‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 97 sur 147 · CHAPITRE XIÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIÎ

Le système nerveux forme , partout où il est connu , des masses centrales plus ou moins grandes, d'une substance pulpeuse blanchâtre ou grisâtre, qui prennent, suivant les conditions dans lesquelles elles se trouvent, les noms de cerveau^ de gan^Hons^ etc. , et desquelles

partent des prolongements , ou nerfs, en forme de cordons cylindriques ramifiés à Tinfini et répandus dans toutes les parties du corps « à l'instar des vaisseaux sanguins , pour y porter le principe de la vie. C'est ce système d'organes qui caractérise le plus essentiellement les ANIMAUX , les distinguant des plantes qui en sont toutes privées ; car c'est dans lui que résident spécialement toutes les facultés de relation exclusivement propres aux animaux par lesquelles ceux-ci se mettent en rapport avec les objets extérieurs , c'est-à-dire qu'une partie des nerfs nommés sensitifs a la faculté de recevoir les impressions que ces objets font sur le corps, et de les transmettre à la partie centrale du système pour les y soumettre au jugement de l'individu , ou, comme on dit, du moi qui y réside; lequel réagit de son côté sur le monde extérieur au moyen de divers organes du corps qui reçoivent leur activité d'autres nerfs nommés moteurs ou volontaires, pour prendre les dispositions que le moi juge convenables. Enfin, d'autres nerfs encore, constituant le système sympathique ou automatique , communiquent à tous les organes leur activité indépendante de la volonté et soustraite à la conscience de l'individu; activité qu'on remarque d'ailleurs aussi chez les Végétaux.

Cette action , qui a lieu dans les êtres organisés pour faire exécuter à chacune de leurs parties les fonctions qui lui sont propres , ne dépend exclusivement, suivant certains philosophes, que des propriétés inhérentes à la partie matérielle des organes, et surtout du système nerveux, agissant uniquement comme corps brut suivant les lois qui régissent .ces derniers, et ces philosophes sont de là nommés matérialistes; tandis que d'autres, au contraire, ou les spiritualistes , ne pensent pas que les facultés vitales, et surtout les intellectuelles , puissent être le résultat de la combinaison pure et simple des propriétés physiques et chimiques propres à la matière brute , et croient de là devoir admettre qu'outre ces dernières propriétés , les êtres organisés possèdent encore un principe spécial , cause de la vie , duquel dépendent les phénomènes qu'on leur voit produire soit en. euxmêmes, soit dans leurs relations avec le monde extérieur ; principe qui ne tombant pas directement sous les sens, mais connu seulement par ses effets, est considéré de là comme immatériel, et comme ne résidant dans ces êtres que. pendant un temps déterminé , celui où ils vivent; et disparaît pour toujours lorsque les conditions qui le lient au corps cessent d'être remplies, laissant ce dernier à l'état mort, en proie aux influences des propriétés physiques qui agissent alors seules sur lui , comme sur la matière brute dont il ne diffère plus.

Ce principe immatériel , admis par la plupart des philosophes , a reçu diverses dénominations; et, chacun cherchant à le définir à sa numière et à faire CQnçeyoir comment il agit sur la partie matérielle

278 SYSTEME NEavfe;i)X.

du corps, il eu est résuhé une telle coufusion qu*îlest souvent difficfle de comprendre ce que chacun a voulu dire , quoiqu'on voie que tous ont d'ordinaire bien conçu son existence. Les plus anciens l'ont ap-pelé âme, du grec anemos, souffle, terme par lequel on a voulu exprimer sa nature éthérée, immatérielle; d'autres Font nommé esprit , du latin spiritus, pour exprimer son extrême subtilité; et d'autres encore, plus modernes, ont admis en outre un second être qui anime la matière et auquel ils donnèrent le nom d*arehée , qui signifie en grec principe , origine , puissance , cause première. D'après son étymologie , cette archée ftit d'abord considéré comme un agent universel , agissant dans tous les corps, et spécialement dans les plantes; mais plus tard on l'admit amsi dans les animaux comme principe de leur vitalité, et surtout par van Hklmont qui le considéra comme un être distinct de l'âme et ayant son siège dans l'estomac.

