EXPÉRIENCE CXX
Ajoutez, à 6o ou 90 grammes d’eau distillée, cinq ou six gouttes d’acide sulfurique, avec, en même temps, une petite quantité de limaille de fer; agitez le mélange pendant quelques minutes, et abandonnez-le à lui-même jusqu’à ce qu’il soit devenu parfaitement clair, ou, qu’après huit ou dix heures de repos, il puisse être filtré.
Versez alors , dans une moitié de cette dissolution de fer claire , quelques gouttes de teinture de noix de galle : il se manifestera, sur-le-champ, une couleur violette, qui deviendra promptement plus foncée.
Faites bouillir l’autre moitié de la dissolution , ^ rsqu’à ce qu^elle soit réduite à la moitié environ de son volume : il s’en séparera, pendant la concentration, une poudre brune. Lorsque la liqueur aura été refroi-
die, filtrez-la, et, en l’essayant alors de nouveau, par une addition de quelques gouttes de teinture de noix de galle , cette teinture y occasionera encore une couleur violette ou noire , parce que le fer est combiné avec un acide minéral. Une dissolution d’un peu de sulfate de fer dans de l’eau distillée , donnera les mêmes résultats.
Le préütpilé, de couleur noire ou violette, auquel la teinture de noix de galle donne lieu avec les dissolutions de fer, est une combinaison d’oxide de fer avec l’acide gallique et le tannin, contenus dans cette teinture. Il faut , pour qu’il y ait immédiatement produetion , avec les dissolutions de fer, d’un préeipité noir, que ce métal soit à rétat d’oxide rouge ; car, lorsqu’il est à un degré moindre d’oxidation , le précipité jioir ne se forme point instantanément dans ces dissolutions ; mais la tendance de l’oxide de fer, dans le sulfate vert, à se combiner avec une plus grande proportion d’oxigène, est néanmoins telle, qu’il est difficile d’éviter qu’il ne soit obtenu un précipité noir. Quelques minutes d’exposition à l’atmosphère, ou à l’action de l’oxigène, môme, à celle de l’air contenu dans la partie supérieure du tube éprouvette, suffisent pour donner une teinte violette. Le précipité brun, qui se produit, lorsqu’on fait bouillir une dissolution de sulfate vert de fer, est dû à ce qu’une partie du protoxide de fer, passant à l’état de péroxide , et, se combinant avec une portion de l’acide, se dépose sous la forme d’une poudre brune, qui est un sulfate du péroxide avec excès d& base^ ou, un sous-sulfate de fer.