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CHAPITRE XX

PÉRIOSTITE ET PÉRIOSTOSE.

g 1. — ÉTIOLOGIE.

Le tissu fibreux qui entoure les os, peut, aussi bien que celui qui forme les capsules articulaires, subir l’influence de la blennorrhagie. Tantôt ses lésions sont le résultat d’une poussée fluxionnaire , tantôt elles sont constituées par une infiltration plastique entre l’os et la membrane. De là leur division en périostites et périostoses.

C’est M. Fournier, qui, dans son excellent travail sur les arthropathies blennorrhagiques, a le premier, en 1869, signalé et décrit cette autre conséquence des écoulements.

Ces accidents périosliques sont relativement rares. Malgré sa grande pratique, Fournier n’en avait observé qu’une douzaine de cas en 1869. Toutefois, comme ils coïncident généralement avec d’autres affections désarticulations ou des gaines tendineuses liées à la blennorrhagie, il se pourrait que souvent ils aient été confondus avec quelques lésions des tissus superficiels.

Les points sur lesquels ils se localisent sont des plus variables. Je trouve, en effets notés: Le grand trochanter, le tibia, au niveau de ses tubérosités antérieures et latérales; l’extrémité supérieure du péroné ; le calcanéum, les métatarsiens, particulièrement l’apophyse du cinquième de ces os; l’omoplate (bord spinal); l’épitrochlée; le cubitus (extrémité inférieure, face souscutanée), la face postérieure des grands os; le troisième méta-

SYMPTOMATÜLCiGlE.

carpien ; les apophises épineuses du rachis. Comme on le voit c’est presque toujours au niveau d’un point proéminent, d’une saillie du squelette que l’on devra chercher ces lésions.

g 2. — SYMPTOMATOLOGIE

C’est par la douleur que se révèle la périostite; elle est toujours nettement circonscrite en un point. La pression l’exaspère singulièrement. En même temps l'exploration permet d’y reconnaître dans une étendue qui ne dépasse pas celle d’une amande, ou d’une pièce d’un franc, une tuméfaction formant légère saillie avec empâtement des tissus. Quelquefois même la fluxion s’est propagée jusqu’aux téguments, qui présentent un faible degré de suffusion rosée inflammatoire.

Toutefois, nous ne saurions trop insister sur ce point, pour reconnaître de pareilles lésions, il faut les chercher, et, lorsque les malades font part d’une algie plus ou moins limitée, douleurs de jambe, de pied, d’épaule, etc., savoir dégager la localisation du mal, en dépit de la complexité anatomique des régions, sans se contenter d’un diagnostic approximatif.

Un malade affecté déjà de plusieurs accidents blennorrhagiques se plaint d’une douleur dans le dos, qui ne lui laisse pas un instant de repos. M. Fournier passe la main sur la colonne vertébrale, et détermine tout à coup un cri de souffrance. Une exploration minutieuse démontre que cette douleur avait pour siège, et pour siège exclusif, une des apophyses épineuses de la région dorsale; le plus léger attouchement en ce point provoquait une souffrance intolérable, mais autour, au delà de cet espace de la grandeur d’une pièce de vingt centimes, la région était absolument indolente.

Un autre accuse une vive souffrance derrière l’épaule ; à un examen superficiel, on eût pu croire la jointure affectée; la palpation attentive fait reconnaître que la lésion réside uniquement sur une portion des plus limitées du bord postérieur de l’omoplate. Selon toute vraisemblance, la douleur sous le talon notée par les auteurs est liée à une périostite, et peut être en est-il de même de celles qui sont si fréquemment ressenties sur les phalanges, sous le tarse, sous le métatarse, mais dans ces derniers cas le siège profond des lésions ne permet pas de les localiser aussi exactement.

Après une durée de quelques jours, ces symptômes disparaisent ; la résolution est complète. Ce sont les cas les plus heureux,

PÉRIOSTITE ET PÉRIOSTOSË.

mais il peut arriver, plus rarement il est vrai, que la tuméfaction persiste et s’accroisse, et, que la périostite, par suite de l’organisation des produits infdtrés, fasse place à la périostose.

La périostose donne lieu à la production de tumeurs, qui paraissent avoir leur origine dans la trame même du périoste. Aplaties, étalées, immobiles, elles sont en général douloureuses à leur début, mais deviennent peu à peu de moins en moins sensibles. Elles sont dures au toucher. Leur volume peut dans certains cas devenir considérable. Un malade vu par Fournier et Legroux portait : 1° à la région thoracique, au niveau de la première et de la deuxième côte, près du sternum et de (a clavicule, une tumeur arrondie, du volume et de la forme d’une moitié d’abricot ; 2° à la région sacrée, près du bord externe du sacrum, et à deux ou trois centimètres au dessous de la dernière lombaire, une seconde tumeur semblable à la première, mais plus considérable.

Ces périostoses se rencontrent souvent, coïncidant avec les lésions articulaires, et donnent lieu alors à la forme noueuse, qui, suivant toute probabilité, ne serait qu’une lésion mixte résultant à la fois et d’une arlhropalhie et d’une périostite exsudative de voisinage.

Leur durée e. st longue ; elles mettent parfois plusieurs mois à disparaître, mais la résolution est leur terminaison habituelle.

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