‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 94 sur 147 · DU SYSTÈME CIRCULATOIRE DES ÉCHINODERME S · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME CIRCULATOIRE DES ÉCHINODERME S

S P'. Anatomie.

Il n'existe pas, à ce qu'il parait, de véritable c(mir chez les Hatûthuriay mais bien un système vasculaire sanguin fort compliqué, da moins pour ce qui concerne l'appareil digestif et les vaisseaux branchiaux. Cet appareil consiste en un tronc artérid ou aorte intesd" naie qui suit le canal digestif dans toute sa longueur, en lui envoyant une foule de petites branches qui s'étalent sur sa surface. Ce tronc part, près de l'extrémité antérieure du corps, d'un petit vaisseau circulaire entourant la partie postérieure de l'estomac , et qui produit plusieurs branches , lesquelles se portent en avant pour se rendre sur l'estomac , les ovaires et les vésicules jaunes dépendantes du second système vasculaire. A partir de ce vaisseau circulaire jusqu'au premier sixième de la longueur du canal., répondant à la moitié du corps, ce vaisseau augmente progressivement de grosseur, et forme ensuite une branche latérale aussi grosse que lui , laquelle va, après un petit trajet , s'ouvrir de nouveau dans le même vaisseau

SYSTEME C1BCULAT01R£ DES ÉCHINODERHES. 969

au milieu Au canal alimentaire ; et dans la partie limitée par ce canal anastomotique , l'artère intestinale conserve à peu près le même calibre; mais, à partir de la seconde anastomose, elle diminue de nouveau jusqu'au cloaque, où elle se termine. Cette artère intestinale puise dans sa partie moyenne , où elle est le plus grosse , et y remplit les fonctions de cœur, ainsi que Ta observé M. Tiedemann.

Dans la première moitié du canal intestinal, les rarauscules de Tartère se réunissent de nouveau en formant des veinules, celles-ci des branches , et enfin un tronc conmiun très-gros longeant également , mais h distance, le canal intestinal, et constitue, suivant le même auteur, la veine cave^ vaisseau également plus renflé dans le milieu de sa longueur , où il produit deux fortes branches ou artères cœlobranchiales^ lesquelles se portent en avant en longeant la coelobranchîe droite, en produisant Tune et l'autre de nombreux rameaux assez courts qui se subdivisent sur les rameaux de cet organe respiratoire. Là, leurs ramuscules capillaires se réunissent de nouveau en veines cœiahranchiaies ^ et celles^i en petites branches semblables à celles de l'artère , auxquelles elles sont apposées , et vont s'ouvrir dans le tronc commun de la veine cœlobranchiale , lequel longe à distance la seconde partie du canal intestinal, celle qui se porte d'arrière en avant Par son extrémité antérieure , ce même tronc vasculaire reçoit le sang veineux venant de la troisième partie du canal intestinal, c'est-à-dire de celle qui se rend d'avant en arrière pour aboutir à l'anus.

Le tronc commun de la veine cœlobranchiale produit ensuite dans toute sa longueur un grand nombre d'autres petites branches qui se rendent sur la seconde partie du canal intestinal, s'y subdivisent, et se continuent avec les ramuscules de l'aorte , dans lesquels le sang doit, comme on le conçoit, circuler en sens exposé à celui qu'on serait disposé à admettre d'après le nom qu'on a donné à ces vaisseaux, c'est-à« dire des rameaux vers le gros tronc faisant les fonctions de cœur. Mais alors , comment cette humeur arrive-t-elle dans la seconde et la troisième parties de l'intestin si le sang circule dans ce qu'on a nommé l'artère^ des rameaux vers le gros tronc? Cette question est encore à résoudre, à moins d'admettre que, sur la seconde partie du canal intcs* tinal, le sang devenu artériel dans la cœlo-branchie se rende des branches artérielles dans le tronc de l'artère aorte, et se trouve redistribué par les extrémités de ce vaisseau aux deux autres parties du tube di-

Ce système circulatoire du canal intestinal n'envoie aucune branche ni dans les téguments, ni dans les muscles, ni aux tentacules, ni aux pieds ; et ces organes paraissent , selon l'opinion de M. Tibdemann , recevoir le sang nécessaire à leur nutrition d'un second système san-

ft7d stsTÈirt cmevtArmnt.