Chacun admettant ou rejetant ensuite en tout ou en partie les diverses croyances avancées à ce sujet , selon qu'on crut que ces trois principes agissaient ensemble ou isolément dans les êtres des tnns rè-^ gnes de la nature , il est résulté de toutes ces chinions mêlées entré elles, et des diverses attributions mal définies admises dans ces agents, que personne n'attachait plus à leurs noms aucune pensée déterminée. Si l'on examine cependant d*une part l'idée plus oU moins vague que les philosophes et même le vtilgaire attachent à ces dénominations , et si de l'autre on examine aussi sous quelles conditions les effets ées principes qui animent les corps se montrent à nos sens, on trouve trois dénominations différentes non entièrement synohymes , puisqu'on ne peut pas les mettre partout à h place l'une de l'autre; et aus^ th)is principaux degrés auxquels ces agents se manifestent En effist , tonft les êtres de la nature, considérés comme simple matière, formés de diverses substances physiques , sont animés d'une puissance qui leur est inhérente, par laquelle ces substances agissent les Unes sur les autres par une action qu'on désigne sous le nom d'atfracetonlorsqu'^ a lieu à distance , et d'affinité quand elle se fait au contact. Dans te premier cas, où elle ne peut être exercée que sur les masses, les effht^ parais.-tmt se réduire exclusivement à la gravitation; et dans le second ils reçoivent le nom d'adhésion , de réflexion, etè. , lorsqn*! n'y a pas altération dans les propriétés des substances i el ceM de comùinaison quand elle a lieu de molécule à molécule avec changement de ces mêmes propriétés; et c'est sur les modifications infinkft résultant de toutes ces actions que reposent enUèremmiYastron^mie, \di physique, la chimie, la minéraîo(fie , etc. Mais comme on n*a pas besoin pour se livrer à l'étude de ces différentes sciences cte connaître ia cause des effets qu'on a à examiner, mais simplement ces ef* fets leut-mèmes et les lois auïqudles ils émi soumis, tes savants nVittt

pu cherché k la définir, et n'ont pas môme jugé à propos de lui don* ner un nom dans nos langues modernes. C'est ainsi qu'il suffit à l'as* tronome de connaître la loi de la gravitation , pour déterminer par le caknl tons les effets que les astres produisent

Or si l'on examine les écrits des andeos philosophes, on trouve qu'ils eomprenaient parfaitement que ces causes existaient, et, quoiqu'ils ne passât pas en concevoir l'essence, ils leur imposèrent cependant des Qoms exprimant non pas lenrs vrais caractères qui étaient inconnus , mais du moins ceux qui en appi'ocfaent le plus. Ainsi le nom vagud à*arehée, mal limité soit par celui qui l'a le premier proposé, soit par d'autres v^us après , qui l'ont appliqué tantôt à la cause fonda-* mentale qui agit sur la matière en général, et tantôt aux causes spéciales qui animent des êtres organisés, et surtout par Van HELifO!>rr qui, dlant [rftts Imn encore, admettait même des archées particulières, sub« alternes, jusque dans diaque organe isolknent, agents qne, dans son ardente imagination, il a en quelque sorte personnifiés en leur prêtant des iacttkés et des passions huitaines , tandis que par son étymologie le nom d'archée doit principalement être appliqué à la cause qui agit dans k matière brute.

8i nous examinons maintenant les êtres du règne végétal, nous trou* vons qu'outre les phénomènes dépendant de ces mêmes propri^és in* hérentes à la matière en général , et dus à l'archée ou force universeUe , ils produisent encore des effets particuliers qui doivent également avoir leur cause, qu'on a désignée sous la dénomination vague de force viiaie, expression qui constitue une définition et] non pas un véri^ taUe nom ; et cette puissance n'est probablement pas la même que l'année » se trouvant fort souvent en q)position d'action avec eUe , s'opposant , dans une foule de cas , à l'accomplissement des effets des propriétés chimiques de la matière, qui constitue le corps de ces mêmes êtres organi^. Ce principe vital qui anime les végétaux diffère eacore de l'archée des objets inorganiques en ce qu'il n'est point propre à leur substance , mais n'y existe que pendant un certain temps, après lequel leur corps rentre entièrement sous l'influence exclusive ée cetêe même ardiée ; et c'est Vactwn de ce principe sur le corps ^'oo nomme la vu « et dont les effets produits constituent l'ensemble de tous les phénon^es spéciaux que nous observons en eux et qui ne sont pas dus à l'archée. La vie n'est donc pis un être , comme on a souvent voulu le prouver, et dont on a cherché à déterminer les ca* ractères; el elle n'est pas non çlm un ^ffht , ainsi que d'autres semblent radaiettre> mats est, je le répète, sim{^ment \ action du principe vivttant sur le coip&

Or la cause de b vie a taatùt été nomade ^^rôhée, en la confon* dant avec le principe universel qui régit la matière brute , et tentât

