Substances organisées
Des globules du mucus et des débris de l’épithélium se trouvent dans presque toutes les urines , formant de légers nuages au fond des vases. Les globules muqueux sont liés ensemble par une matière glaireuse, imperceptible au microscope, ce qui, au moins, arrive le plus souvent. globules du pus ^ au contraire, nagent toujours librement, détachés les uns des autres. Mais nous avons déjà exposé, dans un des paragraphes pi'écédents , qu’on ne peut établir une diflerence réelle entre ces deux sortes de globules. Si le pus est assez abondant, il forme, à la partie inférieure des vases, une couche blanchâtre ou verdâtre bien limitée et reconnaissable à ses caractères physiques ordinaires. Le mucus, traité par l’éther, ne donne pas de traces aussi évidentes de graisse que le pus ; c’est au moins ce qu’assurent MM. Gueterbock et Rayer.
Les débris de l’épithélium qui se détachent de la surfiice interne de la vessie et de l’urètre apparaissent, soit sous la forme de lamelles épidermiques, comme nous les avons signalées dans la salive, soit sous la forme indiquée dans la figure g8. On trouve quelquelois dans les urines les débris de répithélium des reins, ainsi que nous les avons figurés (fig. 61), terminés en petite queue très mobile , qui pendantj l’observation , par les courants du liquide, peuvent être pliés et agités en sens diffé-
TRAITK PRATIQÜR DÜ MlCKOSCOPi;.
reiits ; dus obscrvaleiirs moins cxuiccs pourraient même alors les prendre pour des animalcules.
Les globules du sang paraissent souvent tout-à-fait blancs, mais ils restent [dats et ne deviennent pas sphériques comme dans l’eau; cjuatid ils sont en grande quantité, ils forment, par le repos, une couche rouge au fond du vase.
Il est quelquelois très important de savoir si les urines ne contiennent point des animalcules spermatiques- le microscope offie, dans la question des pertes séminales successives, le seul moyen sûr [tour ai river à un résultat inconteàlable. sperme est caractérisé par la présence de ses animalcules (fig. 99); leur tète n’a pas plus de .-b de mill.; mais la longueur totale de leur queue, différemment pliée et agitée, dépasse souvent ■îv de niill. Leur forme est inaltérable dans l’urine , même après un séjour ]>lus prolongé ; il faut les chercher à la partie la plus déclive des vases renfermant l’urine.
On rencontre quelquefois la bile dans l’urine; pour s’assurer si la substance qu’on a sous les yeux est analogue à celle de la bile, on introduit une goutte d’acide enueles lames de verre; au moment où le léaciif arrive au contact de cette matière , on la voit passer immédiatement au vert, puis au bleu, puis enfin au rouge.
Nous di vous encore signaler la présence fort rare de corps oblongs, ressemblant en tout à des petits poils, polarisant parfaitement la lumière (voir chap. 4) , et que nous n’avons eu l’occasion de lenconirer que ch ux fois dans les sédiments de l’urine. La gravelle qu’un de ces malades avait rendue consistait, pour ainsi dire, en un feutre île matières salines et de poils pareils à reux trouvés dans les urines. Leui forme démontrait qu’ils ne pouvaient pas être parvenus de dehors eu dedans de la vessie. .î’espèie que des observations ultérieures pourront éclaircir cette question.
Lorsque l’urine contient du pus, du sang ou du sperme, elle est en même temps albumineuse , [luisque l’albumine est un des éléments de ces substances. Lorsque l’urine devient fortement alcaline, elle dissout les globules muqueux, ceux du pus et du sang.
JN^'USOinES vivants et fossiles.
§ XVII. Infusoires vivants et fossiles (1).
On ne trouve dans les eaux stagnantes putréfiëes que des infusoires ordinairesi tous des mêmes espèces. On se procurera, au contraire , les formes les plus belles et les plus agréables dans les eaux claires des sources, des bassins , etc., autour des plantes aquatiques, telles qüe les lemna, les céralopbyllum , les conferves, etc. Il convient surtout d’examiner les plantes qui se trouvent sous l’eau et paraissent couvertes de moisissure ; on aura alors des vorticelles , des rotatoires , etc. Les inucors jaunes , verts , bleus, bruns, rouges, qu’on trouve à la surface des eaux, sont pleins des infusoires les plus intéressants et les plus beaux. Pour faire ses excursions avec quelque succès, il sera bon de faire attention aux remarques suivantes.
On portera avec soi des petits flacons Mancs , clairs , qui seront munis de bouchons en liège, poiir les pouvoir emporter pleins d’eau; on sera en outre pourvu d’ülie loupe d’un grossissement faible, pour examiner l’eau puisée ; cette loupe sera fixée par un cordon autour du cou , pour empêcher que pendant les recherches elle ne tombe dans l’eau. Il n’est pas indifférent de faire un choix pour l’eau que l’ori doit emporter; une eau sale ne saurait convenir ; on l’examinera toujours d’ahord avec la loupe , et si on ne reconnaît de suite la présence de petits êtres, pour ainsi dire de molécules se remuant, on versera l’eau et on s’en procurera d’autre. Il e.st bon de prendre toujours une petite portion des plantes autour desquelles on a trouvé les infusoires, mais on n’en remplira pas inutilement le flacon.
