LES ROTATOIRES
Cette classe contient des animaux qui sont en général plus grands que les polygastriques, mais ne surpassent guère une ligne; un grand- nombre vivent dans la terre humide qui paraît être sèche; leur organisation, facile à reconnaître à cause de la grande transparence du corps, présente les caractères suivants bien remarquables : 1) Une grande quantité des muscles très-distincts , de formes très differentes, destines aux organes du mouvement externes et internes. Un faux pied, pourvu d’une espèce de ventouse à son extrémité, sert à lasta-
EUPLOTÉS. — ROTATOIRES. 467
tion de ranimai pendant le mouvement des organes rotatoires; car l’infusoire serait, .sans le secours du pied, entraîné par le mouvement vibratile dé ces organes. Ce pied n’est pas une queue, car il n’est pas la continuation du côté dorsal. Les organes rotatoires consistent en cils rangés, dontcbacun se tourne sur sa base ; .mais ces organes sont disposés tantôt' en une simple série, tantôt ils forment plusieurs rangs de formes différentes; ils offrent un caractère important pour la classification. 2) Le canal alimentaire varie peu dans les différents genres ; il estplus ou moins étroit, et offre souvent un estomac séparé du canal par un étranglement, souvent un réctum et des intestins grêles (Diglena lacuslris, Megalotrocha). La bouche ot l’anus sont toujours séparés. La plupart de ces animaux font voir derrière l’œsophage deux grandes glandules ovales, cylindriques ou dichotomes, pareilles aux glandes pancréatiques; il existe même quelquefois des vaisseaux biliaires .(?) (V. Enteroplea). Le canal alimentaiire est pourvu, dans 48 genres, de dents très-distinctes. 3) Il existe un ovaire plus ou moins allongé , qui ne contiént que peu d’œufs développés en même • temps, deux glandules sexuelles mâles filiformes, renflées, à l’extrémité antérieure, qui ressemblent tout «à fait aux organes qui distinguent, dans le genre Cyclops, les mâles des femelles; on voit enfin encore une vésicule contraclile qui sert à la fécondation. Quelques-uns sont ovipares, d’autres périodiquement vivipares. Il n’existe ni gemmes, ni division spontanée. L’œuf ‘atteint souvent un tiers , le j-eune nouveau-né deux tiers de la grandeur du corps de la mère. 5) Le système vasculaire se présente sous forme de vaisseaux transversaux, apparemment annulaires, qui communiquent au moyen de vaisseaux longitudinaux du côté ventral avec un réseau vasculaire, et d’où partent des canaux filiformes qui s’étendent jusqu’au canal intestinal. Des corpuscules ovales, continuellement vibrants (tremblants) par suite du mouvement des lamelles extérieures, paraissent comparables aux branchies; ces corpuscules sont disposés en une ou en deux séries accompagnant quelquefois les glandules sexuellns (Hydatina), ou fixés sur des tuyaux qui leur sont propres. L’introduction de l’eau paraît
INI'-USOIUIS.
s’opérer à l’aitle d’une ouverture située à la nuque qui se prolonge , dans beaucoup d’espèces, en un ou deux tuyaux qui , par conséquent , peuvent servir d’organes respiratoires. 6) Les organes de la sensation sont des yeux ponctiformes rouges, au nombre de 1,2, 3, 4, rarement plus nombreux, observés dans 150 espèces. Quelquefois on les voit placés audessus d’un ganglion, comme dans legenre Cyclops (crustacé); dans quelques espèces (Hydatina senta, Diglenalacustiâs, Notommata myrmeleo, etc.) il existe des anses de nerfs plus ou moins distinctes.
