GÉNÉRALITÉS PHYSIOLOGIQUES
3. Enfin, si la compression aplatit le bulbe et l'artère basilaire sur la gouttière basilaire, les troubles bulbaires se surajouteront et domineront la scène pathologique. Dans ce cas, la mort pourra survenir en peu de temps, si la pression persiste, par arrêt du cœur et de la respiration .
B. Mode de réaction de la dure-mère aux diverses causes d'irritation. — La dure-mère contient des nerfs sensibles, éminemment excitables.
Comme pour to'us les nerfs sensitifs, à un plus haut degré peut-être, leurs lésions irritatives se traduisent : a. par de la douleur, des hyperesthésies, des névralgies, des phénomènes réflecto-moteurs : b. par des spasmes réflexes ou des contractures, dans les muscles de la vie de relation ou dans les muscles de la vie végétative.
a. Les spasmes ou contractures des muscles de la vie organique peuvent survenir dans la face, les yeux, le cou, le tronc ou les membres. Ils siègent tantôt du même côté que la lésion, tantôt du côté opposé. Ces troubles tendent à se diffuser et à envahir les groupes musculaires voisins. Ils n'ont jamais la localisation, la mesure et le caractère intentionnel des contractions qui apparaissent dans les lésions corticales des hémisphères cérébraux. — Ils se transforment fréquemment en contractures permanentes.
b. Les troubles vasculaires réflexes, dus à l'irritation des nerfs de la dure-mèi'e, consistent dans des spasmes ou dans des paralysies congestives des vaisseaux des hémisphères cérébraux et des globes oculaires, soit du même côté, soit du côté opposé.
Ce sont là des notions précieuses pour les pathologistes, auxquels elles révèlent l'influence réellement considérable des irritations des nerfs de la dure-mère sur les troubles vasculaires de l'encéphale et des organes des sens, sur la production des accidents secondaires des traumatismes ; c'est-à-dire sur les congestions et inflammations des méninges cérébrales*.
' Jusqu'à présent, on no connaît pas de nerfs sensitifs dans la pie-raère ; pendant les excitations de cette membrane: piqûres, déchirures, etc..., les animaux ne manifestent aucune douleur. Il n'en est pas de même, nous avons pris soin de l'établir, pour les pincements de la dure-mère, une des membranes de l'économie les plus sensibles à ce mode d'excitation. Il est probable cependant que, dans la première, il existe des nerfs vaso-réflcxes. Nous avons décrit, d'après Kolliker et PuRKiNJE, des nerfs qui accompagnent les vaisseaux sanguins presque dans la substance nerveuse, mais leur rôle physiologique est peu connu (Note de Duret).
Grasset, édit.