On trouve de même des infusoires pendant l’hiver sous l’eau gelée , autour des ceratophylla et des autres plantes , autour des bois, etc. On ne doit laisser qu’un petit espace libre
(1) Ch. -G. Ehrenberg, Die Ifusionsthierchen aU vollkommene Organismen , ein Blick in das liefere organische Leben der Nalur; Leipzig, 1838, in-folio.— Voyez aussi la 2' partie de cette publication, qui présente l’extrait substantiel de l’important ouvrage de M. le professeur Cb. G. Ehrenberg.
I3(j xiuiTK inu'nyuK du mickoscopk.
au-dessous du bouchon, et en arrivant chez soi, ouvrir de suite les flacons; sans ces précautions, les animalcules seraient bientôt morts. On se servira dans ses recherches d’un grossissement de trois cents à quatre cents fois.
Pour chercher les infusoires, on versera une petite quantité, de l’eau emportée dans un verre de montre , et on mettra celui-ci sur une planchette moitié noire et moitié blanche ; on apercevra bientôt alors les infusoires noirâtres sur le fond blanc et les infusoires blanchâtres sur le fond noir. Le plus souvent les espèces petites se rassemblent au bord de l’eau dans le verre de montre.
Pour isoler ces animalcules , on ne fera point usage d"un pinceau , parce que celui-ci se feutre facilement ; mais on se servira des barbes d’une plume de corbeau, par exemple , qui sera arrangée en forme de pinceau. On pourra même alors se procurer des individus isolés des rotatoires.
La goutte d’eau qui est chargée des infusoires sera placée sur un verre et couverte d’une petite lame mince, ce qui empêchera l’évaporation. Pour garantir les animalcules , par exemple les rotatoires, de la compression, on mettra à côté un petit fragment d’une conferve ; si on veut, au contraire, comprimer les infusoires pour examiner leur s parties les plus résistantes, comme les dents , on se servira du compresseur, ou on appliquera, à l’aide des mains seulement, une compression sans déplacement.
Tout le monde connaît les effets curieux que M. Ehr-enberg a obtenus en colorant l’eau par l’indigo, le carmin, etc. L’eau avalée a fait connaître de cette manière les organes intérieurs, comme les estomacs, etc.
En cherchant les infusoires dans les étangs , etc., on fera bien de filtrer l’eau à travers un sac de toile ou de coton fin, pour retenir les corps étrangers , inutiles à l’observation. Si la goutte d’eau que l’on a placée sur le porte-objet contient trop d’animalcules, il est nécessair e d’ajouter une gouttelette d’eau pure sur le porte-objet, afin d’avoir moins d’infusoires dans le champ.
Au reste, on se procure facilement des infusoires en faisant
INFÜSOinF.S VIVANTS ET FOSSILES.
des infusions de différentes plantes, de fruits , de substances animales , etc. On met ces substances dans un vase ouvert, on les couvre d’eau et on l’expose à l'air; en peu de jours on verra une petite pellicule qui couvre toute la surface de l’eau, et qui est remplie entièrement d’animalcules. Ces expériences réussissent mieux dans l’été que dans l’hiver.
Les infusoires ont en apparence un mouvement très vif, parce que avec leur dimension se trouve en même temps grossi l’espace qu’ils parcourent; mais si on calcule le temps qui leur est nécessaire pour traverser, par exemple, un millimètre, on trouve que les oiseaux et les vertébrés se meuvent beaucoup plus vite.
Si l’on examine des Infusoires et que l’on désire les conserver, on peut les garantir contre le dessèchement en plaçant la lame de verre sur un verre d’eau , de telle sorte qu’elle soit exposée aux vapeurs qui en émanent. Celles-ci humecteront continuellement l’animalcule , et empêcheront pour quelque temps son dessèchement.
Il existe un grand nombre de terres , de farines de montagnes, etc., qui sont composées d’infusoires à l’état fossile, comme des baccilaires , etc. Nous possédons nous-même une suite d’échantillons que nous devons à la bonté de M. Ehrenberg, qui nous a remis les terres suivantes.
Terre de Luenebourg ; couche inférieure de plus de dix pieds de hauteur ; farines d’infusoires de Lunebourg , couche supérieure à dix-huit pieds de hauteur. Farine d’infusoires de Kliecken, près Dessau; cette farine servit long-temps d’aliment dans cet endroit. Farine d’infusoires du lac Lillbaggsion ; on s’en nourrit encore en Suède. Farine d’infusoires d’Eger {Campylndiscus clypeits ] cocconeis? clfpeus).Tevre d’infusoires (Kieselguhr) de Franzensbad en Bohême {Naidcula 'viridis).Ti'ipoli d’Oran en Afrique. Tripoli de Cassel.
M. le baron Jacquin a bien voulu nous envoyer du schiste siliceux de Franzensbrunn en Bohême , du tripoli de Bilin et de la farine fossile avec l’etiquette ; Farina J'ossilis monlis udmiala: in loco dicta Si. Fiera prope ecclesiani, in Hetriiria.
