QUATRIÈME LEÇON
Le cheval en bride.
Avant de faire monter le cavalier à cheval , en bride, on lui donnera quelques notions sur l’action et l’effet du mors de bride et du filet.
Du mécanisme du murs de bride.
Le mors de bride placé dans la b«uche du cheval , lui imprime la volonté du cavalier, et l’assujettit à l’obéissance, soit pour le régler , le tourner et faire changer ses allures, pour
cadencer ses mouvpmens, le ralentir, le soutenir, le faire élever de son avant- main, le placer, l’aiTeter, le reculer ou le fixer en place.
L’effet du mors sur la bouche du cheval est celui de deux leviers dont la partie inférieure des branches forme la puissance, les parties supérieures le centre du mouvement, et les canons les points de pression qui agissent sur les barres, et qui sont plus ou moins augmentés par la résistance de la gourmette, qui appuie sur la barbe du cheval. On fait agir en même temps les deux leviers , en les attirant également en arrière par leurs extrémités inférieures, en se servant de l’intermé-, diaire des deux rênes ; alors la partie supérieure des branches est portée plus ou moins en avant, jusqu’à ce que la gourmette soit au ^egré de tension relatif à l’effet que le cavalier veut produire sur la bouche de son cheval. Dans cette action du mors, la puissance occasione une compression sur les parties qui se trouvent resserrées entre les canons et la gourmette; ce qui, en raison du sentiment plus ou moins vif des barres et de la barbe, est d’un effet plus ou moins sensible : en ne faisant agir qu’un seul levier, la pression n’a lieu que sur les parties de la bouche qui se
trouvent de ce côté. On peut aussi accorder l’effet séparé des deux leviers , c’est-à*dire <ju’on peut faire agir un des leviers à un plus haut degré que l’autre , dont on diminue l’effet sans l’abandonner entièrehient ; enfin oh peut les foire agir tous les deux en même temps, à divers degrés, et indépendamment l’un de l’autre.
Du mors du filet.
Le mors de filet est composé de deux parties, comme le mors de bridon , d’abreuvoir ou gros bridon, excepté qu’il n’a pas 'd’ailes, qu’il n’a que deux anneaux <jui servent de porte-mors et de porte-rênes, et que les canons sont plus minces.
Le mors de fiilet sert pour rafraîchir la bouche du cheval , et pour le conduire lors# qu’on relâche l’action du mors de bride ; il sert aussi à le placer, à l’enlever pour les sauts, à former des demi-arrêts alternativement avec le mors de bride, pour cadencer et ralentir» l’allure du cheval, et il est bon de l’employer souvent, lorsqu’on commence à travailler les chevaux en bride.
Observatiobs.
J’entrerai dans de plus grands détails sur ' cette partie à l’article embouchure ; je ne donne pour le moment que les premières notions pour les élèves qu’on fera passer au travail des chevaux bridés.
On doit choisir, pour la leçon eu bride, des chevaux qui aient une bouche assurée , afin que l’élève qui n’est pas encore sûr de sa main n’inquiète pas son cheval.
Lorsqu’on aura fait monter l’élève à cheval , et que sa pose sera assez régulière pour qu’il puisse prendre la position des mains , de la bride et du filet sans faire de mouvement de corps, on le lui fera exécuter de la manière suivante.
Position de la main gauche qui doit tenir les rênes de la bride.
Les rênes dans la main gauche : on passera le petit doigt entre les deux , pour en sentir l’effet distinct ; il sera placé dessous la droite et dessus la gauche san5 être entièrement fermé, les trois premiers doigts, au contraire, bien fermés, pour contenir les rênes, qui doivent porter sur la seconde jointure du premier doigt ; le pouce allongé et fermé dessus , pour les empêcher de glisser et les contenir
égales , la main soutenue à quatre pouces du pommeau de la selle et à six pouces du corps, le petit doigt un peu plus près du corps que le pouce, sans cependant renverser la main , afin de conserver la facilité de rapprocher un peu plus le petit doigt du corps dans le mouvement de la main ; l’extrémité supérieure des rênes tombant à droite le long des jointures des doigts, le poignet arrondi, de manière que la dernière phalange des doigts soit en face du corps et le partage dans son milieu, pour pouvoir sentir un effet égal des deux rênes ; placer les doigts de manière que leur jointure ne soit ni trop haute ni trop basse, et qu’en tirant deux lignes diagonales depuis la partie inférieure des branches du mors en remontant jusqu’au bas de la main du cavalier, ces deux lignes touchent également tous les points des deux rênes, et forment entre elles un angle très-aigu, dont la pointe vienne se terminer au point où le petit doigt sépare les deux rênes.
L’avant-bras, soutenu par le moyen du pli du bras, formera avec le bras un angle droit ; sa partie inférieure sera un peu plus rapprochée du corps que la partie supérieure, et l’intérieure devra être légèrement tournée en haut.
Le bras doit tomber naturellement près du corps sans le serrer, et il faut bien se garder
de vouloir l’éloigner du corps, ce qui ne pourrait, avoir lieu sans employer une roideur qui lui ôterait toute sa justesse et son aisance ; mais il doit être assez détaché du corps pour laisser tout le jeu possible aux articulations des doigts, du poignet, de l’avantbras, et enfin à l’articulation du bras- dans l’épaule.
Le grand point d’appui eide soutien, Torsqu’on a besoin de résister de la main , ou d’employer un peu plus de nerf, est précisément à l’emboîtement du bras dans l’épaule. Ce point de soutien et d’appui doit se prendre graduellement, c’est-à-dire, que lorsque le cavalier est obligé d’assurer la main avec un peu plus de nerf pour résister aux efforts d’une bouche ferme, il doit commencera prendre au pcûgnet le point de soutien et d’assurance de la main; celui du poignet à l’avant-bras, celui de l’avant-bras à son articulation avec le bras, et celui du bras comme je viens de le dire , à l’emboîtement du bras dans l’épaule, sans faire de mouvement de corps qui doit rester d’aplomb sur sa base.
