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II. — Causes occasionnelles

^" Les causes occasionnelles de V ordre moral, tout en aidant au développement des hallucinations, influent sur leur nature et leur aspect.

Les ténèbres, la frayeur, un récit émouvant, une crainte préconçue, suffisent pour faire voir à un esprit frappé l'apparition dont on l'a entretenu. Dans les temps de superstition où la croyance au démon était si répandue, cette idée suffisait pour donner au déhre une tournure à part, et chaque halluciné voyait, dans les plus minutieux détails, le diable tel qu'il l'avait entendu décrire. Le remords fait apparaître au coupable celui qui a été sa victime, et l'espoir, la crainte, -Tles pressentiments, sont souvent le point de départ de ces kisions, de ces hallucinations de l'ouïe qui, coïncidant avec des événements réellement accomphs, produisent tant d'impression sur les gens du monde et les portent à croire à de mystérieuses influences.

2° Les causes occasionnelles de Vurdre physique sont des (" tats, soit physiologiques, soit pathologiques, qui agissent directement ou indirectement sur l'encéphale : nous mentionnerons principalement l'état intermédiaire à la veille et lu sommeil, le rêve; la congestion cérébrale, quelle que soit <a nature; laméningite, l'encéphalite; les hémorrhagies, la

(1) Tliore, De- hallucinalions de la première enfance (Ann. méd.-mxich. IH'i9^p. 72). •

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chlorose, l'absLinence prolongée; les fièvres de toute nature, les afleclions inllammatoires ; et enfin les névroses, la rage, l'épilepsie, l'hystérie, la chorée.

a. Etat intermédiaire à la veille et au sommeil. — Le passage du sommeil à la veille, et surtout de la veille au sommeil , alors que le sujet "fest à peine assoupi, prédispose aux hallucinations. Cet état intermédiaire, dont M. Baillarger a signalé l'influence (1), amène en outre un redoublement d'activité dans les illusions et les hallucinations chez les sujets habituellement en proie à des troubles sensoriaux; il suffit à quelques individus aliénés ou sur le point de le devenir, d'abaisser les paupières pour que ce phénomène se produise, mais aussi, dès que l'assoupissement cesse, il disparaît ; la lumière d'une lampe, une clarté un peu vive, suffisent pour empêcher sa production. Ces hallucinations, que M. Alfred Maury appelle hypnago(/iques, offrent parfois assez de suite et de liaison; tout en reposant sur des connais-^ sances acquises , sur des faits dônt on s'est préalablement s rendu compte pendant l'état de veille, elles n'excluent ni ! l'atLenlion, ni le jugement, ni la mémoire, ni les autres | opérations intellectuelles, mais l'esprit, au raiheu de cette ( somnolence, est entraîné par une sorte d'enchaînement fatal; I tout en sachant ce qu'il fait, il agit sans le vouloir et sansréflexion, et assiste comme un étranger à ses propresactes (2).

ô. Rêves. — Le sommeil lui-même est loin d'être un obstacle à la production des hallucinations. On a distingué et avec raison deux espèces de rêves : les uns, purement intellectuels, dans lesquels on voit et l'on entend par les yeux de l'esprit; les autres accompagnés d'hallucinations réelles, et

' (1) Bulletin de l'Académie de médecine. Paris, 18^2, t. VU, p. 758. (2) A. Maury, De certains faits observés pendant les rêves cl dans l'étal intermédiaire à la veille et au sommeil {Annales méd.-paych., 1857, p. 17i).

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qui laissent après eux un souvenir aussi net et aussi précis que si le fait s'était véritablement passé sous les yeux du sujet. Aussi ce n'est pas sans raison que des aliénistes ont cherché à établir l'identité de l'état de rêve et de la folie (1), Bon pas l'identité organique, mais l'identité psychologique, résultant dans les deux cas de l'exercice involontaire de la mémoire et de l'imagination qui, abandonnées à elles-mêmes, ' forment mille combinaisons bizarres auxquelles nous assistons sans pouvoir les modifier : c'est là ce que M. Maury a appelé l'automatisme de l'intelligence.