Les rotatoires sont divisés, d'après les différences du canal alimentaire, en quatre groupes : 1) Traclielogastrica (Icbthydium, Chœtonotus) ; œsophage filiforme, lon^, à travers lequel les aliments passent sans résistance; canal intestinal plus court, conique, sans estomacs. 2) Cœlogastrica (Hydatina, Syncbæta); canal très-court, canal intestinal long, conique, sans estomac. 3) Gasterodela (Euchlanis, Brachionus, Lepadella, Enteropléa, Diglena, Megaiotrocha, etc.) ; un estomac distinct. 4) Ti'achelocfstica (Rotifer, Actinurus, Philodina, etc.); œsophage peu distinct, intestin grêle, très-long, contenant les aliments, rectum court et globuleux près de l’anus.
La difiérence des dents distingue les cinq groupes suivants : 1) Agornphia (Ichthydium? Chætonotus .^ Enteroplea); absence complète de dents. 2) Monogomphia (Pleurotrocha, Furcularia, Cycloglena, Monostyla , Lepadella) ; une seule dent à chaque mâchoire (PI, XIII, fig. xxv , b). 3) Polygompliïa (Hydatina , Notommata en partie , Euchlanis, Stephanoceros , Brachionus, etc.); plusieurs dents libres à leur extrémité antérieure dans chaque mâchoire (PI. XIV, fig. lui, b). 4) Zygogomphia (Callidina, Rotifer, Actinurus, Philodina, Monolabis, Pterodina) ; deux dents à chaque mâchoire, fixées transversalement sur la mâchoire (PI. XIV, fig. lv , b). 5) Lochogomphia (Ptygura, Megaiotrocha, Melicerta); plusieurs dents à chaque mâchoire, fixées transversalement sur la mâchoiie (PL XIV, fig. Li, b).
lOilTHYDinNS. — OEOISÏINIiS.
PREMIÈRE FAMILLE
ICHTHYDIENS. .
Le canal intestinal simple, conique, est pourvu d’un œsopliage long et étroit, et d’une bouche édentée, dans les genres Ichthydiuin et Chætonotus; de deux dents dans le Glenophora; de trois dents et d’un estomac dans le genre Ptygura. Les glandules pancréatiques sont observées dans les. genres Ghætonotus et Ptygura. Les organes sexuels mâles n’ont encore été observés sur aucun.
Fig. I. Ptygura meZicer/rt. a) Le rectum, la vésicule contractile se trouvent derrière cette partié; b) les dents; c) l’ovaire; (3) l’intestin grêle.
Fig. II. Ichthydiurn podura , vu du côté dorsal, a) L’ceül ; b) le canal intestinal. Gross. de 500 fois.
Fig. III. Chætonotus larus. Tracbelogastricum. Il existe huit dents dans cette espèce. Les animaux grimpent ou nagent. L’ovaire n’est pas observé, mais on aperçoit des œufs (a).
Fig. IV. Glenophoratrochus. a) Les yeux; b) les dents (Monogompbia) ; c) le canal intestinal conique.
DEUXIÈME FAMILLE
, OECISTINES.
Les organes sexuels mâles ne sont pas encore connus.
Fig. V. Oecistei' crjJtaZ/iiuw. a) Les dents ; b) les glandules pancréatiques ; c) les muscles; d) le rectum ; e) quatre muscles destinés au mouvement des organes rotatoires. On remarque quelquefois dans les cylindres (les enveloppes, pareilles à celles que l’on voit dans la Floscularia) des œufs (2-5). Les jeunes individus que l’on fait sortir de l’œuf par la pression, font voir distinctement des yeux.
Fig. VI. Coreoc/uYuj 'uoZi’oai. Chaque globe est composé de 10 à 40 animalcules, et il contient à. son centre un noyau
Infusoires.
gélatineux qui est la carapace commune, a) Les dents (4-5) ; b) les glandules pancréatiques 5 c) le canal alimentaire (Gasterodela)j d) un oeuf. ILexiste trois paires de muscles postérieurs, qui se prolongent dans la queue ; et deux organes spiraux, ressemblant aux branchies, situés à la partie postérieure du corps,
, TROISIEME FAMILLE
MÉGALOTROCHÉS.
