PARTIES
Eau d’absorption 18
Pierre, et gravier principalement siliceux. . . 4^
Fibres végétales non décomposées 10
Sable fin siliceux 2o5
Matière très-divisée , séparée par filtration , et consistant en :
Carbonate de chaux 25
Carbonate de magnésie 4
Matière destructible par la chaleur ,
principalement végétale 10
Silice
Ci-contre. 275
Idem ^9 1
Alumine 53 1
Oxide de fer 4 (
Matière soluble , principalement sulfate \ de potasse , et extrait végétal. . . 5 i ’ '
Sulfate de chaux. . 5 1
Phosphate de chaux 2 J
Total des produits 599
Perle 1
Dans cet exemple , la perte est supposée très-petite ; mais, en général, en effectuant les expériences, elle sera trouvée beaucoup plus grande, à raison de la difficulté de recueillir les quantités totales des différens précipités ; et tant que la perte n’excède pas une trentaine de parties , sur ? ü ^ P^s lieu de soupçonner , qu’elle puisse être provenue de défaut de précision convenable dans les opérations.
XIII. Cette méthode générale d’analyse y eut étre^ dans heaucouj) de cas, sensihiement simplifiée. — Lorsque , celui qui fait les analyses, se sera mis en état d’être bimiliarisé avec l’usage des divers instrumens , les propriétés des réactifs, et avec les rapports qui existentenlre lesqualités extérieureset lesquaîités chimiques des sois , il trouvera très-rarement nécessaire de faire toutes les opérations qui viennent d’être décrites. Lorsque par exemple, le sol à examiner, ne contient pas une quantité notable de matière calcaire, on peutse dispenser de l’emploi de l’acide hydro-chlorique , art. VII. Dans l’analyse de sels tourbeux , il devra, principale-
ANALYSE
ment, porter son attention sur l’opération par le feu et l’air, art. VIII; et, en opérant sur des sels de craie et de glaise, l’analyste se trouvera souvent dans le cas de pouvoir négliger l’expérience par l’acide sulfurique, art. IX.
Ceux , qui ne sont pas encore exercés aux manipulations chimiques , ne doivent pas s’attendre à une grande précision dans les résultats de leurs premiers essais. Ils rencontreront un grand nombre de difficultés ; mais , c’est en travaillant à se mettre en état de les vaincre, qu’ils acquerront la plus utile des connaissances pratiques; et rien n’est plus instructif, dans les sciences expérimentales, que la découverte d’erreurs. On ne peut opérer avec exactitude dans l’art de l’analyse , sans avoir une parfaite connaissance de la chimie générale ; mais , il n’est peut-être pas de moyen plus convenable , pour acquérir cette connaissance , que celui de se livrer à des recherches originales. En s’occupant de faire les expériences qu’elles rendent nécessaires ,♦ on est continuellement obligé de recourir aux ouvrages poury apprendre l’histoire des substances qu’on doit y employer, ou sur lesquelles il faut agir; et les idées théoriques sont , d’autant plus avantageusement établies , qu’elles se lient aux opérations pratiques, et qu’elles s’acquièrent dans la vue et la poursuite d’une découverte.
XIV. De V amélioration des sots , comme se liant au principe de leur composition. — Lorsqu’on examine un sol stérile, avec le projet de l’améliorer, il faut toujours, si cela est possible, le comparer avec un sol extrêmement fertile dans le voisinage , et dans une si-
tuation semblable : la différence , que présente leur analyse^ indiquerait les méthodes de culture; et, ainsi, le plan d’amélioration serait fondé sur des principes scientifiques exacts.
Si le sol fertile contient une grande quantité de sable, relativemen t au sol stérile, le procédé d’amélioration consisterait seulement à ajouter de cette substance ; et le moyen serait également simple à l’égard des sols dans lesquels il y aurait insuffisance d^argile ou de matière calcaire.
Dans l’application, à des terroirs d’argile, de sable , de glaise , de marne, ou de craie, il n’y a aucuns principes chimiques particuliers à observer; mais, lorsqu’on emploie la chaux vive, il faut avoir grand soin que ce ne soit pas celle obtenue de la pierre calcaire magnésienne; car , dan^ ce cas , ainsi que M. Tennant l’a fait voir , elle est excessivement nuisible au terroir. On peut distinguer la pierre calcaire magnésienne de la pierre calcaire ordinaire, à sa plus grande dureté, et, à raison du temps plus long qu’elle exige pour sa dissolution dans les acides ; l’analyse peut en être faite par le procédé de carbonate de chaux et de magnésie, art. VII.
