‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 38 sur 147 · TUMEURS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

TUMEURS CÉRÉBRALES

ti(iue, idiote et paralysée, qui avait dans le corps calleux une tumeur osseuse de la grosseur d'une noix, couverte de périoste et formée à l'intérieur de tissu osseux spongieux. Virchow a vu deux cas d'ostéome dans l'hémisphère et dans la couche optique.

Dans ces cas, c'est la sclérose cérébrale qui forme la matrice de l'os, sans trace de cartilage, ce qui fait attribuer ces productions à l'encéphalite circonscrite (Bail et Krishaber) .

11. Cornil et Ranvier appellent papillomes des tumeurs qui reproduisent la structure des papilles. Ces excroissances de peau ou de certaines muqueuses sont constituées par du tissu conjonctif formant support, et par des vaisseaux qui se terminent en anses capillaires tapissées par un revêtement épithélial.

Les mêmes observateurs ont décrit une de ces tumeurs très-volumineuse dans le troisième ventricule, faisant saillie par les trous de Monro dans les ventricules latéraux. C'étaient des bourgeons en forme de chou-fleur formés par des vaisseaux plus ou moins dilatés et recouverts par des cellules pavimenteuses.

12. Le névrome, formé de tissu nerveux etde névroglie, constitue des tumeurs congénitales, le plus souvent dans le corps strié ou la couche optique.

Ce sont des saillies ou des nodosités de substance nerveuse distinctes de la masse cérébrale.

13. Dans la même classe, on peut mettre les tumeurs rares de nature hypertrophique, dues à de la substance grise déposée dans la substance blanche hémisphérique.

Ces tumeurs ont été trouvées chez des idiots et des crétins. Elles peuvent devenir volumineuses et produire des troubles de voisinage,

14. Les tubercules du cerveau sont des néoformations de dimensions très- variables, depuis celle d'un grain de millet jusqu'au volume d'une orange. La "couleur et la consistance varient suivant l'âge de la tumeur. Au début du développement ou à la périphérie d'une vieille tumeur, le tissu est blanc nacré ou rosé, dur (tubercule cru) . Au centre, c'est jaune avec consistance de fromage (tubercule caséeux). Souvent il y a crétification. Certaines tumeurs crétacées sont quelquefois la seule trace cérébrale d'une tuberculose manifeste dans les autres organes.

Le tubercule peut être constitué par une réunion de granulations , ou bien il forme une masse diffuse par infiltration. La névroglie est le siège du processus et peut présenter, à la périphérie, une sorte de sclérose.

Leur constitution intime ne dilïere pas de la constitution habituelle des tubercules : cellules petites, unies par une substance granuleuse; vaisseaux oblitérés par la fibrine, dégénérescence granuleuse des éléments au centre de la tumeur, etc.

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15. Les lésions syphilitiqiùes * du cerveau sont de différents ordres. — Il y a des foyers circonscrits d'inflammation partielle, qui forment des tumeurs irrégulières autour desquelles le cerveau se ramollit ou se sclérose, et qui se terminent par des abcès ou des kystes. — D'autre part, les gommes constituent des tumeurs de consistance variable, ramollies au centre, entourées de substance cérébrale indurée, qui forme plusieurs des couches d'enkystement.

Histologiquement, ces gommes sont composées d'une substance intercellulaire peu épaisse, granuleuse, quelquefois fibrillaire, avec de petites cellules arrondies au milieu, à noyau unique assez gros, avec nucléole brillant. Quant la tumeur vieillit, les cellules deviennent fusiformes et la substance intercellulaire fibrillaire. Puis il y a véritable dégénérescence caséeuse.

On a souvent de grandes difficultés pour distinguer la gomme du sarcome et du tubercule ; les foyers bémorrhagiques eux-mêmes peuvent prendre l'aspect gommeux. Les vaisseaux sont remplis de fibrine granuleuse dans le tubercule, tandis qu'ils contiennent des globules rouges dans la gomme; à la période caséeuse, le tubercule présente surtout du ramollissement central, et la gomme surtout du ramollissement périphérique.

16. A propos des tumeurs parasitaires, je rappellerai sommairement l'histoire naturelle des hydatides^.

Vous savez que le Txnia solium se trouve à l'état de ver dans l'intestin de l'homme. Les œufs rendus avec les fèces sont absorbés par le porc. L'embryon perfore la paroi intestinale, est transporté dans les muscles du porc ladre, oîi il forme le Cysticercus cellulosse. Ce cysticerque, absorbé par l'homme dans la viande de porc, reforme le tsenia dans l'intestin humain. — Il y a donc deux temps de développement : ver (dans l'intestin de l'homme), cysticerque (dans les tissus du porc).