La genre Megalotrocha est pourvu d’un estomac, de deux petits cœca, de deux glandules pancréatiques (Locbogompbium). Les deux autres genres ont un simple canal alimentaire, sans estornàcs et sans cœcuin; le geni’e Microcodon est un Monogompbiunr; le genre Cyphonautes, un Agomphium. Les organes mâles ne sont pas connus. Le genre Megalatrocba porte ses oeufs attachés par un fil ; il est pourvu, eu outre , de branchies et de vaisséaux. Le genre Cyphonautes est privé d’un œil, mais on remarque à sa place un ganglion.
Fig. VII; Cyphonautes compressas, p) Pharynx; g p) glandule pancréatique; o) œsophage; m) muscles; g) ganglion remplaçant l’œil ; i) tube intestinal ; ov) ovaire ; a) anus.
Fig. vin. Mierocodon clavus. Gyoss. de 300 fois.
Fig. -IX. Megalotrocha alho-flavicans . On voit distinctement les muscles longitudinaux qui parcourent le corps ; audessous des faisceaux de cils qui composent les organes rotatoires j se trouve un muscle (a) qui traverse, en se divisant, les organes cités. Il y existe, en outre, des filaments (nerfs?); b) glandules pancréatiques; c) la bouche dentaire entourée de quatre muscles ;"d) les vaisseaux transversaux; e) un des quatre corpuscules vibrants (branchies). Les yeux sont trèsdistincts dans les jeunes individus.
MÉGALOTROCHKS. FLOSCDLARIKS.
QUATRIÈME FAMILLE
flosculariés.
Le canal alimentaire est le plus souvent pourvu d’un estomac et de mâchoires garnies de dents ; le genre Floscularia seul n’a pas d’estomac, et l’estomac du genre Lacinularia est pourvu de deux cæcum. Les glandules pancréatiques existent partout en forme ovale ou semi-globuleuse. Les ovaires sont courts t ils contiennent quelques œufs développés qui sont déposés dans les gaines (les fourreaux gélatineux). Les vésicules contractiles n’ont encore été nulle part observées, malss^les glandules mâles sont connues dans les genres Lacinularia et Melicerta (Floscularia? Stepbanoceros? ), inconnues dans les genres Tubicolaria et Limnias. Il existe quatre vaisseaux transversaux de circulation dans le genre Lacinularia, et un réseau vasculaire au fond de l’organe rotatoire; des organes internes tremblants (branchies) sont observés dans le genre Lacinularia et Stepbanocéros à la base de l’organe rotatoire. Des masses en forme de cerveau, et des nerfs sont obser vés dans les genres Lacinularia, Limnias, Melicerta. Partout il n’existe que deux paires de muscles internes, destinés à la contraction en arrière ; mais les organes rotatoires des genres Lacinularia et Melicerta ont des muscles qui leur sont propres. Le développement du jeune iadividu dans l’œuf est observé dans cinq genres.
Fig. X. Tubicolaria najas. Lochogompbium. Deux glandules pancréatiques semi-globuleuseS. a) Tuyaux respiratoires ; b) mâchoires -, c) muscles ; d) œuf ; e) quatre lobes de l’organe rotatoire.
Fig. XI. Stephanoceros Eichornii. a) L’organe rotatoire divisé en plusieurs branches ; b) les mâchoires (4 dents libres) ; c) estomac; d)œufs; e) œil rouge; f) branchies.
Fig. xti.' Limnias Ceratophyli (pl. xii). Lochogompbium. a) Glandules pancréatiques. Les yeux sont fort distincts dans les genres, même à travers la coque de l’œuf ; mais ils disparaissent avec l’âge ; b) le fourreau.
Fig . XIII. Lacinularia socialis . Lochogompbium. a) Les yeux;
INFdSOIUES.