\ qa'ï a déconrert ch^ les Batothuria. Ce s^tènfie, presc(ae eulièrenent indépendant de cehii da canal intestinal, anrait pour organe centra] une grosse véncule otale remi^ d*itile hnmear blanchâtre sf^ tnée an côté droit de Testomac, vésicule dont les parois sont couvertes de i^nsieurs foisceaax de fibres muscnieases longitudinales et transversales , et qui reçoit quelques rameaut des artères du système îff-^ lestinaL Cet organe se pr(rfonge en avant en uff long col , lequel va s'ouvrir dans un canal entourant Tettrémité postérieure de Festomac. De ce vaisseau cnrculaire sortent ensuite cinq branches droites dirigées en avant, en longeant Festomac pour s'ouvrir dans un second ca^ nal également circulaire , placé dans Fanneau calcaire qtn entoure b bouche. Ce dernier vaisseau communique : !• par des ouvertures latérales avec la cavité des vingt tentacules qui entourent hr boocbe ; et 2® il produit cinq vaisseaux fléchis en atiîère en longeant le mSieti des muscles longitudinaux du corps, en donnant une foule de branches hténries qai se rendent dans les muscles transver^ , et i'abouchetfé enfin par une foule de branches dans' les noàibf eux petits pied^ ftÀù^ leux de ces animaux, dépendant ainâ de ce système de vdsséaux.

Sdr le canal ch-culaire situé da^s Fanneati calcafire eàtotirant U bouche se trouvent placés f^sieurs petits corps creux brunâtres , é^ apparence ghmduleux , communiquant par leur cafvfté avec ceflé âû tanaL Ces corps , qu'on retrouve dans ïeéi mêmes conditions chez le^ àsterias, reçoivent aussi qdekfues ramusctrfes des artère^ du( système circulaire intestinal ; et ce sont là, avec les rameaux qui' se répandent lor la gi*»ide vé^cuie, les seules communications que M. Iïbdbiiann lit découvertes entre ces deux sy^èmes de vaisseaufx. ti est , dé Br, prd>aMe que ces petites masses brnnes sécrètent l'humeur cotfteihiéf 4ans le second système , que ce liquide y joue lé rôte de sang et serf à la nutrition des pieds, des muscfes et ^ la peau, qui âe reçoivent pas d^autres vaisseaux.

La grande vésicule placée à côté de Festoniac étant suscept3>le de le contracter, a paru à M. Tiedemaîw faire les fonctions èé écpur, et poussa* le Kquide qu'eHe contient dans les tentacules , ahisT qt^e dans tes petits pîe^ , d'où iF y revient , tant par la contraction aétfre^ de ces organes que par le relâchement de la vésicule ; et il résulte àé fil un' simple mouvement oscilbtoire, mais non une véritable ch'ctdlttkm. Ce mouvement du sang, si en effet lé liquide contenu dans ce système en est , parait suffire pour la nutrition des organes où il se rend, vu que le système sanguin du canal intestinal n'y envoie d^au- Ires brandies que celles qui se rendent sur les corpuscidés bruns et la grande vésicule.

. Ce Bquifte sert aussi â produire Férection des petits pfed!».poiir les laire servit* k la naarche*

SYSTEME CiRCtiAT<!hiRE DÉÉ ECWfNODERMES. l7l

I îi rèspitaftioit dffi sâng côn^ent^ dafts ce secotod iyàtêiiïé pïiraît ^'o-

t pérer par k mbyeff dé fa èœlobîanchié gaùcïre, hqtreîlc né reçoit patl t le ^ng du ^stènïe digestif et af<%èré aiTi p^M? dtt c6f ^. , lïèus tenfôtts &ë voif (juc !es HoUnhtifid tC(M frâs, S Ffesfar déii

Aôj^de^, et prôbaMendént aussi déi^EMozôaî^èi^dont éi approchent, , dé véritable ecëiir, et c^é let^ satig tîrcàle a^^àâfènt dan^ ttÛ ^ ^stème dé iâîsseaiïi. th^t Ië$ idsMniÊS et fei stit^OE^ 3 à'en és( I to dé fittêiàe, té9 aniàfiaax aj^ant xm à(Bur Bien cafactérlsè febaiit „ Fûffice d^Qfnfe pothpé (jm pousse le sang.

j Chez tes écHiNiûÉs ce Viscère consiste en une vésitule èvàle, rfnrf-

I ^îe, pohittie auï deux extrémités, placée verticalement à Fun dès câff tés de Foèsophagé , en dedans dé h courbure que ce dernier <^rmé ^ avec le commencement du canal intestinal. Ce cœiA* a ses ^r6î^ formées de fibres musculaires kréguBèremen^ circufaires. ïï produit à son extrémité Supérieure ûnf vafisséa'u asÈei foW quî ihàvlté ién fe pôle supériéttf At sphéroMê , et s'ouvre dan» un éanaï cîrctMfe tri^ tônrant Fantfé et éppKqtfé éontre la èo(ï6ffle. fite ce cataJÏ sbrteitf entité une foule dé petite^ branches se répan(font dans fe j^rîfoîne qvS d()ubk> le tel, et pafraîssent être les branches de la veiné ifranchiaié dont le caôaî ciifcuiaire serait le tronc.