Certains vers peuvent se trouver à l'état de cysticerque dans le cerveau de l'homme. Ainsi, le Tsenia echinococcus, qui vit à l'état de ver dans l'intestin du chien, peut se trouver à l'état de cysticerque, d'échinocoque, dans le cerveau de l'homme. Le cysticerque du Txnia solium lui-même, qui se trouve habituellement chez le porc, peut se trouver aussi dans le cerveau humain. — Ce sont là les deux parasites cérébraux les plus fréquents.

Le Tsenia cœnurus vit à l'état de ver chez le chien. Son cysticerque se trouve dans le cerveau de l'agneau, où il forme le Cœnurus cerebralis. On a recueilli trois observations de coenurc cérébral chez l'homme.

1 Nous reviendrons avec plus de détails sur la syphilis du cerveau, dans la dernière partie de l'ouvrage.

2 Voy. L. Vaillant ; article Enlozoaires , in Nouv. DicUonnaire deMéd. et de Chir. prat.

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Enfin, on cite une observation de cysticerque du Tcenia bothriocephale, qui se trouve ordinairement ciiez l'homme à l'état de ver et chez les poissons à l'état de larve.

Eu somme, l'échinocoque [Tœnia echlnococcus] et le cysticerque( Tœnia solium] sont les parasites les plus fréquents, l'échinocoque plus encore que le cysticerque.

On trouve toujours une enveloppe kystique et au dedans une membrane fertile sur laquelle germe l'échinocoque, qui se détache ensuite et flotte libre à l'intérieur du kyste.

L'échinocoque a une tête ovoïde avec une double couronne de crochets. Le cysticerque a une tête quadrangulaire avec une double couronne de crochets à garde moins développée; il y a de plus des canaux longitudinaux.

Le diagnostic histologique de la nature parasitaire d'une tumeur se fait par les crochets; cela suffit souvent au médecin.

Le kyste peut s'enflammer après la mort du parasite, suppurer ou subir la dégénérescence caséeuse.

Le siège de ces tumeurs n'est pas constant ; leur volume varie d'une lentille à une orange. Elles produisent surtout des troubles de voisinage. Quelquefois même on trouve à l'autopsie des tumeurs que rien n'avait révélées pendant la vie^ Clemenceau a observé que, sur 59 cas, 20 sujets étaient morts d'une maladie quelconque autre que les tumeurs elles-mêmes.

Il y a un cas unique de guérison cité par Clemenceau : le kyste s'ouvrit au dehors à travers les parois du crâne.

17. Lesa?iéurj/.smes du cerveau rentrent dans les lois générales de tous les anévrysmes. Ils peuvent siéger sur toutes les artères de la base et surtout sur la cérébrale moyenne. De volume variable, d'une noisette à un œuf de poule, ils succèdent le plus souvent à l'athérome ou à la stéatose des parois vasculaires.

L'anévrysme peut guérir spontanément par coagulation dans la poche (cas de Hodgson). La terminaison la plus habituelle est l'ouverture, qui est quelquefois préparée par une infiltration préalable, mais qui est le plus souvent brusque et foudroyante.

18. L'encéphalite suppurative n'est pas la seule origine des abcès cérébraux. Il y a les abcès par infiltration ou propagation, après les lésions de l'oreille interne, les fractures du crâne, etc.

En tète de I'IIistoire clinique des tumeurs cérébrales , il faut poser en principe que les symptômes sont impossibles à prévoir par les données

^ Voy. notre observ. de cysticerquos du cerveau : Neuf kystes, tous situés en dehors de la zone motrice, découverts seulement à l'autopsie. [Montpellier médic, mai 1879.)

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de la physiologie actuelle. Les règles indiquées pour le diagnostic du siège des lésions en foyer ne sont plus applicables ici, à cause du développement graduel de la lésion, les parties voisines ou du côté opposé suppléant peu à peu les parties lésées.

La tolérance est quelquefois absolue. Il y a des cas assez nombreux dans lesquels des tumeurs considérables ne produisent aucun symptôme appréciable. On peut rapprocher de ces faits la tolérance extrême du cerveau dans certains cas de corps étrangers, aiguille, clou, trouvés à l'autopsie d'individus qui n'avaient présenté aucun phénomène cérébral.

C'est donc directement, par l'observation clinique seule , qu'il faut étudier ces symptômes. Nous allons le faire ensuivant toujours Bail etKrishaberpas à pas.