1)) il existe dans ces animaux un corps glandulcuXj dont la natm e n’est pas connue, et que l’on obsei-ve déjà dans les œufs; c) un œuf avec le jeune animalcule, qui présente déjà des yeux, iJes mâchoires, etc., même le corps glanduleux (b); la figure représente un jeune individu avant le développement de ses organes rotatoires.
Fig. XIV. Melicerta ringens. Lochogomphium. Quelques observateurs ont cru voir, dans les mouvements des mâchoires, les battements du cœur. Le fourreau est composé de petits corpuscules lenticulaires, hexagones ou pentagones, que l’animalcule fait sortir par l’anus*, c’est une matière visqueuse, qui se durcit dans l’eau, et qui sort mêlée aux excréments. Chaque cil de l’organe rotatoire se meut sur sa base ; il existe au cou deux tuyaux respiratoires , considérés primitivement cominé des organes sexuels par M. Ehrenberg. On trouve souvent des œufs déposés dans la gaine, qui, dans la figure, est représentée sur une lentille d’eau (a).
Fig. XV. Floscularia ornata. Cœlogastricum. On distingue un premier pharynx sans dents (a), derrière lequel se trouve un second (b) dont les mâchoires sont pourvues de deux dents. L’organe rotatoire a une forme toute'particulière qui a occasionné des méprises à -quelques auteurs.
CINQUIÈME FAMILLE
HYDAXINÉS.
Les cils des organes rotatoires sont disposés en plusieurs séries ou plusieurs groupes. La plupart de ces animalcules sont des Cœlogastrica; les espèces Diglena catellina, Polyarthra et Triarthra longiseta, ont de véritables estomacs; les espèces Enteroplea, Notomata myrmeleo, N. syrinx, N. clavulata , Synciiæla et Diglæna lacustris, sont des Gasterodela. L’existence de dents est douteuse dans le genre Rattulus ; les gland ules pancréatiques sont semi-globuleuses ou ovalaires, semi-lunaires dans le Notomata myrmeleo, coniques dans le N. bra-
llïDATlNliS.
chionus el Syncliæta tremula, cylindriques dans N. clavulala, fourchues dans le Diglena lacuslris. L’ovaire allongé finit par un oviducte court dans l’anus. Les organes mâles sont composés de glandules et de vésicules contractiles. Les œufs ont une forme double ; ils sont tantôt mous et lisses, tantôt plus durs, hérissés de pointes ou de bosses ; ces derniers sont appelés œufs hivernaux (ce sont les plantes Bursella et Ei’ithrinella de M. Turpin). Les genres Polyarthra, Triafthra et Notomata Brachionus portent leurs œufs attacliés au corps. Les espèces Notomata parasita , granularis et petromyzon déposent les œufs sur quelques autres infusoires vivants. Il existe des vaisseaux longitudinaux, transversaux, un réseau vasculaire, des branchies à la nuque, et un tuyauouune ouverture qui est en rapportaveclarespiration. Des traces dusystème nerveux (ganglions) se trouvent dans les genres Notomata,Diglena,Enteroplea,Triarchi'a et Hydatina.Les yeux se trouvent à la surface dorsale.Quelques espèces dugenre Synchæta sontphosphorescentes.
Fig. ivi. Enteroplea hydalina. Les cils sont dispersés en groupes, placés sur des muscles semi-globuleux (a) ; b) les muscles du corps ; c) l’œsophage entouré d’un réseau de filaments et pourvu d’un pharynx édenté (d) ; e) les glandules mâles ; f) un corps glanduleux ; g) la vésicule contractile.