ûme, d'où eiit dérive l'adjectif animés dont ou se sert pour indiquer que ces êtres sont doués de vie. Mais ce dernier nom a également été donné essentiellement au principe intellectuel qui anime les aiomavx, qui en tirent aussi leur dénomination ; et comme on a remarqué que la vie des plantes n*est pas la même que celle de ces derniers, on est tombé dans Tembarras de savoir conmient cette âme pouvait à la fins vivifier les uns et les autres; embarras qui devint d'autant plus grand que certains philosophes ne voulurent pas même admettre que des êtres de même nature animassent Tboaune et les animaux, consklérant cdui propre à l'espèce humaine conome seul fait à l'image de la divinité, de là seul immortel ; et lui appliquerait en conséquence exclusivement le nom d'âme , quoique d'un autre côté on employât aussi son synonyme esprit , pour désigner le même principe intellectuel de l'espèce humaine, de manière qu'il reçut ainsi deux noms, tandis que l'être vivifiant des animaux et des plantes n'en avait aucun. Mais en n'ayant pas égard à ces discussions sur la simple application du nom , et examinant quelle doit être leur signification par leur étymologie, et même par l'idée' qu'on y attache généralanent, et considérant enfin (piel est leur emploi dans les corrélatifs qui en dépendent , nous trouvons que le mot âme signifie souffle ou un être éthéré qui anime , et emporte l'idée d'immatérialité , c'est-à-dire que ce nom indique ^)écialement l'être qui donne la vie partout où elle se manifeste ; ainsi dans les plantes aussi bien que dans les animaux et chez l'homme lui-même ; et de cette idée sont nées, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer (^us haut , les expressions à' animé, qu'on applique à tous les êtres vivants, et plus spécialement celle à' animai , donnée comme nom caractéristique de la subdivision la plus élevée des êtres jrfiysiques de la nature, à laquelle l'homme ai^rtient au même titre que toutes les autres espèces.

Mais si nous examinons la signification du mot esprit , comme synonyme à' âme, nous trouvons qu'il n'a pas la même acception, désignant quelque chose de plus élevé, la partie la plus subtile d'une chose ; et en effet, on n'a jamais dit l'esprit d'un végétal, pour désigner l'être qui le vivifie, ou sa force vitale ; on ne l'a même jamais employé pour désigner l'âme des animaux , mais exclusivement pour celle de l'homme ; et comme en théologie on admet que l'homme est fait à l'image de la divinité, l'identité d'expression par laquelle on désigne l'un et l'autre de ces êtres, disant également V esprit de l'homme et Te*prit de Dieu , montre suffisamment que les anciens théologiens ont eux -même admis tacitement que l'âme humaine devait plus particulièrement recevoir le nom à'esprit; car jamais personne n'a parlé de Vâme de Dieu , l'âme étant d'une essçncç bjen inférieure à son eî^it.

Ofl peut cependant élever ici b question de savoir s'il est nécessaire d'admettre une différence essentielle entre l'être intellectuel de Thomme et celui des animaux ; ou bien s'il est plus rationnel de penser que tous I les animaux sont pourvus d'un esprit , et que c'est dans lui seul que I réside la conscience de leur propre existence , ou de leur moi , conscience dont les plantes sont privées ; et si la différence qu'on remarque entre l'honmie et les animaux ne dépend pas plutôt du ) degré plus ou moins élevé de ce principe intellectuel que de son es- 1 sence.

1 II serait même possible que la différence entre l'âme et l'esprit ne

; fût elle-même qu'apparente et due seulement aux conditions dans lesquelles se trouvent les appareils organiques par lescpiels le même être

I se manifeste; mais en l'admettant ce ne serait que par sim{de con- ; jecture.

II En résumant ce que je viens d'exposer, je dirai donc que je crois qu'il existe une puissance universelle ou arghée inhérente à la matière brute , se manifestant différemment par les effets qu'elle produit, suivant les conditions spécifiques dans lesquelles se trouvent ks molécules élémentaires de chaque substance, et d'où naissent toutes les propriétés physiques et chimiques de ces êtres bruts , état qui constitue le premier degré d'activité de la matière. Que les êtres organisés, tout en possédant également cette archée avec toutes les propriétés dont elle est la cause, possèdent encore de plus une ahe qui leur donne l'individualité , et dont Vaction sur le corps est la vie; action qui y persiste tant que les conditions de l'union entre cette âme et le corps ne sont pas détruites; et que cette âme a, par ses facultés, le pouvmr de neutraliser, dans certaines circonstances, les propriétés de l'archée, et préside en outre à toutes les fonctions automatiques, soustraites à la conscience et à la volonté de l'individu. Cette âme est ainsi , avec Yarchée , propre aux végétaux qui n'ont que cela , et présentent le second degré d'activité auquel la matière peut s'élever. Enfin, que les animaux possèdent encore, de plus que les plantes, un espiut ^ être seul intelligent , qui préside à toutes les facultés de la vie de rektion dont les végétaux sont en conséquence privés; facultés dont la plus élevée est la raison , essentiellement propre à l'homme , mais dont certains animaux approchent cependant.