Position de la main droite qui tient une gaule ou une cravache.
La gaule doit être tenue dans la main droite, les quatre doigts fermés sur le gros bout , le
pouce allongé dessus, la main soutenue à hauteur de la gauche, séparée d^elle , et à droite, d’environ sept à huit pouces, pour ne pas gêner sesmouvemens , les ongles inclinés un peu eu dessous , de manière que le petit bout de la gaole soit placé dans la direction et ai^des> sus de l’oreille gauche du cheval, en évitant de la toucher. Cette position de la main droite à habteur et sur la ligne de la gauche, maintient les épaules de l’élève carrément, surtout pour les commençans.
Obseevations.
Pour la position de la main de la bride, j’ai recommandé de ne pas fermer le petit doigt entièrement ; c’est afin de lui laisser , comme régulateur, tout le tact, la justesse et la finesse qu’il doit avoir, pour bien faire sentir l’effet distinct des deux rênes, ce qui ne pourrait pas avoir lieu, s’il était fermé au même degré que les autres. D’ailleurs , la pression des doigts sur les rênes ne serait plus égale , puisqu’il y en aurait quatre sur la rêne gauche et trois sur la droite.
Moyens de faire sentir V effet des rênes ensemble et séparément de la main gauche.
Lesrênes tenues dansla main gauche comme
U vient d’étre expKqué, sans rien exiger du cheval , doivent être dans une tension moelleusQ presque flottante. Lorsque le cavalier voudra faire sentir ou augmenter l’effet égal des deux rênes, il doit rapprocher également du corps le petit doigt et le talon de la main en arrondissant le poignet et élevant un peu là main jusqu’à ce qu’il sente que les deux rênes soient un peu plus tendues que pour l’état du repos, afin que le mors augmente son effet sur la bouche du cheval jusqu’à ce qu’il; ait rencontré le point de sensibilité qui peut lui communiquer sa volonté ; il doit rapprocher le talon de la main et le petit doigt , afin que l’effet du mors se fasse sentir plus progressive-^ ment et bien également; il arrondit le poignet pour que l’effet en soit plus moelleux.
Car s’il relâchait le petit doigt en avant pour tirer sur les rênes, il tirerait trop directe-, ment, et l’effet devenant trop dur, se ferait sentir trop à la fois, pourrait faire pointer le cheval et le renverser.
Pour sentir la rêne droite séparément, il faut élever la jointure des doigts à droite, de manière que le dessus du petit doigt s’élevant et se portant plus à droite que les autres, fasse augmenter la tension de la rêne droite, ayant soin d’arrondir un peu plus le poiguèt
que dans la pose ordinaire, et de ne pas éloigner la main de la direction du centre de gravité. On évitera de serrer le coude au corps , et de baisser l’épaule du même côté, ce qui causerait de la roideur, et empêcherait toute la justesse et même la finesse que l’on doit mettre dans l’action de la main.
Pour sentir la rêne gauche séparément, il faut baisser un peu la jointure des doigts en dessous, et rapprocher en même temps le petit doigt du corps , de manière que la première phalange de ce doigt en même temps qu’elle soutient la rêne gauche, qui, par cette position se rapproche du corps, fasse sentir et augmenter la tension de la rêne gauche. On baisse un peu la jointure des doigts, mais on soutient le poignet en l’arrondissant moins que pour faire sentir la rêne droite.
Observations.
La main gauche placée comme il a été dit ci-dessus , et sentant une tension égale des deux rênes, on voit qu’en élevant la jointure des doigts à droite, et en arrondissant un peu plus le poignet, la seconde phalange du petit doigt augmente l’effet de la rêne droite, et que par la même raison en les baissant, on relâche la rêne droite et on continue de tirer
sur la gauche; dans cette position de la main , on augmente son effet en rapprochant le talon de la main et la naissance du petit doigt du corps. Ainsi ce n’est que le jeu du poignet et du petit doigt qui font bien sebtir l’effet distinct des deux rênes.
Quelques personnes observentquepour sentir la rêne droite, ils ont plus de facilité en baissant la jointure des doigts, et employant le troisième doigt pour appuyer sur la rêne droite. Je me sers des deux manières, mais le petit doigt par sa position a certainement beaucoup plus de tact et de finesse pour faire sentir enseml)le et séparément l’effet distinct des deux rênes. Je donne donc la préférence à la manière que j’indique ci-dessus.
Ajuster les rênes.
L’‘élève tenant les rênes dans la main gauche , la gaule ou cravache dans la droite, on lui fera ainsi ajuster les rênes. Il commencera par abaisser lepetithout de la gaule vers le sol, de manière qu’elle tombe perpendiculairement le long de l’épaule hors du montoir ; ensuite il ouvrira le pouce et les deux premiers doigts de la main droite en l’approchant de la gauche pour saisir les rênes au-dessus de cette main ,
les deux derniers doigts et le talon de la main droite contenant toujours la gaule; puis il entr ouvrira les doigts de la main gauche en ôtant le pouce de dessus les rênes, élevera la main droite perpendiculairement à la gauche jus* qu’à hauteur du menton, le pouce faisant face au corps et les ongles des deux premiers doigts en avant : il aura soin en élevant la main droite de ployer l’avant-bras par le moyen de son articulation , de manière que l'angle qu’il forme avec le bras, soit plus fermé que dans la pose ordinaire de cette main ; il devra ne pas serrer le coude contre le corps, ni remonter l’épaule du même côté. Il entrouvre les doigts de la piain gauche pour laisser égaliser les rênes , les raccourcir ou les allonger à sa volonté ; mais il faut surtout employer habilement le tact de la main gauche, qui doit servir comme de filière aux rênes pendant ce mouvement, et d’intermédiaire entre la bouche du cheval et la main droite , de manière à ce qu’elle connaisse si les rênes sont au degré de justesse et de tension nécessaire , puisque c’est elle qui doit s’en servir. Alors les doigts de la main gauche se ferment , et la droite abat le bout des rênes à droite, et se remet à sa position première. Pendant que ce mouvement s’opère, le cavalier doit avoir les jambes près pour empêcher son che-
val de reculer , ou de ralentir et d’arrêter si c’est en marchant que le mouvement s’exécute.
