CHAPITRE PREMIER BPILEPSIB
I 1er. — DÉFINITION
Vépilepsie est une névrose convulsive caractérisée par des accès intermittents de courte durée, d'intensité variable, s'accompagnant d'une perte subite de la connaissance, et le plus souvent de troubles intellectuels. Ce sont ces dernières manifestations de Tépilepsie dont l'étude nous occupera surtout dans les développements qui vont suivre. Mais Textrème connexité qui existe le plus souvent entre l'accès comitial et les troubles intellectuels nécessite une connaissance intime du premier; c'est pourquoi nous en ferons une rapide description.
I 2. — Étiolooie
Le rôle de Vhêrédiié comme cause prédisposante de Tépilepsie a donné lieu jusqu'ici aux interprétations les plus diverses. Toutefois, les opinions de chaque auteur cadrent assez bien avec sa propre conception de l'hérédité ellemême. Ceux qui ne considèrent que l'hérédité directe ou similaire ne reconnaissent à cet agent qu'un rôle des plus restreints dans l'épilepsie (Maisonneuve, Tissot, Beau, Leuret, Valleix, Gintrac, Dclasiauve, Morel, Lcgrand duSauUe, Lasègue). Ceux qui au contraire admettent la transformation des névroses par la voie héréditaire, en d'autres termes, l'hérédité névropathique, sont d'un avis opposé (Moreau de Tours, Rerpin, Bouchetet Cazauvielh, P. Lucas, Foville, Echeverria, Bourneville, Gowers, Déjerine, Bombart).
Echeverria a fourni récemment les données statistiques suivantes: 130 épilepli({ues liommes ou femmes ont eu
EÏIOLOGIE
oo3 enfants. Sur ce nombre, lOo seulement sont bien portants, 195 sont morts de convulsions dans l'enfance, 78 sont épileptiques, 18 sont idiots, 11 sont aliénés, 45 sont hystériques, 39 paralytiques, etc. En prenant en considération le cas où le père et la mère furent épileptiques, il a trouvé que l'hérédité paternelle existait dans Gl cas, l'hérédité maternelle dans 73 cas, l'hérédité double dans un seul cas (1).
La proportion des cas où l'hérédité est évidente est, selon Echeverria, de 28 •'/o, et selon Reynolds de 31 7o- Gowers (2), d'après ses propres observations, trouve une proportion un peu plus forte : sur 1218 cas, 429 fois, soit 35 %, il existait manifestement une prédisposition héréditaire névropathique.
Sur les 350 épileptiques de Bourne ville (3), 244, soit 67 7o avaient des antécédents héréditaires. La prédisposition a consisté dans: alcoolisme 51,6 %> migraines, 24,5^0; épilepsie, 21,2 °/o ; aliénation mentale, 16,8 V° ; puis viennent par ordre de fréquence l'hystérie, le nervosisme, le suicide, les convulsions, l'idiotie, les névralgies etc. Fait important à noter au point de vue des parentés morbides, l'ataxie locomotrice ne vient qu'en dernière ligne et ne figure que pour 0,4 °/o dans cette statistique.
Des matériaux que j'ai mis à sa disposition, Bombart a fait ressortir les faits suivants: 110 familles névropathiques, comprenant chacune au moins un épileptique, ont fourni 294 cas de maladies nerveuses ainsi réparties :