‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 21 sur 147 · B. GLANDES SPECIALES · texte numérisé non relu

B. GLANDES SPECIALES

On trouve chez les poissons une série de pores placés le long de la ligne latérale (ordinairement marquée soit par une forme particulière dans les écailles , soit par des traits colorés , et toujours par les pores dont on parle ici). Ces pores sont les orifices de canaux rampant sous les téguments et venant de deux grandes glandes placées sur la tête , au-dessus des yeux. La matière sécrétée est une humeur visqueuse qui s'attache à tout le corps et lui donne ce gluant que tout le monde connaît. On pense que celte matière est destinée à préserver le corps de l'influence de l'eau; mais cela est purement hypothétique, car on ne voit pas h quoi cette matière visqueuse peut réellement servir , et pourquoi îl faut que le corps soit plutôt préservé de l'action de l'eau que de celle de cette même matière visqueuse.

ORGABTES EXCRENEKTITIELS DES POISSONS. 81

On n'a encore trouvé de giandes anales que chez les Raia et les Sguaius , dont le canal excréteur s'ouvre en arrière du rectum.

Je dois parler ici des organes électriques de quelques espèces de poissons , chez lesquelles on a observé la singulière faculté qu'ont ces animaux de pouvoir lancer à volonté des commotions électriques d'une force souvent telle qu'ils renversent un homme qui vient simplement à toucher au baquet dans lequel on les tient. On a remarqué jusqu'à présent quatre genres qui jouissent de cette faculté et chez lesquels on trouve aussi un organe particulier qu'on suppose produire cet effet. Ce sont les Torpédo, le Gyninotus clectricus , le Malaptertirus electtncus et le Tctraodon eUctricus,

Les organes qui produisent ces commotions paraissent différer dans chaque genre; et d'ailleurs, quand même la conformation serait partout h même, on ne pourrait pas mieux expliquer comment ils peuvent produire ces effets. Chez les Torpédo^ poissons assez communs dans nos mers et appartenant à l'ordre des batoïdes , il se trouve de chaque côté , dans la partie antéro-supérieure du corps , enlre la tête et les nageoires pectorales. C'est un assemblage de petits tuyaux membraneux, collés et parallèles entre eux, coupés par des lames transversales disposées à peu près horizontalement ; de manière que chaque tube forme une série de plusieurs cellules superposées dans lesquelles se trouve un liquide.

Chez le Gyvfinotus eiectricits l'organe électrique se trouve au contraire placé sous la queue. Il est formé de quatre masses longitudinales , dont chacune se compose à son tour d'un nombre considérable de petites lames membraneuses parallèles , placées obliquement et réunies par d'autres lames verticales dirigées de dedans en dehors. Ces lames interceptent des cellules remplies également d'un liquide dans lequel réside probablement la propriété électrique.

Suivant M. de Humboldt, ces poissons , qu'on trouve dans les rivières des parties chaudes de l'Amérique méridionale , et dont la longueur atteint jusqu'à 2 mètres , auraient la faculté non-seulement de renverser des chevaux , mais encore de diriger la commotion à volonté à travers l'eau, et cela à des distances assez grandes, et d'étourdir par là les poissons dont ils veulent faire leur proie.

Chez le Malapterurus cet organe n'a pas encore été décrit , que je sache.

Un grand nombre de poissons sont pourvus d'une vessie natatoire^ surtout bien développée chez le Cyprinus carpio. Cette vessie , remplie d'air , occupe la partie supra-antérieure du tronc , adhérant le plus souvent aux vertèbres. Elle présente des formes différentes : tantôt elle est simple , tantôt double , et quelquefois lobée , mais impaire ; dans d'autres elle est paire ; et beaucoup de poissons en sont TOAi. II. 6

82 emCANES EUCRENfilITlTlfiU.

totaleaient prWés , et cela sans dîstiiKtioa de genres ; car sotiiFeftl; lelle espèce d*an genre en est pocirvue, tancKs qaé telle avtre e» masque. Cette Teasie est d'ordinaire formée d'une membrane moQe d'«ft blanc nacré ; dans certaines espèces cependant elle prend assez de co n si ptw ce pmHP que ses parois deviennent éfasdqnes et se maintiennent tendnes sans s*afibisser par leur poids. Chez le Coéitis fosêiiù o» la trouve même ossifiée.