Plu.'îieurs espèces d’infusoires restent vivantes pendant des
armées entières dans les terres, et peuvent, en les plaçant dans l’eau, reprendre leurs mouvements en quittant l’état apparent de mort. Nous en avons observé dernièrement un exemple très frappant sur les tardigrades que M. Elie de Beaumont avait apportés dans une terre sèche de l’Allemagne (de la part de M, Schullz de Greifswald).
Si ces terres contenant des infusoires vivants sont avalées par des animalcules , on retrouve les infusoires, c’esl-à-dîre tout ce qui a résisté à la digestion , comme la carapace , etc., dans les excréments. Nous possédons ainsi les excréments du julus terrestris et du porcellio scaber, que M, Ehrenberg a long-temps nourris avec la terre qui contenait des infusoires vivants.
On peut se procurer facilement de la farine artificielle de montagnes , en faisant rougir dans un creuset de platine de? terres que l'on trouve dans les jardins , dans les fossés , etc. , qui contiennent des infusoires vivants , et en les traitant ensuite par les acides.
Un grand nombre de [lierres enfin , comme la pierre à fusil, etc., font voir dans leur intérieur des infusoires, si l’on soumet à l’examen une lame très mince de ces pierres.
Les animalcules qui se forment dans le vinaigre et dans la colle de farine offrent pareillement beaucoup d’intérêt à l’observateur. La mère de vinaigre est formée presque entièrement de mycoderme , dont nous avons déjà parlé à l’occasion du ferment (§ I )• Des globules ayant appartenu au jus de raisin qui a servi pour faire le vin, et ces globules se trouvant pendant assez long-temps en su.spension dans ce liquide, y végètent sous l’influence de l’air, et forment de petits végétaux analogues à ceux que nous avons déjà décrits , puis s’entassent et se feutrent faute d’espace, de manière à produire, par la dessiccation , des masses solides , élastiques et toujoms très hygrométriques ou très avides de l’eau qu’elles ont perdue. Les prétendus filaments qui se meuvent et s’agitent en tout sens dans cette fermentation, sont les anguilles du vinaigre, vibrion aceti ( fig. 5 ). Rien n’est plus amusant que de voir, au microscope , ces anguilles paître et dévorer les petits végétaux moniliformes
INFDSCMRES VIVANTS ET FOSSILES. l39
qui ont produit ia fermentation en décomposant le sucre et en se nourrissant de Tun de ses éléments. A la fin de la fermentation , animaux et végétaux se décomposent dans leur vie d’association, tombent pêle-mêle en une sorte de magma dans lequel restent intacts les œufs des uns et les séminules des autres.
La colle de farine (c’est-à-dire la farine bouillie dans l’eau) offre à sa surface, lorsqu’elle a été exposée à l’air, une innombrable quantité d’anguilles tout-à-fait pareilles. Ces animalcules doivent leur origine, comme dans 1a mère de vinaigre, à la fermentation ; il est donc bon , si on désire les faire naître plus tôt , de verser de temps en temps dans la pâte une goutte de vinaigre.
Lorsque les animaux auront été produits, on peut les garder toute l’année, en y versant un peu de vinaigre, ou sinîplement de l’eau, pour que la pâte ne devienne pas trop dure; on peut même y joindre de temps en temps une nouvelle pâte aigrie. Mais il faut toujours avoir soin de conserver continuellement la superficie en bon état, pour que l’accès de l’air dans la pâte ne soit pas intercepté. , '
Si l’on veut examiner ces animalcules, on prend une quantité très petite de la pâte, on la met sur une lame de verre, et on y joint une goutte d’eau pour faire nager les anguilles et les dégager de la pâte, afin de les rendre visibles et distinctes.
Ces animalcules, déjà observés par Leeuwenboëk , Kircber, etc., sont vivipares , et on distingue aisément les petites anguilles dans le corps des femelles ;/iious en avons dessiné un exemple dans notre figure. Si on partage ces femelles en deux, on verra les petits, qui d’abord étaient contournés , se développer et courir dans le liquide. Dans ces opérations césariennes, au moins l’enfant est toujours sain et sauf.
On retrouve enfin encore les mêmes animalcules dans une maladie des seigles et des grains analogues qu’on appelle la carie-, le giain entier est ramolli, change de couleur et est plein de ces anguilles qui avaient déjà été signalées par Baker vers le milieu du siècle passe; depuis, Bauer a publié de nouvelles observations à ce sujet dans les Philos. Transacl. Tl dit même
avoir communiqué , par inoculation , la maladie à d’autres graines; mais on ignore encore si la maladie doit être altribuée aux anguilles ou ausporules d’un cryptogame qui se développe en même temps dans le grain.
§ XVIII. Insectes. — Acariis.
L’étude des insectes ne pouvait se faire jusqu’à ces derniers temps qu’à l’aide du microscope simple ; on se servait de même de cet insirument pour les dissections anatomiques. Mais on est parvenu maintenant à adapter des lentilles d’un faible grossissement en place des lentilles objectives ordinaires du microscope composé , de sorte que l’on peut faire usage de ces instruments avec un grossissement de huit à vingt fois.
