‹ Traité pratique du développementChapitre 8 sur 25 · T-ON · texte numérisé non relu

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2. Installation du laboratoire. — Ce serait dépasser notre cadre que de décrire rinstallalion complète du laboratoire de développement. Nous avons d'ailleurs traité la question dans un Ouvrage précédent (^). Ce n'est, du reste, qu'une affaire d'agencement et d'organisation. Mais il y a divers points que nous voudrions examiner d'une manière toute spéciale, car ils ont une importance particulière au point de vue du développement,

3. Éclairage du laboratoire, — Ainsi nous parlerons tout d'abord de l'éclairage du laboratoire. Cette question est devenue capitale, depuis que les préparations au gélatinobromure, qui ont une sensibilité si exquise , sont universellement employées. Il est indispensable, en effet, de ne les manier qu'à l'abri de toute lumière actinique. Ce dernier terme peut demander une explication pour

(^) La Photographie moderne, Paris, Masson; 1888.

quelques-uns de nos lecteurs. La voici : si sur un prisme nous faisons tomber un faisceau de lumière blanche, un rayon de soleil par exemple, ce rayon est décomposé en une série de faisceaux d'inégale réfrangibilité et de colorations différentes. L'ensemble de ces faisceaux constitue ce qu'on appelle le spectre solaire,

4. — L'action des différentes couleurs du spectre élémentaire sur les préparations sensibles est très instructive, au point de vue qui nous occupe. Ainsi certaines couleurs, d'une grande intensité sur notre rétine, n'ont que peu ou point d'action sur la plaque photographique; tandis que celle-ci est plus affectée par d'autres couleurs moins éclatantes pour notre œiL Le maximum d'action est même atteint dans une partie du spectre où notre œil ne perçoit rien; les rayons lumineux qui peuvent l'influencer et les rayons chimiques qui , seuls, agissent sur les préparations sensibles ne sont donc pas en même quantité dans les diverses parties du spectre, et l'intensité optique, loin de suivre une marche parallèle avec l'intensité chimique, peut être, au contraire, quelquefois en opposition complète. Ainsi, dans le rouge et le jaune, couleurs intenses pour notre œil, les rayons chimiques sont peu nombreux ; ils augmentent dans le vert, le bleu et l'indigo, pour atteindre le maximum dans une partie située au delà du violet, la région

iiltra-violetle, dans laquelle notre œil ne perçoit plus aucun rayon.

L'actinisme an point de vue photographique suit l'ordre que nous venons d'indiquer, et une lumière sera d'autant plus actinique qu'elle possédera plus de rayons chimiques. Inversement, une lumière sera dite noji actinique ou inactinique lorsqu'elle ne comportera que peu ou point de rayons chimiques. C'est donc une lumière de ce genre que nous devrons adopter pour l'éclairage du laboratoire, afin de nous permettre de suivre le développement, sans voir nos travaux compromis par Faction des rayons chimiques.

S. — Théoriquement, on pourrait user de flammes colorées comme celles du sodium ou du strontium qui ne possèdent pour ainsi dire pas de rayons chimiques ; mais, pratiquement, il vaut mieux faire emploi d'une source de lumière blanche et interposer un écran coloré convenablement. Le petit aperçu que nous avons donné des propriétés des diverses régions du spectre nous montre a pi^iori qu'il faut chercher la solution dans les éclairages jaunes ou rouges. Les premiers ont été constamment employés jusqu'à l'avènement du gélatinobromure. Le collodion humide et les collodions secs, d'une sensibilité bien inférieure au nouveau produit, pouvaient, en effet, supporter un éclairage dont les rayons chimiques n^étaient pas entière-

