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MALADIES de L’ENCÉPHALE.
mené d excitation ou de paralysie. C’est là une question difficile à
résoudre. Il affirme cependant que c’est plutôt un phénomène d’excitation.
Sans s’expliquer sur le fond môme du mécanisme de production, il admet, avec Magendie, Flourens et Vulpian, une sorte de tendance impulsive d origine encéphalique, assez mal définie du reste.
Depuis cette époque (1868), la loi clinique de Vulpian et Prévost a été admise d une manière assez générale.
Desnos, présentant en 1873 un nouveau cas de déviation conjuguée \eis 1 hémisphère sain avec lésion du mésocéphale, confirmait la seconde partie de la loi et lui donnait même plus d’extension, en faisant de cette déviation vers le côté paralysé un signe de lésion du mésocéphale. v
En i8j5 encore, Lépine donne la loi de Prévost comme exacte, et montr c qu elle peut servir à diagnostiquer le côté lésé dans l’apoplexie,
Cependant on a signalé de nombreuses exceptions à cette loi.
Lepine en avait lui-môme observé deux cas; mais il y avait eu inondation ventriculaire, et on pouvait attribuer le phénomène à l’irritation produite sur 1 autre hémisphère. L’explication est insuffisante pour tous les cas.
Brouardel a observé, dit-il, beaucoup d’exceptions à la loi de Prévost, et Landouzy, son ancien interne, en cite un certain nombre dans sa 1 hèse. Sur 33 cas de déviation conjuguée de la tète et des yeux, 23 fois le sens était conforme à la loi et 10 fois il était opposé ».
Landouzy propose alors une nouvelle explication, basée sur les connaissances récentes que nous avons acquises sur les centres corticaux.
Le point de départ du phénomène serait dans l’écorce grise, au centre de rotation de la tôte et du cou. Dans les cas conformes à la règle de Prévost, il y aurait excitation de ce centre rotateur du côté de la lésion. Dans les faits opposés, il y aurait destruction, paralysie de ce même centre, et alors la rotation se ferait par l’action antagoniste du centre du côté opposé.
Le phénomène serait donc, tantôt un phénomène d’irritation, tantôt un phénomène de paralysie.
Landouzy cite à l’appui de cette opinion plusieurs faits remarquables, et notamment le suivant : Un sujet a une lésion cérébrale à gauche ; au début, il présente de l’épilepsie hémiplégique à droite : c’est évidemment une phase d’excitation ; à ce moment, la tête est tournée à gauche ,
' Beknhardt a, plus récemment, publié des faits exceptionnels (Virchow’s Arc/i . , LX1X, 1. — Gas. mécl., 1877, ao). Il conclut que la seule déviation qui puisse avoir une certaine valeur séméiologique est la déviation verticale, qui indique une lésion de la portion des hémisphères cérébelleux la plus voisine des pédoncules.
Voy. plus loin ce qui a rapport aux tubercules quadrijumeaux et aux pédoncules cérébelleux.
DÉVIATION CONJUGUÉE
comme le veut la loi de Prévost. — Un peu plus lard, les membres qui étaient d’abord convulsés deviennent paralysés ; le malade ramène sa tète et la tourne d’une manière permanente à droite : ce sont des phénomènes de paralysie.
Ces résultats très remarquables infirment la loi de Prévost et la loi de Desnos : toutes les lésions de l’hémisphère n’entraînent pas la rotation vers l’hémisphère lésé, et les lésions du mésocéphale ne sont pas les seules à provoquer la rotation vers l’hémisphère sain. Les lésions de l’écorce prise peuvent produire, suivant les cas, 1 une et 1 autre rotation.
Si cette nouvelle théorie se vérifie, la déviation conjuguée ne pourra indiquer le côté de la lésion que quand on saura si l’on a affaire à une période d’excitation ou à une période de paralysie, et, quand on connaîtra le côté de la lésion, elle pourra servir à diagnostiquer la nature paralytique ou convulsive des accidents constatés.
En tout cas, la portée de ces laits est grande ; il était urgent de les relater, tout en mentionnant que cette question est encore à l’étude et appelle de nouvelles recherches.
Depuis la publication de notre première édition, nous avons eu l’occasion d’étudier d’une manière toute spéciale la déviation conjuguée de la tête et des yeux. Nous devons résumer ici les résultats auxquels nous sommes arrivé, résultats d’autant plus vraisemblables que Landouzy les obtenait, de son côté, à peu près au môme moment '.
A. La loi de Prévost et Vulpian ne peut plus être acceptée sous sa forme absolue, même en ce qui concerne les hémisphères. Il est indispensable d’accepter la distinction, proposée par Landouzy dans sa Thèse (1876) : déviation d’ordre paralytique et déviation d’ordre convulsif, le sens de la déviation devant être inverse dans ces deux ordres de faits.
Cela posé, dans quel sens se fait la déviation quand il y a paralysie, et dans quel sens quand il y a convulsion ?
Dans sa Thèse, Landouzy pose en principe que la déviation s’opère du côté paralysé quand il y a paralysie, et du côté de la lésion quand il y a convulsions. Il exprime cette opinion très nettement et à plusieurs reprises, et l’appuie sur des observations.
Les faits que nous avons constatés se sont trouvés en contradiction absolue avec cette loi de Landouzy. Nous avons alors examiné les observations citées par Landouzy dans sa Thèse, et nous avons vu
1 Notre travail a été lu à l’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, le 5 mai 1879 Nous en communiquâmes les conclusions h Landouzy, qui nous apprit qu il avait fait une communication analogue à la Société Anatomique de Paris, le 18 avril 1879. — On trouvera notre Mémoire dans le Montpellier médical (juin 1879), et celui de Landouzy dans le Progrès médical (septembre 1S79).