Quant à la nature de Yarchée, de Yâmp et de Y esprit , il n'est point du ressort des sciences anatomiques et physiologiques de chercher à la déterminer; et quoique la psychologie traite spécialement de leurs facultés , eHe ne saurait cependant jamais s'élever jusqu'à connaître l'ess^ce de ces trois principes qui animent les corps, leur nature devant probablement rester à jamais inappréciable à l'homnie , à qui il suifit de connaître l'action et les effets de ces principes.

982 SYâTfcMK NKIlVEt'i.

L*AncHi^.K réside , de même que dans les substances inorganiques , dans chaque espèce de molécules dont se compose le corps des ani* maux et des plantes. Quant à Faur , îA parait qu'elle a , chez, les animaux supérieurs, son siège dans le système nenreux sympathique eu de la vie automatique , que je décrirai chez les e^ïèces où on i*a jusqu'à présent découvert; système qui , n'étant pas distinct dans les claies les plus inférieures, n'y offrant du moins aucun centre ni aucun tronc nerveux connu , y paraît être disséminé dans tous les cnrganes, ce qui semble aussi êti^e le cas dans lequel se trouvent les végétaux , où aucune trace d'un système d'organes , siège de la vie , n'a encore été découvert, quoiqu'il doive exister , par la raison que les eflto de l'agent vivifiant s'y manifestent Enfin, l'ESPRrr, excluâvement pro^ aux animaux , qu'il rend seul capables de discerner leur corps de ce qui ne l'est pas , et leur donne de là ce qu'on appelle la cc^ciône€ de leur propre existence ou de leur moi , ré^e dans le système nerveux céphalo*rachidien, et i^us spécialement dans la partie centrale nommée Y encéphale; mais, comme ce dernier se subdivise également en descendant dans les classes inférieures du règne animal, il en résulte que le corps de ces animaux peut aussi être subdiv^, sans qu'aucune partie soit privée ni du sentiment ni de sa force vitale. En effet, ce système d'organes, très-apparent daiM les trois premiers embranchements du règne animal , n'a encore pu être découvert que dans quelques familles du quatrième , quoiqu'il doive exister dans chacune , ses effets s'y faisant remarquer de la manière h plus évidente chez presque toutes les espèces.

Partout où l'on aperçdt distinctement le système nerveux , il se présente , ainsi qu'il a déjà été dit plus haut, sous la forme d'un on de plusieurs renflements centraux d'une matière pulpeuse, nommées, sdon leur volume et leur importance, cerveau, cervelet ou gat\^ gliont, réunis entre eux par des conkms plus ou naoins gros de la même substance , et formant les foyers d'où part l'influeiKe vitale qm anime les rniganes; influence transmise à ces derniers par les nerfs ^ ramiications filiformes branchues, partant de ces renflemems centraux pour 6e répandre dans tout le corps; au point qu'il n'y en a probablement pas une, de quelque nature qu'elle soit et quelque p^ibe qu'elle puisse être , qui n'en reçoive des ramification , à l'exo^tioQ toutefois des matières purement sécrétées dans lesqndles il n'existe pas de v6e , telii» que l'urine, la salive, les humeurs acpeuses et vi« tréeB des yeux , etc. , parties qni ne constituent pas des organes.

Pour remplir leurs fonctions, les n^iis sensitifs se rident dans oer^ taâis appan^ spéciaux ou ar^aneê des sens , fomaés é» manière cpie kes oorps exb^ieurs y masiieBlent h&aar existence par une ou pinsieurs de irârs propriétés ; et cette manifestation est ensutte transmise

SYSTÈME NBAVËUX. 983

au cerveau , oâ ré^e proprement le moi , par ces mêmes Dcrfe seaaidfe exclushrement propres à chacan de ces appareils.