Observations. -
Les rênes doivent s’ajuster de bas en haut, et la main gauche ne pas sortir de la direction du centre de gravité ; c’est la main droite qui doit venir se placer au-dessus de la gauche, pour saisir les rênes. On évitera aussi de tirer de la main droite l’extrémité supérieure des rênes à droite; l’on aura soin de décrire avec la main droite une ligne perpendiculaire eu remontant depuis le point central et d’appui des rênes sur le premier doigt de la main g^auche, jusqu’à hauteur du menton, et on se gardera bien d’élever la main droite jusqu’au bouton des rênes; quand il dépasse ce point supérieur, on ne doit pas se régler sur ce bouton , soit que les .rênes aient plus ou moins de longueur; car telle précaution qu’ait prise le sellier pour les couper égales, au bout de quelque ^tetnps il s’en trouve ordinairement une dont le cuir plus flexible , s’est allongé par l’usage , ce qtti fait qu’oo ne peut s’en rapporter au bouton pour les ajuster et les égaliser avec justesse. C’est, comme je viens de le dire, letaict de la main gauche qui doit guider pour sentir lorsqu’elles sont égalisées.
Je ferai observer aussi que lorsque les rênes sonttrop longues, et que l’élève pour lesajuster veut élever la main droite jusqu’au bouton , il ne peut le faire sans élever et déplacer le balancier droit supérieur, ce qui dérange son aplomb en le faisant plus peser sur la fesse gauche que sur la droite, lui ôte toute grâce et toute justesse, et lui masque le visage de la main droite : il n’y aurait rien de si désagréable, surtout en troupe. Je renvoie donc au principe que je viens d’indiquer ci-dessus , qui n’entraîne aucun de ces inconvéniens.
Nota. Sien entenda que si on ne tenait pas de gaule on cra- Tache ou une arme quelconque dans la main droite, il faudrait, lorsqu’on ajuste les rênes, ouvrir les quatre doigts au lieu des deux qui sont seulement libres lorsqu’on tient une cravache.
Position de la main droite lorsqu elle tient les rênes de la bride.
Dans les manèges lorsqu’on marche â main gauche, .-«on fait prendre aux élèves les rênes delà bride dans la main droite. Ce moyen peut servir au cavalier qui se trouve blessé de la main gauche pour exécuter ce mouvement.
Lorsque l’élève a replacé son cheval bien droit après le changement de main de droite à gauche , il doit abaisser la gaule de manière qu’elle tombe perpendiculairement le petit bout en
bas, le long de l’épaule droite du cheval, et approcher la main droite de la gauche, pour saisir les rênes au-dessus de la main gauche , de manière que les deux pouces se touchent, et que le bout des rênes sorte de la main droite du côté du petit doigt ; alors les doigts de la main gauche s’ouvrent pour quitter les rênes, et la main droite se place au même point qu’était la gauche , excepté que le poignet doit être un peu moins arrondi, a£n que la gaule n’ap^puie pas avec force sur l’épaule du cheval, la main gauche se replace sur le côté.
La main gauche avant de quitter les rênes, doit par des demi-arrêts mettre le cheval en équilibre.
J’observe qu’il est bon dans les commencemens de faire placer la main gauche comme est placée la droite lorsqu'elle ne tient pas les rênes, afin de maintenir les épaules du cavalier carré-* ment ; quelquefois on lui fera prendre la rêne gauche du filet comme Usera indiqué plus loin.
Principes pour faire sentir l'effet des rênes de la bride ensemble et séparément, les tenant dans la main droite.
Pour faire sentir ensemble l’effet des deux
rênes et au même degré, le cavalier doit soutenir un peu plus la main en rapprodiant la partie supérieure du corps jtisqu’àce qu’ilsente qu’il a augmenté la taision des rênes. Pour sentir ou pour procurer plus de tension à la rêne gauche , il &ut soutenir un peu plus la main et élever laioiature des doigts à gauche en arrondissant un peu plus le poignet que dans la pose ordinaire de la nnUn.
^ Pour procurer pius de tension ù ia rêne droite, il faut soutenir la main jusqu’à ce que les deux rênes soient un peu tendues, ensuite baisser la jointure des doigts en dessous, et ouvrir un peu plus le poignet que dans la pose ordinaire de la main; par ce moyen, la rêne du dessous qni est la droite, feit plus d’effet que celle du dessus.
OasERVAnoîTS.
Le tact nécessaire pour bien sentir l’effet distinct des deux rênes, ne peut s’acquérir que parla pratique, et eu se rendant bien compte , chaque fois que l’on opère de la main, du résultat de son action lorsqu’on veut augmenter ou diminuer son effet, par le mouvement de direction que l’on donne aua doigts, à la main et aux poignets, on arrive plus facilement
à obtenir ce qu’on appelle une bonne main.
Il faut aussi bien se pénétrer que la main pour être juste doit toujours être moelleuse et assurée, et indiquer avec douceur au cheval la volonté du cavalier dans tous les mouvemens qu’il veut lui faire exécuter. Car, si l’on employait de la force, la douleur que l’action de la main produirait sur la bouche du cheval , devenant pour lui une correction des plus déplacées, il en prendrait de l’humeur et chercherait à s’y soustraire par tous les moyens , qu’il pourrait saisir.