Fig. xyn.Hydatina senta. a) Une couronne simple de cils extérieurs ; b) onze groupes intérieurs de cils, entourés d’une gaine musculeuse presque globuleuse; c) neuf faisceaux de muscles ; d) deux muscles du pied. Ces muscles se contractent en s’élargis.sant et se raccourcissant successivement; on voit quelquefois des stries transversales ; e) le pharynx globuleux pourvu de quatre muscles et de deux mâchoires à plusieurs (5, rarement 6) dents ; elles sont fixées sur un cartilage en forme d’omoplate ;. f) le canal intestinal, souvent rempli de petits infusoires (dans la figure des uavicules, etc.), et dont toute la surface, ainsi que celle de l’œsophage, fait voir le mouvement vibralile; g) ouverture pour ro.viclucle et le canal intestinal qui dans cet endroit est pourvu d’un muscle (sphincter) ; h) les glandules pancréatiques ; i) l’ovaire avec deux , rarement trois ou quatre œufs , sur lesquels on a pu observer
infusoires:
le développement du vitellus. Ce n’est qu’à la onzième heure après que les œufs ont été de'poses, que l’on voit se remuer dans leur intérieur le jeune individu, qui bientôt brise la coque. Il s’écoule donc l’espace de 24 heures au moins , depuis la formation du premier germe jusqu’à la sortie de l’œuf ; ceux-ci périsse^t quelquefois par des algues (Hygrocrocis). Les œufs durs (hivernaux) ont besoin de plus de temps pour se développer ; s) les glandules mâles séminales (testicules): on ne connaît pas les Zoospermes ; t) la vésicule contractile qui aide la fructification o) neuf vaisseaux transversaux , qui deviennent plus distincts dans l’expansion de l’animal , ce qui prouve que ce ne sont pas des plis de la peau comme dans les animaux articulés. La peau est double, elle est extérieure et intérieure; ces vaisseaux sont fixés à la membrane interne. Il existe aussi un réseau vasculaire près des muscles des organes rotatoires; u) huit branchies avec des valvules vibratiles internes ou externes ; v) une ouverture à la nuque, qui paraît destinée à faire entrer l’eau ; m) ganglions; n) nerfs.
Les dents et les œufs s’observent de la manière la plus distincte parla compression enti'e. deux verres. Un jeune animal forme déjà des germes, deux à trois heures après sa sortie de l’œufs ; on peut compter dans l’espace de 11 jours 4 millions d’animalcules produits par un même individu.-
Fig. XVI rt. Pleurotrocha constricta. Monogomphium. a) Glandules pancréatiques ; b) ovaire. — La figure représente l’animalcule laissant tomber la peau d’un Notomata (c), après l’avoir entièrement sucé.
Fig. XIX. Furcularia gracilis (Monogomphia, Cœlogastrica). a) Ovaire.
Fig. XX. Monocerca valga. Six groupes de cils, mâchoires dentées (1-2 dents), œsophage long, canal intestinal simple, conique, deux glandules pancréatiques.
Fig. xxr. a.) Notomata hrachionus . Le canal intestinal est rempli de Chlamidbmonades ; i) ganglions ; u) vésicule contractile; r) muscle du pied.
Fig. XXI. b) Pharynx de Notammata clavulata, avec les mâchoires à six dents.
KUCHLANIDÉS. 475
Fig. XXII. Synchceta pectinata. a) Les styles; b) pharynx avec les dents ; c) œil rouge. ■
Fig. XXIII. Scaridium longicaudum. Monogomphia.
Fig. XXIV. Polyarlhra platjptera. Monogomphia. a) Nageoires ; b) l’œil rouge.
Fig. XXV. a) Diglena catellina. La plupart des espèces de ce genre ont l’œsophage court, le canal intestinal conique, les glandules pancréatiques globuleuses, les ovaires lobules,
Fig. XXV. b) Représente le type des mâchoires dans le genre des Diglènes, pourvues d’une dent (a). Gross. de 500 fois.
Fig. XXVI. Triarthra longiseta. Zygogomphia. Les œufs restent attachés au corps de la mère au moyen de filaments.
Fig. xxy^ii. Rattulus lunaris. L’organisation est peu connue.
Fig. XXVIII. Distemma forcipatuni. On ne connaît les glandules mâles que dans le Dist. marinum.