On disdBgoe chea Y homme jusqu'à cinq espèces d'organes des sens qui sont, comme on sait : l** les yetix ou appareils de la vision, faisant connaître les (dijets extérieurs, en transmettant au cerveau les effets de la lumière diversement décomposée que ces derniers réfléchissent; 2" les oreilles , organes de V audition, qui signalent Texislence des corps en communiquant au cerveau les vibrations que , dans certains cas, ces corps impriment au milieu dans lequel ils se trouvent, et que celui-ci transmet à son tour à Torgane ; 3"" le nez , organe de Yoifaction, qui indique certaines propriétés de la matière par Timpresskm que les molécules v(^atilisée$ de celle-ci Ibnt sur la membrane pitinteire qui double les fosses nasales ; k° les parois de la Louche^ ûè%t, de Vargane du goût ou de la gustation , où se signalent les propriétés qu'ont plusieurs substances susceptibles, de se dissoudra dans la salive qui lubrifie cette cavité, et d'y produire par ce moyen différentes irritations, chacune selon la nature de ces substances; et 5<> enfin toutes les parties du corps , mais surtout la surface cutanée » et plus paiticufièrement les bouts des doigts de Vhomme , sont sus* cq>tiUe6 de percevoir l'existence des d)jet8 étrangers à leur contact ou par le toue^^r, c'est-ànlire par l'effet de leur impénétrabilité, de leur température ^ de leur action corrosive » ainsi que par plusieurs autres propriétés qui causait une irritation.

Le renflement central du système nerveux ^ h vie de relation ou de k t^ animale , comme on dit aus^ , reçmt , ainsi que je l'ai déjà fait remarquer , le nom de cerveau ; tandis qu'on désigne plus partkulièrement sous la dénomination de ganglions des renflements {dus petits, laais paraissant être du reste des centres semblables^ épars dans certaines parties du corps , et dans lesquels résident des facultés spédales; et il ressort d'un grand nombre d'observations faites sur Vhômme même et édairées par des faits d'aaatomte comparative, que le cerveau lui--mêflie > joiM à d'autres reuflements de substance ner^*veUfte qui se groupent autour de lui , et dont l'ensemble reçoit le new &enc^>kate , m »nt dans le principe qu'un amas de ganglions pelotonnés fes uns sur les autres^ et liés entre ^ux par des nerfs de commutticalion, servant à établir des relations entre les lacukés auxqudles ces divers ganglions président , mais cpie ces derniers peuvent , du reste, aussi très-bien être placés à des distances plus ou moins grandes du centre principal.

L'encéphale, ainsi que les ganglions et les nerfs, sont généralement renfermés dans une enveloppe fibreuse qui prend le nom de picr mère ou de méninge interne sur l'encéphale et la moelle épinière, prolongement de ce dernier; et celui de névrilème sur les

284 SYSTEME NEAVBUX.

gingUons et les nerfis épars dans k coq)6. Cette tomqiie , fort résisH tante, permet aux nerfis de pouvoir éprouver des tiraillements assez forts sans se rompre, ce qui occasionnerait le grave accident de priver de la vie les organes auxquels les nerfs se rendent ; tiraillements cependant inévitables dans un grand nombre de circonstances.

PREMIERE DIVISION

ou SYSTÈME NERVEUX DES VERTÉBRÉS.

Dans tout l'embranchement des Animaïue verUbrés , YeneéphaU est logé dans le crâne destiné exclusivement à cet appareil, cavité formée, comme nous l'avons vu, parla réunion de plusieurs os de la tète, et dont les parois sont percées d*un nombre assez considérable de trous pour le passage des différents troncs nerveux qui se répandent dans le corps , ainsi que pour les vaisseaux sanguins. Parmi ces ouvertures, [lacées la plupart à la base du crâne, la plus considérable est le^ trou occipital , situé chez V homme, qui marche debout , à la face inférieure de la tête ; à la partie infra-postérieure chez les mam- MiFkRBs quadrupèdes et les oiseaux, et enfin tout à fait à la face postérieure chez les reptiles, les ch^loniens et les poissons. Cette ouverture communique avec le canal rachidien, dont elle est le commencement , et donne passage à la moeiit allongée , pédicule fort gros de l'encéphale , qui se continue dans le canal en y prenant le nom de moelle épinière.

Outre cette partie centrale du système nerveux principal, qu'on dé* signe avec ses ramifications sous le nom de syêtime céréiro-spi-na4 , mais qui serait mieux nommé céphalo-rachidien , comme contenu dans la tête et le canal rachidien * , il existe encore deux autres troncs centraux formant le système sympathique , placé chez tous les Vertébrés le long des côtés de la cdonne vertébrale, depuis la tête jusque dans le bassin. Ces deux troncs, beaucoup moins considérables que l'encéphale et la moelle épinière, sont formés d'un certain nombre de petits ganglions nerveux enchaînés par des nerfs qui se rendent des uns aux antres , et liés encore par d'autres branches au système céphalo-rachidien.