1. Troubles de la sensibilité. — Les phénomènes de douleur existent dans les trois cinquièmes des cas. La céphalalgie est particulièrement fréquente et se trouve chez la moitié des malades. Ce symptôme peut rester seul longtemps ou même pendant toute la vie; quelquefois il est remplacé ensuite par les convulsions ou les paralysies.

Très-variable dans son intensité, la céphalalgie peut devenir atroce. Elle peut être intermittente. Bail cite un cas dans lequel elle affectait le type quarte : le sulfate de quinine fut naturellement impuissant.

Le siège de la douleur est quelquefois étendu , d'autres fois limité ; alors elle a une signification séméiologique. Elle correspond assez bien au siège même de la lésion et aurait pu, dans quelques cas, servir au chirurgien pour la trépanation. — La céphalalgie manque fréquemment.

On observe aussi d'autres douleurs. Cbarcot a signalé une douleur des globes oculaires, surtout chez les amaurotiques. On a noté : l'odontalgie, la névralgie trifaciale, des douleurs dans les membres, etc. Tout cela n'a rien de caractéristique.

Oh a observé V hyper esthésie ou Vanesthésie, suivant les cas. Des faits bien étudiés, un de Chouppe entre autres, montrent que la capsule interne peut être lésée sans qu'il y ait hémianesthésie. — La vue et Vouïe sont aussi altérées.

Les altérations du fond de l'œil sont intéressantes à connaître. Il y a souvent cécité produite par une névro-rétinite ; on distingue la névro-rétinite par étranglement delà névro-rétinite descendante. Pour de Grœfe, la première lésion correspondrait aux tumeurs intra-crâniennes, la seconde à la méningite de la base. Cbarcot trouve la distinction trop absolue et ne voit là que deux formes, deux degrés différents delà même altération.

Dans le premier cas, on trouve: «engorgement et tuméfaction manifestes de la papille; contours effacés par un exsudât gris rougeàtre sur la partie moyenne et sur la circonférence. Les vaisseaux centraux paraissent interrompus sur divers points ; les veines ont disparu, les artères sont dimi-

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nuées de volume, les capillaires sont développés. Le début de l'amaurose est suivit. »

Dans la deuxième forme, on trouve les mômes caractères , et en plus : « papille élargie; contours frangés, irréguliers, mal limités, nuageux. Les capillaires paraissent effacés, à cause de l'opacité du nerf optique. Vaisseaux tortueux, sinueux, surtout les veines, qui sont interrompues par places.»

Ces lésions se trouvent aussi dans l'hydrocéphalie et l'hydropisie ventriculaire. Elles ont cependant une grande importance pour le diagnostic des tumeurs cérébrales.

2. Troubles de la motilité. — Les convulsions sont fréquentes; on les observe dans les deux tiers des cas. On a souvent des formes épileptiques complètes avec ou sans aura, en général sans absence ni vertiges. On a noté quelquefois de la chorée, le plus souvent des convulsions simples ou des contractures.

Les paralysies sont aussi très-fréquentes. Ce sont le plus souvent des parésies à début graduel et progressif. — D'autres fois on observe des paralysies tardives qui surviennent rapidement à la fin de la maladie. La forme la plus fréquente est l'hémiplégie. On a observé encore la parésie des quatre membres.

Gowers ' a insisté récemment sur la paralysie subite dans le cours des tumeurs cérébrales. Elle peut succéder à des convulsions ou survenir d'emblée. Elle est due, soit à une hémorrhagie soudaine (assez rare), soit à une altération vasculaire entraînant un ramollissement, soit à une modification de la pression sanguine ^ Quelquefois aussi l'autopsie n'explique pas l'apparition de cette paralysie.

Les réflexes sont en général conservés, ainsi que la contractilité musculaire.

Les troubles moteurs oculaires ont une grande importance. Le strabisme a une valeur séméiologique classique; souvent on constate aussi du prolapsus palpébral, plus rarement de la lagophthalmie; souvent inégalité des pupilles avec paresse dans leurs mouvements, quelquefois exophthalmie ou rétraction de l'oeil.

3. Les troubles intellectuels peuvent manquer d'une manière complète. Quand ils existent, ils se présentent comme délire aigu ou sous une forme chronique.

