EMPLACEMENT, FORME GÉNÉRALE, ETC
juer les principes élémentaires qui doivent présider à leur réation.
Un établissement d'aliénés doit être placé à proximité d'une rille, mais au dehors d'elle, de manière à profiter de ses •essources tout en ayant les bénéfices de l'isolement. Le pays loit être salubre, le site agréable; on évitera et les plaines rop uniformes et les positions trop élevées qui rendent l'eau )eu abondante et offrent des dangers au point de vue des uicides et des évasions.
L'établissement pourra être destiné à la fois aux hommes !t aux femmes, à la condition, toutefois, que les deux secions seront rigoureusement et complètement séparées : le lombre des malades qu'il est destiné à contenir dépend uni- [uement des nécessités de la population et de l'organisation aédicale et administrative qui lui sera affectée. Avec quatre ou linq médecins indépendants et une direction administrative inique, un asile peut sans confusion et sans désordre conteur jusqu'à mille malades. Aussi ces grands étabhssements [ui réahsent une économie très notable au point de vue de eur création et de leur entretien, peuvent-ils être adoptés lans inconvénient pour les très grands centres de population, andis que des asiles de quatre cents malades ou même noins considérables encore, offrent des avantages pour les départements moins peuplés, en ce sens qu'ils ont une circonscription territoriale modérément étendue, et que les naïades n'ont pas à franchir de très grandes distances pour f être transférés. Ces petits asiles peuvent être confiés à un nédecin directeur qui centralise les pouvoirs administratifs ît médicaux. Mais cette disposition, qui prévient les conflits ■l simplifie les services, devra toujours être considérée A)mme fâcheuse au point de vue des progrès scientifiques. >^mment un médecin responsable du budget d'un asile et istreint à un travail administratif qui lui est peu familier, )()UiTa-t-il consacrer une attention suffisante à l'histoire
DES ASILES d' ALIÉNÉS.
médicale el à l'obsomlion quotidienne des malades qui lui
sont confiés? ^ '
L'annexion à chaque asile d'un quartier de pensionnairesest une ressource précieuse au point de vue économique Le médecin ne sauraitjy voir d'inconvénients, pourvu qu'il v ait une séparation complète et rigoureuse entre ces pension- ■ nairos et les indigents.
Doit-on créer des asiles distincts pour les malades curableg . e(. les malades incurables? Cette séparation qui existe dani. quelques contrées de l'Allemagne est justifiée, disent sespartisans, par l'impression pénible que les incurables produisent sur l'esprit des malades convalescents, par la nécessite de concentrer l'attention des médecins sur les cas sus-l ceptibles de guérison, enfin par l'inutilité pour ces incurables ■ dune installation souvent très dispendieuse des diverg> moyens de traitement. Ces motifs sont illusoires et ne justifient même pas la séparation des incurables et des curables dans le même asile , séparation qui a été proposée comme mesure intermédiaire. Rien n'est pénible pour les familles et pour les malades eux-mêmes, comme ce certificat d'incu* rabilité qui résulte du passage dans un hôpital spécial ou dans une division désignée à l'avance. Et d'ailleurs à quel moment précis fixer l'incurabilité? Les incurables eux-mêmes ne sont-ils pas des malades ayant besoin de soins spéciaux et quotidiens, et offrant de temps à autre des exacerbalions pendant lesquelles la maladie revient momentanément à l'état aigu? Loin de nuire, comme on l'a dit, aux aliénés nouvellement admis, les incurables tranquilles leur donnent aU contraire l'exemple de l'ordre, de la discipline, de la subordination, et leur présence ne saurait entraîner aucun inconvénient réel.