< Cérébro-spiDal veut proprement dire qu'il est composé du cerveau et de Tépine du dos , on colonne vertébrale.

SYSTEME NEKVEUX DES MAMMIFERES. 285

ARTICLE PREMIER

S !•'• Anatomie,

Le système nerveux général se distingue ainsi en deux autres, le système céphalo-rachidien et le système sympathique.

A. SYSTÈME Cl^PnALO-RACHIDIEN.

Vencéphaic des mammifères, et spécialement celui de Vhrnnmôj se diifise en quatre principales parties : le cerveau , le cervelet , le mésocéphaie et la moeiie^ aiiongée. Le premier, et le plus volumineux , remplit les fosses antérieures et moyennes du crâne , ainsi que la moitié supérieure des fosses postérieures ou occipitales supérieures; le second, les fosses occipitales inférieures ou cérébelleuses, et le troisième, la fosse basilaire.

Le cerveau se divise lui-même par une profonde scissure supérieure en deux moitiés latérales ou hémisphères séparées par la faux du cerveau, large repli falciforme de la dure-mère, et chacune de ces masses est subdivisée encore en trois lobes placés à la suite Tun de Tautre, et désignés de là sous les noms de ioéa; antérieur , moyen et postérieur , situés dans les fosses des mêmes noms; et le dernier est séparé du cervelet par la tente du cervelet, expanâon membraneuse formée par la bifurcation de la faux, et simulant une tente.

Le cervelet est divisé en trois parties , une moyenne ou ver, et deux ioées iatéraux séparés par une profonde scissure postérieure occupée par la faux du cervelet, prolongement de celle du cerveau, et comme elle une dépendance de la dure-mère.

Le mésocéphaie est une grosse saillie impaire à peu près carrée, et très-convexe en dessous , placée au milieu de la face inférieure de l'encéphale, au point de réunion des lobes du cerveau et du cervelet, et appliquée dans la partie antéro-supérieure de la fosse basilaire.

Enfin, la m>oetle aiiongée est un gros pédicule commun aux parlies précédentes, et sortant du mésocéphaie pour se porter en dessous et se continuer avec la moelle épinière, dont elle n*est dans le principe que le commencement placé dans le crâne.

Chacune des grandes masses qui composent le cerveau et le cervelet est ensuite encore subdivisée à la surface en un nombre plus ou moins considérable de lobules en forme de replis irréguliers, imitant par leur ensemble un amas d'intestins , d'où on leur a donné par analogie le

290 STSTBIIC ffCaVKUX.

nom de circonvolutions. Ces replis, très-profonds chez Yhomtne, et beaucoup moins chez les autres mamiufIsebs, paraissent de là indiquer par leurs saillies et leur nombre le degré plus élevé de Tintelligeuce du premier; facnhé k laquelle le cerveau préside plus psolicolièrcment

Vu par sa face supérieure, l'encéphale ne présente que les deux hémisphères, dont on ne distingue pas les lobes, apparents seulement en dessous , où ils sont moulés dans les six fosses du crâne.

Ces lobes ne présentent dans leurs circonvolutions , du 'reste , rien de remarquable à leurs surfaces supérieure et latérale.

A sa face inférieure , Tencéphale est , au contraire , fort compliqué , tant par lui-même que par les nerfs , qui y naissant tous. Les lobes antérieurs sont surtout fort distincts des moyens par la soiaun de Sylviua , intervalle assez profond dans lequd p^tre la crête que forme Tapophyse d'ingrassias ; tandis que la séparation des IoIm» moyens et postérieurs est peu apparente.

Sous l'extrémité po8térieui*e des lobes intérieurs du cerveau , dans la partie qui correspond aux côtés de la selle turcique , natt la pr«« filière faire de nerfs cérébraux, ou nerfs olfactifs , aîi»i nommés comme servant à la fonction de Todorat Ils y preonent leur origine par trois racines , dont une interne , une moyenne et une externe , formant ensemble un empâtement Ces racines produisent en commun un gros tronc dirigé en avant , appliqué dans vol sSlon d« lobe antérieur du cerveau ; et , arrivé dans la fosse de la lame criblée de Tethmoîde , ce tronc se renfle pour former le éuiée du nerf olfactif, duquel partent ensuite les nombreuses branches qui tn* versent cet os pour se rendre dans la membrane pituitaire.

