‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 24 sur 147 · I. G>mies. liA · texte numérisé non relu

I. G>mies. liA

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LÉSIONS CORTICALES. 211

cou^e pj^é frontale (PI. IV, fig. 1); la deuxième, qui passe par le pied des trois frontales, est ùiio-pédiculo- frontale [fig. 3); la troisième passe par la frontale ascendante : coupe frontale [fig . 4); la quatrième, par la pariétale ascendante : coupe ^jariem/e [fig. 5); la cinquième, par le pied des lobules ^'àviiti-àVi-Y. : pédiculo-pariétale [fig. 6): c'est la limite postérieure de la zone motrice, au-delà de laquelle il y a encore la coupe occipitale [fig. 2).

Sur chacune de ces coupes, Pitres subdivise la substance Manche en faisceaux supérieur, moyen et inférieur, en faisant précéder ce qualificatif du nom même delà coupe. Ainsi, il y a les faisceaux préfrontaux, pédiculofrontaux, frontaux, pariétaux et pédiculo-pariétaux : supérieurs, moyens et inférieurs.

Cette description anatomique sommaire nous suffira et nous pouvons aborder l'étude physiologique de la question.

§ II. Physiologie. — Nous envisagerons d'abord ce qui a trait à la motilité et puis ce que l'on sait sur les centres sensitifs.

I. Pour détermiaer les fonctions des diverses parties du cerveau, les physiologistes ont d'abord essayé les injections. Beaunis et Fournie en France, Nothnagel en Allemagne, ont injecté une substance corrosive avec la seringue de Pravaz, et ont observé l'effet produit par une destruction limitée ; mais le liquide diffuse, il y a de l'encéphalite, et les résultats ne sont pas précis.

Hitzig emploie le premier l'électricité en 1870 ; c'étaient les courants continus. Plus tard, Ferrier entre dans la même voie et emploie, en 1873, les courants induits ; on se sert toujours de courants très-faibles, faciles à supporter sur la langue.

On a objecté à cette méthode la diffusion du courant. Carville et Duret, qui ont d'abord formulé cet argument, ont montré qu'un galvanomètre mis en rapport avec un point éloigné de celui qu'on électrise est dévié *. Il y a donc une action à distance. Onimus a repris aussi ces objections tout récemment 2 : la diffusion se ferait, non par les filets nerveux, mais par les liquides organiques, et notamment par les vaisseaux. Son expérience principale consiste à enlever chez les animaux certaines parties des hémisphères et à les remplacer par une masse sanguine ; en électrisant cette masse, Onimus obtient les mêmes effets qu'en électrisant les lobes cérébraux.

Le fait de la diffusion est incontestable ; mais suffit-il à fausser les résultats de l'expérimentation ? Voilà la question. Il est toujours remarquable que l'électrisation autour du sillon de Rolando produise des convulsions, tandis que le même courant appliqué sur le lobe occipital ne produit rien. Si l'on s'en tient aux faits, sans chercher pour le moment aies expliquer,

î Soc. de DioL, 1874.

2 Ibid., 11 fév. 1877. — Gaz, hebd., 1877, uMl.

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il y a dans les résultats limités que Ton obtient par Télectrisation circonscrite des diverses régions corticales, quelque chose de plus qu'une diffusion banale de l'électricité sur un point toujours le même, comme le corps strié. C'est du reste ce que soutiennent aujourd'hui Carville et Duret, devenus les défenseurs de la méthode quïls avaient d'abord combattue.

Sous le bénéfice de ces observations, nous pouvons résumer les résultats obtenus par les physiologistes dans Félectrisation de l'écorce grise.

1. La substance grise des circonvolutions paraît excitable. Un courant électrique appliqué autour du sillon de Rolando provoque des mouvements dans les pattes.

2. Cette excitabilité n'est pas égale partout. Le même courant agit sur le lobe pariétal et sur la partie postérieure du lobe frontal, et n'agit pas sur le lobe occipital. II y a. en d'autres termes, dans l'écorce , une zone excitable, une région motrice.

