‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 23 sur 147 · DES ORGANES EX CRÉMENTITIELS DES MYRIAPODES · texte numérisé non relu

DES ORGANES EX CRÉMENTITIELS DES MYRIAPODES

§ I. Anatonxie.

Ce n*est que par conjecture que je parle ici de Tappareil urinaire des MYIU4PODES, et spécialement des chilopodes , Vu que je n*ai de preuve , pour considérer les organes que je regarde comme sécrétant de l'urine , que le simple fait que leurs canaux excréteurs s'ouvrent c!ans la partie terminale des organes sexuels , et se trouvent également chez les deux sexes ; ce qui prouve qu'ils ne font pas partie de l'appareil génital proprement dit.

Chez les Litfioùius les organes que je considère comme des reins forment dans la partie postérieure du corps deux masses de forme irrégulière, ressemblant à deux lobes allongés de graisse , et se terminent à leur extrémité postérieure par un canal excréteur fortement replié sur lui-même, qui va enfin s'ouvrir dans la partie terminale des déférents chez le mâle , ou des oviductus chez la femelle.

On retrouve aussi ces mêmes organes chez la Scoiopendra morsitans.

Les glandes venimeuses ont été décrites avec l'appareil digestif.

S IL Dissection et c&iiservation.

On voit le mieux les organes urinaires des chilopodes en ouvrant la partie postérieure du corps par en haut. On les trouve placés de chaque côté de la partie terminale du canal intestinal et des organes génitaux ; mais il faut les détacher avec soin en coupant une à une les trachées qui les retiennent , afin de ne pas rompre le canal excréteur , qui est extrêmement fin. Après avoir enlevé entièrement les arceaux supérieurs 'des segments de l'animal placé sur un plateau , on détache , comme je viens de le dire , les glandes en coupant tout ce qui les bride. Cette opération faite , on les enlève de la cavité du corps pour tes fixer à côté sur le plateau , et on déplisse le canal excréteur, dont on suit les replis jusqu'à son insertion.

On conserve ces préparais avec les organes génitaux, dont ils sont des appendices.

OBGAI^ES £XGIIÉM£3ITIT1EVS DES INSECTES. 85

ARTICLE ÏI.

DES ORGANES EXGRÉMENTITIELS DES CNSEGTES.

§ I. AiicUoinic,

A. APPAREIL VR1>AIIU£.

J'ai déjà fait remarquer, en parlant des glandes qui versent leur produit dans le canal intestinal , que celles qui s'y ouvrent plus ou* moins près de Fanus sont de véritables canaux tirinaires distincts des vaisseaux hépatiques , avec lesquels on les avait confondus. Leur analogie avec les reins a été soupçonnée par Rbngger, et je l'ai prouvée par l'analyse chimique de leur produit, insérée dans mes Consid, gêner, sur VanaU compar, des anirti. art.

Chez tous les insectes ces glandes ont , comme d'aiUeurs la plupart de leurs oi^anes sécrétoires, la forme de longs vaisseaux simples, en peignes ou rameaux , mais s!ouvrant toujours soit dans le tube intestinal par un seul canal commun , soit aans un tronc particulier pour chaque côté. Dans beaucoup .de genres ce conduit excréteur pi^ésentc latéralement un appendice en forme de vésicule , dans laquelle l'urine s'accumule; ou bien la vésicule est une simple dilatation du vaisseau.

B. IÎLAMDES SPJ-^CIALES.

On trouve chez les insectes diverses glandes sécrétant des produits particuliers dépendants de la fonction de la digestion , ou bien indirectement de la fonction de la génération , sans faire cependant partie de l'appareil de cette dernière.

Plusieurs insectes suceurs , et spécialement ceux qui se nourrissent de sang, produisent une douleur vive et persistante avec enflure lorsqu'ils piquent pour sucer le sang. Il est inutile de rappeler à ce sujet les Cuiex (cousins), les Pulex (puces) et les Cimax (punaises)^ ces animaux versant , on ne sait pourquoi , un liquide venimeux dans la plaie qu'ils font avec leurs organes masticateurs convertis en lancettes très-fines. Quofqu'on n'ait pas encore découvert le véritable organe qui sécrète ce liquide , il est cependant naturel , en attendant des renseignements plus positifs, de les rapporter .à la classe des glandes salivaires, comme je l'ai fait relativement à celles où s'élabore le venin des Sco^ lopendra et des aranéides.

