‹ Traité pratique du chauffageChapitre 16 sur 90 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Nous n'ayons pas à nous occuper ici des bains sous le rapport médical, mais seulement au point de vue de leur installation domestique. Vouloir démontrer leur influence sur la santé serait superflu. On a dit avec raison : < Pas d'eau, pas de propreté : pas de propreté, pas de santé. » Pour l'hygiéniste, saleté est synonyme de paresse, abrutissement, mauvais instincts. Au contraire, propreté veut dire : bonne humeur, activité, respect de soi-même et moralité. J'ai eu souvent occasion de fréquenter les classes pauvres, j'ai toujours vu le vice habiter des maisons sales et d'apparence douteuse. Par contre, le travail et l'honnêteté s'annoncent généralement par un logement propre et bien tenu. Chacun sait que, dans la machine humaine, la nature a deux modes d'expulser les matières impropres à la vie : la défécation et la transpiration ; de là, l'importance capitale de ces deux fonctions, dont le dérangement amène toujours un trouble sérieux dans la santé. Les anciens, comme les peuples du Nord aujourd'hui, ne regardaient pas comme complet un bain ordinaire par immersion, ils y ajoutaient toujours les frictions, le massage et tout ce qui pouvait entretenir à la peau la souplesse et la puissance d'élimination. Pourquoi l'usage de ces bains est- il si peu répandu chez nous, tandis qu'il est si commun à l'étranger? Cela tient à la rareté comparative de l'eau dans nos villes, à la dépense qu'occasionne souvent leur installation mal comprise, dans nos habitations si étroites ; enûn, cela tient à l'incurie, à l'ignorance où l'on est des moyens faciles,

économiques, d'avoir sous la main à toute heure du jour ou de la nuit, un bain, c'est-à-dire un plaisir qu'on ne peut se procurer qu'à certains moments du jour, je veux dire, quand la digestion est complètement terminée. C'est ici le cas de constater, que partout où l'on fait cuire nos aliments, on a négligé deux emplois importants de la chaleur perdue de nos fourneaux : 1° l'emploi de la fumée pour chauffer l'eau des bains ; 2° l'emploi de cette même fumée, ensuite, pour ventiler la cuisine, une écurie, une pièce quelconque.

Ce sont ces procédés que nous aurons à étudier pour en faire l'application économique dans nos habitations modernes.

Page 1