EFFET DBS DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CHALEUR
Tout le monde a observé que les divers appareils de chauffage et, même les différents genres de combustible, produisent une chaleur différente, non- seulement comme intensité thermométrique, mais comme effet physiologique. On en a cherché la cause dans les analogies que peut avoir la chaleur avec la lumière dont les rayons diffèrent dans leurs effets sur la végétation des plantes. De même, les rayons calorifiques exercent sur nos organes une influence diverse suivant qu'ils proviennent d'une source lumineuse ou obscure, directe ou réfléchie. Que l'on place un thermomètre vis-à-vis un feu ouvert, ou à une certaine distance d'une surface chauffée, qu'elle soit
de fonte ou de brique, ou bien encore qu'elle provienne d'un courant d'air chaud, l'instrument pourra marquer le même degré et, cependant, l'observateur ressentira des effets bien distincts; la quantité de chaleur peut être la même, la qualité en sera essentiellement différente.
Ces effets distincts produits sur nos organes tiennent à plusieurs causes : d'abord, à la différence de température, lorsqu'il s'agit de chaleur rayonnante et que le corps est exposé vis-à-vis d'un foyer ouvert à une vive chaleur par devant et à un courant d'air froid par derrière. Gela tient, en outre, à la modification apportée à l'air par son contact avec des surfaces surchauffées. Il y a là le sujet d'une étude très-délicate pour le choix à faire des appareils de chauffage. N'oublions pas que le corps humain est composé de matières trèsmauvaises conductrices et qu'il tire sa chaleur de la respiration et de la nutrition. C'est un merveilleux foyer naturel dont la température normale est de + 38° et qui reçoit la chaleur du dedans au dehors et non du dehors au dedans. Le milieu gazeux où il est plongé agit, non pas pour le chauffer, mais pour le refroidir plus ou moins suivant la température de l'air ambiant, et la preuve, c'est que peu de personnes peuvent supporter à l'extérieur notre chaleur interne de 38 Q .
Non-seulement notre machine humaine, si délicate et si parfaite, nous donne des signes certains de l'effet que produisent sur elle les combustibles que nous employons dans nos demeures, mais les plantes elles-mêmes, que l'on n'accusera pas de sensibilité nerveuse, indiquent et confirment, par leur végétation, le plus ou moins de salubrité d'un mode de chauffage. On a attribué à l'humidité de l'air une très-grande influence sur sa salubrité : c'est une erreur. Sans doute, un certain degré d'humidité est utile, mais là encore notre instrument ordinaire, l'hygromètre est en défaut. Ici interviennent d'autres causes, d'autres agents subtils dont il faut tenir compte.
Ces agents sont d'abord : les gaz produits par les fuites provenant des joints des appareils de chauffage. Qu'on regarde les bouches de chaleur dans nos appartements : partout, on verra les peintures plus ou moins noircies. Qu'en conclure, si ce n'est qu'une portion de la fumée ou des gaz brûlés a trouvé là une issue? Le même phénomène a lieu dans nos cheminées ordinaires. Si l'on brûle de la houille,
toutes nos ménagères ont observé que des molécules de charbon sont déposées en abondance sur les meubles. Le bois lui-même donne sou* vent à la pièce une odeur particulière, à moins d'avoir un tirage des plus énergiques. Pour tout observateur sérieux, le dessèchement de l'air par les poêles n'est qu'apparent : l'air parait sec parce qu'il est plus chaud et qu'il tient plus de vapeur en dissolution. Si les poêles en terre cuite et les tuyaux d'eau chaude ne font pas le même effet, c'est qu'ils ne sont pas aussi fortement chauffés. On sait du reste que l'air sec est généralement plus sain qu'un air humide, parce que la vapeur d'eau a une grande tendance à se combiner avec les matières organiques plus ou moins impures qui existent en grande abondance dans les centres populeux.
Nous aurons à revenir sur ces observations quand nous examinerons la valeur des différents poêles ou calorifères de cave,