Fig. XXIX. Triophthalmus dorsualis. Ce genre est pourvu de trois yeux rouges situés à la nuque, qui sont bien distincts des corps glanduleux blanchâtres que l’on trouve à côté de l’œil rouge, à la nuque du Noiommata.
Fig. XXX. Eosphora digitata. L’organe rotatoire est composé de plusieurs muscles ; les muscles longitudinaux du co"rps sont distinctement rayés. Monogomphia. Ou ne connaît pas de tuyau respiratoire. -a, b^ c, indiquent les trois yeux.
Fig. XXXII. a) Cjcloglena elegans. Cette espèce est douteuse.
Fig. XXXII. b) Cyolcglena lupus. Pharynx avec les mâchoires. Gross. de 300 fois.
Fig. xxxiii. Theorus uncinatus. Monogomphia. a) Un groupe double d’yeux à la nuque sans pigment.
SIXIÈME FAMILLE
EüCHLANIDES.
La carapace est une coquille ou un écusson. Les app’endices sont des soies (Euchlanis, Stephanops) ou des crochets (Colurus), de petites cornes, c’est-à-dire des sortes de pointes char-
iMrüsomES.
luie^ (Dinocharis) des tuyaux respiratoires (calcar, siplio, dans les genres Euclilanis, Salpira), ou un capuclion (cucullus, dans • le genre Stephanops). On a observé dans tçutes ces espèces des muscles destinés aux organes rotatoires, et dans quelquesunes des muscles internes. Les genres de cette famille sont Monogomphia ou Polygomphia, Coelogastrica ou Gasterodela. Seulement les genres Mastigocerca , Monura et Salpina n’ont pas d’estomacs. L’anus se trouve sur la lace dorsale de la base du pied. Les glandules pancréatiques sont rondes ou ovalaires. L’ovaire. est en pelotons , avec quelques œufs développés; aucun genre ne porte les œufs attachés au corps. On a observé deux glandules sexuelles mâles en forme de ruban et de vésicules contractiles dans les genres Euclilanis, Monostyla, Stephanojis et Squamella; seulement des vésicules contractiles dans les genres Metopidia, Lepadella et Mastigocerca. Les yeux sont pourvus d’une véritable base de matière cérébrale dans les genres Euclilanis, Monostyla, Mastigocerca, Salpina.
Fig. xxxiv. Lepadella emarginata. Monogomphia. L. ovalis se trouve quelquefois en grand nombre dans les mares.
Fig. XXXV, a) Monostyla cornuta.'Le style fa’) du pied paraît douL'le par illusion pendant que l’aniinalcule est en mouve ment, b) Pharynx. Gross. de 300 fois.
Fig. XXXVI. Mastigocerca carinata, a) Partie dorsale de la carapace.
Fig. XXXVII. a) Euclanis Hornemanni. a’) L’œil rouge à la nuque. On voit quelquefois des branchies.
Fig. XXXVII, b) Euchl. Lynceus est pourvu d’un tuyau respiratoire.
Fig. xxxviii. Salpina hicarinala, Polygomphia, Cœlogastrica: Un tuyau respiratoire est observé dans trois espèces.
Fig. ixxix. Dinocharis paupera. Monogomphia, Cœlogastrica (seulement D. pocillum appartient aux Gasterodela).
Fig. XL. Monura dulcis. Polygomphia , Cœlogastrica. La ligure représente la face ventrale.
Fig. xli. Colurus dejlexus. La carapace est un écusson; Polygomphia,, Cœlogastrica (C. deflexus , bicuspidalus) ou Gastèrodela. b) Les mâchoires à deux dents.
l’IIlLOUlNliS.
Fig. xmi. Melopidia triplera. Seule espèce de ce genre pourvue d’une vésicule contractile (a). La carapace est une coquille. Polygoinplna.
Fig. xLiir. Stephanops lamellaris. Monogoniphiai Mouvement très vite, a) Le capuchon (le chaperon, cucullus). .
