‹ Traité pratique des maladies du système nerveuxChapitre 38 sur 115 · C. Coulet, Editent · texte numérisé non relu

C. Coulet, Editent

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LÉSIONS CORTICALES. 237

EXPLICATION DE LA PLANCHE VIII (d'après Pitres).

Tiq. \. — Coupe préfrontale — 1, 2, 3, première, deuxième, troisième circonvolutions frontales; 4> circonvolutions orbitaires ; 5, circonvolutions de la face interne du lobe frontal ; 6, faisceaux préfrontaux du centre ovale.

Fig. 2. — Coupe occipitale. — 1, circonvolutions occipitales; 2, faisceaux occipitaux du centre ovale.

Fig. 3. — Coupe pédiculo-frontale. — 1, 2, 3, première, deuxième, troisième circonvolutions frontales ; 4, extrémité antérieure du lobule de l'insula ; 5, extrémité postérieure des circonvolutions orbitaires; 6, faisceau pédiculo-frontal supérieur; 7, faisceau pédiculo-frontal moyen ; 8, faisceau pédiculo-frontal inférieur ; 9, faisceau orbitaire ; 10, corps calleux ; 11, noyau caudé ; 12, capsule interne; i3, noyau lenticulaire.

Fig. 4. — Coupe frontale.— 1, circonvolution frontale ascendante ; 2, lobule de l'insula ; 3, circonvolution sphénoïdale; 4, faisceau frontal supérieur ; 5, faisceau frontal moyen ; 6, faisceau frontal inférieur ; 7, faisceau sphénoïdal ; 8, corps calleux; 9, noyau caudé; 10, couche optique; 11, capsule interne; 12, noyau lenticulaire; i3, capsule externe; 14, avant-mur.

Fig. 5. — Coupe pariétale.— 1, circonvolution pariétale ascendante; 2, lobule de l'insula; 3, lobe sphénoïdal; 4? faisceau pariétal supérieur; 5 faisceau pariétal moyen; 6, faisceau pariétal inférieur; 7, faisceau sphénoïdal ; 8, 9, 10, 11, 12, i3, i4: comme dans la fig. précédente.

Fig: 6. — Coupe pêcliculo-pariétale. — 1, lobule pariétal supérieur; 2, lobule pariétal inférieur; 3, lobe sphénoïdal; 4> faisceau pédiculo-pariétal supérieur; 5, faisceau pédiculo-pariétal inférieur ; 6, faisceau sphénoïdal ; 7, corps calleux ; 8 et 10, noyau caudé ; 9, couche optique.

qui est devenue classique sous son nom'. Faite de dehors en dedans horizontalement, un peu au-dessus de la scissure de Sylvius, elle montre

1 « Cette coupe horizontale, préconisée par Flechsig, dit Brissaud (Thèse de Paris, 1880, 20), avait été déjà représentée dans beaucoup d'ouvrages. On en trouve particulièrement de très beaux spécimens dans l'Amas photographique de M. Luys (PL VI et VI), dans l'article de Meynert (Stricker's Handb., fig. 243), où l'on voit nettement (trop nettement peut-être) indiqué le trajet des fibres occipitales du pédoncule. Il en existe également une planche très instructive dans l'Amas anatomique de Bourgery et CL Bernard. Enfin nous avons trouvé dans VAnatomie de Bartholin (1640) une eau-forte qui reproduit avec toute la fidélité désirable la coupe horizontale en question, particulièrement pour ce qui concerne les rapports des deux segments de la capsule avec la couche optique et le noyau lenticulaire d'autre part. — Mais, nous le répétons, ces coupes n'avaient encore servi à aucune application dans l'anatomie pathologique ou dans l'anatomie de développement.»

Brissaud propose une légère modification à la coupe de Flechsig: au lieu de porter le couteau horizontalement et de dehors en dedans, c'est-à-dire de la face externe vers la face interne de l'hémisphère, suivant la méthode de Flechsig, il propose de faire la section de dedans en dehors, suivant un plan oblique en bas et en arrière, qui passerait à la fois par le milieu de la tète du noyau caudé et par le point de réunion du tiers supérieur de la couche optique avec ses deux tiers inférieurs.