ment proscrits. Actuellement il n'en n'est plus de même; le verre rouge a remplacé le verre jaune, car il laisse passer beaucoup moins de rayons chimiques. Son usage est absolument indispensable, et c'est lui que l'on doit adopter pour l'éclairage du laboratoire. On le fabrique maintenant assez, bien dans le commerce; mais il est nécessaire, croyons-nous, d'en vérifier néanmoins les qualités. L'examen à l'œil est, on le comprend facilement d'après ce que nous avons dit, totalement insuffisant. L'emploi du spectroscope pourrait être conseillé, si cet appareil était plus répandu mais l'amateur, faute d'un examen scientifique à l'aide de cet instrument, pourra faire un essai pratique C[ui sera aussi concluant au point de vue qui l'intéresse. Voici comment il faudra opérer. Mettre une glace sensible dans un châssis négatif, exposer celui-ci aux rayons traversant le verre rouge, à la distance à laquelle on doit développer habituellement. Ouvrir à moitié la porte du châssis, de façon qu'une moitié seule de la glace soit démasquée; puis le laisser ainsi pendant le temps qui correspond

(1) On fabrique cependant de petits spectroscopes de poche à vision directe qui seront d'un usage très pratique si l'on veut faire un examen rigoureux. Celui que nous possédons nous a été livré par M. Werlein, de Paris.

Avec cet instrument, nous ne considérons le verre rouge comme propre aux usages photographiques que lorsqu'il ne laisse passer que la partie rouge du spectre sans aucune trace de jaune.

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à la moyenne du temps nécessaire au développement, de cinq à dix minutes environ. Si, au développement, on n'obtient pas de différence entre la partie exposée el la partie non exposée, l'installation est bonne; sinon, il faudra la remanier. On pourra, soit remettre un deuxième verre, soit diminuer l'intensité de l'éclairage ou modifier celuici, soit enfin s'éloigner davantage.

6. — En principe, nous développons toujours avec un éclairage intense, un fort bec de gaz, et nous interposons deux verres rouges convenablement choisis. Lorsque le développement est plus avancé, on peut sans inconvénient retirer un des verres pour mieux juger de la venue de l'image. Nous plaçons toujours devant le verre rouge un verre dépoli, de façon à ne pas apercevoir la source lumineuse. Cet éclairage diffus permet d'examiner la venue du cliché avec beaucoup plus de facilité et d'apprécier l'intensité avec grande précision. Lorsque le développement est commencé, on peut opérer avec une lumière beaucoup plus grande. Si l'on possède une lanterne à gaz, on baissera celuici au commencement du développement. Parmi les lampes ordinaires, nous recommandons spécialement la lanterne triangulaire dont deux des faces sont munies de verres colorés. On mettra d'un côté deux verres rouges et de l'autre un seul. Il suffira de tourner la lanterne d'un côté

ou de l'autre pour avoir l'un ou Fautre éclairage. M. Dessoudeix a imaginé une lanterne de ce genre qui est éminemment pratique. — Dans une installation plus importante et fixe, on peut organiser, comme nous l'avons fait à la Salpêtrière, une lanterne à double corps et à deux foyers lumineux (9). D'un côté nous plaçons deux verres rouges et de l'autre un seul, le tout recouvert de part et d'autre d'un verre dépoli. Au moyen de robinets extérieurs, nous manœuvrons ensemble ou séparément les deux becs de gaz. Le balancecuvette (11) supportant la cuvette et le cliché à développer est placé devant la partie garnie des deux verres et le bec de gaz est toujours ouvert en plein. L'autre bec est baissé au début du développement et ouvert dès que l'image apparaît. C'est de ce côté que nous examinons la venue de l'image. Néanmoins, cet examen devra être toujours fait rapidement; car, s'il est vrai que le verre rouge est celui qui est préférable, il ne supprime pas d'une manière absolue les rayons chimiques, et son action trop prolongée finirait par être dangereuse.

De plus, le même éclairage, qui est sans inconvénient à la distance où l'on développe, pourra être nuisible si l'on vient à se placer contre le verre rouge, comme beaucoup de personnes le font pour examiner leur cliché. On sait, en efî'et, que la lumière décroît comme le carré des distances, et

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l'éclairage qui est inofFensif à o™, 5o, par exemple, De le sera plus à o"\o5.