Fig. xLiv. Scjuatnella oblonga. La carapace. est une coquille. Polygoniphia. Gasterodela.
SEPTIÈME FAMILLE
PHILODINÉS. ' .
Le corps de ces animalcules est en général cylindrique, "vermiforme , et peut se retirer sur lui-méine à la manière d’un télescope. Les muscles internes sont observés dans les genres Callidina , Rotifer, Actinurus et Philodina. Ces infusoires sont des Trachelocystica ( Seulement le genre Monolabis appartient aux Cœlogastrica). Les vésicules contractiles sont observées dans les genres Rotifer et Philodina, qui, ainsi que le genre Actinurus, sont quelquefois vivipares.
Fig. xlv, a. Callidina clegans. Trachelocystica. Les glandules pancréatiques ne sont pas observées, a’) Sac du canal intestinal. h’) Glandule de nature inconnue. »
Fig. xlv, b. Les mâchoires.
Fig. xlvi. ^ydrias cornigera. Genre africain peu connu.
Fig. xlvii. Typhlina viridis , ressemblant à un Rotifère très petit, sans trompe frontale. Genre africain. i
Fig. XLviii. Rotifer vulgaris. a) La trompe avec deux yeux et une pointe molle ; b) la queue avec six pointes quand elle n’est pas contractée , et avec deux muscles internes. 'c) Les organes rotatoires, les roues, cl) Les muscles internes (quatre faisceaux), e) La bouche avec les mâchoires (Zygogompbia). f) Ouverture commune aux oviductes et au canal intestinal filiforme avec son sac terminal (o) , g) glandule de nature inconnue (glandule sexuelle?), b) Deux glandules pancréatiques globuleuses, i) Un œuf interne. m)Un jeune individu très développé. v) Les spirales des matières colore'es qui se trouvent dans
INFUSOIRES
l’eau, remuées par l’action des organes rotatoires, n) Vésicule contractile, p) Onze à douze vaisseaux transversaux servant à la circulation, r) Tuyau respiratoire, s) Les deux yeux rouges placés sur deux ganglions ; ils sont quelquefois divisés en plusieurs parties, sans que les ganglions soient partagés.
Le mouvement des organes rotatoires a été expliqué de divei'ses manières par les observateurs; on les a comparés le plus souvent à des roues qui seraient soumises à un mouvement très vif. M. Ehrenberg (1) a donné en 1831 une explication de ce phénomène , qui paraît être la véritable. Chacun des organes rotatoires est pourvu de 50 à 60 cils très fins qui forment 12 à 14 groupes pendant la vibration; chaque cil tourne sur sa base , de manière à décrire un cône dont le sommet se trouve à la base du cil , et dont la base est déterminée par la rotation de l’extrémité du cil. Deux fils musculaires très fins , horizontaux , suffisent pour produire un mouvement de rotation ressemblant à celui du bras.
La première trace des yeux des infusoires fut découverte par Goeze en 1772 sur le Rotifer vulgaris. Leur structure est encore inconnue, mais M. Ehrenberg admet un ganglion nerveux, sur lequel les yeux se trouvent placés.
Fig. xlix. Actinurus neptunius. Zygogomphia, Trachelocystica. Deux dents. Glandules sexuelles mâles inconnues.
Fig. ê. Monolahis gracilis. Zygogomphia ou Lochogomphia. Ccelogastrica. ’ • . #
Fig. li, a). Philodina erj’throphthalma. Cinq espèces ont une trompe frontale (g) ciliée, r) Les muscles du pied. Le canal in- .testinal paraît être pourvu de lobules nombreux.
Fig. li, b). Type de mâchoires dans ce genre.
Sur la résurrection des animaux infusoires.
Leeuwenlîoëk avait observé le premier la résurrection , c’est-à-dire le retour à la vie des animaux infusoires desséchés
(1) Mémoires de l’académie de Berlin, 1831, p. 31.