Ce n'est pas dans cet ordre d'idées qu'il faut chercher les éléments d'une division méthodique des malades d'un asile. L'expérience et là pratique de chaque jour enseignent qu
EMPLACEMENT, FORMÉ r.ÉÏ^ÉRÂtE, ETC. 210
éë manifestations extérieures des aliénés, leur état de calme m d'excitation, leurs allures, leur manière d'être habituelle, lOiit des éléments de classification infiniment plus utiles et )lus pratiques. Aussi, à l'exemple de M. H. Falret (1) nous idfiiettofls six sections pour chaque sexe : tranqiiiiks , igités, incommodes, gâteux, épileptigues, infirmerie Xeile litisioli ëst la plus pratique et la plus commode : nous regardons comme iriutile une section de convalescents; ceux-ci, m effetj sont en trop petit nombre pour remplir un local à )art qui se trouve bien vite encombré, lorsqu'il existe, par les malades de toute nature. Les idiots et les imbéciles, pand leur nombre est considérable^ peuvent être réunis àâilë iltié sectiofi isolée^ car il est nécessaire de les soumettre à Un ensemble d'exercices physiques et intellectuels tout à fait Spéciaux.
Enfîh, dans un asile complet, il est bon d'avoir un quartiêr distinct pour les sujets qui sont sous le coup d'une action judiciaire, soit qu'ils aient donné en prison les premiers signes d'aliénation mentale, soit qu'un homicide ou tout Mire acte grave ait été commis par eux sous l'influence du délire. Ert Angleterre, il existe même un asile spécialement destiné aux aliénés vagabonds et aux fous dits criminels, et
Idêpuis longtemps M. Brierre de Boismont et quelques autres médecins ont réclamé pour la France la création d'établissements analogues.
C'est à l'architecte qu'il appartient de réaliser ces divisions êft appropriant chacune d'elles à sa destination spéciale. Toutes doivent être parfaitement isolées, en se reliant cependant par des moyens de communication faciles à l'ensemble de l'établissement. Les quartiers d'agités seront toujours relégués sur leà points les plus excentriques : seuls ils devront contenir des cellules convenablement isolées, ayant autant que possible une cour spéciale, de telle sorte qu'un malade
(1) Thèse 'J 852. *
^'^^^ DKS ASILES d'aliénés.
tlangereux ou bruyant ne devienne pas pour les autres un sujet de trouble ou d'excitation. Quant à l'étendue propor-. tionnelle qu'il faut attribuer à ces diverses sections, il est admis généralement que les agités, les épileptiques, les malades de l'infirmerie et les cas aigus en traitement rJpr.-sentent chacun 10 pour 100 de la population d'un asile. L. s six autres dixièmes sont constitués par les chroniques et les* incurables, les convalescents, les enfants, les malades déte». nus judiciairement ou ayant besoin d'une surveillance plus , rigoureuse. i
La forme générale à donner aux établissements d'aliénés! présente de nombreuses variétés. V
La disposition en carré des bâtiments permet une séparation exacte des sexes, facilite les divisions et permet aux services généraux d'être à proximité de toutes les parties de la maison. Mais la ventilation est insuffisante, la perspective se ' trouve souvent sacrifiée, et il devient difficile d'isoler complètement les malades agités ou dangereux. 11 faut dire, toutefois, que ce type primitif peut être heureusement mo- ' difié, et alors il fournit des combinaisons très heureuses. Au heu d'un carré central on peut avoir différents carrés for- ' mant des cours ou des bâtiments rattachés à une hgne droite, ou bien encore un carré long segmenté par des divisions . rectangulaires formant des cours et des jardins. A
La forme cruciale^ que Ton retrouve dans beaucoup d'établissements anglais, présente dans son modèle le plus élémentaire, quatre cours séparées entre ehes par une hgne cruciale. Ce type peut être plus compliqué : c'est ainsi que la forme générale de l'étaWisseraeni peut consister en deux croix confondues par leurs bras et laissant entre elles des intervalles destinés aux cours et aux promenoirs.
La forme rayonnée^ empruntée à la disposition des prisons cellulaires, est mauvaise sous tous les rapports, et ne donne qu'une sécurité illusoire sous le rapport de lasurveil-