On conçoit tous les avantages que cet appareil offre sur le microscope simple. Un évite la fatigue que causent les loupes dans un emploi prolongé , on obtient un champ plus grand , plus de netteté, etc. On a ajouté à cet appareil , dans les microscopes anglais et ceux de M. Chevalier, un tube destiné à redresser les objets , de sorte qu’on les voit dans leur position naturelle , ce qui facilite considérablement la dissection sous le microscope.
L’étude des insectes offre beaucoup d’intérêt pour l’observateur; ce sont principalement les larves aquatiques {Ephemera inarginata , tipula cristallina) qui présentent une étude facile, à cause de leur transparence qui permet de voir tous les organes intérieurs, la circulation du sang, etc.
Pour faire convenablement une dissection , on fixe l’insecte ou l’organe que l’on veut étudier spécialement sur un morceau de liège à l’aide d’épingles ; on place ce liège dans une soucoupe en verre ou dans une cuve à dissection faite exprès, et on l’y recouvre d’une nappe d’eau, de façon que le liquide ne s’élève pas à plus de deux ou trois lignes au-dessus des points culminants du corps. On saisit l’organe qu’on veut étudier de préférence, avec une pince; on le divise avec un scalpel, on fait usage de ciseaux, etc., scion que les circonstances exigent 1 un ou l’autre de ces instruments. On aura enfin toujours .soin de
INSECTES. ACARüS.
Hl
fixer successivement toutes les membranes de'tachées contre le liège , au moyen d’épingles ; on les étalera dans un ordre convenable} etc., pour pouvoir etudier avec succès 1 anatomie de l’insecte.
Parmi les insectes , l’acarus de la gale fixe particulièrement l’atteniion des médecins (1); nous donnons ici les résultats des recherches microscopiques sur l’insecte de la gale , faites avec succès par M. Raspail (2).
«On reconnaît l’insecte à travers la transparence de l’e'piderme qu'il soulève ; c’est un petit point blanc qui se dirige dans le sens opposé à la vésicule sous laquelle commence ce petit sillon. On pique le sillon avec une pointe d’épingle tout près du point blanc , et on amène l’insecte à la pointe qui soulève et fend l’épiderme dont il est recouvert.
« Cet insecte a à peine un demi-millimètre dans les deux sens. Il est d’une grande blanchenr; et à une simple loupe de deux centimètres de foyer, on peut déjà en reconnaître toutes les parties et les caractères. C’est même par l’observation à la loupe qu’il faut toujours commencer l’étude d’un animal aussi gros et aussi peu transparent. Après l’avoir dessiné par ce moyen et en avoir reconnu le nombre des organes et leur couleur, on augmente progressivement les grossissements pour étudier les détails qui ne sauraient être mis en relief que de cette manière.
» L’insecte de la gale humaine est blanc sur toute la surface de son corps. Ses huit pattes et le museau sont d’un rouge plus ou moins vif, selon le genre de microscope dont on se sert. Il est d’une dureté telle, qu’il ne saurait être écrasé par la pointe de l’aiguille qui le presse , et qu’il s’échappe comme en bondissant sous la pression, par l’élasticité des poils rigides qui hérissent son dos. Le ventre en est plat et lisse , mais le dos offre une prééminence énorme au centre, une autre sur l’abdomen , et une autre moindre près de la tête. La surface
(1) Traité ihéoriciue cl pratique des maladies de la peau; par M. Rayer, l’arig 1833, i. II, p. 460 et pl. V bis.
(2) Chimie organique, l'aris, 1838, t. II, p. 606 et pl. XV.
dorsale et la surface ventrale se joignent exactement comme la carapace, et le plastron des tortues ; et , ce qui ajoute encore à 1 analogie, c’est que les quatre pattes antérieures et le museau sortent de la commissure de deux surfaces et semblent pouvoir y rentrer pour se mettre à l’abri. La fig. 100 représente l’insecte vu de champ par le dos.
» La tête, d’un rouge transparent, occupe le centre de l’éventail qui supporte les quatre pattes antérieures. Elle est nichée dans l’une des commissures de la carapace qui la déborde , et du plastron qui offre là une échancrure anguleuse, en sorte que par le dos on ne voit que la moitié de la tête. De chaque côté de la tê'e sont deux pattes, rouges et transparentes comme elle , et insérées comme elle dans la commissure de la carapace qui les déborde et du plastron dont les bords cornés sont d’un rouge de brique. Chaque patte antérieure a quatre articulations, et à la base une hanche triangulaire, dont l’hypolhénuse regarde en dehors. Elles sont ornées d’unambulacre raide et terminal qui finit en une ventouse , par laquelle l’animal s’attache au plan qu’il parcourt.
» Au-dessous du bord corné antérieur du plastron, on remarque un écusson thoracique. Les quatre pattes postérieures offrent la même coloration et le même nombre de pièces que les pattes antérieures ; elles partent également d’un rebord corné, et qui se prolonge de chaque côté de l’abdomen en un écusson presque carré. Mais ces pattes postérieures sont quatre fois plus courtes ; elles s’insèrent sur le ventre qu’elles dépassent à peine de leur longueur, et au lieu d’un ambulacre, elles sont terminées par un long poil.