7. — Certaines personnes ne peuvent supporter la lumière ronge qui finit par les affecter d'une manière désagréable au bout d'un certain temps. Aussi a-t-on proposé de faire usage d'une combinaison formée d'un verre jaune et d'un verre vert (vert cathédrale). La lumière ainsi obtenue serait plus supportable. A priori, d'après les propriétés actîniques des divers rayons du spectre (4), on peut affirmer que cette combinaison est inférieure à l'éclairage rouge et qu'elle doit laisser passer plus de rayons chimiques. Pour cette raison, nous ne nous arrêterions pas davantage à l'examen de cette combinaison, si nous ne l'avions vue employée sans inconvénients par des amateurs sérieux pour le développement, et même par des fabricants de plaques pour les besoins de leur industrie. Cette anomalie apparente nous avait frappé et nous avons cherché à en connaître la raison. Nous croyons T avoir trouvée dans la nature de la source de lumière employée. Les différentes lumières, depuis celle du soleil jusqu'aux divers éclairages artificiels, électricité, gaz, lampes à huile, pétrole ou essence, bougies, sont loin de produire la même quantité de rayons chimiques et, dans certains cas, bien que l'intensité lumineuseparaisse sensiblement la même, le nombre des rayons actiniques peut être fort différent. Pour

juger de la valeur comparative du verre rouge d'une part, et de la combinaison (verres jaune et vert) de l'autre, nous avons pensé qu'il fallait faire cette étude avec un éclairage identique, avec une même source lumineuse. Dans ce cas, il n'y aura pas d'erreur possible, et, si l'une des combinaisons laisse passer plus de rayons chimiques que l'autre, la plaque sensible le montrera d'une manière évidente. Les expériences que nous avons faites dans cet ordre d'idées nous ont prouvé sans le moindre doute, comme la théorie du reste nous l'annonçait, que la supériorité du verre rouge est indiscutable. Nous lui donnerons donc la préférence dans la pratique,

8. — Un de nos collègues est même allé jusqu'à dire et à écrire que l'on pouvait développer sans rinterposilion d'aucun écran coloré, en un mot, à la lumière blanche. Cette communication originale fut appuyée d'expériences parfaitement concluantes en apparence ). Ce résultat merveilleux était dû, d'après l'auteur, aux qualités d'un développement dont nous aurons à parler plus tard, l'hydroquinone (39). La même préparation qui, grâce à sa sensibilité remarquable, permettait d'obtenir une image en une fraction de seconde, pouvait subir ensuite impunément l'action de la lumière blanche pendant le développement. Quelle contradiction!

(^) Moniteur de la Photographie, 1888, p. 27.

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Néanmoins, nombre d'amateurs, peu soucieux de la logique, mais amants du merveilleux, crurent devoir développer sans lanterne. Mais, devant les résultats obtenus, leurs illusions ont vite disparu. L'éclairage à la lumière blanche avait fait son temps.

Aussitôt après cette présentation à sensation, nous avons cherché l'explication des expériences faites en public et qui avaient pleinement réussi, semblait-il. Une plaque, après avoir été exposée au préalable derrière un négatif, fut développée dans une salle éclairée par quelques becs de gaz légèrement baissés. Elle vint parfaitement, et les blancs se conservèrent admirablement. De là à proposer la suppression de la lanterne, il n'y avait qu'un pas : c'est ce qui fut fait.