Entre les racines des nerfs olfactifs on voit les nerfs optiques, ou de la seconde paire , formant deux gros troncs diqmsét en croix. Chacun parait naître , en arrière de ces derniers , du lobe moyen do cer^'eau, d*où il se porte en dedans et en avant , crmse celai du côté opposé en confondant une partie de ses fibres avec les siennes et se rend dans Tœil du côté opposé en sortant du crâne par le trou op^ tique.

Entre les troncs primitifs de ces nerfa est le ttiéer einerewn , petite masse triangulaire grise> qm' leur est adhérente et rempët leur intervalle. L'angle antérieur de cette masse se prolonge en un ap* pendice eonicpie appelé tige pituitaire ou entonnoir, terminé par V hypophyse ou giande pituitaire , petit corps ovale grisâtre en dehors et blanc en dedans « placé dans la selle turcique.

A la partie postérieure du tuber cinereum on aperçoit â côté Tune de l'autre les éminences mamUiaires ou pisi formes, deux ta* hercules arrondis , blancs en dehors et gris en déduis.

SYSTEME NfinVEUX D£ft MAMMIFERES. 287

A une petite distance de ces tubercules et derrière Tapophyse verticale de la selle turcique est le tnisocéphale ou p(yiu de Varole , nommé aussi protubérance annulaire ou pont inférieur^ grosse saillie quadrilatère , très-convexe et striée en travers.

De cette protubérance sortent en avant deux énormes troncs nerveux constituant les pédoncules du cerveau^ appelés aussi cuisses du cerveau ou iras de la moelle allongée. Ils se portent en haut et en dehors , pénètrent dans les lobes moyens du cerveau et se confondent avec eux dans les couches optiques , renflements dont je parlerai un peu plus bas. C'est dans Tangle que ces deux pédoncules forment que se trouvent les éminences mamillaires , et plus en arrière une petite surface grisâtre.

De la face infra-interne des pédoncules naît de chaqtie côté un gros tronc nerveux formant la troisième paire cérébrale.

Des angles postérieurs du mésocéphale sortent deux autres troncs nerveux paiement très-gros, ou pédoncules du eervelet^ cuisses du cervelet ou cuisses de moelle allongée. Ces troncs se portent en dehors et en arrière , pénètrent dans le cervelet et s'y perdent.

La face supérieure du pont de Varole, cachée entre les hémisphères et le cervelet présente quatre mamelons disposés en deux paires , ou tuéercuies quadrijumeaux , dont la première porte plus particulièrement le nom de nates , et la seconde , postérieure , celui de testes ; et sur les côtés de la protubérance naît la quatrième paire de nerfs cérébraux, dont les racines viennent de la valvule de Vieussens , et un peu plus en arrière la cinquième paire.

En dessus les pédoncules du cervelet se continuent en formant les processus cereielli ad testes , deux saillies se rendant des tubercules quadrijumeaux postérieurs au cervelet ; et entre eux est la valvule^ de Vieussens ou grande valvule du cerveau, lame mince , quadrilatère, formant le plafond de la partie antérieure du quatrième ventricule , et se rendant des testes en arrière sur le cervelet.

Au^^dessus de l'intervalle des nates , entre les extrémités des couches optiques et sous le bord postérietu* de la voûte à trois piliers , dont je parlerai plus bas , est placée la globule pdnéade ou conarium , petite masse ovale , gris-jaunâtre , à sommet libre dirigé en arrière « dans laquelle on trouve souvent des concrétions fort dures. De son extrémité antérieure partent deux paires de cordons nerveux , dont les supérieurs, formant les rênes ou freins de la glande pinéaie , se dirigent en avant en longeant la face interne des couches optiques, auxquelles ils adhèrent; les autres, inférieurs, se rendent aux tubercules quadrijumeaux antérieurs.

Le cervelet est , ainsi que nous Tavons déjà vu , formé de deux (ohes latéraux unis par une partie moyenne ou ver, et dont les

^88 STSTÈVB NERVBCX.

circonvoluUoiM sont beaucoup [^us petites que dans le cerveau. Ces lobes tiennent ï ce dernier par les pédoncules du cervelet , les processus cerebdii ad testes et la valrule de Vîeussens.

Ijt partie moyenne du cervelet , on ver , est distinguée en trois portions , ou vers supérieur, postérieur et inférieur , et dont le premier se termine en avant par un petit renflement saillant , on iuefte,

£n dessous se trouve le loiule du nerf pneumogastrique , placé en arrière des pédoncules ; et plus en arrière encore le iobuU de (a moelle allongée , nommé aussi amygdale ou moivticule , situé de chaque côté du ver inférieur.