» L’anus déborde la partie postérieure de l’animal; pour le rendre visible, il suffit de faire dessécher l’insecte mort. On remarque sur le dos de l’animal un grand nombre de points disposés dans un ordre constant et symétrique. Ce sont des poils vus de champ. On distingue ces poils en plaçant l’animal sur le côté, et le tranchant latéral sous l’œil de l’observateur; on voit que les plus longs forment les deux rangées qui s'étendent du centre dorsal vers chaque côté de l’anus, et les deux rangées qui s’étendent du même centre vers chaque côté de la
CIRCULATION DANS LES ANIMAUX EX LES VEGETAUX* 1 -^3 tête.Quaatà lastiucture de la carapace, c’est un tissu réticulé ; que la carapasse et le plastron appartiennent, par leur stiuctuie cliiinique , aux tissus cornes , c est ce dont on s assuie en lais* sant séjourner cet insecte dans 1 acide acétique concentre. >>
La différence frappante de l’insecte de la gale du cheval réside dans les quatre pattes postérieures sur les côtés de l’abdomen , dans la forme de l’écusson vential, dans la présence des ambulacres à l’extremite des deux pattes posteiieuies , et surtout dans la structure de ces ambulacres.
§ XIX. Circulation dans les animaux elles végétaux.
Un des phénomènes les plus instructifs et les plus curieux est l’observadon de la circulation dans les parties transparentes de quelques animaux , par exemple dans le mésentère des grenouilles, des souris, dans les membranes natatoires, etc., et chez les plantes, principalement sous la chara.
La circulation est indiquée sous le microscope par la marche des globules que charrient les liquides dans hs vaisseaux artériels et veineux qui se présentent sous forme de réseaux. La marche des globules indique la nature des vaisseaux. Pour examiner cette circulation dans les grenouilles , le moyen leplus commode sera de fixer un de ces animaux sur un liège, à côté d’un trou circulaire qu’on y aura pratiqué ; ou étale le mésentère de la grenouille au-dessus du trou, et on le fixe au moyen de petites épingles, de sorte qu’il ne se déchire pas et que les mouvements de l’animal ne peuvent le déplacer. On ne verra d’abord que les globules charriés par le liquide, emportés par un fort courant, peu à peu la circulation se ralentit, la fibrine commence à se coaguler sous forme de nos globules blancs fibrineux (quelques observateurs ont cru trouver dans ces globules des globules lymphatiques), et à la fin, on ne voit ' plus que des oscillations du courant , effet de la circulation cessa te.
On observe , à côté du courant des globules dans les vaisseaux d’un diamètre notable , un espace dépourvu de corpuscules sanguins. Cet espace, cette raie le long des bords des
141 ÏI’.AITÉ l'KATJyUK üü MICKOSCOPK.
vaisseaux, était déjà connue de Spallanzani et de plusieurs autres auteurs. M. Poiseuille crut y voir une couche du sérum , déposée aux parois internes des vaisseaux; mais, selon nous, ce n’est que les parois mêmes du vaisseau. Nous exposerons nos observations à ce sujet dans la livraison de notre Anatomie microscopique^ concernant la circulation.
La découverte de la circulation qui existe dans les chara est déjà ancienne 5 elle appartient, comme on le sait, à Corti , et remonte à l’année 1774. Ce physicien fit sur les chara beaucoup d’observations et d’expél'iences. Depuis ce temps , Fonlana , Treviranus, Amici, Slak , ont fait de pareilles observations sur plusieurs plantes ; mais M. Schultz , à Berlin , a découvert dans des genres différents de plantes, une autre espèce de circulation à laquelle il donne le nom de cyclose', le liquide (latex) se meut ici dans des vaisseaux anastomosés les uns avec les autres, et de telle sorte qu’il accomplit un circuit en revenant dans celui de ces vaisseaux que l’on aura pris pour point de départ dans l’observation. Dansla circulation, au contraire, qui s’observe chez le chara, le mouvement rotatoire du liquide s’accomplit dans une cavité close, tube ou cellule, marchant le long des parois de cette cavité, jusqu’à ce qu’il soit revenu au point que l’observateur a pris pour point de départ. M. Dutrochet vient de publier un mémoire (1) fort intéressant sur la circulation du chara, qui nous servira de guide
Tous les chara offrent des tiges grêles, dont les méritballes (entre-nœud) tuberculeux sont remplis dans leur cavité centrale par un liquide mêlé de globules. La cavité centrale et tuberculeuse de chaque mérithalle est séparée par une cloison à l’endroit des nœuds, des cavités pareilles que possèdent les deux mérilhalles voisins. Autour de chaque nœud sont disposées en verticelle huit feuilles, qui offrent également une cavité tuberculeuse remplie par un liquide mêlé de globules. L entre-
(l) Voyez Mémoires pour servir à l’histoire anatomique et physiologique des végétaux et des animaux ; Paris , 1837, l. II, p. 5G0. — Annales des sciences naturelles , partie botanique ; Paris, 1838.