3. Les résultats de Félectrisation de cette zone excitable varient suivant la région que l'on excite et sont constants pour le même siège. Tel point entraînera l'adduction d'une patte, tel autre l'abduction, etc. — De là , la notion des divers centres moteurs corticaux.

La fjg. 10 représente, d'après Ferrier, la position de ces centres sur le cerveau du singe, et la fig. 2 de la PL V les reproduit reportés sur le cerveau de l'homme, toujours d'après Ferrier.

Au haut du sillon de Rolando est le centre pour les mouvements volontaires du membre antérieur ^A) ; un peu plus en arrière (B) le centre pour le membre postérieur; en avant de A, dans la première circonvolution frontale, le centre [C] de rotation de la tête et du cou; au-dessous, en D, le centre des muscles de la face; plus bas encore, en E, à la partie postérieure de la troisième circonvolution frontale;, le centre des mouvements de la langue, des mâchoires, etc.; en F, au haut de la scissure parallèle, le centre de certains mouvements des yeux, vision ; en G, au-dessous de la scissure de Sylvius. dans la première circonvolution temporale, un centre en rapport avec les mouvements des oreilles et l'audition.

4. Qu"observe-t-on quand on applique le courant sur l'un de ces points?

Si le courant est très-faible, on détermine un mouvement très-limité à un groupe musculaire donné, toujours le même. — Si le courant est plus fort ou si l'excitation se prolonge ou s'accumule, les convulsions commencent par le groupe musculaire indiqué , puis s'étendent à toute la moitié correspondante du corps; elles peuvent enfin devenir générales.

On a ainsi la reproduction expérimentale des convulsions limitées , des épilepsies hémiplégiques et de certaines épilepsies symptomatiques avec aura bien nette.

Les physiologistes ne se sont pas contentés d'étudier l'écorce grise en l'excitant, ils ont fait la contre-épreuve en pratiquant des ablations circonscrites.

LESIONS CORTICALES.

Carville et Duret ont bien montré les caractères particuliers que présentent les paralysies développées dans ce cas-là.

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Fig. 10. — Face externe du cerveau du singe magot (Pithecus innuus) (d'après Broca et Gromier).

Sillons : sr, sillou de Rolando. — se f, sillon courbe frontal. — 55', scissure de Sylvius. — s pe, scissure perpendiculaire externe (sillon pariéto-occipitil externe) . — sp, scissure parallèle.

Plis : pfa, pli frontal ascendant; 1, 2, 3, premier, 'ideuxième, troisième plis frontaux. — Le chiffre 3, qui manque, devrait être au-dessous de la ligne ponctuée qui va de D au chiffre 2. — ppa, pli pariétal ascendant. — Ippa, lobule du pli pariétal ascendant. — p mi, pli marginal inférieur. — p c, pli courbe. — lo, lobe occipital. — l or, lobe orbitaire.

Situation des centres pour les mouvements volontaires sur le cerveau du singe, d'après les descriptions de Ferrier : A, centres pour les mouvements volontaires du membre antérieur. — B, centres pour le membre postérieur. — C, mouvements de rotation de la tête et du cou. — D, mouvements des muscles de la face. — E, mouvements de la langue, des mâchoires, etc. — F, certains mouvements des yeux, vision. — G, centre en rapport avec les mouvements des oreilles et l'audition.

Chez un chien, on détermine par l'électrisation le centre des mouvements d'extension de la patte gauche ; puis on enlève avec une curette toute la portion de substance nerveuse dont l'excitation produit des convulsions. L'animal, revenu à lui, se lève sur ses pattes ; il manque de tomber deux ou trois fois sur le côté gauche ; il marche un peu en s'appuyant à gauche sur le dos du poignet, les doigts étant fléchis à cause de la paralysie des extenseurs. Bientôt il jette sa patte en avant dès que les ongles ont touché le sol, et il remplace ainsi le mouvement des extenseurs, qui manque ; il

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