En principe général , la main qui tient les rênes de la bride, doit, pour un cheval qui a la tête bien placée, être soutenue à quatre pouces du pommeau de la selle; mais si le cheval porte bas, il faut soutenir la main à plus de quatre pouces du pommeau ; et si au contraire il porte au vent , la baisser et la rapprocher du pommeau delà selle, sans cependant le toucher : enfin se guider pour le placement de la main sur la manière dont le cheval porte la tête, et donner aux rênes la meilleure direction possible pour faire agir avec justesse le mors sur les barres de la bouche du cheval.
La main doit être placée à six pouces du corps , de manière qu’elle soit au centre d’une
Jigne de douze pouces, et que lorsqu’on veut augmenter l’effet des rênes, elle puisse avoir, à partir de ce centre, six pouces à parcourir en la soutenait, et en la rapprochant du corps sans le toucher.
Il en est de même pour rendre la main au dernier degré; le cavalier fait parcourir à sa main six pouces en avant et en la baissant, sans pencher le corps en avant. Les deux lig^nçs d’environ six pouces doivent être parcourues par la main qui décrit un quart de cercle. L’une qui augmente l’effet, et l’autre qui le diminue plus ou moins selon les circonstances.
De la main du filet.
Lorsque l’on veut conduire son cheval de la main du filet, la main qui ne tient pas les rênes de la bride vient saisir à pleine main , les ongles en dessous, les rênes du filet par dessus les rênes de bride , l’on soutient la main du filet au-dessous de la main de la bride d’environ 4 pouces, si le cheval porte bien sa tête, et plus élevée s’il s’encapuchonne; enfin, on doit la prendre par dessous pour pouvoir le ramener s’il porte au vent, mais toujours de manière que la main du filet étant dans une position plus ou moins soutenue, puisse agir efficacement sur les barres de la bouche du cheval.
La main de la bride avant de quitter son action sur la bouche du cheval , doit le mettre dans son équilibre en formant quelques demiarrêts; il en sera de même pour la main du filet lorsqu’elle devra aussi cesser son action.
Pour sentir les deux rênes du filet également, on doit élever la main en laissait toujours les ongles en dessous jusqu’à ce que l’on ait donné aux deux rênes une tension moelleuse et égale ; on sent la rêne du dedans , en tournant la jointure des doigts vers le dedans du manège, et celle de dehors en tournant la jointure des doigts vers le mur, les ongles restant toujours inclinés en dessous, de manière que ce soit le jeu du poignet qui facilite les doigts à agir distinctement sur chaque rêne. C’est donc le petit doigt'qui agit le plus directement sur la rêne de dedans’, et le premier sur celle de dehors. Pour l’arrêt et les demi-arrêts du filet , il s’exécute d’après les mêmes principes que pour le gros bridon;’
Manière de tenir la rêne de dedans dw filet pour placer le cheval.
Lorsque l’on marche à main droite , tenant les rênes de la bride dans la main gaïichè, et que l’on veut placer le cheval de la rên^e dè dedans du filet, l’on saisit cette rêne seule
avec le pouce et les deux premiers doigts de la main droite, réservant les deux derniers pour tenir la gaule avec le talon de la main; l’on baisse ensuite la main droite un peu plus sur le côte, et l’on tend légèrement la rêne en remuant moelleusement dessus les deux premiers ^oigts pour amener le bout du nez du cheval en dedans.
Observations.
Pendant ce mouvement de la rêne du filet c’est toujours la main de la bride qui doit gouverner le cheval ; il faut prendre garde que l’action du filet ne contrarie celle de la bride, et empêcher l’élève de se servir de la rêne du filet pour tourner le cheval dans les. coins. Il faut en outre faire attention que les quatre rênes ne doivent jamais opérer en même temps, de peur d’embrouiller pour ainsi dire la sensibilité de la bouche du cheval, et par conséquent son intelligence, en faisant agir les deux mors à la fois.
Il faut, pour placer le cheval à l’autre main avec le filet, employer les mêmes principes de la main gauche que ceux qui viennent d’être indiqués pour la droite. J’ai dû parler tout de suite de l’usage du filet , afin de n’avoir plus à y revenir dans le détail que je vais donner
Di^ihz. - ■ , Cj(
pour l’opération de la main dans les différons mouvemens.
Pour placer le cheval avec les rênes de la bride.
Lorsque le cavalier aura acquis quelque habitude, et sera en état dé bien diriger son cheval de la main de la bride, on lui- enseignera à le placer^ aux deux 'mains; d’abord avec la main du dedans,' ensuite avec la seule main de la bride, comme il va être expliqué.
Placer le cheval avec la main du dedans.
Lorsque l’élève , tenant les rênes de la bride dans l’une ou l’autre main, voudra, placer sou cheval le bout du nez en dedans avec la main qui se trouve libre, il portera la. main du dedans eu avant, étendra les deux premiers doigts pour le passer entre l’encolure ducheval et la rêne du dedans ; puis il touchera sur cette rêne en l’écartant un peu pour amener le bout du nez en dedans, ayant bien soin <le ne pas tenir cette rêne pour ne pas interrompre la communication qui doit exister entre la bouche du cheval et la main de la bride qui doit toujours diriger le cheval , et en même temps que les doigts de la main du dedans glissent sur -la rêne du naême côté; il ne doit pas oublier d’avoir la jambe du dedans près.
pour contenir le cheval droit en le plaçant , et pour entretenir .son allure.
Placer le cheval de la main de la bride seule.
• Il bMt plus de tact et de finesse. Qn tiendra les rênes dans la main gauche. C’est encore le, jeu du petit doigt qu’on emploiera; le dessus de sa dernière phalange doit se trouver en dessous de la rêne <du dedans, qui en la soulevant par degré amène le bout du nez , et place le cheval ; tandis que les trois autres doigts et le pouce dirigent toujours le cheval et règlent le mouvement d’accord avec la jambe de dedans.
