‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 63 sur 147 · A. POUMON · texte numérisé non relu

A. POUMON

Le thorax ne pouvant être ni dilaté ni comprimé chez les cniiLO- NiENs , c'est uniquement par les mouvements de la gorge et les contractions du diaphragme, qu'on retrouve chez ces animaux, à peu près comme chez les Oiseaux , que la respiration s'opère. La bouche étant fermée, ils tirent leur appareil hyoïde en dessous, entraînent la langue et les autres parties moUes contenues dans la bouche pour y faire entrer l'air, qu'ils poussent ensuite dans les poumons, abM)lument comme le font les Batraciens , et l'expiration a lieu par la contraction des muscles abdomfnaux , et surtout par celle du diaphragme , qui prend chez ces animaux une disposition toute différente que chez les Mammifères , si toutefois le muscle qu'on nomme ainsi est l'analogue de ces derniers. Il y a deux de ces diaphragmes, un de chaque côté, fixé supérieurement à la seconde vertèbre dorsale , d'où S se porte en dessous sur les côtés du poumon correspondant , s'y applique et s'y étale, mais sur la partie antéro-latérale seulement. En se contractant, il comprime le sac pulmonaire et en chasse l'air par les narines.

Les poumons forment deux grands sacs placés dans la région dorsale de la carapace dans toute sa longueur jusqu'au bassin. Du reste , ils sont à peu près organisés comme chez les Sauriens. La trachée* artère , en arrivant dans le thorax , se divise en deux branches , lesquelles pénètrent dans les poumons , et s'y prolongent plus ou moins loin avant de se terminer, en communiquant par plusieurs orifices avec les cellules de ce viscère.

B. LARYNX

Le larynx des ch^oniens est, suivant Bojanvs, très-simple. Nou.4 avons vu que le corps de l'hyoïde formait une grande pièce en pentagone allongé , dont les deux côtés antérieurs présentent en avant un angle pénétrant dans la langue ; que les côtés latéraux donnent insertion à trois paires de cornes , et que l'intervalle des deux dernières forme le cinquième côté. Au milieu de cette pièce , entre les deux premières cornes , est une ouverture communiquant dans le larynx , dont les cartilages sont placés au-dessous de cette plaque que forma le corps de l'hyoide.

158 eikOAi«E4 HE tk ntnptnkti«H,

11 parait qu'il u*y a point de cartilage thyroïde. Le cricoîde, en forme d'anneau , est placé sou9 TouTerture de l'hyoide , à laquelle il est lié par des ligaments nombreux. A sa partie antérieure sont deux petits cartilages aryténotdts formant entre eux la glotte. Ce petit appareil est enveloppé dans son ensemble par un muscle sphincter servant à fermer la glotte, tandis que deux iHuscles dilatateurs l'ouvrent. Ces muscles se fixent latéralement aux crîcoîdes , se portent en haut et en avant , et s'insèrent aux deux côtés de la glotte.

§ IL Dissection et conservation.

Potir préparer les organes de la respiration des chélot^ibns, il faut, comme pour tout autre , ouvrir le corps par en dessous , ée H manière indiquée au sujet des muscles. On enlève successivement les parties appartenant aux membres antérieurs , le cœur et ses dépendances , puis le foie , et l'on trouve les pôtihtons en fortoe fle deux grands sacs placés aU-dessus des deux lobe^ de Ce dernier, en s'étendant dans plus de la moitié antérieut*e de là carapace.

On prépare le îarynx comme cellii des Oiseaux et des Reptiles.

Ce* organes se conservent par les mêmes procédés qoe letirs anâlo^ gues dans ces deux dernières classes.

ARTICLE V

t)H L*APt>ARElL RESPIRATOIRE DEB POISSONS.

§ P^ ÀnatomiCé

I>es poumons disparaissent complètement che2 les poissons, animaux enlicremeiit aquatiques , et se trouvent remplacés par des branchies placées dans rinlérieur en arrière de la tête, à moins qu'on né veuille considérer la vessie natatoire , dont beaucoup de ces animaux sont pourvus , comme représentant encore cet appareil.

