BLENNORRHAGIE OCULAIRE
matière blennorrhagiqiie sur la conjonctive qu’il faut l’attribuer, et non à raclion des sympathies qui existent entre les organes génitaux et les yeux. L’homme, en effet, est plus sujet à se souiller les doigts, qui peuvent porter ensuite la matière irritante sur les yeux, et l’enfant en subit le contact en traversant un vagin infecté. Si l’action des sympathies en était la cause, la maladie serait certainement plus commune. Du reste, des ophthalmies catarrhales ordinaires peuvent se développer pendant le cours d’une blennorrhagie urétrale, comme dans toute autre circonstance, et rendre alors le diagnostic obscur , ou même impossible, attendu qu’il n’y a de différence, entre l’ophthalmie catarrhale simple et l’ophthalmie blennorrhagique vénérienne, que dans la cause, bien souvent difficile à préciser, et dans les conséquences plus graves de cette der^ niére variété.
Le premier principe à poser dans le traitement de la blennorrhagie ophthalmique, c’est la rapidité et l’énergie dans les moyens à employer. Ici le tâtonnement et l’incertitude sont suivis, le plus souvent, de la perte des yeux.
Après avoir recommandé aux malades (comme prophylaxie) d’éviter tout ce qui peut irriter directement ou indirectement les organes de la vue, et surtout de ne pas les toucher avec des
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doigts salis par du muco-pus blennorrbagîque, dés que les premiers signes de Fophthalmie se montrent, sans attendre que celle-ci ait atteint son entier développement, pour établir un diagnostic plus certain, on doit avoir recours au traitement suivant :
Le malade est-il fort, on fait pratiquer une saignée du bras et mettre des sangsues en nombre toujours assez considérable : trente, quarante, cinquante; les sangsues sont appliquées en même temps au niveau de i’aile du nez du côté malade, à la tempe, en évitant les paupières, et sur le trajet des jugulaires du même côté. Cela étant fait, on renverse les paupières, sans les fatiguer par une trop forte pression, et on passe dessus un crayon de nitrate d’argent , de manière à blanchir la surface delà conjonctive palpébrale, et ensuite, encore plus superficiellement, celle de la conjonctive oculaire.
Après cette cautérisation, qui, pour réussir, ne doit pas être profonde, il faut immédiatement faire une injection d’eau froide entre les paupières , de façon, à ne pas laisser de nitrate d’argent sur la cornée. Aussitôt que celte petite opération est terminée, on couvre l’œil de compresses imbibées d’une décoction de têtes de pavot employée froide. Mais comme, dans cette opbthalmie grave, il existe le plus souvent.
BÎ.EXXORRHAGÎE OCULAIRE.
beaiîooiip d’irritabilité sympathique ou même de rinflammatioîi successive des parties profoudes, la douleur est fréquemment très vive et accompagnée de photophobie. Ce dernier symptôme, et les conséquences fâcheuses qu’il produit par la contraction de la pupille et les adhérences qui peuvent se faire par les épanchements qui ont quelquefois lieu , sont avantageusement combattus par les applications d’extrait de belladone faites à la base de l’orbite et dans la narine du côté malade.
Si déjà il existe un chémosis, accident auquel il faut apporter la plus grande attention , et qui détermine le plus ordinairement la destruction de la cornée par une sorte d’étranglement, quelle que soit l’époque à laquelle on ait commencé le traitement, il faut, sans hésiter, en pratiquer l’ex.cision, en soulevant la muqueuse avec de petites pinces à crochets et en l’emportant à l’aide de ciseaux courbes. Lorsqu’on n’a encore à faire qu’à un chémosis œdémateux , les chances de succès sont bien plus grandes que lorsque le chémosis tient à un état vraiment phlegmoneux et qu’il est dur; cas dans lequel l’excision devient, le plus ordinairement, impossible, et qui ne permet que les mouchetures, sur lesquelles il faut bien moins compter.
Qu’on ait ou non pratiqué l’excision d’un ché-
mosis , il faut toujours insister sur les applications de nitrate d'argent.
Le nitrate d’argent sur la muqueuse palpébrale change presque de suite la nature de la sécrétion, qui, de muco -purulente , devient sérosanguinolente. Lorsqu’une application a réussi, après cette sécrétion artificielle, on voit diminuer le gonflement œdémateux des paupières ; la congestion et l’inflammation de la conjonctive faiblissent, et la marche vers la résolution a lieu. Pour compléter celle-ci, il ne faut plus alors que l’application d’uii exutoire à la nuque (vésicatoire au séton^ et Tusage de quelques collyres, parmi lesquels il faut mettre, en première ligne, le nitrate d’argent à un grain par once d’eau.
Mais si la maladie persiste, et que la sécrétion puriforme continue ou s’accroisse, il faut revenir aux applications de nitrate d’argent, et cela, toujours avec les plus grands ménagements, mais sans se laisser arrêter par de vaines craintes. Ces applications doivent être répétées quelquefois tous les jours ou tous les deux jours ; et, chez les enfants, il m’est arrivé, au début, de les faire deux fois dans la même journée.
En même temps qu’on emploie cette médication énergique, répétée aussi soüvenl que l’intensité des symptômes l’exige, et sans attendre , comme le font quelques personnes ^ d’un jour à l’autre ,
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pour rester toujours en arrière des accidents, qui marchent avec tant de rapidité, il faut ne pas manquer d’agir sur le canal intestinal, tant pour entretenir sa liberté et diminuer par là des causes de congestions céphaliques , que pour tirer parti d’une puissante révulsion.
Du reste, tous les soins accessoires qu’exigent les oplilhalmies catarrhales en général sont applicables et ne doivent pas être négligés.
Si récoiilement génital primitif est un nioment diminué dans le cours de l’ophthalmie blennorrhagique, il n’est jamais complètement suspendu, et l’on peut affirmer, malgré des opinions contraires, qu’il n’y a aucun bénéfice à l’aviver ou à en déterminer un nouveau.
Les antiblennorrhagiques ; cqpahu, çubébe, etc., n’ont aucune action sur cette maladie, quel que soit leur mode d’administration. 11 en est de même des anlisyphilitiqoes proprement dits, tels que les mercuriaux.
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Blennorrhagie male.
Blennorrhagie anale. — Cette forme est incontestablement la plus rare de toutes , et bien qu’elle soit due ordinairement à des rapports anti physiques, elle arrive souvent chez les femmes et les petites filles par suite de l’écoulement du muco-pus blennorrhagique venant de la vulve. Souvent encore des écoulements blennorrhoïdes de l’anus accompagnent ou suivent le développement des chancres de cette région, ou sont la conséquence plus fréquente d’une éruption de tubercules muqueux..
A la période aiguë, il faut insister sur Temploî des antiphlogistiques î les bains, les fomentations émollientes, le repos, et veiller surtout à la liberté du ventre, qu’il faut entretenir par des laxatifs. Dés que l’inflammation est calmée, les fomentations résolutives avec les solutions d’acétate de plomb, ou astringentes avec l’alun, réussissent souvent^ Mais une médication encore