Comme le lecteur sera peut-être curieux de faire cette expérience, nous allons lui en donner l'explication. Si, après avoir exposé une plaque sous un négatif pendant vingt ou trente secondes à la lumière d'un fort bec de gaz et à courte distance, vous développez cette plaque à une faible lumière blanche, vous vous trouverez en face de deux impressions, une énergique qui a été obtenue par l'exposition préalable, et une plus faible qui se produit pendant le développement. Or, comme il est de fait que plus l'action de la lumière a été éner^ gique, plus l'image apparaît rapidement, vous aurez obtenu votre première image correspondant à la forte exposition avant d'avoir développé le voile

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produit par la faible lumière agissant pendant le développement. Si vous arrêtez votre cliché à ce moment, il sera satisfaisant et ne présentera pas trace de voile. Mais, au contraire, si vous poursuivez le développement, bientôt le voile apparaîtra et le cliché sera perdu» Il se passe le même phénomène que lorsque l'on développe un négatif. Les grandes lumières apparaissent d'abord, puis, peu à peu, les plus faibles jusqu'aux demi-teintes dans les ombres qui viennent les dernières. Si vous arrêtez le développement au moment où seules les grandes lumières sont venues, dans toutes les autres parties vous n'aurez pas d'image, ce qui ne veut pas dire que la lumière n'ait pas agi. C'est pour cette raison que l'auteur n'a pu réussir cette expérience, qui n'a d'ailleurs aucun intérêt, qu'en faisant la reproduction d'un cliché de traits, c'est-à-dire en obtenant un positif, et qu'il n'aurait jamais pu l'accomplir en développant un négatif. En effet, il serait arrivé une limite où les derniers détails à développer auraient eu la même valeur que le voile produit pendant le développement: celui-ci aurait donc apparu. Nous avons cru devoir nous étendre longuement sur cette question de l'éclairage à la lumière blanche, pour montrer au lecteur qu'il est bon pour lui d'avoir certaines notions sur les opérations qu'il doit accomplir, afin de pouvoir, dans les nombreuses communications qui se font, discerner le vrai du faux.

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9. — Quant à l'éclairage, nous préférons de beaucoup l'éclairage artificiel, car il est plus constant, plus régulier que la lumière diffuse. Or rien n'est plus incommode pour apprécier la venue d'un cliché que les variations de la source éclairante. On commet fréquemment des erreurs, que l'on peut éviter complètement par l'emploi d'une lumière artificielle. Nous croyons qu'il faut s'éclairer largement, rejeter toutes les lanternes minuscules, qui n'éclairent cjue lorsque l'on est tout contre. Il faut être difficile non sur la quantité de lumière admise, mais bien sur la qualité.

10. — On a proposé de peindre l'intérieur du laboratoire en noir ou au moins en couleur sombre. Nous croyons cette précaution inutile. En effet, si l'éclairage est bon, les murs ne pourront refléter qu'une lumière non actinique déjà bien atténuée. Il n'y a donc aucun danger de voile par réflexion et l'on pourra distinguer les objets dans le laboratoire, tandis qu'avec la peinture noire la chose est absolument impossible.

11. Balance-cuvette. — L'installation du laboratoire devra être complétée par un appareil destiné à balancer les liquides révélateurs, appareil qui porte le nom de balance-cuvette . L'utilité de cette opération, quoique certaines personnes aient prétendu le contraire, ne nous paraît pas contes-

lable, et ceci poiu^ plusieurs raisons. Tout d'abord, il peut se trouver sur la glace des grains de poussière qui empêchent le liquide d'agir sur la couche. On obtiendra dans ce cas des manques qui donneront une tache transparente sur le cliché et un point noir sur l'épreuve. D'autres fois, et surtout lorsque le liquide est versé trop brusquement, de petites bulles d'air adhèrent à la couche et empêchent à cet endroit le révélateur d'agir. On aura encore ici des taches de même nature. Combien d'opérateurs qui ont incriminé les plaques employées, leurs fabricants, lorsque les taches ne provenaient que de leur manque de soin. En effet, on ne devrait jamais mettre une plaque en châssis sans l'épousseter avec un blaireau très fin. Il faut répéter cette opération après la pose, au moment du développement. L'agitation du liquide révélateur empêchera donc les impuretés de séjourner sur la plaque, en même temps qu'elle finira par chasser les petites bulles d'air adhérant à la couche. Si, par hasard, celles-ci se montraient trop rebelles, malgré le balancement, il faudrait les enlever au moyen d'un blaireau très fin. On peut encore laver la plaque vigoureusement sous le robinet du laboratoire.

