MALADIES INTÉRESSANT SPÉCIALEMENT LES FONCTIONS DES NERFS
Nous avons étudié jusqu’à présent, parmi les maladies nerveuses, celles dont l’expression symptomatique se montre dans tout le système , et nous les avons appelées générales : d’une part, à cause de l’universalité qu’elles affectent, et, d’autre part, en raison de l’ubiquité de leur point de départ dans le système nerveux. Puis nous avons entamé l’étude des maladies nerveuses spéciales , c’est-à-dire de celles qu’on doit physiologiquement localiser dans des parties déterminées de ce système. Nous avons fait l’histoire , entre les maladies nerveuses spéciales , de celles qu’il nous paraît raisonnable d’attribuer exclusivement au système nerveux central , le cerveau et ses dépendances immédiates.
Dans \e premier livre, nous avons rencontré partout un dérangement des fonctions nerveuses, impossible à localiser; s’exerçant dans toute l’organisation en vertu de dispositions encore inconnues; ayant une expression
T. II. I
symptomatique malgré cela bien nette et bien tranchée, qui sépare complètement ces affections (le toutes les autres, même de celles qui semblent plus susceptibles d’un rapprochement superficiel. Dans le second livre , ou plutôt dans la première partie de ce second livre, nous avons rencontré des affections encore générales par leurs symptômes, mais bientôt reportées par l’analyse des fonctions du système nerveux et des symptômes à un trouble limité dans l’encéphale. Nous avons établi que si le point de départ au centre nerveux peut produire des désordres fonctionnels secondaires dans tous les aboutissants de ce système, il fallait néanmoins reconnaître qu’au centre surtout se montrent constamment les expressions les plus caractéristiques de la maladie, et que l extension physiologique du mal à la surface dépend exclusivement du point de départ primitif dans le cerveau.
Nous allons entrer maintenant dans un autre ordre d’idées, et à mesure que nous descendrons dans les particularités de notre sujet, nous verrons de plus en plus se dessiner la localisation du mal. Nous reconnaîtrons de plus en plus nettement le point de dépar t de la maladie; nous en déterminerons plus facilement le siège, quoique nous soyons encore forcé de reconnaître le plus souvent que nous n’avons rien de précis à indiquer sur la nature de l’altération. La localisation hors des centres, le trouble dans des fonctions spéciales, bien déterminées, ce sera le caractère dominant des maladies nerveuses qui vont nous occuper.
Certaines d’entre elles pourront avoir quelque chose de général, soit par la réaction que toutes les affections nerveuses même les mieux localisées ne manquent jamais d’exercer sur le centre des mouvements, des sensations et des idées; soit parce que certaines maladies nerveuses locales peuvent se montrer