Chez d'autres insectes formant exclusivement la famille des porte- AiGuiLr(N>is, de l'ordre des HYM^NOPTkRES , les femelles sont munies d'un aiguillon servant exclusivement conmie arme et placé dans le

8G OHG4KES flXCRCMKKTlTICLS.

dernier segiiicut de leur abdomen. Cet aiguillon est une pièce grêle , cornée, très-dure, extrèmeinent pointue, cachée , dans Tétat de repo»; entre une ou plusieurs paires de pièces latérales demi-cylindriques qui lui servent d*étui protecteur, et faisant souvent saillie au dehors, comme chez les Ichneinnon ; ou est entièrement cachée dans l'abdomen , comme chez les Fespa. Cet aiguillon et ses étuis sont mis en mouvement par plusieurs muscles qui leur permettent non-seulement de paraître au dehors , mais encore d'être dirigés de tous côtés avec une extrême promptitude poia* y agir nvivast le besoin. A la base de cet aiguâloB s'ouvrent les deux csmauK excréteurs d'i»e ma de deux vésicules contenant le venin et placées eHes-mémes dans k partie postérieure de l'abdomen.

Ces vésicules sont envelopi)ées , chez les f'espa , d'uue couche de libres musculaires , princips^ment disposées en travers , servant à comprimer vivement la vésicule pour faire jailtir le venin. Cette liqueur est d'ordinaire produite par une glande afiongée en vaisseau grêle inséré sur la vésicule-réservoir.

Quelques espèces, les Maiacfiius , par exanple , foDt std>iteaie»t satlMr dans le danger, des côtés de leur abdomen, des vésicules répandait une légère odeur, mais qui paraissent du reste peu faites po«* les défendre contre leurs ennemis.

La chenille de ÏEguites machaon fait sortir de même, lorsqu'on l'irrite , une production charnue en forme d'Y de la partie supérieure de son cou et répandant une forte odeur due à une liqueur onctueuse qui en suinte, mais du reste fort peu capable de servir à sa défense. La chenille du Bomêix vinuia, dont le corps se termine par deux fflets, fait souvent sortir de mên^, dans le danger, des extrém^és de ces derniers , un prolongement membraneux , qu'eye rejdie vers l'endroit d'où paraît venir le danger , mais sans avantage pour sa sôreté. Ces appendices laissent également suinter un peu d'une liqueur gluante , et paraissent glanduleux.

Une loule de larves , mais [4os particulièrement les chenilles , ont sens la lèvre un organe spécial tyffoïforme , nommé fUière , par lequd dies émettent un double fil plus ou moins fin et d'une l(H*ce souvent consndéraMe , vulgairement connu sous le nom de soie. Ces animaux se servent 4e ce fil pour descendre d'un heu dans un autre et y remonta* , ou bien pour se filer un lacis ou nid qui leur sert de retraite , ou bien encore pour lier ensemble divers corps orangers pour s'en (ike une demeure, soit enfin pour s'en former une enveloppe générale en forme de cellule , et connue, pour les chenilles, sous le nom de cocon , dans lequd eHes passent leurs niétunorphoses.

<jette swe est sécrétée , dans les <^nifies que je prends pour*exemp*e , pm* deux longs vai^seaua^ êérigèn$B assez forts , mais '«Usp^ ,

ORGANES «XCBÉMBKTITIELS B£« INSECTES. ^7

repliés sur euxH»èines H fkts ou moins loags « sden la qoaatité de soie que diacpie e^>èce est capable de produire , et {^acés dans toute la iengueur 4ela€avlté viscérde, sous le caual aiiiuemaire. La ^usre» Biarquable de ces dienîUes est ceMe du B^niiix moH (ver à scMe) , dout les vaisseaui[ sérigènes soat grêles à leur extrémité postérieure ^ renflés dans le mifieti, et grêles encore ^lus kur partie antérieure , où ils s'uflésâent aitre eux dans la tête pour s'^nrrir au dehors fions la la lèri^, au feoutd'uu petit tube mobile formaat la âlière.

§ H. Dis9€Ctiùn et cûnstrvdtion^

On prépare les org[anes urinaires avec le canal intesdttal, dont Us sont les appendices, absolument de la inéme manière que les "msr seaux liépatiqûes, auxquels ils ressemblent beaucoup. Quant aux m*guillons et aux vaisseaux sécréteurs du venin, ils demandent plusse soins ^ cet appareil étant lort petit et très-compliqué par les diverses pièces cornées qui y entrent, les musdes qui les meuvent et la partie séo'étmre qui produit le vemn. Pour les préparer, fl faut ouvrir Tabdomai , d*abord ^r les premiers sujets par en haut , aên de bien voir la d!^)o«tiim et les rapp^ts de Tensemble; on enlève emuite le segment postérieur avec tout l'appareil du venin , et on le fixe sur im petit pliâ^au en tiége qu'on porte sous une loupe don* le grossissement est à peu près de dix fois le diamètre pour un Insecte é^ la grandeur d'une Vespa crahr^, par exemple t et ^ on procècte à k véritsd^ disseoëon des pwties, en aflant par le côté de l'extérieur versfifttérieur jusqu'à (^ qu'on sœt arrivé au pkm*mé«Kan de la pièce , oà l'on trouve l'aigûifion tenant au canal excréteur. Ccmtinuànt ensinte la dissection par le profil intérieur de la seciMide moitié de ta pièce, on reconnaît la véritable disposition des parties ; ce qui était dtficile avant en procédant de dehors en dedans.

