DE L'ÉPREUVE
Le moule étant fait et dépouillé, on en lave l'intérieur avec une éponge douce ou un pinceau doux, et on le laisse se ressuyer une demi-heure environ, c'est-à-dire le temps nécessaire
Il8 MODELAGE ET SCULPTURE
pour que le plâtre absorbe toute l'humidité. Pendant ce temps, vous préparez le savon noir : pour cela vous introduisez dans environ un litre d'eau tiède 125 grammes de savon noir et vous agitez jusqu'à parfaite dissolution ; vous versez dans une sébile ou un bol, et à l'aide du blaireau ou du pinceau à longs poils, vous faites mousser le liquide savonneux afin qu'il pénètre bien dans les pores du plâtre. Vous savonnez alors un peu longuement votre moule, en continuant à faire mousser, toujours dans le même but; lorsque le savonnage a passé partout, vous laissez reposer quelques instants, puis avec le même pinceau, rincé à l'eau pure et essoré convenablement entre les doigts, vous le roulez entre les deux mains, ce qui le dessèche en écartant les poils; à l'aide du pinceau, dis-je, ainsi desséché, vous enlevez complètement ce qui reste de mousse de savon dans le moule.
Le moule est luisant : on l'enduit très légèrement d'huile, à l'aide d'un autre pinceau ordinaire (les pinceaux employés pour le moulage doivent être toujours très doux). Quand il est partout huilé, on l'immerge vivement par une ou deux fois dans un seau d'eau. Cette dernière opération est très importante; elle a pour but d'empêcher les soufflures et le farinage de l'épreuve.
Votre moule est prêt; vous procédez au coulage et à la dépouille de l'épreuve. Pour cela, vous gâchez le plâtre avec grand soin, assez clair pour qu'il pénètre dans tous les creux; vous le répandez dans l'intérieur, à plat, puis vous agitez légèrement le moule, toujours à plat, et vous soufflez aussi aux endroits où se trouvent les parties les plus creuses; lorsque vous êtes ainsi bien certain que le plâtre liquide a partout pénétré, vous en ajoutez jusqu'à bonne épaisseur, soit un centimètre environ pour les médaillons ou bas-reliefs de 10 à
15 centimètres de diamètre, deux centimètres pour ceux de plus grande dimension, et vous laissez prendre. En prenant, le plâtre s'échauffe et fume; quand il est refroidi, c'est-à-dire lorsque aucune évaporation ne se produit, qu'il ne fume plus en un mot, et présente au toucher bonne consistance, c'est le moment de briser le moule pour en dépouiller l'épreuve. Vous faites cette opération à l'aide du ciseau dit fermoir (lequel, au lieu d'avoir- un simple biseau, comme celui des menuisiers, en a deux) et du maillet de bois ; vous frappez à petits coups sur le moule en retenant le coup le plus possible tant de la main qui tient le maillet que de celle qui présente le fermoir : le moule se brise par petits morceaux et au fur et à mesure l'épreuve apparaît dans toute sa pureté.
Dans les moulages un peu plus difficiles, où se rencontrent des saillies prononcées ou des creux profonds, comme, par exemple, un bas-relief d'ornements ou de fleurs, on aura soin de faire le moule en deux couches distinctes, la première très mince en plâtre teinté; cette couche une fois prise, on l'enduit d'une légère barbotine (terre glaise délayée à l'eau à la consistance d'un sirop), puis on continue le moule en chargeant de plâtre à nouveau jusqu'à bonne épaisseur. La barbotine appliquée ainsi entre la couche délicate du premier moule très mince, avons-nous dit, et la deuxième couche, ou couche de renfoncement et de soutien, permet : i° d'activer la dépouille puisque', une fois l'épreuve coulée , on pourra enlever l'enveloppe de renfoncement sans crainte et vivement, et 2° de diminuer les risques de casse puisque, voyant la couche mince à cause de sa teinte, on pourra la briser avec plus de précaution.
Il ne faut pas oublier, lorsque le plâtre de l'épreuve est encore mou, d'y ajuster au dos une agrafe en fil de fer galvanisé ou
étamé, ou, à défaut, une petite corde; cette attache se fait comme une boucle dont les deux extrémités, croisées et un peu longues, sont scellées dans le plâtre, sur l'épaisseur du fond. On doit placer cette attache bien au milieu et, pour cela, repérer ce point par une encoche placée, lors des opérations du moulage, sur le bord du moule, autrement il vous serait impossible d'apprécier exactement le milieu. Pour les bas-reliefs, on pose généralement deux attaches.