CIRCCLiVTlON DANS LF.S AXfMAl’X KT LES VÉGÉTAUX.
nœud , observé au microscope , se voit composé en dehors de tubes placés bout à bout, et dont l’eusemble décrit des spirales parallèles. La cavité de chacun de ces tubes, qui sont ordinairement au nombre de dix-huit, n'est point en communication avec la cavité du tube supérieur ou inférieur.
Pour observer la circulation , on enleve avec un scalpel 1 ecorce par le procédé suivant : on etend 1 entre-nœud des clictva hispida, qui se prête le mieux à l’observation, sur une lame de verre plus courte que la distance de deux articulations , et on la tient plongée dans une' petite capsule peu profonde et pleine d’eau. On pince, avec la pointe du scalpel, chaque tube cylindrique de l’écorce; sans pénétrer profondément, on promène la lame du scalpel d’un bout de l’entre-nœud à l’autre , et on parvient ainsi à détacher tous les tubes superficiels. Une fois que tous ces tubes sont enlevés , on a mis a nu un gros cylindre , que M. Dutrochet considère comme le système central de la plante , et qui est incrusté d’une substance blanche, fortement adhérente, dure et cassante, qui résiste à l’action du scalpel , et qui devient farineuse par la dessiccation ; c’est du carbonate de chaux, qu’il faut enlever au moyeu d’une lame émoussée , et en ratissant le tube dans le sens de sa longueur, la lame étant tenue perpendiculaire ( fig. 102). Le tube étant ainsi préparé , on le place , plongé dans l’eau , au foyer du microscope.
Ce corps , qui est transparent , s’offre sous l’aspect représenté par la fig. 103. D’innombrables globules elliptiques verts , qui sont autant de petites cellules , sont placés,- bout à bout , en séries rectilignes , lesquelles sont disposées obliquement et en spirale , eu raison de la torsion de la tige sur ellemême. Ces globules verts sériés sont situés au-dessous ou en dedans d'un tube membraneux très . diaphane , auquel ils n’adhèrent que très faiblement ; la présence des globules flottant dans 1e liquide qui remplit la cavité fistuleuse de la tige des chara, sert à faire apercevoir la singulière circulation à laquelle ce liquide est soumis, circulation c^ue M. Amici a païf litement observée, et dont M. Dutrochet a étudié les altérations provoquées par U température, la lumière, l’clcctricité, etc.
146 TRAITE PllATlyUK JL)U MICKOStOPE.
Les globules, suspendus clans le liquide central, suivent avec une parfaite régularité les rangées longitudinales et parallèles des globules verts qui sont situés sur les parois et en dedans du tube central. Ces rangées ou séries de globules verts sont disposées en spirale, en raison de la torsion du mérithalle sur lui-même. Les globules circulants suivent cette direction en spirale. Si les séries des globules verts offrent accidentellement des sinuosités , les globules circulants suivent ces sinuosités ; si les séries des globules verts offrent accidentellement une assez longue interruption de continuité, les globules circulants s’arrêtent dans cet endroit, s’y accumulent; puis, poussés par ceux qui les suivent , ils franchissent lentement l’espace dépourvu de globules sériés ; arrivés à l’endroit où finit cette solution de conlinuité de globules sériés, les globules circulants reprennent leur mouvement de progression rapide.
Cette progression ascendante du liquide s’opère exclusivement dans l’une des moitiés latérales du tube central ; arrivé auprès du nœud supérieur, où se termine la cavité fistuleuse du mérilhalle, le liquide se réfléchit et prend une progression descendante en suivant encore la dirccfion plus ou moins spiralée des séries des globules verts qui tapissent intérieurement l’autre moitié latérale du tube central. Arrivé au nœud inférieur, le liquide circulant se réfléchit de nouveau et reprend la route ascendante qu’il avaic suivie'précédemment.
Entre les deux courants, il existe une bande spiralée et transpai'ente (fig. 103 a. a), dépourvue de globules verts, et daus laquelle u’cxiste aucun mouvement; il résulte des recherches deM. Dülrpchet, que les globules sériés impriment le mouvement de progression au liquide qui les touche ; de plus , cet auteur et M. Donné ont vu ces globules verts, détachés des parois intérieures du tube, tourner et pirouetter sur eux-mêmes. Lorsque la pointe d’une aiguille pénètre, même infiniment peu, dans la cavité du tube central, le mouvement circulatoire s’arrête sans retour.
Un mouvement pareil à celui des chara que nous venons de décrire a Heu chez la paloclicellci diaphana , de la famille des Àlcyoncllcs. Ce mouvement , découvert par M. le professeur
animalcules Sl’ERMATIQUES.
Nordmann , s’opère dans le tube du polypier au-dessous de l’espace qui renfenne le polype j il s’opère dans un espace limité, sans qu’on puisse découvrir, soit un rapport quelconque
avec l’animal, soit des organes particuliers.