On lira avec le plus grand profit, sur la méthode que l'on doit suivre pour pratiquer des coupes dans le cerveau, le chapitre que Brissaud a consacré à cette question dans son Anatomie du cerveau de l'homme, 1893.

bien que la capsule interne (1 , 2, 3) est formée de deux parties distinctes : une partie antérieure (1) dirigée obliquement en avant et en dehors, une partie postérieure (3) dirigée en dehors et en arrière, et un point de réunion (2), qui est le genou de la capsule.

Le segment antérieur est entre le noyau caudé (5) et le noyau lenticulaire (4); le segment postérieur' entre ce même noyau lenticulaire (4) et la couche optique (6). Le genou répond au sillon de séparation de la couche optique et du corps strié.

Cette coupe est tout spécialement indispensable pour l'étude des dégénérations secondaires et des lésions de la capsule interne3.

Cette description anatomique sommaire nous suffira, et nous pouvons aborder l'étude physiologique de la question.

g IL Physiologie3. — Chez les animaux inférieurs, l'ablation des deux hémisphères laisse persister la plupart des fonctions (Steiner, Vulpian, Schrœder, Ferrier, Goltz). Les facultés d'équilibre, de coordination des mouvements, de réaction appropriée aux impressions périphériques, continuent à s'exercer, malgré un certain degré d'obnubilation, parce que leur siège principal se trouve dans le mésocéphale et la moelle. Au contraire, chez les animaux supérieurs, la spécialisation des fonctions s'accomplit dans l'écorce et chaque fonction paraît en rapport avec un centre anatomique distinct.

Les résultats négatifs fournis par l'ablation des hémisphères chez certains animaux ne prouvent rien contre la doctrine des localisations, car la spécialisation des divers territoires de l'écorce s'observe seulement à un certain niveau de l'échelle des êtres. Presque nulle chez les animaux inférieurs, elle est plus marquée chez le singe et les animaux voisins de l'homme (Ferrier, Schsefer, Beevor et Horsley).

Depuis nombre d'années, la physiologie expérimentale s'est lancée dans la voie des localisations et cherche à bien définir les divers territoires fonctionnels.

Pour déterminer les fonctions des diverses parties du cerveau, les physiologistes ont d'abord essayé les injections. Beaunis et Fournie en France, Nothnagel en Allemagne, ont injecté une substance corrosive

! C'est dans le tiers postérieur de ce segment postérieur (.Voy. la fig. 7 de la PL XI) que siège la légion de l'hémianesthésie, dont nous avons déjà parlé plus haut (chap. 11 de ce même art. IV.)

2 Nous représentons, sur la figure 2 de la PL IX, exécutée suivant les indications fournies par Ferrier (Leçons sur les localisations cérébrales, 1891) et partiellement empruntées à Beevor et Horsley, la disposition respective des faisceaux moteurs dans la capsule interne.

3 Carville et Duret ; Arch. de Physiol., 1876, 3 et 4. Vetter; Arch. f. klin. Med., XV, 35o.

Rendu et Gombault ; Rev. des Se. médic, VII, 338 ; — et XIII, 3i2. François Franck; Leçons sur les fonctions du cerveau, 1887. Goltz; Rev. des Se. médic, XL, 41.

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avec la seringue de Pravaz, et ont observé l'effet produit par une destruction limitée ; mais le liquide diffuse, il y a de l'encéphalite, et les résultats ne sont pas précis.

Hitzig ' emploie le premier l'électricité en 1870 : c'étaient les courants continus. Plus tard, Ferrier2 entre dans la même voie et emploie, en

1873, les courants induits ; c'est également le procédé dont se sont servis récemment Beevor, Horsley et Schsefer3; on se sert toujours da courants très faibles, faciles à supporter sur la langue.

On a objecté à cette méthode la diffusion du courant. Carville et Duret, qui ont d'abord formulé cet argument, ont montré qu'un galvanomètre mis en rapport avec un point éloigné de celui qu'on électrise estdévié*. Il y a donc une action à distance. — Onimus a repris ces objections plus récemment 5 : la diffusion se ferait, non par les filets nerveux, mais par les liquidesorganiques,et notamment par les vaisseaux. Son expérience principale consiste à enlever chez les animaux certaines parties des hémisphères et à les remplacer par une masse sanguine ; en électrisant cette masse, Onimus obtient les mêmes effets qu'en électrisant les lobes cérébraux.