11 est d'ailleurs remarquable que quelques aliénés raisonnent le jour en conformité des idées et des perceptions de la nuit, qui sont devenues, pour eux, l'objet d'une conviction profonde. Leurel avait déjà noté que certains malades ne déraisonnaient jamais s'il ne se mêlait à la conversation rien qui eût trait à leurs rêves. Bien plus, on a vu des hallucinations développées pendant l'état de rêve, persister même après le réveil. M. Michéa (2) en cite deux exemples curieux. Une certaine nuit, dormant d'un som- ' raeil léger, saint Bernard entendit comme les voix d'une 1 nombreuse multitude passant auprès de lui. S'étant éveillé et entendant plus distinctement ces mêmes voix, il sortit de la cellule où il était couché, et suivit ces voix qui s'éloi- \ gnaient. — La compagne de sainte Thérèse, sœur Anne î de Saint-Barthélemy, aperçut, une nuit, en songe, la Vierge I tenant l'enfant Jésus dans ses bras; la sœur Anne s'étant V réveillée, la vision persista avec la même clarté que durant î le sommeil.

I Les hallucinations du sommeil persistant pendant l'état de veille, peuvent avoir des conséquences désastreuses, et acquérir une grande importance médico - légale. Hofî-

(1) Moreau de Tours, De l'identité de l'état de réve et de la folie (Ann, méd.p$ych., 1855, t. XIX, p. 361).

(2) Op. «7., p. gi.

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bauer (1) rapporte l'iiistoire d'un paysan qui, éveillé en sursaut par un songe effrayant, aperçoit, même après son réveil, un fantôme qui s'approche de lui : saisi de frayeur, il s'empare d'une hache, frappe avec fureur et lue sa femme qui reposait près de lui.

L'influence exercée sur la production des hallucinations par le sommeil, et surtout par l'état intermédiaire à la veille et au sommeil, état caractérisé très prohablcment par une modification dans la circulation cérébrale, nous amène à parler de quelques états pathologiques dans lesquels le trouble organique est plus nettement appréciable.

c. A ffectio7is cérébrales. — C'est ainsi que les hallucinations et les illusions peuvent ôlre liées à l'état congestif du cerveau. Non-seulement on les rencontre dans la congestion cérébrale à forme régulière, mais encore on les a notées comme symptômes précurseurs dans l'hémorrhagie cérébrale (2) ; peut-être est-ce à la congestion du cerveau qu'il faut encore attribuer les hallucinations survenues sous l'inlluence d'un froid violent (3), ainsi que les hallucinations de la vue qui troublent le sommeil des malades atteints d'affections du cœur, chez lesquels la circulation cérébrale s'exécute d'une manière très imparfaite (h).

La méningite, l'encéphalite, la méningite cérébro-spinale épidémique peuvent s'accompagner d'hallucinations et d'illusions de l'ouïe, et surtout de la vue; mais ces troubles sensoriaux n'ont alors qu'une valeur secondaire et se confondenl au milieu des autres symptômes.

d. Causes débilitantes. — On a vu des hallucinations multiples se développer sous l'influence de la chlorose, d'hémorrhagies abondantes, de pertes séminales excessives,

(1) Voy. Brierre de Boismont, Des halhiciualions, p. 270.

(2) Rochoux, Hecherchei iur l'apoplexie, p. 'Mi.

(3) Archives méd., 1824, t. XXIX, p. 262.

(4) Amu méd.-psychol., m^i, t. IV, p. -I?/.

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et disparaitrc quand un Irailement général avait relevé les forces du malade et rendu au sang sa composition normale.

