DU PLATRE ET DE SON EMPLOI — LE GACHAGE
Deux mots seulement sur les outils nécessaires aux opérations du moulage : une sébile de bois ou un bassin de cuivre pour gâcher le plâtre, récipients qu'il faut toujours avoir soin de conserver propres en les râclant chaque fois qu'on en a fait usage, à l'aide de la spatule; quelques ripes en fer, un ciseau dit fermoir, un maillet de bois, un fort blaireau ou, à son défaut, un pinceau rond à longs poils très souples, une brosse courte en soies de porc, de l'huile et du savon noir, tels sont les ustensiles nécessaires au mouleur 1 .
Il est de toute importance de n'employer pour le moulage que du plâtre de qualité parfaite, extra fin et gras. En plus, il doit être aussi frais que possible et non éventé. On appelle du plâtre gras celui qui est onctueux et produit, lorsqu'on l'a gâché, la même impression au toucher que si Ton trempait la main dans une crème épaisse, et qu'il s'attache aux doigts. Si donc on n'a pas l'habitude du moulage , on fera bien de l'essayer en en gâchant d'abord une petite quantité. Le plâtre gras et de bonne
i. Avant de procéder au moulage, l'amateur doit voir tout d'abord si l'objet qu'il veut mouler est de dépouille ; on dit qu'un objet est de dépouille lorsqu'il peut sortir du moule tout d'une pièce, sans accident ni cassure d'aucune sorte. Pour cela, il faut qu'il ne présente à sa surface aucune partie saillante en dehors de la verticale au plan du fond.
qualité doit prendre lentement et durcir. On se le procurera aisément en demandant du plâtre à mouler.
On appelle gâcher l'action de délayer le plâtre dans l'eau en certaines proportions. Voici comment on procède : on verse dans la sébile, ou, à son défaut, dans une terrine en terre émaillée ou une cuvette en porcelaine, la quantité d'eau suffisante pour atteindre environ la moitié de la hauteur dudit vase; puis, prenant successivement, à poignée, le plâtre, on le laisse tomber dans l'eau en tournant au dessus du vase, en se rapprochant petit à petit du centre, et Ton en met jusqu'à ce que la charge de plâtre émerge de l'eau et forme un cône la dépassant de quelques centimètres. On attend alors quelques instants que l'eau , par imbibition , ait humidifié le sommet du cône qui dépasse; à ce moment, à l'aide d'une spatule ou, à son défaut, d'une simple cuiller, on mélange en tournant le plâtre avec l'eau; on laisse reposer, mais seulement quelques instants; le plâtre est alors suffisamment gâché et bon à être employé pour faire un moule ou couler une épreuve; si c'est pour un moulage sur nature, on y met une pincée de gros sel, la valeur d'une cuillerée à café environ.
Votre moule fait ou votre épreuve coulée , si vous avez besoin de plâtre pour reboucher des trous ou faire quelque retouche, il faut que votre plâtre soit tué. Voici en quoi consiste le luage du plâtre : après l'avoir gâché, comme il est dit ci-dessus, on le laisse prendre ou épaissir à l'état presque solide ou serré, mais non complètement dur; puis, l'additionnant d'un peu d'eau, très peu, vous le battez jusqu'à ce qu'il se liquéfie à nouveau, et vous l'employez. Si vous ne preniez cette précaution de tuer le plâtre pour les retouches, celles-ci marqueraient en gris-noir sur votre modèle ou dans votre moule retouché.