j A soft extrémité inférieure le éœur produit un tronc , ou àorié

g primiiii^e, lequel descend lé long^ dé Fôesophage , kii enVoié plnfg sieurs petites branches, aînsf qu'aux muscles et aux autres pattfes de? j h lanterne ; et le trôné arrivé à l'intestin parcourt la courbure concave de ce dèrtiier en lui envoyant une foulé de petits rameatix. Cettle^ iwrté aûgnlenté progressivetiient en diaïnèti*e Jusque tei^à lé mîlîetr du éanaï afimefttaîre , et Commence de là dé AouVéau àf fimintiér jusqu'S hnus. Ce tronc atrériel éôntiém un sang d'un jaune orangé , et se* éontracté légèrement chez des individus vivante fersqtf on Ffri*ite par' M stimukis.

là vétrié éave fongé , au contraire , lé bord convexe dû canal infestinaî' où elfe est placée dans lé mé^ntèi'e , et se distingue à la première vtfé par la couleur blanéhâtre dû Sang qtf elle contient. Ce fàîsseaû , égfàfértienl i*enflé au milieu de la lôhguetir du canal aliméntaîi*é, dïmîtiué de diamèti^e vers son extréiûité. if reçoit à son borrf interné Uhé foule de petites branches venant de l'intestin , tandis qu'iï en sort au bord externe une quantité également fort grande se teûdSaùt dans* fe péritoine. Quoique ce tronc veineux né se Contracte paaP ^une naanièré seiisil^lé, il paraît cependant remplir les fonctions de veine éa'ùe et di artère éranchiaie, recevant les veinules du canal silnientaiiré, ({uî luf amènent en même temps le chyle; et envoie ces iédt httnfîetKrs mêlées dans le péritoine, où a lieu Fhémalose par l'ef** ibt déféâtt contenue Asmls la cavité du corps, et le sang redetentr ar<*

t79 STSTÈME CIRCHtAXOiaE.

térie] rentre par les branches de la veine branclûale dans le trenc circulaire de cette dernière placée autour de Tanus.

Les Echinuê ont, comme les Holothuria et les AsUrias dont je vais parler, un second système circulatoire dépendant principalement des petits pieds tubuleux. U consiste en cinq troncs principaux placés au milieu des ambulacres, et allant d*un pôle à Tautre. Ces vaisseaux partent des environs de la bouche , passent sous les arcades du têt , placées autour de la grande ouverture inférieure de ce dernier, et se prolongent jusqu'auprès de Tanus. Ces troncs produisent latéralement de chaque côté une foule de branches transversales placées parallèlement Tune à côté de l'autre, et chacune s'ouvre dans un pied tubuleux, sortant par les trous des ambulacres; pieds à peu près semblables à ceux des Holothuria,

A leur extrémité inférieure, les cinq troncs dont je viens de parler, après avoir traversé les arcades placées au bas des ambulacres, se renflent légèrement Arrivés dans Tintérieur de la lanterne , ils se recourbent en haut, traversent la cavité où se trouvent les mâchoires, et forment au-dessus de la lanterne chacune une petite vésicule , dont les parois ne semblent pas être musculeuses ; et ces vésicules paraissent être les organes sécrétoires de l'humeur que ce système reoferme. Les cinq troncs, au contraire, sont, d'après les observations de ' M. TiBOEMAisN , distinctement formés en partie de fibres musculaires circulaires , et de là susceptibles de se contracter.

Chez les asteiuas , type de l'ordre des stkléhides , le système circulatoire est tout aussi compliqué que chez les Echintis.

Entre les deux lames du mésentère de chaque ccecum est placé un vaisseau longitudinal veineux, recevant une petite branche de chacun des cœcum latéraux. Ces dix vaisseaux s'ouvrent dans un canal circulaire placé au-dessus de l'estomac contre les téguments, en traversant les cinq ligaments falciformes. Ce canal reçoit, de plus, cinq vaisseaux venant des dix ovaires; sur l'estomac se trouvent, en outre, cinq vaisseaux ramiûés, dont l'ensemble des rameaux forme une feuille de trèfle à cinq folioles. Les branches de ces vaisseaux se réunissent sur le milieu de l'estomac en deux troncs , lesquels se portent en dessous dans le ligament falciforroe placé du côté du causal giaveleux , pour s'ouvrir également dans la veine cave ; cette dernière enfin s'ouvre dans le cœur^ placé dans la partie moyenne du même ligament falciforme. Ce viscère est une large vésicule ovale, dont les parois présentent de nombreuses colonnes charnues très-fines ; à son extrémité inférieure il forme une artère aorte , laquelle se rend directement vers la bouche , où elle s'ouvre dans un anneau vasculaire entourant celte dernière , et placé sous les téguments extérieurs. De cet anneau partent ensuite cinq troncs , vis-à-vis des angles rentrants

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