‹ Traité pratique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiques. Fondé sur des expériences, suivi d'instructions, pour l'analyse, des mines métalliques, des métaux, des sols, des engrais, et des eaux minéralesChapitre 104 sur 210 · XXL EAU DE CHAUX · texte numérisé non relu

XXL EAU DE CHAUX

On emploie souvent ce liquide, pour reconnaître la présence de l’acide carbonique, soit libre , soit combiné, en excès avec une base. Cet acide produit, avec l’eau de chaux, un précipité blanc pulvérulent, qui disparaît par une addition suffisante de la liqueur contenant l’acide carbonique; parce qu’alors, l’excès de cet acide redissout le carbonate neutre , dont la formation avait troublé le mélange en y produisant un nuage. La transparence du mélange est également rétablie par les acides, hydro-chlorique, ou nitrique. L’action de l’eau de chaux est donc modifiée en raison de la quantité de la substance qu’on y soumet. Il est une autre circonstance, qu’il faut prendre en considération dans l’emploi de c«

réactif, afin d’éviter des résultats, qui induiraient en erreur; c’est la précipitation de sels à base de magnésie ou d’alumine, qui, avec l’eau de chaux, produisent aussi un précipité blanc; et, le nuage, opéré dans le mélange, est encore plus considérable avec des sulfates. Mais le précipité, occasioné par la chaux, est facile à distinguer , ainsi que nous le ferons connaître tout à l’heure.

L’eau de chaux s’emploie encore, commeréactif, pour reconnaître la présence du perchlorure de mercure , avec lequel ce liquide produit, suivant la quantité qu’on en ajoute, un précipité de couleur jaune, ou une poussière de couleur de brique pilée; on s’en sert aussi, à l’occasion, pour découvrir l’arsenic, parce que l’eau de chaux forme, avec les dissolutions de ce métal, un précipité blanc (arséniate de chaux), qui, étant à peine plus soluble que le sulfate de chaux, se précipite sous la forme de petits cristaux, et qui, mis sur un charbon ardent, répand l’odeur alliacée particulière à l’arsenic.

Quelques chimistes ont essayé d’évaluer la quantité d’acide carbonique contenue dans une eau minérale , en ajoutant à cette eau, nouvellement tirée de la source, de l’eau de chaux, et en recueillant, séchant et pesant le précipité de carbonate de chaux ainsi produit. Mais cette méthode est, dans la plupart des cas, trompeuse; car l’eau de chaux précipite aussi tout le carbonate de chaux, tenu en dissolution par l’acide carbonique et le carbonate de magnésie ; et , parce qu’en outre, cette eau décompose d’autres sels de magnésie, dont elle précipite les terres.

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