D'autres causes débilitantes, comme l'insomnie, les jeûnes .prolongés, agissent de la même façon. C'est par une absti- ;nence prolongée pendant trente, quarante jours, et même 'plus, que certains extatiques se préparaient aux visions qu'ils -se donnaient volontairement, et dont ils ont laissé des descriptions si parfaites. M. Savigny, naufragé sur le radeau de hi Méduse, en proie aux horreurs de la faim, voyait autour de lui une terre couverte de belles plantations, et il se trouvait avec des êtres dont la présence flattait ses sens. Parmi ises compagnons, les uns se croyaient encorq à bord de la Méduse, eTiiouvQZ des mêmes objets qu'ils y voyaient tous les jours; ils apercevaient des navires et les appelaient à leur secours, ou bien une rade au fond de laquelle se trouvait une superbe ville; un autre croyait parcourir les belles campagnes de l'Italie (1).

e. Fièvres, phleg7nasies. — Un simple mouvement fébrile suffit chez des individus prédisposés pour développer des hallucinations. Rien n'est plus commun chez les enfants, qui, ■le soir, pour peu qu'une légère indisposition ait accéléré le «pouls, voient des fantômes, des objets effrayants qui troublent même leur sommeil. J'ai connu une vieille dame sujette à des accès de fièvre intermittente, chez laquelle chaque mouvement fébrile s'accompagnait de déhre et d'haUucinations '1de la vue. Tout d'abord les malades décrivent avec beaucoup de sang-froid ces visions dont ils reconnaissent la nature et auxquelles ils n'attachent aucune importance; bientôt ils en •sont importunés et cherchent à s'en débarrasser comme d'une sensation incommode ; plus tard ils croient à la réahté ^de leurs hallucinations, et c'est qu'alors ils sont en proie au

(l) IMaihn du naufrage de la Méduse, 4'" édit., 1821, p. 121 cl 122 ; et Bricrrc '.le Boismonl, op. cit., p. A^il.

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délire. Conolly a 1res bien clécril ces divers degrés, qu'il n'est pas rare d'observer cbez le même malade, selon que la maladie progresse ou diminue.

Les ballucinaliuns se rallachent encore à titre de phénomène sympathique à beaucoup d'ad'eclions, soit générales, soit locales, dans lesquelles le système nerveux se trouvé affecté secondairement : c'est ainsi qu'on les a signalées dans le typhus, la peste, la fièvre typhoïde, la fièvre intermillente, l'érysipèle de la face, le phlegmon du cuir chevelu, la pneumonie, la phthisie pulmonaire, la variole; soit dans la période ascendante de ces diverses affections, et alors elles sont dues à l'intensité du mouvement fébrile ; soit dans la période terminale, et alors elles s'expliquent naturellement par la faiblesse extrême de malades épuisés par la fièvre heclique.

/. Névroses. — Les hallucinations s'observent à titre de complication dans un grand nombre de névroses qui se rattachent ainsi indirectement à la folie.

Elles constituent un symptôme essentiel de l'extase, et par le spectacle merveilleux qu elles déroulent devant le malade, le maintiennent dans un état prolongé de ravissement et de béatitude. 11 suffit de lire le récit des extases de saint Paul, et surtout VApocali/pse de saint Jean, pour voir combien l'hallucination des extatiques peut revêtir de grandeur et de .fécondité dans ses images.

Elles jouent un rôle important dans Vépilepsie, car il arrive quelquefois que l'aura est constituée par un trouble sensorial : les malades, un instant avant le début de l'atta- (jue, voient des objets lumineux ou des ombres qui s'étendent et les enveloppent; ils sentent des odeurs fétides, entendent des bruits lointains, ou un fracas semblable à celui du tonnerre; chez d'autres, c'est au contraire immédiatement après l'attaque que les hallucinations apparaissent; il survient des visions, ou plus souvent encore des voix qui expliquent ces

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mouvements impulsifs redoutables auxquels sont exposés les iépileptiques au sortir de leurs accès convulsifs.

