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DIFFÉRENTIEL

Il ne faut pas confondre ces mouvements avec le tremblement que présentent certains hémiplégiques. Dans la période secondaire, quand l'hémiplégique a des contractures tardives et que le mouvement tend à revenir un peu, on observe quelquefois du tremblement. C'est un phénomène dû, comme la contracture elle-même, à la lésion spinale secondaire, à la sclérose descendante des cordons latéraux.

Ce tremblement diffère de l'hémichorée en ce qu'il n'a pas lieu au repos ; il faut le provoquer, ou par des mouvements intentionnels du malade, ou en étendant fortement la main ou le pied (phénomène du pied, de la main). C'est ainsi qu'on fait naître cette trémulation spinale, sur laquelle nous reviendrons à propos de la lésion des cordons latéraux, dans l'étude des maladies de la moelle.

De plus, ce tremblement diffère de l'hémichorée par la forme même des mouvements, qui différencie tous les tremblements de toutes les chorées ' . Dans le tremblement, en effet, les mouvements sont réguliers, rythmiques; ce sont de petites secousses, des oscillations toujours dans -le même sens, et de part et d'autre de la position d'équilibre. Les mouvements choréiques sont au contraire irréguliers et ne sont pas de vraies oscillations.

Ce caractère distingue l'hémichorée du tremblement, quelle que soit l'origine de ce dernier : du tremblement provoqué dans le tabès dorsal spasmodique ou la sclérose latérale amyotrophique, du tremblement qui accompagne les mouvements dans la sclérose en plaques, du tremblement au repos de la paralysie agitante, etc.

L'hémichorée est donc un phénomène à part, bien spécifié dans son aspect clinique *.

1 Voyez notre récente classification des troubles moteurs dans les maladies du système nerveux, in Nouv. Montp. méd., 17 décembre 1892.

2 Voy., à la fin de ce chapitre, l'appendice relatif à l'Hémiathétose post-hémiplégique et à d'autres variétés d'hémichorée.

Ce symptôme, lié à l'existence d'une lésion cérébrale, tient au siège beaucoup plus qu'à la nature de cette lésion. On le constate dans l'hémorrhagie ou le ramollissement ; ce sont les cas les plus fréquents. On peut aussi l'observer dans certains cas de tumeur cérébrale et dans l'atrophie du cerveau consécutive aune lésion intra-utérine.

Dans tous ces cas, l'aspect clinique est toujours le même.

Le but de I'Anatomie pathologique ici est donc de fixer le siège habituel de la lésion dans l'hémichorée. Des travaux importants ont été faits dans cette direction.

Il faut d'abord remarquer la coïncidence fréquente de l'hémianesthésie et de l'hémichorée chez le même malade. Or, ce sont là des phénomènes assez rares l'un et l'autre; leur coïncidence a donc une certaine valeur et prouve déjà le voisinage probable du siège des deux lésions.

D'autre part, ces deux symptômes peuvent aussi, quoique plus rarement, se montrer séparés. Le siège, s'il est voisin, n'est donc pas absolument identique dans les deux cas.

Raymond, dans un travail important que nous avons déjà cité, a réuni quatre observations d'hémichorée post-hémiplégique avec autopsie, et six observations d'hémichorée prœ-hémiplégique, toujours avec autopsie. Puis il a fait quelques expériences avec la curette de Veyssière. Mais, il faut se hâter de le dire, les faits cliniques sont beaucoup plus probants que les faits expérimentaux.

Raymond a pu provoquer, chez le chien, des mouvements involontaires plus ou moins désordonnés ; mais cela ne reproduisait que très imparfaitement le type clinique de l'hémichorée, et il n'a pas pu conserver les animaux un temps suffisant pour les bien observer.

Les dix observations cliniques valent infiniment mieux.

Il conclut, avec Gharcot, que le siège de la lésion dans l'hémichorée est, comme pour l'hémianesthésie, dans la partie postérieure de la capsule interne, dans la région lenticulo-optique. Seulement la lésion porterait plus spécialement sur les faisceaux situés en avant et en dehors de ceux de l'hémianesthésie, et recouvrant l'extrémité postérieure de la couche optique.

C'est, du reste, un point que devront vérifier les recherches ultérieures'.

Une chose remarquable, c'est que cette région a, dans une certaine limite, une circulation à part et indépendante.

L'artère lenticulo optique, dont, nous avons déjà parlé, et qui vient

1 Dans un récent mémoire (Rev. de Mëd., mars 1887, pag. 204), basé sur 43 observations empruntées à divers auteurs, Stephan attribue la plupart des mouvements anormaux prae et post-hémiplégiques à une lésion de la couche optique, qu'il considère (après Gowers et Galvagni) comme le centre coordonnateur des mouvements.

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de la sylvienne, vascularise la partie postérieure de la capsule interne, et la face externe et antérieure de la couche optique ; ce serait là l'artère de l'hémianesthésie.

L'artère de l'hémichorée serait, au contraire, Y artère optique postérieure, venue de la cérébrale postérieure et non de la sylvienne, artère qui se répand à la partie postérieure delà couche optique, précisément dans toute la région assignée à la lésion de l'hémichorée.

Dans le cas d'hémichorée prœ-hémiplégique que nous avons cité plus haut, la lésion siégeait dans la région indiquée. C'était une hémorrhagie cérébrale ayant détruit : i° le noyau lenticulaire, au niveau des trois coupes frontale1, pariétale et pédiculo-pariétale ; 2° la partie de la capsule interne comprise entre le noyau lenticulaire et le noyau caudé, au niveau de la coupe pariétale.

Depuis plusieurs années, un certain nombre d'auteurs s'élèvent contre la localisation exclusive de l'hémichorée au niveau de la capsule interne. Dans une revue assez récente, Bidon - a réuni un grand nombre d'observations d'hémichorée suivies d'autopsie, et a démontré que, sur 78 cas, la capsule interne n'était lésée que 29 fois. Voici, d'ailleurs le tableau des faits sur lesquels porte son travail :

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