Lorsque la comparaison analytique dénote un excès de matière végétale comme la cause de stérilité , elle peut être détruite par une grande pulvérisation et l’exposition à l’air , en pélant le sol et le bridant, ou par l’action de chaux vive récemment fabriquée» Il faut suppléer au manque de matière animale végétale par un engrais animal ou végétal.
XV. Les sois stériles, dans des climats et situations divers g doivent différer en composition. — Les in-
ANALYSE
dications générales de fertilité et de stérilité , telles qu’elles résultent d’expériences chimiques , doivent nécessairement varier dans des climats divers , et par l’effet de différentes circonstances. La faculté des sols pour absorber l’humidité , principe essentiel leur fécondité , doit être beaucoup plus grande, dans les contrées chaudes et sèches, que dans celles froides et humides; et la quantité de terre alumineuse fine, qu’ils contiennent, plus considérable. Les sols, situés sur le penchant des collines, doivent, également, avoir une plus gt-ande faculté d’absorption d’humidité que les sols, dans le même climat , des plaines ou les vallons. La fécondité des sols doit aussi être influencée par la nature de ce qui est au-dessous , ou des lits terreux ou pierreux sur lesquels ils reposent ; et il faut avoir particulièrement égard à cette circonstance, lorsqu’on prend en considération leur nature chimique et le système d’amélioration. Ainsi, un sol sablonneux peut devoir quelquefois sa fertilité à la faculté, qu’a le sol au-dessous, de retenir l’eau ; et un sol argileux absorbant peut échapper accidentellement à la stérilité, dans un climat humide, par rinfluence d’un lit au-dessous de lui , de sable ou gravier.
XVI. Composition chimique des sols ^ fertiles en 1)ié , da}\s le climat de C Angleterre. — Ceux des sols qui sont les plus féconds en blé , contiennent toujours certaines iiroportions de terres alumineuse et calcaire dans un très-grand état de division , et une certaine quantité de matière végétale ou animale.
La quantité de terre calcaire est , cependant , très-
frr
variable et, dans quesqaes cas,* excessivement petite. Sir Humphry Davy trouva , dans un sol à blé trèsfertile , pris à Ormiston, dans l’est de la province de Lothian en Écosse, ii parties seulement, sur loo, de terre calcaire douce au toucher; elle contenait 25 parties de sable siliceux, et 4^ d’argile très-divisée. Elle perdit 9 parties en matière animale et végétale décomposée, 4 6au , et elle donnait des indices d’une petite quantité de phosphate de chaux.
Ce sol était d’une contexture très-fine , et contenait très-peu de pierres ou de fibres végétales. Il n’est pas invraisemblable que sa fertilité ne se rapportât, jusqu’à un certain point , au phosphate de chaux ; car on trouve cette substance dans le froment, l’avoine et l’orge, et elle' peut être une partie de leur nourriture.
Sir Humphry Davy reconnut, qu’un sol des basses terres du comté de Sommerset , renommé pour donner, sans engrais , d’excellentes récoltes de froment et de fèves , consistait dans un neuvième de sable, principalement siliceux, et dans huit neuvièmes de marne calcaire, ayant une teinte de fer, et contenant environ 5 parties sur loo de matière végétale. Il ne put reconnaître dans ce sol la présence de phosphate ou de sulfate de chaux ; de manière , que sa fertilité devait principalement dépendre de sa faculté d’attirer des principes de nourriture végétale, de l’eau et de l’atmosphère.
M. Tillet, dans quelques expériences qu’il fit sur la composition des sols de Paris , trouva , qu’un sol , formé de trois huitièmes d’argile, deux huitièmes de sable de rivière, et trois huitièmes de débris de pierre calcaire , était très-propre à produire du froment.
ANALYSE
XVII. De la composition des sols propres pour tes racines hulheuses et pour les arbres. — Les racines bulbeuses exigent, en général, un sol beaucoup plus sablonneux, et moins absorbant que les graminées. Un trèsbon sol à pomme de terre, pris à Varfal, dans le comté de Cornouailles, fournit, à l’analyse qu’en lit sir Humphry Davy, sept huitièmes de sable siliceux, et sa faculté d’absorption était si petite , que loo parties de ce sol n’en perdirent que 2 par leur dessication à la température de 204 degrés centigrades.
Les plantes et arbres, dont les racines fd3reuses et dures sont capables de pénétrer en profondeur dans la terre, végéteront avec avantage dans presque tous les sols ordinaires, qui sont modérément secs, et ne contiennent pas un très-grand excès de matière végétale.
Sir Davy trouva, que le sol, pris dans un champ à Scheûield, comté de Sussex, remarquable par les beaux chênes qui y croissent , consistait dans 6 parties de sa» ble , sur une partie d’argile et de matière très-divisée ; 100 parties du sol dans sa composition entière, qu’il soumit à l’analyse, lui tlonnèrent pour produits, savoir :