12. — En dernier lieu, il paraît certain que le développement est accéléré par suite de ce mouvement imprimé au bain révélateur. M. Audra a signalé ce phénomène il y a déjà longtemps, et la

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raison en est bien simple. Dans un bain immobile, la plaque est toujours en contact avec la même couche du révélateur; cette partie épuisée, l'action se ralentit. Au contraire, le bain est-il remué constamment, toutes les parties du liquide viennent agir successivement. De plus, la plaque se trouve à chaque instant en contact avec l'air et celui-ci, par son oxygène en présence du révélateur, vient certainement agir d'une manière utile,

13. — Divers modèles de balance-cuvette ont été indiqués ; les uns sont actionnés par l'eau, les autres par l'électricité ou un mouvement d'horlogerie. Ils remplissent parfaitement le but proposé, mais sont un peu compliqués et surtout coûteux d'emploi (exception cependant pour le mouvement d'horlogerie). Nous préférons, pour notre part, un dispositif plus simple et plus économique : c'est le balance-cuvette dont on entretient le mouvement à la main. Comme, à notre avis, l'opération du développement bien conduite nécessite, ainsi que nous le verrons, la présence continue de l'opérateur, rien ne lui sera plus simple que d'entretenir le mouvement par une simple pression du doigt de temps en temps. Le modèle que nous avons adopté a été imaginé par M. Ch. Dessoudeix. C'est le plus ingénieux que nous ayons trouvé. Il se compose de deux tubes de cuivre soudés en croix et destinés à supporter la cuvette. Le plus grand est monté sur deux

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couteaux analogues à ceux des l)alances ordinaires, et il porte à une de ses extrémités une tige courbée munie d'un fort contrepoids. Pour mettre l'appareil en mouvement, il suffît de lui donner une légère impulsion avec le doigt, et ainsi de suite lorsque le mouvement se ralentit. Les tubes de cuivre sont garnis de caoutchouc qui facilite l'adhérence de la cuvette. L'idée de remplacer la planchette des balance-cuvettes ordinaires par une simple croix est excellente; car, grâce à cette combinaison, on peut éviter d'une manière absolue les taches qui effrayent tant de personnes et les empêchent quelquefois de se livrer à la Photographie. En effet, avec la manière de faire aujourd'hui employée, les taches sont presque inévitables. Si l'on développe dans une cuvette opaque, il faut, pour examiner le cliché, le prendre avec les doigts : ici l'accident est fatal. L'usage des cuvettes transparentes en verre, maintenant bien répandues, est déjà un grand progrès, car on n'est plus obligé de toucher le cliché. Pour l'examiner, il suffît de verser le révélateur dans un verre, de redresser la cuvette et de l'approcher de la lumière. La glace tient très bien par adhérence au fond de la cuvette, et l'on peut juger avec commodité de la venue de l'image. Avec cette manière de faire, les doigts évitent tout contact direct avec le révélateur; mais néanmoins, à chaque opération, par suite des transvasements du révélateur nécessités par l'examen de l'image, ou des

additions d'un des produits qui composent le bain, une petite quantité du liquide coule le long des parois et s'accumule sur la planchette qui sert de support à la cuvette. Chaque fois c[ue l'on prendra celle-ci, on peut donc se tacher. C'est dans le but de supprimer cette cause de taches que M. Dessoudeix remplace la planchette du balance-cuvette par deux tubes sur lesquels le liquide ne peut séjourner et qui, d'ailleurs, n'offrent avec la cuvette que des points de contact très peu considérables. Les angles de la cuvette seront donc toujours à sec, sauf celui par lequel on verse le liquide. Rien ne sera donc plus aisé que de la prendre en toute sécurité par uq des autres angles.

Nous venons d'examiner les points qui doivent attirer l'attention de l'opérateur dans l'organisation de son laboratoire; nous allons décrire maintenant les divers procédés de développement qu'il pourra mettre en usage.

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