Dans les poissons ordinaires ou osseux , les branchies sont en arcs frangés, d'un rouge vif, placées latéralement sous la partie correspondant au cou , en dedans des opercuies > nommés vul§«tremeiit les ouïes, quoiqu'ils n'aient de commun avec les Orales que l'appftr^oé due à la disposition. Ces branchies sont formées de plusieurs feu^sts superposés en fornie d'arc de cercle , dont la partie Concave est tour-" née en avant et en dedans et soutenue par \m arC osseux. Le i^i^e d^ la lame est formé d'un grand nombre de petits prolongements motis^ radiés, disposés comme les dents d'un peigne^ en rayonnant du eentn^ vers la circonférence. C'est dans l'épaisseur de ces fringes qhé ss répandent les rameaux capillaires de V artère et de la veit^ éran*

APPARËlt tlËSPltlATOIllE DÈS POISSONS. 159

chîaicy les templaçants des vaisseaux pulmonaires. La cdVîté dans laquelle ces branchies softt placées communique en avant largement avec la bouche , et s'ouvre en arrière et ad dehors par les ouverture^ des ouïes. Pour respirer, l'animal faii entrer l'eau par la bouche , conune pour l'avaler, et ressôrtli* pér les ôuteâ en la faisant passer entre les lames de ses branchies. L'oxygène contenu dans l'eau (non celui qui entre dans la composition du liquide) se combine avec le carbone du sang veineux qui circule dans les branchies , et forme de l'acide carboné qui se trouve emporté avec l'eau , et le sang redevient artériel , comme dans la respiration pulmonaire.

Lorsque Teau est en trop petite quantité, les poissons» épuisant bientôt le peu d'oxygène qu'efie contient, se trouveraient asphyxiés^ comme l*est un Mammifère qu'on laisse trop long-temps renfermé dans un petit espace où l'aii- ne se renouvelle pas. Dans ce cas, on voit les poissons venir à la surface gober l'air pour respirer ; ce qui montre, entre autres, que l'oxygène â Télat de gaz peut également servir à la re^ration de ces animaux , surtout lorsqu'il ptsse sur les branchies en même temps qu'une certaine quantité d'eau ; car en saisissant ainsi l'air , le poisson le mêle toujours avec ce liquide.

Beaucoup de ces animaux peuvent même vivre fort long-temps dans Tàir pur : telle est la Murcena anguilla (anguille), qui sort souvent de l'eau en rampant. D'autres espèces, au contraire, ne vivent que peu d'instants hors de l'eau.

Les poissoivs, n'ayant pas de poumons, n'ont pas non plus de larynx, et partant pas de voix. Quelques e^èces, et spécialement les r/%/a^ font cependant entendre dans certaines circonstances un bi'uit qui ressemble beaucoup à une voix , d*où ce genre a même reçu en français le nom vulgaire de Grondin, et qui paraît produit par l'air que ces animaux chassent avec force de leur vessie natatoire.

S lî. Ùhseotion,

Les immchiësdes Pofsso?(S^ ainsi que ceik»s âe^ ééI^lèIs, n'oûi besoin d'auciiiH! préparation pour être étudiées, à ce ïiVst d'tttjëctei^ leurs vaineaux sanguins < te qui Sera indiqué ëil bhapitre stiiVâtît.

§ IIL Conêêrvatioru

Lés préparats peuvent être le plus souvent conservés secs, étant soutenus par des pièces osseuses qui les maintiennent eii place. On peut sécher ces organes i^mpleinent à l'air, saHS aucim soin préalable; ou bien, pour que leurs lamelles ne se contournent pas, on peut pkH^r cei» c>rgàâei^ dans tiii vase ^e\n d'Un saUe DH, bien laté, et le plus sec possible; on fait tomber te î*ablé entre kM lamèllt^ qu'il tient

160 OBGANES DE LA ESftPIRATION.

convenablement écartées, et les empêche de se replier. Quand le tout est bien séché, on fait tomber le sable, qui coule de lui-même, et les branchies conservent leurs formes naturelles.

SECONDE DIVISION

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