Cet appareil étant intimement lié à celui de la génération , doit être examiné en même tenaps que ce dernier.

Pour mieux §xer <^es pièces si petites sur ie f^teau en Mége , fl est bon de le laisser attaché à un ou à deux des deniiers segments de l'abdomen , dans lesquds on peut implanter les épingles, qui doivent, comme on le pense bien, être très-fixes et fort courtes.

Les autres organes sécréteurs ou supposés tels , comme les af^[)éiidices que certains Insectes font saillir de leur corps dans le danger^ sont préparés avec les téguments avoisinants, et doivent être examinés dans l'intérieur du corps pour s'assurer de leur nature et des moyetS que l'Insecte emploie soit pour les pousser au dehors , soit pour les faire rentrer.

Les anatomistes ont généralement admis jusqu'à présent que le fil

88 ORGANES EXGREMENTITIELS.

de la soie était produit par une simple émission d'une matière liquide calibrée par Tonûce de la fdière, et que cette substance se sdidifiait subitement en séchant à Tair à mesure que Tanimal la produisait au dehors, et devient ce qu*on appelle proprement la soie. Cette hypothèse était en effet la plus facile à imaginer, car rien de plus simple que de former un lil très-fin de cette manière. Mais si Ton y avait fait attention , on eût bientôt vu que, même a priori, cela n'est pas possible; car comment comprendre ^u'un fil si fin, liquide à Tinstant où il sort de la filière, puisse prendre si subitement une consistance telle qu'il soit capable de supporter le poids du corps de l'animal qui s'y suspend souvent en même temps qu'il le fait sortir rapidement de sa .filière? et quand même cette rapide volatilisation du liquide tenant la soie en dissolution aurait lieu , il faudrait encore qu'on pût concevoir comment l'animal suspendu à son fil puisse l'arrêter à sa sortie , n'y tenant que par la filière; car il ne pourrait pas pincer le fil, vu que celui-ci est liquide dans l'intérieur; et le fil ne peut pas se coller aux bords de la filière , vu que cette rapide adhérence l'empêcherait de sortir pendant que l'animal file. Si l'on avait examiné le fait avec attention, on aurait, au contraire, pu se convaincre que la soie n'est point produite de cette manière , mais qu'elle est sécrétée sotis forme de (il dans la partie postérieure grêle des vaisseaux sérigènes; que la partie moyenne renflée de ceux-ci lui sert de réservoir, et qu'elle s'y trouve sous la forme d'un écheveau, où chaque fil e^ encore froncé sur lui-même pour n'occuper qu'un espace d'environ un sixième de la longueur de l'écheveau ; enfin , que le fil ainsi tout formé ne fait que se dévider par la filière. Ces faits sont prouvés par l'expérience suivante : on prend un Ver à soie {Bomùix niori) ou toute autre Chenille prête à filer sa coque et dont la soie est formée ; on la noie dans du vinaigre ordinaire, dans lequel on la laisse séjourner de quatre à huit heures, selon que ce liquide est plus ou inoins fort (il vaut mieux employer du vinaigre faible et y laisser les Chenilles plus long-temps); on ouvre ensuite le corps de l'animal par le dos , on extrait les vaisseaux sérigènes pour les déployer , et, les saisissant aux deux extrémités de la partie renflée, on les étire. La membrane formant les vaisseaux se déchire, et le contenu s'allonge d'environ six à sept fois la longueur primitive; là l'aUongement s'arrête, l'écheveau ayant atteint toute sa longueur par le défroncement des fils, et l'on obtient un cordon d'une grosseur parfaitement égale'partout, excepté aux deux extrémités, où il est atténué; et une fois sec, ce cordon ressemble parfaitement à un trèsgros crin de cheval, et constitue ce que les pêcheurs appellent crin de Florence ou mord-à-pêcke. Je dois ajouter qu'en étirant simplement le vaisseau sérigcne , ce crin se trouve enveloppé d'une matière jaune, dorée, gommeuse, dans la(|uelle il se trouve baigné : hu-

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