Nous mentionnerons à cette occasion les observations importantes de M. Nordmann , à qui l’iiistoire naturelle des animaux inférieurs doit de véritables progrès, sui laciiculation qu’il a découverte dans les vers intestinaux. Chez ces animaux, la circulation n’a!vait été démontrée que dans quelques formes de Trématodées , qui constituent une famille particulière avec le Polustoma Rudoljdii.A cette famille appartient le Diplozoon paradoxum , dont M. Nordmann décrit le système vasculaire (1). Il consiste des deux côtés en deux troncs principaux qui communiquent ensemble ; mais ce qui est le plus remarquable , c’est que la circulation du sang parfaitement transparent s’opère sans la moindre contraction des vaisseaux. On voit principalement bien les courants opposés du sang dans la partie postérieure du corps. Ehrenberg et Siebold supposent des cils vibratiles à la surface intérieure des vaisseaux.
§ XXi Zoospermes. Vers intestinaux.
Il n’est guère d’observation microscopique qui ait excité plus d’admiration, qui ait été plus contredite, et qui ait démontré à un degré plus éminent la puissance du inicrbscope , que la découverte des animalcules spermatiques, tant controversée depuis Leeuwehhoëk (2). Cette question a fait dans ces derniers temps de grands pas vers sa solution , grâce aux recherches de MM. Prévost et Dumas , grâce aux travaux judicieux de plusieurs naturalistes allemands, et particulièrement de MM. Siebold et Wagner.
(1) Micrograpliischo Beylraege (Notices micrographiques) , Berlin, 1832, cahier I, p. 69, in-4®, fig.
(2) Voir quelques rcllexions sur ces premières observations, de Loeuwenhoëk, dans notre mémoire sur le pus (Anatomie microscopique, II' série, deuxième livraison, Paris, 1839).
H8 TRAITÉ l'KATIQUK DU MICROSCOPE.
Les zoospermes offrent un sujet de recherclies intéressantes et importantes pour le physiologiste et l’anatomisie, à cause de leurs rapports avec la génération et l’embryofi. Le médecin y trouve un objet d’observations. qui peuvent éclaircir, si elles sont approfondies , les questions de fécondité et de stérilité. Mais il est surtout une maladie dont le microscope seul peut déterminer d’une manière sûre et inattaquable le caractère et la gravité , ce sont les pertes séminales. En peu d’instants la diagnose est faite, tous les doutes dispersés, la gravité du mal meme ixidiquée par un plus ou moins grand nombre de zoospermes , par leur configuration , leur grandeur, leur vivacité, etc. Or, la diagnose de cette maladie, que l’on peut guérir, ne mérite-t-elle pas que le médecin consacre quelques mois à l’exercice du microscope, de même qu’il s’occupe pendant des années du stéthoscope , dont un des mérites principaux est de procurer une diagnose sûre dans la phthisie , maladie que l’on ne peut guérir ?
Leeuwenboêk et Gleicben regardaient les animalcules spermatiques comme le seul germe de l’embryon. Lieberkubn croyait y ti’ouver la colonne vertébrale, MM. Prévost et Dumas le système nerveux du germe. Buffon, qui confondait les animalcules spermatiques et les infusoires (voir pag. 7) , n’y vit que des molécules organiques. Mais beaucoup d’observateurs professent une opinion , que nous partageons pareillement : c’est que les animalcules spermatiques ne sont que • parasites, que leur présence dénote le développement complet du sperme , et qu’une fécondation n’est possible que dans le cas où les zoospermes ont atteint leur forme , leur grandeur, etç., parfaite. Nous citerons de suite à l’appui de ces opinions quelques observations faites sur les animaux inférieurs; mais avant tout, répondons à une question qui aura dû se présenter à l’esprit de nos lecteurs : les animalcules spermatiques sont-ils donc nécessaires à la formation du germe, de l’embryon ? Ici les opinions sont encore partagées; les uns les regardent comme des parties animales vivantes, produites par la sécrétion, et concourant à la formation du germe; les autres les croient toul-à-fait étrangers à la fécondation ; avouons
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franchement qu’aucune donnée certaine n’existe jusqu’à présent pour décider cette question. Ce qui paraît certain , c’est qu’une fécondation ne peut avoir lieu sans le développement complet des animalcules ; cette circonstance trouverait son explication parfaite dans la nécessité du développement du sperme ; mais au moment de la maturité de ce dernier, ses parasites, les zoospermes, ont pareillement leur degré de perfectionnement. On voit donc que les animalcules spermatiques pourraient rester parfaitement étrangers à la fécondation , et que rien ne nous autorise à admettre leur concours à la formation du germe ou bien à le nier.
C’est donc encore pour les physiologistes une question à étudier-; mais le micrographe seul peut déjà décider maintenant si une fécondation peut avoir lieu par un sperme donné, parce que le développement des zoospermes l’éclaire parfaitement sur la bonté, la maturité, etc., du sperme. On connaît jusqu’à présent peu d’observations faites sur le sperme des hommes stériles ; nous avons dernièrement (1) eu l’occasion d’en observer un exemple qui offrait des animalcules plus petits qu’à l’ordinaire, parmi lesquels il s’en tr ouvait quelquesuns d’une configuration particulière.
