‹ Traité pratique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiques. Fondé sur des expériences, suivi d'instructions, pour l'analyse, des mines métalliques, des métaux, des sols, des engrais, et des eaux minéralesChapitre 188 sur 210 · LXI. FLUX roua le ciillumeau · texte numérisé non relu

LXI. FLUX roua le ciillumeau

On donne, en chimie, le nom de flux, aux substances qu’on ajoute aux minéraux, aux mines métalliques,’ ou autres corps, pour en aider la fusion lorsqu’on les expose à l’action du feu. Ainsi, la potasse, ou la soude, caustiques, ou à l’état de sous-carbonates, sont des flux pour le quartz, et pour toute autre espèce de minéraux siliceux, parce que le quartz étant mêlé avec ces corps, dans une proportion convenable, et chauffé , ces alcalis en déterminent la fusion, et le composé est une masse vitreuse. L’acide borique , et le borax ( sous-borate de soude ) , sont des flux pour l’argile , et les minéraux argileux, etc. Ces corps agissent donc par voie sèche sur les substances réfractaires , comme le font , par voie humide, l’eau, les acides, et autres liquides, dont on fait usage pour dissoudre les solides. La manière dont chaque minéral est affecté, lorsqu’on le fait chauffer avec différens flux; sa fusion plus ou moins vive ou lente , aisée ou didicile , conîplète ou incomplète , liquide ou pâteuse ; la nature de la masse qui en résulte, opaque, transparente, vitreuse GU émaillée, scorifiée, ou dense et compacte; la couleur qu’elle affecte principalement, ce qui dépend le plus souvent de la proportion desmatières métalliques qu’elle

contient ; toutes ces circonstances particulières sont autant de caractères, qui servent utilement dans l’analyse minéralogique, pour aider à découvrir, et à distinguer chaque espèce des composés divers; et lorsque les caractères extérieurs, ou les propriétés sensibles, ne suffisent pas pour déterminer , avec exactitude , le genre, ou l’espèce, cette action des flux employés avec le chalumeau, est souvent d’une très -grande utilité pour cette détermination , en écartant les doutes , faisant disparaître les incertitudes, et en fournissant les moyens de se rendre compte de la nature générale du minéral.

On concevra facilement, que la nature des produits sera très-variable , suivant celle du flux qui entre en combinaison avec eux ; et , selon qu’il est fait emploi dans les expériences, de flux divers, d’après l’objet qu’on a en vue.

Les flux dont on fait usage pour les expériences au chalumeau, et, en général, pour toutes les opérations de laboratoire, sont principalement des corps composés , appartenant à la classe des sels. L’une des parties constituantes de ces corps , agit , dans beaucoup de cas, chimiquement; c’est ainsi, que la partie alcaline et terreuse de flux se combine souvent avec l’acide , qui peut être uni à un oxide métallique , et qui s’opposerait à sa réduction , s’il n’en était pas séparé ; tandis que, d’un autre côté, l’action d’autres parties est simplement mécanique. Il est , en outre , des métaux , en grand nombre, qui retiennent leur oxigène , avec une telle force, que l’application de la chaleur n’est pas capable de le leur enlever, lorsqu’on cherche à obtenir le

métal. L’addition de matière inflammable , devient donc alors un expédient propre à déplacer l’oxigène ^ sous la forme de gaz. Ainsi, pour réduire un oxide, ilfaut ie mêler avec une portion de matière inflammable, et l’exposer alors à une chaleur intense; et, pour obtenir le métal réduit, en une masse cohérente, et non en petits grains, il est nécessaire , aussi , qu’il y ait présence d'une substance susceptible d’entrer aisément en fnsion , et de permettre au métal de se déposer à travers la matière fondue, de manière que les molécules , en s’aglomérant , forment un bouton réuni , au lieu de grains écartés et dispersés , ce qui , autrement , aurait lieu. Ce serait un très-grand travail , sans doute , que de rassembler les particules , si elles n’avaient pas été mises en état de s’abaisser au fond du creuset , et de s’y unir ensemble. L’aetion des flux est donc , en général , tout à la fois , et mécanique et chimique.

Les flux, qui ont été plus spécialement adoptés par les chimistes, eu égard à l’usage étendu qu’on en peut faire, sont, le phosphate de soude, le sous- borate de soude, et l’acide borique ; outre ces flux , on emploie , à l’occasion , comme tels , dans les essais au chalumeau , le fluate de chaux ( spalh fluor ) , le sulfate de chaux (gypse) , le sous-carbonate de soude, le nitrate de potasse et le verre. Après avoir réduit ces corps en poudre , on les mêle avec les substances sur lesquelles elles doivent ^gir. Ce qu’on appelle (lux htanc , est un mélange d’un peu de potasse avec du carbonate de cet alcali , et on le prépare , en opérant la déflagration , dans un vase rougi au feu , de parties égales de nitrate de potasse et de tartrate acide de

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