INTRODUCTION. XI
combattu ces créations de rimcagïnation qui , la plupart du temps, ne cachent que l'illusion, et quelquefois le mensonge. J'ai toujours cherché à appliquer à cette partie de mes recherches les principes de la Société médicale d'observation et de son illustre fondateur et président, de M. Louis. Je n'hésite pas à le dire , sans ces principes d'un grand rigorisme et d'une sévère probité dans l'étude des phénomènes morbides , il est impossible d'arriver à des doctrines pathologiques solides et durables. Si ces principes n'ont pas encore reçu l'application générale qu'ils méritent , c'est qu'il est fort difficile de bien observer et que la plupart des hommes qui se disent observateurs aiment mieux se fier à leur mémoire complaisante que mettre en pratique la méthode bien plus pénible de l'étude exacte et approfondie des faits et de l'appréciation sévère des doctrines.
Dans la partie thérapeutique j'ai cherché à donner des notions aussi complètes que l'état actuel de la science le comportait, et tout en déplorant le premier les lacunes de cette partie de la pathologie, j'ai fait mon possible pour mettre sous les yeux du lecteur le résultat impartial d'une assez grande expérience personnelle dans le traitement des maladies en question, ainsi que l'analyse critique des plus importants matériaux thérapeutiques qu'offraient les écrits des grands praticiens.
La partie générale commence par l'exposé des caractères physiques, microscopiques et chimiques de la matière tuberculeuse, caractères spéciaux d'une démonstration assez facile pour permettre, à eux seuls, déjuger si une altération morbide est ou non de nature tuberculeuse. J'ai cherché à démontrer aussi dans cette partie de mon travail que les phases d'évolution des tubercules étaient les mômes partout; que l'ulcère tuberculeux, par exemple, offre des caractères fondamentaux indépendants du lieu où on l'observe.
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J'arrive ensuite tout naturellement à la question de l'existenee ou de la non-existence d'une matière scrofuleuse particulière, question que j'ai résolue d'une manière nette et tranchée par la négative. C'est au commencement de ce chapitre que se trouve la définition de ce que je comprends sous le nom de maladie scrofuleuse.
Dans un troisième chapitre j'expose l'état actuel de la science sur l'examen du sang dans ces deux classes de maladies , d'après les travaux de MM. Andral et Gavarret , de MM. Becquerel et Rodier et de M. Nicholson pour ce qui a trait à sa composition chimique , et aussi d'après les recherches de M. Dubois (d'Amiens) et les miennes propres pour ce qui concerne sa composition microscopique. Disons-le de suite , ces recherches ne m'ont conduit à aucun résultat positif et satisfaisant pour la solution de ces questions.
Dans le quatrième chapitre je passe en revue le siège comparatif des scrofules et des tubercules ; c'est une sorte d'esquisse générale de la physiologie pathologique et des différences qui existent entre les modes de localisation et d'élection de ces deux genres d'aiïections.
Le cinquième chapitre traite de l'étiologie ; j'ai cherché à apporter dans cette appréciation une grande sévérité, pénétré que je suis de la conviction que , dans les sciences positives, il faut toujours tracer nettement la limite entre la notion exacte et l'hypothèse. Malheureusement, dès qu'il s'agit des causes des maladies, on cherche généralement encore à masquer, par des suppositions souvent ingénieuses et professées avec une certaine assurance, l'absence de connaissances réelles et incontestables.
Le sixième chapitre , qui termine la partie générale , traite successivement de la thérapeutique générale des scrofules, des tubercules superficiels et de la tuberculisation interne, et déjà dans cette esquisse rapide je fais voir que la thérapeutique ,