Son extrémité antérienre commani<}ue par un canal excréteur soit avec Fcesophage, soit avec Festomac.

Cette vessie est formée de trois tunicpies : une péritonéaie , une propi*e et une muqueuse, La seconde est généralement la pins épaisse et celle qui prend de la consistance.

La vessie natatoire est toujours remplie d'un gaz qui parait varier dans sa nature non-seulement suivant Tespèce du poisson , mais encore dans les individus : chez les uns c'est de Tazote ; chez (Tautres, de l'acide carbonique ; chez d'autres encore , de l'hydrogène , de l'oxygène ; et souvent aussi ces divers fluides s'y trouvent mêlés.

Ces gaz sont sécrétés par des glandes diversement conformées , placées tantôt dans l'intérieur même de la vessie , et tantôt à sa face externe. Les canaux excréteurs du gaz s'ouvrent dans la vessie , le plus souvent par un nombre considérable d'orifices. Dans beaucoup de poissons on ne trouve pas de glande conglomérée pour ce gaz , et chez eux il paraît que la sécrétion de ce dernier a lieu dans des glapdes éparses extrêmement petites , contenues dans la membrane propre.

Le gaz est retenu dans la vessie soit par le moyen d'un sphincter qui resserre le canal excréteur, soit par une saillie qui en ferme l'oriftce , soit que le canal glisse obliquement entre la tunique musculeuse de l'œsophage , et que celle-ci le comprime et empêche le fluide de s'échapper. La sortie de l'air est produite chez les uns par des muscles qui compriment directement la vessie, chez d'autres par l'eflet des muscles abdominaux.

La vessie natatoire, placée à peu près au-dessus du centre de gra* vite du corps , sert à maintenir ce dernier en équilibre avec l'eau. JLorsque le poisson veut s'enfoncer, il lâche une paitie du gaz qu'elle contient , tandis qu'il la gonfle pour monter plus facilement dans ce liquide. Lorsqu'un poisson se trouve à une profondeur considérable , le gaz de sa vessie natatoire se trouvant par là fortement condensé , il arrive quelquefois que l'animal , pris à Thameçon et retiré avec rapidité au dehors, n'a pas le temps de lâcher une partie de ce gaz, qui, venant tout à coup à se dilater, fait crever la vessie.

Les poissons privés de vessie natatoire sont d'ordinaire ceux (pu

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vivent à une grande profondeur , où leur corps est sans cela en équilibre avec Teau.

§ IL Dùsection et conservation.

Les reins des poissons étant placés dans Tabdomen, le long de la colonne vertébrale , il faut , pour les mettre à découvert , ouvrir cette cavité par le ventre , couper les côtes à la moitié de leur longueur , placer la pièce anatomique sur le dos et enlever tous les autres viscères qui cachent les ceins. On injecte les uretères pour \oir leur distribution dans les reins.

Les canaux muqueux de la ligne latérale , on les injecte par leur extrémité antérieure.

Pour préparer les organes électriques des Torpédo , on doit ouvrir le corps'par en haut , enlever d'abord avec précaution la peau , puis petit à petit les parties qui recouvrent ces organes ; ce qui permet de suivre également les branches des nerfs maxillaires et pneumogastriques qui s'y rendent suivant Ccvier.

L'organe électrique des Gymnottis, placé sous la queue , doit être disséqué par le côté, afin de mieux voir les bords des petites lamelles qui le composent.

Pour bien voir la vessie natatoire , surtout chez ceux dont le corps est fortement comprimé , il convient d'enlever sur l'un des côtés les côtes avec les muscles qui s'y fixent, pour avoir ainsi le profil intérieur de la cavité viscérale ; ce qui permet aussi d'étudier avec soin tous les autres viscères dans leurs rapports respectifs.

SECONDE DIVISION

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