DU SYSTÈME CIRCULATOIRE DES POISSONS
§ 1^. Anatomie.
Les Missom ont , comme les Rutiles et les Cbéloul^^is , le vmg rouge el froid; et ses globules, é^^oient fort groa et ovales, (H»t, dans la Gaduê iota (Lotte), leurs diamètres de ^ et ^J-, de miilini^ tre; ee q» i^^)roche des dimeosîoas de ceux des Oiseaux.
Le système circulatoire éprouve une nouvelle modificatim i(i9(^ eette classe d'animaux , en se sii^pbfiant encore plus que chez les derniers Reptiles pour ce qui a rapport au cœur, lequel est réduit ^ ventricule et à l'oreillette droits ou veineux , les gauches ayant réellement disparu, et ce viscère diffère de h notablement de celui des Batraciens, qufr esA à la fois artériel et veineux.
€e( organe est placé dans une cavké spéciale située dai^ l'intérieur
ie h saflSe nigctlaiFe que la partie antérieure du ventre feit entre les ouïes ; et dernière trace de la cavité thoracique des animaux supérieurs, qni Be r^ifermephis que le cœur et ses dépendances, et se trouve séparée de celle de Fab^Mnen , qui lui fait ifliiaiédiatement suite, par utt yà4table diaphragme filM*eux très-fort, auquel adhère le périecmte, (fâ envdqi^ comme d\)rdinaire le cœur.
V&reUtette a des parois assez minée» dans lesquefies les fibres mascntaires forment cependant des colonnes dirigées en différents s^s; eHe reçoit cinq troncs veineux, c'est-à-dire deux veines caves antérieures y une postérieure, h veine hépatique, et une Teine venant des branchies.
Le ventrieuie diffère de forme aefon tes genres, et souvent même d'une eiq)èce à l'autre. Il est d'ordinaire fort épais dai» ses parois, et garni etii dedans de eeloniies ch»Aues dkigées en différents sens. L'ouverture auricidid-veRtricriake est pourvue de deux valvules oppesées: Ve^êot de Vorêère éranchiade ne donne pas directement daM ce vaisteaft, tial^ dans une poche particidi^e que Cuvier DMnne le éutte. Celle poche est une datation de l'artère, mai» garnie le plus souvent dans son intérieur de coloofues charnues, ce ^ la fiut resseiribler à tme première or^lette. Son orifice est muni de vsÉvries seml-hmafoê» en nombre variaMe, et ^tre ce butte et l'artère se trouvent des valvules semblables.
J'ai fi»t reofarqtfér, m partant desantères c^ Batraciens, que, chez les espèces à branchies permanentes, ^ y a, outre tes artères putmonsÉres, enewre «me artère spéciale, ou artère érata^chiaie , quî se r^ dans les bm^ehies, d'où le sang revîei^ par une veine éranekiaêe qui va s'o»Vfir directement dans l'aorte. Chez les poessons, le Cfl^ir artériel ayant ili^aru avec les po«mo^, tous les vs^^eaux qui » rapportent à ce9 ému organes ont disparu avec eux ; et il n'y a en eonséqfienee fkm ^ arêère puhnonaire^^ ni veine puimonaire^ mais seulement l'ianalogtfê de l'af^Nirei brachial q^i se trouve chez les Batraciens à branchies permanentes. Le sang arrive en eimséque«ce à l'oreiffîelte ^drmte) par les veines eaves, passe de 1^ dans le ventricule (droit) , et celui-ci le pousse dans les branchies par Fartèf€ éranchiate; d'oè il revient par te veine hranclUaley qui va se continuer avec ï aorte , s«m interposition d'un cœur artérid. Ce tronc commun de» veâRes brancMades se trouve placé sous la colonne Tertèbrale , comnde faorte avec laqueâe il se continue, sans que rien indique la liimte de l'im ou de l'autre. L'aorte continue ensuite ^ se porter en arrière jusqu'à l'extrémité de la queue , en passant dans les bifurcations des os et apophyses upsiloïdes des vertèbres, et fournil, eosMue d'ordniaiî»e, toutes les artères du corps;
V artère branchiale forme un gros tronc qui naît sur le buflje
244 SY8TEMC CmCtLATOlRE.
du ventricule , et se porte en avant pour distribuer ses rauieanx aux branchies.
La disposition des organes circulatoires des poissons semble indiquer à priori que le cœur n*est pas le seul agent qui mette le sang en circulation, car il parait impossible que ce ventricule, placé à la base de la petite circulation , puisse ^ après avoir poussé le sang dans les branchies à travers les vaisseaux capillaires extrêmement fins et nombreux de ces dernières , où il doit éprouver une forte résistance par le frottement sur les parois et d'où il revient, par un système de vaisseaux tout aussi compliqués, des veines branchiales où l'impulsion du cœur doit perdre encore beaucoup de sa force; puisse, dis-je, conserver encore assez de puissance pour faire traverser à cette humeur non-seulement tout le système artériel , mais encore tout le système veineux , et le faire revenir par les innombrables ramuscules de ce dernier jusqu'au cœur, d'où il est primitivement parti. Aussi peut-on trouver là de fortes raisons pour admettre que, sinon tous les vaisseaux , du moins cpielques-uns d'entre eux sont pourvus d'une tunique musculeuse dont les contractions contribuent puissamment au mouvement du sang.
Les vaisseaux sanguins des poissons ne paraissent, du reste, pas s'éloigner beaucoup de ceux des autres Vertébrés, quant à leur organisation intime.
Les lymphatiques diffèrent, au contraire, de ceux des Vertébrés supérieurs, en ce cpi'ils sont dépourvus de valvules, ainsi qae l'affirme Hewson. Or, comme il n'est nullement probaMe qae le mouvement de la lymphe puisse être produit par le cœur, ni par la contraction des parties environnantes, contractions qui peuvent faire avancer cette humeur vers les gros troncs , là où il existe des valvules qui s'opposent au mouvement rétrograde, il est naturel d'admettre que ce liquide a un moteur spécial, et peut-être les vaisseaux qui le contiennent sont-ils musculeux, ou bien exi^e-t-il chez les poissons des cœurs lymphatiques comme chez les Reptiles.
On ne trouve également pas de glandes lymphatiques chez ces animaux.
Hfavson * prétend aussi avoir fait passer des injections faites dans les chylifères jusque dans la cavité intestinale, mais il n'a pas pu s'assurer si les orifices par lesquels elles sortaient étaient pourvus de valvules ou non. Cette communication des lymphatiques par des bouches ouvertes dans la cavité intestinale est niée par beaucoup d'ana-
* Phil. Tram., 1769, p. 210. — Monro, Bau undPhys. der FischCf p. 38, 1787,- •