CHAPITRE PREMIER
Avant d'aborder l'élude des maladies mentales, il est utile et digne d'intérêt de rechercher, au milieu de l'histoire générale de la médecine, quelles vicissitudes a subies cette branche spéciale de la pathologie et par quelle série de progrès elle est arrivée à se constituer.
L'étude de la fohe fut vivement éclairée à ses débuts par les travaux et les observations des médecins grecs et latins , malgré des idées théoriques erronées dues à leurs notions
MARCÉ. - MAL. MKNT. *
- HISTOIUQUE.
iiisullisaiites en aualoriiie et en physiologie, ils mhoia en iuniicie un grand nombre de points importants et pusérenl snrtout d.'s règles de liailenienl insj.irées par une grande sagesse et une lare expérience pratique. Au m..men'l de la déeadence des lettres et desarts, pendant les premiers siècles de l'ère clirélienne et même au moyen âge, on oublia les préceptes l.'-gués par la médecine antique, et la patbologie mentale tomba dans un. profond discrédit. Oubliée des arabistes, égarée plus tard au milieu des théories mystiques et des inteiprétalions erronées des métaphysiciens du moyen âge, elle resta jusqu'au xvr siècle dans celte voie de ténèbres. Alors seulement elle sortit peu h peu du domaine de la théologie et fut revendiquée par la médecine, qui chercha :^ cxpli.pier par des lois physiologiques des faits regardés jusqu'alors comme surnaturels; mais ce travail fut lent et pénible. Les premiers médecins qui reprirent ainsi l'étude de la folie se dégagèrent avec peine des préjugés de leur siècle, et les documents qu'ils nous fournissent, épars au milieu des traités de médecine, soumis à toutes les vicissitudes des théories médicales régnantes, ne nous donnent que de loin en loin quelque idée nouvelle et féconde. Sans doute, à mesure qu'on s'approche du xviif siècle, les progrès deviennent plus réels, mais il faut arriver jusqu'à Pinel et à Esquirol pour signaler le début d'une ère nouvelle dans l'étude de la folie.
Afin de mieux apprécier ces diverses phases, nous diviserons en troîs périodes l'histoire de la médecine mentale. La première comprendra les médecins grecs et latins jusqu'à la décadence; la seconde, le moyen âge; la troisième, l'époque moderne depuis Pinel. Dans chacune de ces périodes, nous mentionnerons brièvement les faits les plus saillants, et, cliemm faisant, nous dirons un mot des événements historiques ,^e rattachant aux aflections nerveuses, dont l'imerprétation telle qu'elle a été donnée par les esprits les plus éclairés dé