Dans les animaux inférieurs, le développement des animalcules, cprrespondant à la maturité du sperme , est beaucoup plus marqué. C’est ainsi que MM. Wagner et Siebold (2) ont étudié la formation successive des zoospermes dans quelques animaux, principalement les mollusques, les annélides, etc., chez lesquels la génération n’a lieu que dans une certaine saison dé l’année. M. Pelletier a fait des observations pareilles sur les zoospermes de la grenouille , et il les a communiquées déjà en 1835 à la Société des sciences naturelles de Paris (3).
(1) L’Inslilut. — Soc. philom., 23 mars 1839.
(2) Müller, Archives, Berlin , 1836. - C. F. Burdach. Traité de physiologie considérée comme science d’oiserunticm, traduit de l’allemand, par A.-J.-L. Jourdan, Paris, 1838, t. III, p. 32.
(3) Voir aussi l’Institut, 1837.
Il résulte de toutes ces observations , et des recherches semblables faites par Trëviranus, Schv^rann, Henle , etc., et que nous avons souvent eu occasion de confirmer nous- même, que les animalcules spermatiques .se montrent d’abord groupés en faisceaux serrés comme des écheveaux qui sont enfermés dans des vésicules très minces ; ces groupes sont immobiles, mais dès le moment du contact avec de l’eau , ils commencent à se redresser, un mouvement ondulatoire se fait remarquer sur toute la masse, ils sortent en touffe de la masse , et enfin les zoospermes se séparent et se présentent avec une tête et une queue bien distinctes.
Nous avons déjà vu quel effet remarquable fut produit par le seul contact de l’eau avec les groupes des zoospermes ; mais cet effet est encore beaucoup plus marqué sur ces animalcules quand ils sont isolés ; il consiste principalement dans une torsion ou plutôt une flexion en forme d’anse de la partie antérieure du corps, de sorte qu’on voit, en cet endroit, naître un corpuscule elliptique que quelques auteurs ont signalé comme tète, mais qui, eu réalité , n’est autre chose qu’un anneau plus ou moins elliptique. Il paraît pourtant , d’après quelques observations , que cette anse .se trouve plus tard transformée en véritable tête.
Les zoospermes de l’homme (voir pag. 67 et 134) se composent ( fig. 99) d’une tête en forme de disque un pèu elliptique et comme tronqué et aplati en avant, et irrégulièrement renflé en arrière , sc terminant en nodule semi-elliptique : ici prend naissance la queue ou le filament, qui est plus épais à sa base, et qui devient ensuite de plus en plus mince. La longueur totale de l’animalcule est de 5/100' de millimètre , avec les variations en plus et moins de 1/200“ de millimètre.
Les zoospermes morts conservent leur forme et restent inaltérés dans l’ammoniaque, l’urine, dans la dissolution de carbonate de potasse et dans l’alcool. Si donc il était permis , de nos jours , de parler du microscope dans la médecine légale . on pourrait hardiment consulter cet instrument dans l’examen de taches prétendues séminales.
Nous avons déjà exposé les changements qui s’opèrent sur
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les zoospernies des animaux irifévieurs pai’ leur contact avec l’eau; on évitera donc, autant que possible, ce mélange du liquide étranger, même pour les animalcules du sperme humain. Ou posera de même, comme pour l’examen des liquides en général , une goutte entre deux lames de verre ; mais le liquide étant trop dense pour que les verres puissent s’approcher par eux-mêmes, on sera forcé d’exercer une pression légère sur la lame supérieure , jusqu’à ce que la coyche du liquide soit bien mince elle champ peu chargé d’animalcules. Un nombre trop grand de ces derniers empêche l’examen attentif des individus, et le mouvement continuel de beaucoup d’animalcules ne produirait qu’une image confuse , et empêcherait toute idée nette de leur configuration.
On fera bien de se procurer ces zoospermes dans l’état le plus fraispossible et vivants ; mais on devra éviter, surtout, de les observer desséchés sur la lame de verre; car rien ne donne lieu à plus d’illusions. Il sera même bon d’étudier comparativement les zoospermes dans leur état frais et desséché, pour se familiariser avec les effets de la lumière (voir aussi ch. VI, § 4). La queue du zoosperme vivant oflre pareillement un bon sujet d’étude , et peut servir à s’assurer de la perfection du microscope, en se présentant sans aucune ligne latérale de diffraction. Il convient surtout de bien modifief la lumière par des diaphragmes convenables ; des trous trop petits produisent autour de ce filament très délié des lignes de diffraction , et des trous trop grands dans le diaphragme font disparaître ou rendent très difficile l’appréciation juste de la longueur de la queue.
Nous ne pouvons guère terminer c.e paragraphe sans ajouter un mot sur les vers intestinaux , qui, dans ces derniers temps, sont devenus un sujet d’études sérieuses. Nous ne pourrons ici faire mention que de la manière de les préparer dans l’observation microscopique. Tout d’abord, chacun comprendra que dans l’examen des organes intérieurs , le compresseur pourra devenir d’une grande utilité, si on a soin d’en faire usage avec les précautions nécessaires. Laurer emploie avec succès de l eau chaude , des acides , etc., pour faire paraître ,