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ÉPANNELAGE ET MISE AU POINT

La première opération des praticiens est l'épannelage, qui consiste, à l'aide d'outils nommés pointes et têtus, à dégrossir le marbre, pour en supprimer les matières inutiles et lui faire présenter la première forme extérieure. Puis le metteur au point , après avoir placé le marbre à côté du modèle, divise d'abord la figure en un certain nombre de points saillants , et y fait une remarque appelée point de repère. Ces points, une fois tracés, il prend avec un compas la distance qu'il y a entre eux, et reporte ces points sur le marbre. Puis il dégrossit, c'est-à-dire qu'il taille le bloc en lui donnant la forme élémentaire du sujet, celle dans laquelle sont inscrits ses masses principales et ses contours. Il vérifie ensuite avec le compas sa première opération, pour s'assurer que les points de repère correspondent fidèlement, et que le relief est semblable. Les points de repère que l'on reconnaît à cause de leur saillie (formée par un petit cône d'un centimètre environ) sont conservés jusqu'à l'entier achèvement de la pratique, car ils servent à contrôler la justesse des autres points, dits de détail. Quand la pièce est ainsi dégrossie, et présente les parties saillantes et rentrantes, creux et reliefs, on l'ébauche parfaitement en conservant la mise au point. Pour ce faire, partant de chacun des points de repère, on prend de nouvelles mesures qu'on reporte comme les premières et qui doivent correspondre entre elles dans tous les sens. Le metteur au point trace ainsi une quantité considérable de points, dits de détail, de telle j&çon qu'il n'y ait pas dans tout l'ouvrage un carré de

0.04 centimètres qui n'en contienne un. On voit quelle précision il faut apporter dans ce travail pour que la concordance entre tous ces points soit réalisée. Sous sa forme la plus élémentaire et la plus réalisable, l'opération de la mise au point n'est donc autre chose qu'une suite de problèmes géométriques résolus par la pratique. La difficulté du travail consiste en ce que les contours qu'on a à déterminer ne sont pas, comme dans la géométrie, des figures régulières, mais des modelés formés d'une série de méplats et de courbes.

Après cette ébauche du metteur au point, ébauche qui s'épure de plus en plus à mesure que le nombre de points augmente, le praticien prend et termine le travail, et ce sculpteur praticien, qui souvent est artiste lui-même, achève l'œuvre au jugé, d'après le modèle, en faisant sauter cette fois toutes traces de mise au point.

C'est alors que le statuaire reprend le marbre pour le travailler sans autre préoccupation que de le faire « vivre et respirer ».

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