‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 89 sur 147 · DU SYSTÈME CIRCULATOIRE DES CÉPHALOPODES · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME CIRCULATOIRE DES CÉPHALOPODES

Les CjÉPHALOPODES , OU du moins la plupart, sont-, de tous les animaux , ceux où Tappareil de la circulation est le plus composé , en cela qu'ils ont un cccur aortique et deux veineux , figurés par CuviER*, mais tous les trois dépourvus d'oreillettes.

Les veineux sont placés , chez les Octopus , latéralement dans le milieu de la cavité viscérale du corps , à la base des branchies. Ce sont deux organes pyriformes, à parois épaisses et musculeuses, mais fort molles.

Ces cœurs produisent deux vaisseaux , la veine cave et Y artère iranchiate. La première y entre au côté interne , où son orifice est muni de deux valvules membraneuses , qui s'opposent au mouvement rétrograde du sang ; tandis que l'orifice de l'artère branchiale , placé an côté externe du cœur, ne présente aucune valvule chez les Octopus^ mais bien chez les Sepia.

Le cœur aortique est situé plus haut , vers le fond de la cavité viscérale et dans le plan médian du corps. Il est à peu près triangulaire. Ses parois , épaisses et musculeuses , présentent dans l'intérieur de nombreuses colonnes charnues , dirigées en tous sens.

Il produit cinq vaisseaux, dont trois très-gros forment : l'un, V aorte , et les deux autres, les veines hranchiaies , munies chacune d'une double valvule à leur entrée dans les trois angles latéraux ; et deux autres troncs faibles artériels partent de ses faces antérieures et postérieures.

Le tronc de la veine branchiale de chaque côté, après avoir quitté le bord antérieur de la branchie , se porte en dedans et un peu en haut pour s'ouvrir dans l'angle externe du cœur aortique.

V aorte , en sortant de l'angle postérieur gauche du même ventricule, se porte en dessous vers la tête, passe à gauche du gésier, traverse, à côté du cardia , la membrane de la poche péritonéale qui renferme le jabot, et continue à longer ce dernier jusqu'à l'anneau cartilagineux du crâne , s'y partage en deux branches égales qui le traversent et continuent à descendre jusqu'au niveau des pieds, où elles se portent en dehors et fournissent chacune quatre rameaux , un pour chaque

* Mém, sur les Mollusques. ^

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pied de son côté ; et ces vaisseaux se continnent dans le canal central de ces derniers.

Dans son trajet Taorte fournit des branches an péritoine, anx parois da sac , au gésier, à Tint^n , au foîe , et ei^ pl usfel b r!» branches assez fortes aux parties de la tête , et surtout aux glandes salivaires et aux muscles de h boncAe.

Le second tronc artériel , surtout de la partie antérieure du cœur, produit une branche principale qui se rendfdand les bfanc&ies, eA accompagnant la veine branchiale ; une seconde se distribué aijTx pâriôlK du corps, et une troisième se rend principalement sur lès intcl^tins:

Le troisième tronc , ou le postérieur, se divise daAs )e Césticnfe' &i dans Tovaire.

La veille cave sort de Textrémité interne de cbac(ufé c<ei# làt^, et se porte en dedans et un peu en dessous, pour se réunir à celé ivi côté opposé dans le plan médian du corps , au-dessous du coettif dKit' tique , en passant devant les intestins. Ces deux vaisseaut iéttaeti est semble un tronc commun qui se porte dkecteA^enf en df^sôn^, (fatiH la cloison qui sépare les deux cavités dites veineuses II J^sse étiStStë k droite de Tanus , et , arrivé au cartilage crânien , 3 ^ nifutque, ^ branches se portent en dehors et en bas, conrodfhent h baséde^ pieds , en formant un cercle placé immédiatement au-d^essons dn Diveau de ce cartilage ; et c'est de ce cercle cfue partéùt eAsùîte de* rameaux qui longent les intervalles des pieds vers îeur pavtfe élteirtte. U veine cave commune reçoit, entre autres troAcs, une brantbe téiïatt< des parois du corps ; un peu plus bas, deux venant du fbie ; plus bas encore,, deux de Teâtonnoir; enfin, ses ^ï'attchès infïrîéttf'es^ reçoivent des rameaux des muscles du cou et de la tête. La Veitie câfté fif-^ térale qui sort du cœur reçoit près de son orifice un gros tronc fontt^ par la réunion des veines des parties latérales de la bourse ; plus &i dedans s*ouvre dans le même tronc une ir^s-forte braiféhe tetùiùt Àtl foie et du canal intestinal

Outre ces veines principales, fcs feraùches latérales de fef vfeiirf cave, celles qui se rendent dans les cœurs veineut, ainsi que léut^ principaux rameaux, qui arrivent du canal intestinal, reçbiVétttde nombreux canaux très-courts , venant de petits corps eri âppâreùcto' glanduleux , fixés comme de petites masses de gi'aisse tout autour 6€ ces vaisseaux , et dont chacun renferme utte grosse cavité' ramifiée. On ne connaît pas Fusage de ces organes placés avec Tes vaisseaux qor les portent dans les cavités nommées veineuses par Cûvnàii, nom évidemment mauvais, vu qu*ielles ne renferment jamais de sang veineux comme ce nom l'indique. Le savant anatomiste que je viens de nommer a déjà remarqué que l'intérieur de ces corpuscules communiquait librement par de nombreux pores avec la grande caVîté du

SYSTÈME CfltCtLÂTOIRË DE^ ÛASTrÉROPODES. 259

co^ (jtû teiderme ces organes, de manière que l'air et les injections qu'on pousse dans les veines passent avec facilité par cette infinité de poresf dans tetie tatme grande cavité ; ce qui prouve c(u'il existe une comittunjeation directe entre cette dernière et les veines. Voyez, pour f>los de détaih, le ménfioîre de Cuvier sur les Céphîdopodes , dans sei Mémûifts pour setvif' à f histoire et à Vanatomie des Moliusqùes.

§ II. Dissection et cotiser tation.

\ Pour mettre les trois cceurs des Oetopus, des Loiigo, etc. , à dé-

I couvwt , on ddt ouvrir, coonne pour la j^upart des autres organes , le corps le long de sa Hgne médiane ventrale. On fend d'abord le sac,

t et l'oQ oovre ensuite la cavité abdominale entre les bases des deux

\ branchies et au-dessus où sont j^cés les deux cœurs veineux, et

,1 l'aortiqne a^ milieu , ma» un peti plus baut. L'am^te étant placée vers

( la ré^pm dorsale , çUe se trouve masquée par les viscères, qu'il faut

t enlever pour voir la distriJbiMiOii de ses principales branches. ^ Pobr la Veine cave commune et ses branches , on les voit en ou-

f trant la eavlté viscérale.

2, Après avoir ouvert le oorp9 dans le voi^'nage des coeurs , on par-

^: tient facilenàent à injecter ces derniers. Mais l'injection des deux sys-

î; tèsnes de vaisseaux peut également se faire soit par les artères , soit

y par les veiiDés des pieds, qu'on découvre aisénvent en coupant l'un de

^ ces memtNres tr^versalemeift. On peut aussi faire l'injection par les

Ij vaisseaux branchiaux, après avoir ouvert le sac le long du ventre. On cons^re leï préfiarats dans la liqueur qui ne doit pas être trop

^ astringente.

t ARTICLE II.

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