Rien n'est moins rare que les hallucinations dans Yhys- $érie, alors même qu'il n'existe aucune complication d'aliénation mentale : quelques hystériques voient tous les objets ;Ç5olorés en rouge ou en vert, d'autres entendent des bourdonnements, des soufflements, ou des bruits semblables à jeeux que peuvent produire des corps métaUiques. Il en est jjui sont poursuivies par des odeurs imaginaires : ainsi l'une d'entre elles, dit M. Briquet (1), croyait toujours, après les ficcès, percevoir une odeur de cadavre; beaucoup respirent jivec bonheur des odeurs fétides, telles que celles du musc, du camphre, de l'asa fœtida; on connaît les transformations du goût et les modifications pathologiques que présente la sensibilité générale pendant la durée de cette affection. ■ Enfin, dans le cours de la chorée, et surtout de la chorée hystérique, j'ai signalé le premier (2) l'existence d'halluciaations. Ces hallucinations sont, le plus souvent, limilcos au sens de la vue : rarement elles envahissent le sens de l'ouïe et la sensibilité eénérale. Le soir, dans cet état intermédiaire à la veille et au sommeil, ou même le jour quand ils ferment les yeux, les malades voient autour d'eux des objets effrayants, des fantômes, des figures fantastiques, des têtes de mort, des croix, des cercueils, des cimetières, des sorciers avec tout leur appareil; ou bien encore des animaux, des lions, des loups, des chats, des chiens qui grimpent sur leur lit, se cachent dans les rideaux pour reparaître un instant après. Lorsque la chorée a éclaté à la suite d'une vive frayeur, souvent l'objet qui a si vivement frappé l'attention détermine la nature de l'hallucination. Quand les malades ouvrent les yeux, les visions persistent pendant quelque temps encore

(1) Traité clinique al IhérapeuUque de l'hystérie. Paris, 1859, p. 308. ' (2) Mémoires do l' Académie impériale de médecine, t. XXIV. — Bulletin de VAcadémie du 12 avril 1859, l. XXIV, j.. 741, 107().

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et soLiveiil on cliangeant de forme et d'aspecl, puis elles finissent par disparaître et reviennent de nouveau dès que les paupières s'abaissent, pour se prolonger sous l'orme de rêves, même au milieu d'un profond sommeil. Il en résulte pour les choréiques beaucoup d'inquiétude et d'angoisse ; ils s'endorment avec peine, et lorsque leurs hallucinations se prolongent pendant le rêve, on observe alors ces réveils en sursaut, ces cris, ces cauchemars observés depuis si longtemps, mais dont on n'avait pas encore suffisamment cherché le point de départ.

Les hallucinations ne s'observent pas à toutes les périodes de la chorée : tantôt c'est un symptôme avant-coureur qui se manifeste plusieurs jours avant l'arrivée des phénomènes convulsifs ; tantôt au contraire'elles apparaissent au moment où la maladie convulsive est à son paroxysme, et alors elles se trouvent associées à d'autres troubles intellectuels : irritabilité, défaut de mémoire, hébétude. Leur disparition est un signe d'un pronostic favorable, coïncidant toujours avec une diminution sensible dans l'étendue et l'intensité des mouvements choréiques. Lorsqu'au contraire ces hallucinations deviennent plus nombreuses et plus saisissantes, elles peuvent devenir le point de départ d'un véritable déhre maniaque qui aggrave considérablement le pronostic de la maladie première.