Le fait de la diffusion est incontestable ; mais suffit-il à fausser les résultats de l'expérimentation ? Voilà la question. Il est toujours remarquable que l'électrisation autour du sillon de Rolando produise des convulsions, tandis que le même courant appliqué sur le lobe occipital ne produitrien. Si l'on s'en tient aux faits, sans chercher pour le moment à les expliquer, il y a dans les résultats limités que l'on obtient par l'électrisation circonscrite des diverses régions corticales quelque chose de plus qu'une diffusion banale de l'électricité sur un point toujours le même, comme le corps strié. C'est, du reste, ce que soutiennent aujourd'hui Carville et Duret, devenus les défenseurs de la méthode qu'ils avaient d'abord combattue.

Sous le bénéfice de ces observations, nous pouvons résumer ainsi les résultats obtenus par les physiologistes dans l'électrisation de l'écorce grise.

1. La substance grise des circonvolutions paraît excitable. Un cou-

1 Hitzig; Reicherfs und Du Bois-Reymond's Arch., 1870, 4; et 1873, 43 et 44- — Untersuch. ûber das Geliirn. Berlin, 1874. — Sarnml. klin. Vortr. de Volkmann, 1877, n5.

2 Ferrier; The Brit. med. Journ., avril 1873. — The West Riding Asylum med. Reports ; trad. par Duret, in Progrès médic, 1873. — The Proceed. ofthe roy. Soc.

1874, i5i. — Les fonctions du cerveau; trad. De Varigny, 1878; 2e édit., 1886. — La localisation des maladies cérébrales ; trad. De Varigny, 1880. — The philosoph. Trans. of the roy. Soc, CLXV. — Leçons sur les localisations cérébrales, trad. de Sorel, 1891.

3 Horsley et Schsefer; Phil. trans., Bd. XX, 1888. Beevor et Horsley ; Phil. trans., 1890.

4 Carville et Duret ; Soc. de Biol., 1874.

6 Onimus; lbid., 11 fév. 1877. — Gaz. hebd., 1877, n° 11.

MALADIES DE L'ENCEPHALE.

rant électrique appliqué autour du sillon de Rolando provoque des mouvements dans les pattes.

2. Cette excitabilité n'est pas égale partout. Le même courant agit sur le lobe pariétal et sur la partie postérieure du lobe frontal, et n'agit pas sur le lobe occipital. Il y a, en d'autres termes, dans l'écorce, une zone excitable, une région motrice.

3. Les résultats de l'électrisation de cette zone excitable varient suivant la région que l'on excite et sont constants pour le même siège. Tel point entraînera l'adduction d'une patte, tel autre l'abduction, etc. — De là, la notion des divers centres moteurs corticaux.

Lafig. 17 représente, d'après Ferrier, la position de ces centres sur le

Fig. 17.— Face externe du cerveau du singe magot (Pithecus innuus) (d'après

Broca et Gromier).

Sillons : sr, sillon de Rolando. — scf, sillon courbe frontal. — s s, scissure de Sylvius. — spe, scissure perpendiculaire externe (sillon pariéto-occipital externe). — sp, scissure parallèle.

Plis: p fa, pli frontal ascendant; 1, 2, 3, premier, deuxième, troisième plis frontaux. — Le chiftre 3, qui manque, devrait être au-dessous de la ligne ponctuée qui va de D au chiffre 2 — ppa, pli pariétal ascendant — Ippa, lobule du pli pariétal ascendant. — pmi, pli marginal inférieur. — pc, pli courbe. — lo, lobe occipital. — lor, lobe orbitaire.

Situation des centres pour les mouvements volontaires sur le cerveau dusinge, d'après les descriptions de Ferrier : A, centre pour les mouvements volontaires du membre antérieur. — B, centre pour le membre postérieur. — G, mouvements de rotation de la tête et du cou. — D, mouvements des muscles de la face. — E, mouvements de la langue, des mâchoires, etc. — F, certains mouvements des yeux, vision. — G, centre en rapport avec les mouvements des oreilles et l'audition.

cerveau du singe, et les PI. IX et X les reproduisent reportés sur le cerveau de l'homme '.

! Marcacci a déterminé la zone excitable chez la brebis, et Langendorff chez la grenouille (Rev. des Se. medic, X, 26).

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