Si i’oh veut le placer de la main droite lorsqu’elle tient les rênes , c’est par une légère et juste impulsion que cette main droite communique à la ' rêne gauche en soutenant un peu la jointure des doigts a gauche. On peut encore le placer en passant le premier doigt de cette main entre les deux rênes , agissant un peu plus sur la gauche pour amener le bout du nez en dedans sans déplacer les épaules du cbeval de la ligne droite, étayant la jambe de dedans près pour s’accorder avec la main.
Mais lorsqu’on tient les rênes dans la main droite, il vaut mieux placer le cheval de la main gauche avec la rêne de dedans de la
bride, comme il a été indiqué plus haut pour la droite.
Observations.
La main gauche est la main principale de la bride, elle doit être chargée spécialement de diriger le cheval surtout dans les figures de manège détaillées ci-après et où il se présentera des difficultés, dans lesdivers changemens de main successifs qu’elles nécessitent; c’est principalement dans la cavalerie que les rênes doivent rester dans la main gauche, les cavaliers ayant toujours une arme dans la main droite. On ne doit donc prendre les rênes dans la main droite que dans les manèges d’académie, que lorsqu’on veut parcourir pendant quelque temps les murs, marchant à main gauche. L’expérience prouve en effet que la manière dont on fait prendre les rênes dans la main gauche, met par sa position le cavalier beaûcoup plus à portée de gouverner son cheval avec justesse que la manière dont on les tient de la droite.
Comme j’écris pour messieürs les officiers de C4valerie , pour toutes personnes capables d’apprécier l’utilité de l’équitation, j’espère qu’ils liront avec intérêt les observations que ma longue pratique m’a mis à même de faire , et que je joins ici à la suite des différens. mouvemens que j’indique.
Kv
( io4 )
Lorsque le mécanisme du mors de la bride et du filet, et la position de la main de la bride et du filet, pour les deux mains, auront été bien expliqués et compris; que l’on aura enseigné la manière d’ajuster les rênes , de sentir leur effet distinct et d’ensemble ; de placer le cheval avec les rênes du filet et de la bride ; que l’on aura bien fait concevoir à l’élève les principes de pied ferme en les détaillant tous et en lui faisant des questions pour s’assurer s’il les a bien comprises , on lui fera mettre son cheval en marche sur des lignes droites , puis on lui fera répéter tous les mouvemens détaillés dans les trois premières leçons , par le large. On aura bien soin de lui répéter souvent en marchant au pas , les moyens qu’on lui a indiqués de pied ferme avant de le faire travailler au trot.
Faire mcttne au trot.
Il faut auparavant s’assurer si l’élève ne s’attache pas à la main , on s’en apercevra aux mouvemens irréguliers de la tête du cheval ; si ensuite en trottant l’on s’aperçoit que la main du cavalier se déplace , on le fera arrêter pour lui replacer jusqu’à ce qu’elle s’assure. Ensuite on lui fera prendre le filet de la main du dedans, pour placer sou cheval;
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puis on le fera changer de main et repéter les mêmes raouvemens à la nouvelle main; puis passer les rênes de bride d’une main dans l’autre, en marchant au pas et au trot ; puis les ajuster et ensuite rendre la main , ainsi que je vais l’expliquer.
Principes de rendre la main de la bride de la main gauche et de la main droite.
Pour rendre la main en tenant les rênes de la main gauche, l’élève doit soutenir un peu plus la main et former quelques demi-arrêts, pour établir son cheval dans son équilibre; lorsqu’il le sent d’aplomb, il baisse la main graduellement jusqu’à ce que les rênes deviennent légèrement flottantes, et que le mors ne fasse plus d’effet; il doit aussi se relâcher un peu de toutes les articulations , sans cependant abandonner entièrement la jambe de dedans qui doit être moelleusement près pour entretenir l’allure si l’on est en mouvement, et contenir le cheval droit, et l’empêcher de reculer si l’on est arrêté.
Pour rendre la main de la main droite.
Si le cavalier tient les rênes de la main gauche et qu’il veuille rendre de la main droite, il doit approcher la main droite de la, gauche ,
comme il a été dit , lorsqu’on prend les rênes dans la main droite pour marcher à mahi gauche ; ensuite la main gauche avant de quitter son action sur les rênes, forme quelques demi-arrêts pour mettre le cheval dans son équilibre, puis l’on ouvre les doigts de cette main pour laisser la faculté à la main droite de rendre en se baissant par degrés jusqu’à ce que les rênes soient flott^||^es , la jambe de dedans reste près pour servir comme jeviensdele dire. U ^udrait également, si l’on tenait priniiûvemeut les rênes dans la main droite employer les mêmes principes pour rendre la main.
Observations.
11 faut recommander aux élèves, quand ils veulent rendre la main , de suivre exactement tous les principes ci-dessus détaillés , soit qu’ils rendent de la main gauche ou de la droi te, et surtout de ne pas rendre trop à la fois sans avoir préparé le cheval ; car sans cela , on peut craindre que le cheval se sentant abandonné tout d’un coup n’en profite pour chercher à se soustraire à son cavalier, ou ne bronche en s’abandonnant sur les épaules, et ne finisse par tomber.
Il iaut aussi que le corps du cavalier reste bien d’aplomb et se soutienne avec aisance pendant ce mouvement, que la main eu se
baissant ne change point sa position pour être plus à portée d’arrêter le cheval avec progression s’il venait à se précipiter en avant.
Pour reprendre l'action des rênes.
Pour reprendre l’action des rênes, soit de la main gauche ou de la droite , le cavalier doit soutenir graduellement la main qui tient les rênes de la bride j usqu’à ce qu’elles soientmoelleusement tendue pour pouvoir graduellement former les demi-arrêts pour remettre le cheval dans l’équilibre qu’il peut avoir perdu lorsqu’on lui a rendu, llfaut tenir près la jambe de dedans , si c’est dans un manège fermé, ou les deux jambes si c’est au dehors, pour entretenir l’allure du cheval et le bdre grandir.