(j. Intoxications. — Terminons cette énumération en rappelant les diverses substances toxiques dont l'ingestion peut amener le développement d'hallucinations. Le plomb, l'acide carbonique, le protoxyde d'azote, l'oxyde blanc d'arsenic, ont paru, dans quelques cas, déterminer des troubles hallucinatoires de l'ouïe et de la vue. 11 en est de même du camphre, de la noix vomique, du sulfate de quinine, de la digitale, et surtout des solanées vireuses, comme la morelle, la jusquiame, la belladone, le datura stramonium, la mandragore : c'est avec cette dernière plante, dite herbe aux

sorciers, que ceux-ci composaient la pommade verte avec laquelle les initiés se frottaient les aisselles avant de se rendre au sabbat. Le haschisch, dont M. Moreau a étudié la curieuse influence, détermine un délire complet dans lequel les illusions et les hallucinations jouent un rôle important. Sentiment de bonheur, dissociation des idées ou affaiblissement du pouvoir de les diriger; erreur sur le temps et l'espace ; développement de la sensibilité de l'ouïe ; idées fixes et conceptions délirantes ; lésions des affections , comme la défiance ou le retour de sentiments passés à l'état de souvenir; impulsions irrésistibles; enfin illusions et hallucinations, tels sont les huit principaux phénomènes qu'une analyse psychologique ingénieuse a permis à M. Moreau de distinguer au miheu du déhre passager causé par le haschisch, déhre dont l'étude a éclairé singulièrement plusieurs points de l'histoire de la folie (1).

A côté de ces diverses substances toxiques, plaçons enfin le café, l'opium et les boissons alcooliques, auxquels nous, consacrerons plus tard un article spécial.

S 9. — Diagnostic.

Le diagnostic de l'hahucinalion repose avant tout sur l'aveu du malade et sur la description très détaillée qu'il peut donner lui-même de ses sensations maladives ; au railieu de ses plaintes, de ses accusations, on arrive bien vile â découvrir le point de départ du délire, et à obtenir des exphcations assez catégoriques pour ne laisser aucun doute ilans l'esprit, et pour permettre de distinguer l'hallucination réelle de la fausse hallucination qui est tout intérieure, et dans laquelle le sujet en déhre converse avec lui-même et fait à la fois les demandes et les réponses. 11 est bon, toutefois, de s'assurer auprès de l'entourage du malade que les

(1) Moreau (de Tours), Du haschisch et de ralicimlion mentale, éludes psychologiques. Paris, 18A5.

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bruits, les odeurs, les saveurs dont il se plaint ne correspondent à rien de réel.

Mais il peut arriver que l'iialhiciné. placé vis-à-vis du médecin qui le questionne, se tienne sur la réserve, nie avec obstination, réponde d'une manière évasive à toutes les demandes, ou se maintienne dans un mutisme absolu. Si avec de l'adresse, si en le flattant, en le rudoyant, en le mettant en colère, on ne parvient à obtenir aucun aveu, il faut se contenter d'une observation rigoureuse maintenue pendant quelques jours. Il est rare, en effet, que l'halluciné, môme celui qui dissimule avec le plus de ténacité, ne finisse pas par se trahir : on le verra, lorsqu'il ne se croit pas observé, écoutant aux portes, faisant des gestes bizarres, se bouchant les oreilles, regardant fixement un point éloigné et laissant paraître sur son visage les diverses émotions qu'il éprouve. Celui-ci flaire ses boissons et les rejette avec colère ; celui-là, au milieu d'un état de calme apparent, se hvre tout à coup à un acte de violence inattendu. En général, toutes les fois qu'un aliéné se laisse aller à des habitudes singulières qui ne peuvent s'expliquer par aucune idée déhrante connue et avouée, et qui par leur étrangeté semblent hors de proportion avec le degré de la maladie, on est en droit de soupçonner quelque hallucination qui sert de mobile à ces actes en apparence inexplicables; mais il faut ne pas se prononcer à la hâte, et ne jamais oublier que l'aveu direct ou indirect du malade est encore la seule base qui permette d'asseoir le diagnostic d'une manière inattaquable.

§ 8. — Pronoaiie.

\jB pronostic des hallucinations dépend surtout des conditions pathologiques au milieu desquelles elles se développent. Liées à un état fébrile aigu, à quelque affection inflammatoire ou à une intoxication, elles ont peu de gravité, et sauf quel-

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