Les deux lobes du cervelet forment iuférieurement entre eux une profonde gouttière dans laquelle est couchée ta moelle allongée, masse impaire, placée dans la fosse basilaire, à la suite du pont de Varole, duquel elle naît Cette tige, à peu près cylindrique dans sa partie postérieure, se renfle en bulbe à son extrémité antérieure et présente plusieurs saillies qui ont reçu différents noms. A sa face inférieure on remarque d*abord les deux éminences pyramidales ou pyramides antérieures, plus renflées et plus saillantes inunédiatement derrière le mésocéphale, et se rétrécissant graduellement vers le trou occipital en sVnvoyant réciproquement des fibres. De chaque côté de ces saillies on en trouve une autre à peu près semblable, ou étninence divaire; et tout à fait sur les côtés , vers la face supérieure de la moelle , se trouve une troisième paire formant les corps restiformes ou pyramides postérieures ou latérales , dirigés obliquement en dehors vers le cervelet , dans lequel ils pénètrent pour se continuer avec sa masse.

Entre les éminences pyramidales et le bord postérieur du pont de Varole sort la sixième paire de nerfs cérébraux; entre les extrémités des éminences olivaires, restiformes et le pont, sort h septième paire; entre celle^i et les pédoncules du cervelet, la huitième paire; la neuvième paire naît à Textrémité antérieure de la moeHe, entre les éminences olivaires et restiformes; et immédiatement audessous , la dixième paire , prenant son origine par plusieurs racines ; enfin la onzième paire (douzième des auteurs) ou gratid hypoglosse, naît par plusieurs racines dans le sillon s^[)arant les éminences pyramidales des olivaires.

L'intérieur de l'encéphale présente différentes parties importantes à connaître, et, entre autres, plusieurs cavités ou t;en^rtcti^ dues soit à Tadossement de diverses masses qui constituent cet appareil , soit à des duplicatures de ses parties, sans compter les intervalles des circonvolutions.

SYSTEME NE&VEDX DBS MAMMIFERES. 2S9

Les deux hémisphères sont unis chez Ykomme et les autres maumi- FàREs par quatre prolongements passant de Fun à Tautre.

Au fond de la grande scissure occupée par la faux est une lame ho* rizontale nommée eorps calleux ou grande commissure du cerveau, de forme quadrilatère, beaucoup plus étendue d'avant en arrière que transversalement ; d'une assez faible épaisseur dans le milieu et plus forte vers ses extrémités , de manière à être concave audessous. Â sa face supérieure on remarque trois sillons longitudinaux interceptant deux saillies ou nerfs longitudinaux de Lancisi; sur ces saillies viennent se rendre plusieurs autres beaucoup plus petites , transversales , se perdant en dehors dans la masse des hémisphères avec lesquels le corps calleux se confond par ses bords latéraux.

A son extrémité antérieure il se recourbe en dessous et revient en arrière , en formant un repli ou genou antérieur, qui se continue par une seconde lame également horizontale , placée à une certaine distance sous la première , atteignant presque le milieu de la bnguéiu: de cdie-ci , où elle se termine en une lame mince dirigée en arrière et en dessous sur la. commissure des nerfs optiques, et fermant en avant le troisième ventricule , placé plus bas dans la partie moyenne du cerveau.

A sa face inférieure le corps calleux produit le long de sa ligne médiane deux feuillets nerveux verticaux très-minces, ou septum lucidum, très-hauts en avant , où ils réunissent les deux branches du corps calleux, et de plus en plus étroits vers la partie postérieure de ce ^mier où ces lames se rendent sur le milieu d'une seconde lame horizontale ou voûte à trois piliers.

L'intervalle des deux feuillets du septum lucidum forme une cavité nommée cinquième ventricule ou fosse de Sylvius,

A son extrémité postérieure le corps calleux , beaucoup plus épais qu'en avant, se replie également en dessous en formant le genou 'postérieur, et revient en avant en se continuant avec la voûte à trois piliers ou trigone cérébral; lame triangulaire, dont l'un des angles tourné en avant atteint l'extrémité postérieure de la lame inférieure du corps calleux. Là cet angle se recourbe en dessous pour former le pilier antérieur, composé de deux branches , lesquelles se portent en bas et en dehors , traversent la masse des hémisphères , et se terminent dans les tubercules mamillaires, placés à la face inférieure du cerveau. Le long du milieu de sa face supérieure la voûte est unie au corps calleux par le septum lucidum; et, tout à fait en arrière, elle est confondue avec lui. Les deux angles ou piliers postérieurs, se recourbent en dessous, et plongent dans les ventricules latéraux pour se continuer avec les corps frangés.

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