Nota. Je recommande encore aux élères qui se destinent & la unaieiie , de se servir de leors deux jambes pour s’accorder avec re0iet de la main , parce que dans tous les cas la jambe de dehors remplace le mur lorsqu’on ne travaille pas dans un manège fermé ; d’ailleurs celui qui s’accoutume à faire toujours de bonne heure «sage de ses deux jambes , et qui les emploiera bien distinctement selon leurs besoins, saura dans toute circonstance s’en servir avec justesse et sans que l’une contrarie l’effet de l’autre. J’admets bien en principe que dans un manège fermé, la jambe de dedans a beaucoup plus de fonctions à remplir que celle du dehors, mais il faut se bien pénétrer .qu’en liberté et eu plaine l’on doit se servir des deux jambes en modifiant l’action de l’une ou de l’autre , selon le mouvement que l’on fait exécuter à sou cheval.
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Je sais qae je tronverai des contradicteurs pour l’emploi des deux jambes en même temps , mais l’expérience m’a pronré que je ne me trompe pas; j’en appelle aussi à MM. les Instructeurs de cavalerie qui ont fait leurs cours d’équitation. On pourra d’ailleurs juger de l’utilité de l’emploi des deux jambes dans les mouvemens plus compliqués qui seront détaillés au deuxième article de la sixième leçon; et plus particulièrement à l’article du résultat de l’emploi des aides à la fin des six leçons.
Les détails sur la main de la bride et du filet étant bien entendus, l’on fera exécuter quelques nouveaux mouvemens pour terminer cette leçon ainsi qu’il sera dit ci-après.
Demi-volte en demi-cercle, le cheval marchant naturellement.
Pour exécuter la demi-vol te en demi-cercle, l’on peut la commencer sur tous les points du manège, sur les grands murs, sûr les petits, soit du petit sur le grand , soit enfin dans le milieu du manège.
Je suppose le cavalier marchant le long du grand mur pour lui faire exécuter la demi-volte. On le préviendra que lorsqu’il aura parcouru les deux tiers de sa longueur, qu’il doit faire exécuter à son cheval une demi-volte , il doit commencer par le rassembler, puis sentir ensuite la rêne du dedans pour déterminer son cheval à tourner ses épaules sur le demi-cercle. Il doit , dans le même moment , augmenter l’effet de la jambe du dedans pour entretenir l’action du cheval, le ployer, le sou-
tenir; faire parcourir aux hanches la ligne des épaules , et déterminer le cheval à décrire un demi-cercle plus ou moins étendu. L’élève ensuite reviendra gagner le même mur en arrière lui. Tandis que la rêne de dedans opère , celle de dehors soutient les épaules pour les empêcher de tomber trop en dedans, et la jambe de dehors près au degré nécessaire pour contenir les hanches et les empêcher de sortir en dehors de la ligne du demi-cercle.
Le cavalier en accordant ses aides, dirige son cheval sur le même mur qu’il vient de quitter et vers le point où se termine la demi-volte. U se trouvera alors marchant à l’autre main.
L’on fera exécuter le même mouvement sur différens endroits du manège pour accoutumer le cavalier à bien conduire son cheval et à tirer partie du terrain dans tous les sens.
Observations.
L’on fera exécuter ce mouvement plusieurs fois au pas et au trot ,1e cheval travaillant naturellement, avant de le faire exécuter en tenant les hanches. Lorsqu’on verra que l’élève commence à mettre de la justesse dans l’emploi de sesaides, l’on pourra lui faire exécuterquelques mouvemens des plus faciles en tenant les hanches, ainsi qu’il va être expliqué.
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Tenir les hanches.
L’usage a consacré plusieurs manières d’exprimer l'action d’un cheval qui marche par des pas de côté. Ainsi l’on dit, tenir les hanches, fermer, fuir les talons, marcher de dei]^ pistes, chévaler, et aller d’un talon sur l’autre, marcher par des pas de côté, toutes ces expressions sont synonymes; mais lorsqu’on veut indiquer le degré de hanche que l’on veut faire tenir à un cheval, il convient mieux de dire pour l’intelligence du mouvement,, hanche entière , demi-hanche , tiers de hanche et quart de hanche.
De tous ces mouvemens en tenant des hanches , le plus facile à faire exécuter aux élèves, c’est certainement celui d’appuyer la tête au mur, parce que les murs aident beaucoup le cavalier. Le principe en a été démontré dans le travail en bridons et dans la leçon précédente. Il faudra cependant , dans cette quatrième leçon en bride ^ recommencer le mouvement de la tête au mur pour s’assurer du travail de la main de la bride, qui demande plus de fin esse , de ju stesse et de tact pour le bien exécuter, qu’il n’en faut dans le travail enbridon, dans lequel le cavalier tenant une rêne du bridon dans chaque main , a beaucoup plus de fa-
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cillté d’agir distinctement sur chaque côté du cheval.
Doubler dans la largeur et dans la longueur en tenant les hanches.
Pour exécuter ce mouvementavee justesse, l’on doit , si l’on veut doubler dans la largeur en arrivant vers le centre d’un des grands murs, rassembler d’abord son cheval, puis par l’action de la rêne de dedans , attirer les épaules en dedans , de manière à les diri> ger vers le point du grand mur opposé à celui que l’on quitte et où l’on veut terminer le doubler. Dans le moment que la rêne de dedans attire les épaules en dedans, la rêne de dehors les soutient pour les empêcher de tourner en dedans, sans cependant contrarier entièrement l’effet de celle de dedans ; en même temps que la jambe de dehors est fermée pour faire marcher le cheval par des pas doicôté et pour s’accorder avec la rêne du même côté « la jambe de dedans se ferme alors au degré nécessaire pour entretenir l’allure , contenir le cheval droit, et l’empêcher de reculer, cette jambe se règle sur l’effet de la rêne du même côté, et sur la jambe de dehors, afin de
contenir le cheval et d’empêcher que cette dernière ne le précipite en dedans. Les deux rênes tout en travaillant bien distinctement, l’une pour attirer et l’autre pour contenir, doivent aussi agir d’accord et avec ensemble, pour régler l’allure ét empêcher que le cheval ne sorte en avant de la ligne, en observant bien de régler l’action de la main sur celle des deux jambes , de manière à ce que le cheval tienne des hanches et parcourt toute la longueur de la ligne du doubler jusqu’à deux pas de l’autre grand mur. Alors, arrivé sur ce point, la jambe et la rêne du dehors diminuent leur effet de manière à laisser la faculté à la rêne et à la jambe de dedans de tourner le cheval à la même main et de le replacer parallèlement au grand mur.
