DK CERTAINS ACTES DÉLIRANTS
ment coiiiiik^ cx|)ression (l'iiii l'tat inciilal l'oil ^ravp, mais encore coiiiim' actes dangereux an point tie vue de la société dont ils nécessitent l'inleivention; je veux parler du suicide, de l'homicide, de la tendance au vol et à l'incendie.
1" Le suicide peut se produire en dehors de tout soupçon de folie. Il est alors le résultat de passions exagérées, de certaines convictions philosophiques ou religieuses, et s'appuie sur des raisons qui l'expliquent sans le légitimer. L'orgueil blessé, la misère, les chagrins domestiques, le regret d'une Fortune perdue, l'idée de ne pas survivre au déshonneur, parfois mêm« l'imitation et le récit fréquent d'actes semblables, tous les motifs en un mot, les plus nobles, les plus sérieux, comme les plus mesquins et les plus futiles, peuvent conduire un homme au suicide en lui laissant la plénitude de sa liberté morale.
Chez l'aliéné, le suicide est le résultat de maladies mentales très diverses : le maniaque, en proie à des illusions de la vue, peut prendre un fenêtre pour une porte et se tuer involontairement. Le mélancohqueveut se suicider, entraîné logiquement par ses idées déUrantes; il est déshonoré, il a commis des crimes, il doit être conduit à l'échafaud, la mort est pour lui le seul moyen d'échapper au supplice et de sauver sa famille de la honte. Celui-ci se croit ruiné et veut mourir parce que désormais il ne pourra plus subvenir à son existence; celui-là, poursuivi par des agents de police, par des ennemis qui le tourmentent de mille façons, veut mettre fin à une vie devenue intolérable. Il est des aliénés qui, dans leurs tentatives de suicide, obéissent à une voix qui leur donne des ordres; quelques-uns enfin cèdent à une impulsion irrésistible qu'ils ne peuvent dominer plus long temps.
L'idée du suicide est toujours dangereuse et de nature à causer de vives préocciipations. Ce danger, toutefois, offre des decrcs selon la forme de maladie mentale ; quand la