les parois laryngées présentent la double série des phénomènes de la vie animale désignés sous les noms de sensibilité et de motilité.

Article I. — Sensibilité.

223. Tout le monde connaît la grande sensibilité que manifeste la muqueuse laryngée au contact d'un corps étranger : il survient immédiatement de la toux et un spasme de la glotte avec occlusion de Torifice, dyspnée, etc., lorsque, par exemple, on avale de travers, comme on dit vulgairement, c'est-à-dire lorsqu'un corps étranger a pénétré dans la cavité laryngée penc^nt l'inspiration.

Cette sensibilité exquise est indubitable à la face posté-

228 PHYSIOLOGIE. — LABYNX.

Heure de Tépiglotte, ce qui rend si difficile remploi d'in struments destinés à relever cet opercule trop incliné e arrière (159). Elle est très-manifeste aussi aux replis ary épiglottiqnes. interaryténoïdien et thyro-aryténoïdiens su périeurs ; il suffit de toucher avec une sonde pendant Texa menlaryngoscopiqueTun ou l'autre des points nommés pou voir survenir des phénomènes spasmodiques.

La sensibilité des replis thyro-aryténoïdiens inférieurs es également reconnue par tous les observateurs. Cependan Bruns affirme que Ton peut les toucher impunément san provoquer aucun spasme. Le fait avancé par cet auteur es exact lorsqu'il s'agit de lèvres vocales altérées par une af fection pathologique et particulièrement par des production accidentelles ; le repli devient alors presque aussi insensibl que le polype. Nous voyons de même chez les phymique la muqueuse laryngée perdre quelquefois, vers la fin de I maladie, toute sensibilité, et les aliments pénétrer, àaraver le larynx et la trachée, dans une caverne pulmonaire. Mai à l'état physiologique la sensibilité des replis inférieurs nou a toujours paru incontestable (comp. 469).

Article IL — Motilité,

'22li. Le larynx, par ses rapports avec les organes voisim et par les tissus qui le composent, peut exécuter deu: espèces de mouvements, à savoir, les intrinsèques et le: extrinsèques.

A. — Mouvements intrinsèques.

•^.25. Les muscles intrinsèques du larynx ont une doubh fonction : ils peuvent rapprocher ou éloiguer, tendre ou re lâcher les replis thyro-aryténoïdiens. Le rapprochement

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d'où résultent l'occlusion de Torifice glottique et le rétrécissement du vestibule glottique, est produit par la contraction des muscles qui latéralement longent les parois du larynx, en y décrivant une courbe dont la concavité est tournée en dehors. Les fibres mujsculaires qui vont dans un sens opposé, vertical, sont des tenseurs des lèvres vocales.

L'action de ces muscles, que nous allons examiner en détail, est constatée par des expériences physiologiques sur le larynx mis à nu chez les animaux vivants, et contrôlée par les observations laryngoscopiques chez l'homme; elle s'expli- . que par les attaches que nous avons décrites avec des détails suffisants dans l'anatomie.

226. Les muscles crico-thyroïdiefis rapprochent les deux cartilages cricoïde et thyroïde, et déterminent la tension des replis inférieurs, si les cartilages aryténoîdes sont immo-

FiG. Sa, — Action des muscles cricothyroïdiens. Le cartilage thyroïde exécute un mouvement de bascule sur le cartilage cricoïde (*)

FiG. 85. — Action des muscles cricothyroïdiens. Le cartilage cricoïde exécute un mouvement de bascule sur le cartilage thyroïde {**).

biles (227'. Lorsque le cricoïde est fixe(fig. 84), le thyroïde

(*) Les ligiMs ponctuées indiquent la nouvelle position prise par le cartilage thyroïde et le repli inférieur.

('*» lje« lignes ponctuées indiquent la nouvelle position prise par \e* cartilafres cricoidos et aryténoîdes, el par le repli inférieur.

exécute un mouvement de bascule en avant; et en bas, par Taction combinée de l'oblique, qui Tentralne en avant et du droit, qui le tire en bas. Les deux cartilages se rapprochent à la face antérieure ; les replis inférieurs obéissent au mouvement du thyroïde en avant, et sont par conséquent tendus.

D'un autre côté, tout effort qui prend son point fixe sur le thyroïde (fig. 85), fait que, par la contraction des cricothyroïdiéns, le bord supérieur du cricoïde se rapproche du bord inférieur du thyroïde, d'où résulte un abaissement delà portion postérieure* du cricoïde, et par conséquent aussi la tension des replis inférieurs. Que le point fixe se trouve donc sur le thyroïde ou bien sur le cricoïde, dans tous les cas la contraction des crico-thyroïdiens amène la tension des lèvres vocales. Les muscles crico-thyroïdiens sont par conséquent des tenseurs des replis inférieurs.

La tension est déterminée par Téloignement des points d'insertion ; elle a pour conséquence l'allongement des lèvres vocales. Suivant quelques auteurs, les replis allongés se rapprocheraient aussi légèrement. Les crico-thyroïdiens seraient donc accessoirement des constricteurs de la glotte. Si le fait est exact, dans tous les cas il parait peu important pour les fonctions du larynx.

Pendant la contraction des crico-thyroïdiens, le cartilage cricoïde n'est pas seulement haussé ou abaissé, mais aussi poussé tantôt en avant, tantôt en arrière, suivant l'action simultanée d'autres muscles extrinsèques, qui tirent le cartilage thyroïde en avant ou en arrière. Les aryténoïdes, fixés au cricoïde, suivent passivement ces déplacements.

Cette action des crico-thyroïdiens, que l'on peut étudier sur le cadavre par le raccourcissement artificiel du muscle, a été constaté sur l'animal vivant par Longet. « Après avoir coupé, chez des chiens, seulement les ramuscules nerveux qui vont se distribuer dans ces muscles, dit-il, j'ai pu con-

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