Le cavalier doit avoir soin, pendant ce mouvement, de ne pas se pencher pour vouloir augmenter l’effet de ses jambes d’un côté ou de l’autre, de mettre le haut du corps un peu plus en arrière que lorsque le cheval marche naturellement devant lui.
Le cheval qui double en tenant hanche entière, doit être placé presque parallèlement aux deux grands murs , ou perpendiculairement aux petits , l’encolure un peu ployée en dedans , de manière qu’il puisse voir la ligne
que l’on lui fait parcourir, et que sa tête se trouve bien placée , il faut aussi que le cheval soit plus assis que dans la marche naturelle , afin que ses extrémités du dehors passent bien par-dessus celles de dedans , ce qu’on appelle chevaler , sans que ses pieds portent l’un sur l’autre ; et par la même raison si l’on s’aperçoit que le cheval se touche les extrémités du dedans avec celles du dehors , ou qu’il ne passe pas bien ces dernières, qu’elles restent en dehors et ne croisent pas , c’est un signe certain que le chevaln’est pas assis, etqu’il s’abandonne sur les épadles. Dans ce cas, il faut augmenter un peu l’effet des deux rênes pour soutenir l’avant-main, au même instant augmenter la pression de la jambe de dedans pour redonner de l’action au cheval et faire arriver les hanches au secours de la masse afin de la soutenir pendant l’opération. Les deux rênes et la jambe de dedans doivent travailler d’accord pour grandir et asseoir le cheval , tandis que celle de dehors continue toujours à le faire marcher par des pas de côté.
Si le cheval se porte trop en avant j il faut le maintenir en formant des demi-arrêts, et diminuer l’effet de la jambe de dedans sans discontinuer de lui faire tenir les hanches jusqu’au mur.
Pour exécuter le doublé dans la longueur , on suivra les mêmes principes, excepté cpie l’on devra commencer le mouvement au milieu du petit mur, et faire parcourir à sou cheval toute la longueur du manège , ou jusqu’à quatre pas des piliers. Eæ cheval pour doubler dans la longueur, doit, si on lui fait tenir hanche entière, être placé perpendiculairement au grand mur et parallèlement au petit.
Si l’on ne demande qu’une demi-hanche , le cheval doit avoir les épaules dirigées plus en dedans, et parcourir dans cette position deux pistes., dont une parles extrémités antérieures qui est la principale, parce quelles déterminent la ligne du doublé, et l’autre par les extrémités postérieures. Dans ce mouvement , plus les deux pistes s’éloignent l’une de l’autre, plus on tient les hanches, et que par conséquen}; plus les deux pistes sont rapprochées , moips on en tient.
Observations.
J’ai entré dans un assez long détail pour l’exécution de ce mouvement ; je n’ai dit cependant que ce qu’il est nécessaire de démontrer, attendu que de ce mouvement il en dé-
rive beaucoup d’autres sur lesquels je serai plus bref.
Le cavalier qui sera arrivé au point à bien faire exécuter à son cheval les doublés , en tenant les hanches avec justesse au pas et au trot, pourra passer facilement à beaucoup d’autreS figures de manège qui paroissent plus difficiles à l’œil.
Changement de main en tenant les hanches.
Lorsque le cavalier a fait parcourir à son cheval plusieurs tours de manège à main droite , et qu’il veut le faire changer de; main en tenant les hanches, il doit, après' avoir passé le petit côté du manège , avoir tourné son cheval, et marché sept à huit pas le long du grand côté, le rassembler d’abord, puis déterminer ses épaules en dedans par tàccord de la main et des jambes, fermant- ensuite celle de dehors pour faire fuir les hanches et soutenir en même temps les épaules de la main pour les empêcher d’aller trop en dedans.
L’accord de la rêne et de la jambe de dehors déterminent en effet le cheval à marcher par des pas de côté , tandis qne la rêne de dedans attire les épaules dans la direction du
point où l’on doit terminer le changement de main; dans le même moment la jambe de dedans se ferme pour porter le cheval en avant,' entretenir son allure, et empêcher qu’il ne se précipite en dedans.
Le cheval doit être placé presque parallèlement aux deux grands murs , et gagner plus ou moins de terrain diagonalement en avant et sur le côté, selon l’étendue que l’on veut donner à la ligne du changement de main.
Arrivé sur l’autre grand mur et au point où l’on veut terminer ce mouvement , la jambe de dedans (la droite) qui va devenir du dehors , diminue progressivement son efFçt, et celle de dehors ( la gauche ) qui devient du dedans, continue son action pour ranger les hanches parallèlement au grand mur sur lequel l’on arrive; alors la rêne gauche, qui devient du dedans , fixe les épaules sur la nouvelle ligne et place le cheval.
Observations.
Ce mouvement demande beaucoup d’attention pour être bien exécuté; on doit le fiiire répéter jusqu’à ce que le cavalier l’ait bien compris et exécuté avec justesse.
L’on aura soin pendant l’exécution du mou-
vement,que le cheval soit placé, qu’il soit droit et qu’il regarde du côté où il va, qu’il existe un léger pli à la partie du dedans de l’encolure.