Quelquefois il y a affaiblissement progressif des facultés intellectuelles

1 Brain, I, 48. — Rev. des Se. méd., XIII, 521.

2 On trouvera à ce sujet, dans un travail du D'' LéoQ Dumas [Arch. de Gynécol., 1878) sur la tension artérielle dans l'état puerpéral, une curieuse observation dans laquelle cet état imprima une marche spéciale à une tumeur cérébrale préexistante. — Un fait analogue a été noté par Vulpian. (Clin, de la Charilé, obs. cxxx , pag. 570.)

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allant jusqu'à la clémence ; d'autres fois on n'a qu'un simple changement de caractère et d'habitudes. Dans quelques cas, on a observé l'aliénation et l'idiotie.

Le vertige est fréquent, l'insomaie plus rare que la somnolence; souvent il y a coma.

Enfin, au milieu de la marche lente et progressive de la tumeur, surviennent ^es, attaques apoplectiformes qui peuvent se répéter cinq, six fois, jusqu'à la mort.

4. Parmi les troubles viscéraux, il faut d'abord noter le tube digestif : suivant les cas, il y a boulimie, dyspepsie, diarrhée alternant quelquefois avec la constipation, etc. — Les vomissements ont une assez grande importance ; ils ne prouvent rien pour le siège de la tumeur. Souvent périodiques et fréquents, ils peuvent cependant laisser la nutrition intacte.

Pour la respiration, on a observé delà toux, de la dyspnée, une respiration accélérée ou ralentie.

Des syncopes sont survenues dans le neuvième des cas ; elles peuvent se reproduire plusieurs fois par jour et la mort arriver de cette manière. L'état du pouls est variable ; quelquefois le ralentissement peut être extrême (35 puis, par minute), l'accélération atteindre 128 pulsations, sans fièvre véritable. — On peut souvent provoquer les taches cérébrales ou méningitiques.

5. Suivant leur rapports spéciaux avec certains nerfs crâniens, les tumeurs (les anévrysmes notamment) peuvent entraîner des paralysies limitées que l'anatomie permet facilement de prévoir.

Enfin le marasme, l'émaciation générale, accompagnent le développement de la plupart des tumeurs.

. Il faut traiter séparément I'Etiologie des tumeurs, des anévrysmes et des abcès.

Pour les tumeurs, on invoquera les diathèses: syphilis, tuberculose, cancer, etc. ; l'hérédité ; comme causes occasionnelles, les contusions, etc.

Pour les abcès, ce sont les traumatismes, l'infection purulente, les dilatations bronchiques, les affections de l'oreille et des fosses nasales, la carie des os du crâne, etc.

Pour les anévrysmes, on ne connaît rien de précis que cette disposition personnelle et héréditaire que l'on appelle à tort la diathèse anévrysmale.

Au point de vue du Diagnostic, l'hémorrhagie cérébrale a un début plus brusque, plus franc ; elle entraîne une hémiplégie plus complète. La paralysie limitée des nerfs crâniens appartient au contraire plutôt aux tumeurs. Les antécédents du malade seront aussi très-utiles.

La forme aiguë du ramollissement cérébral se distinguera à peu près

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par les mêmes signes. Pour la forme chronique, le diagnostic est fort difficile, et c'est surtout par les conditions étiologiques que l'on pourra essayer de le poser.

Nous ne parlerons pas du diagnostic avec les autres maladies du système nerveux que nous ne connaissons pas encore.

Le Traitement n'est ni consolant ni facile à instituer. L'iodure de potassium est souvent employé à titre de résolutif (?) . Les purgatifs légers, répétés ; les révulsifs, les dérivatifs (vésicatoire sur la tête, séton à la nuque) ; les toniques, le régime fortifiant, sont toujours indiqués.

Certains symptômes gênants, comme la douleur, etc., doivent être traités dans quelques cas.

Si la tumeur est syphilitique, il faut employer le traitement mixte au déhut, puis l'iodure de potassium à haute dose, associé aux toniques.

Pour les abcès, il y a quelques faits de trépanation.

Pour les anévrysnies, Coë a eu un succès complet après la ligature de la carotide. Ce sont des faits très-rares.

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CLASSIFICATION DES MYÉLITES.

I. Myélites systématisées ou parenchymateuses (débutent el se propageât par les éléments nerveux; se localisent à un système particulier).

1. de la partie externe/ des cordons posté-l rieurs ; zones radî-l culaires posiérieu-j

des cordons latéraux] et des faisceaux de< TûrcJi. i

des cellules grises.

des noyaux bulbaires

i. primitive : ataxic locomoirice progressive . ). secondaire.

des cordoiis postérieurs\

1. de la partie interne/ des cordons posté-\ rieurs : cordons de) Goll. [

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