DE LA VENTILATION DES SERRES
Lorsqu’en hiver, les plantes sommeillent, il est assez naturel de n’attacher qu’une médiocre importance aux moyens artificiels d’aération. En effet, la ventilation accidentelle qui se produit par les joints des vitres et les autres ouvertures de la serre est souvent suffisante.
Mais il n’en est pas de même si les plantes sont en pleine végétation. Leur vitalité se manifeste surtout par l’assimilation d’un des éléments de l’atmosphère et on comprend, de prime abord, de quelle importance est alors le renouvellement de l’air dans une enceinte close. Les plantes vont nous apprendre ici ce que nous verrons plus tard, quand il s’agira de la ventilation des salons, où ce qu’on entend par ventiler, consiste à ouvrir, soit un vasistas, soit une porte qui amène souvent de l’air à 0° dans une salle de bal où la température est à + 30 ou 40 : c’est une avalanche de rhumes et de fluxions de poitrine qu’on introduit dans la salle, et malheur aux partisans de l’aération ! On les voue aux dieux infernaux et l’on se hâte de tout fermer hermétiquement pour s’empoisonner les uns les autres.
Eh bien ! les plantes nous tiennent un langage bien clair : comme nous, elles ne peuvent se développer sans air, mais à une condition, c’est qu’il entrera préalablement chauffé, et non surchauffé, c’est qu’il ne produira pas de courants perfides et qu’il sera divisé à son entrée. Pour cela, il y a plusieurs moyens : d’abord on peut combiner des ventouses amenant l’air extérieur autour du thermosiphon ou des tuyaux de fumée. Ces ventouses seront soigneusement fermées la nuit, surtout en cas de cessation de feu; ou bien, comme le conseille Thompson, on entourera par intervalle quelques mètres des tuyaux de circulation d’un double tube (tig. 246), isolé de quelques centimètres et recevant l’air extérieur par une ventouse dont on règle l’ouverture à volonté avec une clef. L’air se renouvellera ainsi au
contact des tuyaux et la sortie en aura lieu, soit par une bouche d’appel allant au foyer, soit par des ouvertures à coulisse ménagées
dans les parties supérieures des murs. On a proposé, pour l’introduction de l’air en hiver, une foule d’autres moyens. L’essentiel, c’est que l’air rentrant n’arrive jamais sur les plantes sans être préalablement élevé à une température convenable, en le mettant au contact des appareils et qu’on puisse en régler l’entrée suivant les besoins. Mentionnons, en terminant, les moyens usuels les plus employés pour proportionner la température des serres aux besoins des plantes. Ils consistent uniquement dans la multiplication des tuyaux, comme l’indique la figure 239, ou dans des serpentins, ou des multiplications de transmission par des plaques (fig. 245), moyens que nous avons vu proposer depuis longtemps par Sylvester et appliqués par M. Gurney en Angleterre dans ses appareils.