Les extrémités parcourent deux pistes, une des pieds antérieurs et l’autre des pieds postérieurs ; ces deux pistes s’éloignent plus ou moins l’une de l’autre , selon l’étendue de la ligne que l’on donne au changement de main; plus cette ligne est raccourcie , plus le cheval gagne de terrain en avant , plus les lignes sont éloignées , plus le cheval gagne de terrain sur le côté. Il est hon d’observer que les épaules entament toujours la marche, et arrivent les premières sur le point où se termine le mouvement.
Plus la ligne du changement de main est prolongée , plus le cheval a de facilité à exécuter ce mouvement , et dans ce cas le cavalier a besoin de plus de justesse et de moyens, par la raison que sur la ligne prolongée le cheval travaillant dans une direction très-rapprochée de la ligne droite, c’est-à-dire d’une seule piste et droit devant lui, qu’il a l’habitude de suivre et qui lui est naturelle , il a toujours une propropension à s’y replacer. Il est très-important, pour s’opposer à cet inconvénient, que le cavalier travaille exactement de l’accord de
scs aides, afin de le maintenir pour qu’il marche de deux pistes.
Finir le cheval, les hanches en dedans.
Pour finir le cheval , les hanches en dedans , ce qui est pour les commençans plus facile que de le finir les hanches en dehors , l’on era arriver 'le cavalier par un demi-doublé dans le milieu du manège, l’on le fera mettre en cercle autour de soi , ensuite on le préviendra de préparer son cheval , à fermer ou tenir les hanches en dedans en le rassemblant , le redressant de la rêne et de la jambe de dehors et continuant d’attirer de la rêne de dedans les épaules sur le cercle, toujours à la même main. Quant à l’aide des jambes celle de dedans doit se fermer au degré nécessaire pour entretenir l’allure , et celle de dehors augmenter encore son effet jusqu’à ce que les hanches soient entrées en dedans du cercle , de manière que les extrémités postérieures se placent sur un nouveau cercle , et que les antérieures restent sur le premier. Dans cette position, le cheval occupe un rayon de la circonférence au centre du cercle, sa croupe faisant face au centre, et sa tète au dehors du cercle ; il chemine dans celte position par des pas de
côté. Le cavalier règle bien l’effet de ses aides pour le maintenir en action ; il doit aussi rester bien d’aplomb relativement à la ligne que son cheval occupe.
Quand il aura parcouru l’étendue du cercle une fois ou deux, on lui dira d’arrêter son cheval et de le placer bien droit sur le rayon que j’ai indiqué ; puis il le disposera pour le faire fermer à l’autre main , c’est-à-dire à parcourir le cercle en sens contraire et toujours d’après les mêmes principes , puis on l’arrêtera.
Observations.
Le cavalier étant parvenu à bien faire exécuter ce mouvement à son cheval, les hanches en dedans , on lui fera finir son cheval les hanches en dehors, mouvement beaucoup plus diihcile , et que l’on aura moins de peine à exécuter quand qn aura commencé pour finir le cheval les hanches en dedans, qui est la marche que je suis icf.
Finir le cheval , les hanches en dehors.
IjC cavalier travaillant sur le cercle, et le cheval marchant naturellement pour le faire finir, les hanches en dehors, il faut d’abord le
rassembler, puis augmenter l’effetde la rêne du dedans qui attire les épaules du cheval vis-àvis le centre du cercle , tandis que la jambe du dedans qui devient du dehors fait fuir la masse, et particulièrement les hanches. La jambe du dehors qui est devenue du dedans (puisque le cheval appuie de ce côté) entretient l’allure , empêche le cheval de reculer et de se précipiter en dedans. On aura soin de faire ' agir la rêne de dehors pour soutenir les épaules, les empêcher de se précipiter en dedans, et les fixer vis-à-vis le centre du cercle. Le cheval placé doit encore occuper un rayon perpendiculaire de la circonférence au centre, les extrémités antérieures occupant et devant parcourir un nouveau cercle moins étendu que celui parcouru par les extrémités postérieures qui occupent et parcourent le premier cercle. On voit dans ce mouvement que les hanches ont plus de terrain à parcourir , et qu’il faut que le cheval ait du nerf pour charger à propos l’avant-mam sans compromettre sa sûreté, et pour donner à ses hanches la facilité de parcourirplus deterrainque ses épaules.
Il faut, pour bien exécuter cette figure, une grande justesse de la part du cavalier, et avoir soin , quand il aura fait un tour à une main , de l’arrêter toujours placé vis-à-vis le
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centre pour le faire ensuite appuyer dans cette position à l’autre main. Pendant l’opération , l’action des deux rênes réunies, doit maintenir le cheval sur les cerclés qu’il doit parcourir, et l’empêcher d’en sortir en avant en même temps qu’elle contribue à le faire marcher * par des pas de côté.
Observatioits.
Toutes les fois que les hanches devront parcourir plus de terrain que les épaules , le mouvem ent devient très-pénible pour le cheval et finit quelquefois par le jeter sur les épaules si on le fait répéter trop souvent ; je conseille donc de ne le faire exécuter que très-rarement, et de faire de préférence finir le cheval leshanches en dedans. .
Lorsque les cavaliers auront exécuté d’une manière satisfaisante tout ce qui est prescrit dans les quatre premières leçons , et qu’en outre les écuyers instructeurs leur auront adressé des questionsrelativesà ce qui leur aura été démontré , et fait subir une espèce d’examen pour s’assurer s’ils ont bien compris tous les principes contenus dans lesdites leçons , on pourra les faire passer au travail du galop ^ qui sera expliqué dans la leçon suivante.
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(On aura soin de donner les éperons aux élèves qui n’en auraient pas encore reçu , avant de commencer le travail du galop. ) On leur enseignera la manière de s’en servir.