XIV. HYDRO-CHLORATE d’aMMONIAQUE
Ce sel est un des réactifs dont on fait usage pour dé» couvrir la présence du platine; dont la dissolution de ce métal [(s’il est pur) produit, avec l’hydro-chlorate d’amrnoniaque, un précipité d’un jaune vif; mais, qui tourne légèrement à l’orangé , si le platine est accompagné d’iridium. Le précipité produit par l’hydro-chlorate d’ammoniaque, est un composé d’oxide de platine, d'ammoniaque, et d’acide hydro-chlorique. En exposant à une forte chaleur rouge ce sel triple, il se réduit en une masse grise spongieuse , qui est le platine métallique. C’est, par ce caractère, que le platine se distingue de tous autres métaux , et qu’il en peut être séparé , lorsqu’il y est combiné.
L’hydro-chlorate d’ammoniaque fournit donc un moyen
facile de reconnaître si l’or a été altéré par une additions de platine, espèce de fraude, au moyen de laquelle on éluderait l’clTet de l’essai. L’or peut être précipité par une dissolution de sulfate vert de fer, et le platine , par riiydro-clilorate d’ammoniaque.
Lorsqu’on ajoute de ce réactif à une dissolution de la mine de 'jilatine dans l’acide hydro-chloro-nitrique, le précipité, qu’occasione la première addition d’hydrochlorate d’ammoniaque, est d’une couleur de buffle; et si, après avoir décanté la liqueur qui le surnage, et qui est encore d’un brun rougeâtre , on ajoute une nouvelle quantité du réactif, il se produit un précipité d’un jaune orangé vif : mais ,on n’en peut obtenir un jaune clair de la dissolution. La couleur orangé du précipité est due, ainsi qu’il a déjà été dit, à la présence de Viridiurn , qui accompagne toujours la mine de platine. Le précipité d’un jaune clair est donc un indice caractéristique de la pureté du platine. On fait usage en peinture du précipité jaune , qui fournit une couleur très- vive et permanente.
On peut aussi faire emploi de riiydro-chlorate d’ammoniaque, comme réactif, pour reconnaître la présence . d’alcalis et de terres alcalines, qui décomposent ce sel en mettant son ammoniaque en évidence. Il faut, que le sel soit à l’état sec, ou à peu près ; et, l’on peut chauffer modérément pour dégager l’ammoniaque ; mais , comme il est un grand nombre de métaux et d’oxides métalli([ues, qui sont aussi capables de décomposer Tbydro-cblorate d’ammoniaque f)ar la voie sèche , il convient des’aiderde quelqu’autre preuve, qui concoureà rendre la présence deralcali, ou des terres alcalines, non équi-
voqiie; et nous ne manquons pas, à cet égard, de meilieiirs réactifs.
M. Chenevix recommande rhvdro-clilorate d’ammo- Iliaque , comme un agent uUie , pour séparer raluminc de ses dissolutions alcalines. L’alcali se combine avec l’acide hydro-chlorique , et l’ammoniaque , mise en liberté, détermine la précipitation de l’alumine, qui, après avoir été lavée et séchée , est parfaitement pure.
EXPÉRIENCE XLIXe
Si, dans un tube éprouvette, à moitié rempli d’eau distillée, on verse un peu d^’hydro-chlorate de platine, et, qu’on ajoute au mélange une dissolution d’hydrochlorate d’ammoniaque : il se produira un précipité jaune, consistant dans de l’oxide de platine, de l’acide hydro-chlorique, et de l’ammoniaque.