IIRACHIONÉS. 479
dans le sable des gouttières sur les toits. Cette observation , mainte fois répétée depuis , a donné naissance auX hypothèses les plus contradictoires sur Texplication de ce phénomène cu-r rieux. Fontana et Czermak ont même fait dessécher des rotifères sur des lames de verre, et les ont rappelés pour ainsi dire à la vie après quelques jours; cette expérience n’a pas •réussi à M. Ehrenberg. Cet auteur s’arrête à l’opinion qu’une véritable mort ne s’est pas encore manifestée sur ces individus, qu’ils ne sont pas même complètement desséchés , qu’au con- * traire le séjour dans le sable les garantit de l’évaporation complète des fluides internes. Il est à remarquer que les matières avcdées ne sont pas digérées pendant l’état de dessèchement. Le retour à Ja vie ne peut pas avoir lieu , ce qui s’explique de soi-même , si le corps est crevé par une évaporation trop rapide. M. Ehrenberg n’a jamais pu revivifier les rotatoires des maies , etc. , qu’il a fait dessécher d’une manière quelconque.
HUITIÈME FAMILLE
, BRACHIONÉS.
La carapace est partout une coquille. Les organes rotatoires paraissent quelquefois composés de cinq parties ; les véritables organes rotatoires sont placés latéralement ; les parties ciliées, raides pendant le mouvement des roues , appartiennent au front. Le pharynx est pourvu de quatre muscles. Polygomphia (le genre Pterogyna seul appartient en partie aux Zygogomphia, en partie aux Lochogomphia). Les genres Noteus et Pterodina sont des Gasterodela. Les organes sexuels sont composés d’ovaires , de glandules sexuelles et de vésicules contractiles. Le genre Noteus , et plusieurs espèces des genres Anuraea et Noteus portent leurs œufs attachés au corps. Il existe des organes tremblants (branchies ) , excepté dans le genre Pterodina , qui manque aussi de tuyaux respiratoires. Le genre Noteus est privé d’yeux, mais il est pourvu d’un ganglion cervical. Quelques Brachionés rendent, par leur réunion nombreuse, l’eau blanchâtre.
INlUsOiRES.
Fig. LH. Noteus (juaclricornis. Front trilobé, cilié; muscles distincts au front et au pied. Poljgompliia (voir 53, b). Gasterodela. a) Glandules pancréatiques. Vu. sur son côté dorsal.
Fig. lui, a). Anurœa curvicornis . L’ovaire est connu dans 12 espèces. Le ganglion des yeux est connu dans l’An, squamula, curvicornis, biremis, striata, foliacea.
Fig. lui, b). Mâchoire val^a. Polygomphia.
Fig. liv, a). B rachionus urceolaris. La carapace est une coquille ; le pied est tout à fait rétractile , niais il est faux qu’il puisse tomber et se reproduire. Les organes rotatoires sont en * apparence bi ou trilobés. Gasterodela (Br. militaris appartient aux Cœlogastrica). Les organes sexuels sont hermaphrodites. Les œufs sont attachés au corps; l’espèce Br, pala porte même des œufs qui lui sont étrangers. Les tuyaux respiratoires existent chez tous. Les yeux sont quadrangulaires; on a trouvé des vers intestinaux dans rintérieur du Br. Mülleri. Quelques espèces rendent l’eau blanchâtre par leur multitude. On trouve quelquefois les carapaces vides des individus morts.
Fig. liv b). Les mâchoires à cinq dents.
Fig. Lv,a). Ptcrodina elliptica. La coquille est lisse, plate et molle, flexible au bord. Lochogoinphia (Pt. ellipt. appartient aux Zygogomphia). Gasterodela. Les organes mâles ne sont pas observés. Deux points rouges à la nuque.
Fig. lv, b. Mâchoires à deux dents immobiles. Gross. de 300 fois.